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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 00:47
UKRAINE : L'ANCIEN AMBASSADEUR DE FRANCE A MOSCOU ET GISCARD D'ESTAING ACCUSENT WASHINGTON !

~~ http://www.atlantico.fr/decryptage/apres-visite-poutine-giscard-prend-tout-monde-contrepied-roland-hureaux-2204611.html

Après sa visite à Poutine, Giscard prend tout le monde à contrepied

Il y a près d'un mois, l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing a rencontré Vladimir Poutine. Contrairement à son image de libéral pro-américain, il a ensuite défendu dans la presse une position pro-russe. Une vision de la realpolitik dont le but est l'indépendance de l'Europe face aux Etats-Unis. "Dasvidania !" Publié le 21 Juin 2015 image: http://www.atlantico.fr/sites/atlantico.fr/files/styles/une/public/images/2014/12/vge.jpg Après sa visite à Poutine, Giscard prend tout le monde à contrepied Valéry Giscard d'Estaing a rencontré Vladimir Poutine Crédit Reuters En prenant une position favorable à Poutine dans l'affaire ukrainienne, Valéry Giscard d'Estaing a pris tout le monde à contrepied. La grande presse s'est contentée de signaler la rencontre entre Giscard et Poutine le 28 mai dernier et ses déclarations les plus générales : "Les relations entre l'Europe et la Russie seraient meilleures si Bruxelles était réellement indépendant". On n'a guère répercuté que l'ancien président est allé beaucoup plus loin dans un entretien avec Politique internationale, une revue pourtant atlantiste : il y justifie l'annexion de la Crimée qui, selon lui, a toujours été russe, et pense que "probablement" les événements de la place Maïdan et le renversement du président Ianoukovitch, il y a un an, sont le résultat d'une manipulation de la CIA. Il considère que les sanctions, non seulement ne sont pas dans l'intérêt de l'Europe, mais sont contraires au droit international.

Valéry Giscard d'Estaing prend ainsi à revers une classe politique française et européenne tellement tétanisée qu'aucune figure de premier plan n'y ose encore critiquer la ligne aveuglément proaméricaine de l'Europe occidentale à l'égard de la Russie. La servilité des dirigeants européens au dernier G7 est à cet égard significative. Une ligne proche de l'assujettissement dans le cas de Hollande qui, en refusant de livrer les Mistral sur ordre de Washington, discrédite la parole de la France. L'ancien-président prend aussi à contrepied tous ceux qui le tenaient depuis toujours, à tort, pour un "libéral atlantiste". C'est oublier qu'en 1981, il fut vaincu par une coalition de la gauche unie et de l'ambassade des Etats-Unis et qu'il avait en revanche reçu, contre le parti communiste, l'appui discret de l'ambassade d'URSS. Ses positions de fin de mandat où il avait cherché à jouer un rôle d'intermédiaire entre l'Est et l'Ouest (le "petit télégraphiste" dit Mitterrand) n'étaient guère appréciées à Washington. On peut certes discuter leur opportunité à un moment où la menace venant de Moscou était bien plus sérieuse qu'aujourd'hui. Mais elle témoignait d'une indépendance dont nous avons perdu l'habitude. Différence de posture, différence d'envergure aussi avec tous ceux qui prétendent aujourd'hui à la magistrature suprême. Le président-académicien n'envisagerait-il pas de se présenter à la primaire de droite ? La position de Giscard est proche, ce n'est sans doute pas un hasard, de celle de son vieil ami Helmut Schmidt qui, il n'y a pas si longtemps, vitupérait la politique irresponsable de la commission de Bruxelles, à la fois incompétente et belliciste, faisant courir, selon lui, à l'Europe le risque de la guerre mondiale. En prenant cette position audacieuse,

Valéry Giscard d'Estaing va dans le sens de l'opinion française éclairée, celle qui ne se laisse pas influencer par le matraquage anti-Poutine des médias, une opinion de plus en plus décalée par rapport à la positon officielle de Hollande - et de la direction de l'UMP. Il y a un ou deux ans, les pro-russes se trouvaient isolés dans les dîners en ville. Aujourd'hui c'est inverse : presque personne, en dehors de quelques intellectuels ne prend plus parti pour les Etats-Unis dans les affaires de l'Ukraine. Il ne s'agit bien entendu pas d'être pro-ceci ou pro-cela. Il s'agit que notre diplomatie soit celle de nos intérêts et non pas des intérêts de quelqu'un d'autre. Cela suppose qu'on évacue toutes considérations infantiles sur "qui est le bon ? " et "qui est le méchant ? " auxquelles se résume aujourd'hui la diplomatie dite des droits de l'Homme. En d'autres circonstances cela pourrait nous conduire à être antirusse - ou antisoviétique, mais en aucun cas à l'alignement absurde sur les Etats-Unis dont nous sommes aujourd'hui les témoins.

http://www.lefigaro.fr/international/2015/06/21/01003-20150621ARTFIG00162

-un-ex-diplomate-francais-accuse-washington-d-etre-a-l-origine-de-la-crise-ukrainienne

.php Un ex-diplomate français accuse Washington d'être à l'origine de la crise ukrainienne Home ACTUALITE International Par Pierre Avril Publié le 21/06/2015 à 19:10 Jean de Gliniasty, en septembre 2010, en Russie. Photo d'illustration. Jean de Gliniasty, en septembre 2010, en Russie. Photo d'illustration. Crédits photo : Alexey SAZONOV/AFP Ambassadeur de France à Moscou jusqu'en 2013,

Jean de Gliniasty estime que les Européens auraient dû «donner» Sébastopol à la Crimée et juge que la Crimée a «toujours été russe». Envoyé spécial à Saint-Pétersbourg Jean de Gliniasty est en colère, très en colère. Rencontré en marge du forum de Saint-Pétersbourg, l'ex-ambassadeur de France à Moscou, qui ne cache pas ses vues pro-russes, s'emporte contre les «erreurs» de la diplomatie européenne et française à l'égard du dossier ukrainien. «C'est cinq ans de travail qui ont été ruinés», regrette celui qui représenta les intérêts de la France à Moscou de mai 2009 à octobre 2013, quittant la capitale russe au moment des grandes manifestations ukrainiennes de Maïdan qui débouchèrent sur un changement de régime, puis sur l'annexion de la Crimée et la guerre dans le Donbass. Durant ces cinq années, il s'est fait l'avocat infatigable des chefs d'entreprises françaises en Russie, qui l'appréciaient en retour, quitte à minimiser les conséquences du tour de vis imposé par Vladimir Poutine à la société civile après son retour au Kremlin en 2012. Des vue qui lui ont été reprochées parfois au quai d'Orsay. «Ce n'était pas compliqué», dit-il: «il fallait notamment donner Sébastopol à la Russie et garantir le statut de la langue russe en Crimée».

Et l'avis de Kiev dans tout cela? «Mais la Crimée n'a jamais appartenu à l'Ukraine, elle a toujours été russe», s'emporte Jean de Gliniasty, négligeant le fait que la péninsule a été offerte en cadeau par Nikita Khrouchtchev à l'Ukraine en 1954. «On s'est mis dans la main des Américains» Jean de Gliniasty, ancien ambassadeur français en Russie Selon l'ex-diplomate, ce retour officiel de Sébastopol dans le giron russe aurait pu s'accomplir au plus tard à la fin du bail de location de la flotte russe de la mer Noire - stationnée dans le port de Crimée - bail qui devait théoriquement arriver à échéance en 2042. Ces projets qui auraient pu s'échafauder au moment où Moscou commençait à s'opposer à la signature d'un accord d'association de l'Union européenne avec l'Ukraine, ont été contrariés par l'ignorance de l'histoire, côté européen, et surtout par les actions des Américains, analyse Jean de Gliniasty

. «On s'est mis dans la main des Américains», regrette le diplomate qui voit la main de Washington dans la rupture épisodique des cessez-le-feu, constatée dans le Donbass. Ce fut notamment le cas il y a deux semaines, l'Union européenne décidant dans la foulée de prolonger les sanctions contre la Russie jusqu'au mois de janvier 2016. Selon l'ex ambassadeur, qui dénonce ces mesures de représailles, l'Ukraine resterait donc l'un des terrains de jeu favori de la diplomatie américaine, permettant de bloquer dans l'ancien espace soviétique, toute velléité d'impérialisme russe: c'est la fameuse doctrine Brzezinski qui inspirerait depuis trente ans la diplomatie américaine, y compris celle d'Obama, selon Jean de Gliniasty. En terrain familier, ce dernier a retrouvé François Fillon à Saint-Pétersbourg, qui fut premier ministre au même moment et qui, reçu par Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg, défend lui aussi les mêmes visions. «Maintenant les gens ne se rendent pas compte qu'on risque d'aller vers la guerre. C'est une catastrophe», assène l'ex-diplomate qui depuis son départ du quai d'Orsay, a entamé une retraite active, celle de consultant.

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Published by marcrousset
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Marc Rousset 24/06/2015 19:44

Merci pour votre intervention et vos remarques!

Bosc 24/06/2015 18:08

A propos de l'Ukraine , a lire l'analyse du general Pinatel ci-dessous ( article date du 21/07/2014 ) :
http://www.geopolitique-geostrategie.fr/jean-bernard-pinatel/Ukraine

Veuillez aussi trouver ci-dessous l'interview du general francais Jean-Claude Allard a props du conflit ukrainien et son opinion sur le crash du M17 ( article date du 19/07/12014 )

http://www.ladepeche.fr/article/2014/07/19/1921229-general-jean-claude-allard-ukraine-zone-charniere-entre-americains-russes.html

Le general Jean-Claude Allard est le directeur de IRIS ( Instititut de Relations Internationales et Strategiques )
( http://www.iris-france.org/ )


Toujours sur le meme sujet , les analyses de Jean Geronimo , Université Pierre Mendès France, Grenoble II
http://www.lamarseillaise.fr/analyses-de-la-redaction/decryptage/35923-l-ukraine-une-bombe-geopolitique-a-retardement
http://www.lamarseillaise.fr/analyses-de-la-redaction/dossier-du-jour/27096-des-comportements-a-geometrie-variable

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Salutations .
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