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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 17:38
AVEC UN SOUVERAINISME ETROIT HEXAGONAL, PAS DE CONQUÊTE DE MARS!

~~http://www.bvoltaire.fr/benjaminwirtz/exomars-2016-nouvelle-croisade-pour-conjurer-le-declin-de-leurope,244882?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=e149e2b025-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-e149e2b025-30425677&mc_cid=e149e2b025&mc_eid=58ff097ba7

ExoMars 2016 : nouvelle croisade pour conjurer le déclin de l’Europe ?

Aujourd'hui Le satellite Trace Gaz Orbiter et l’atterrisseur Schiaparelli ont quitté notre atmosphère depuis le territoire de Baïkonour au Kazakhstan. Benjamin Wirtz Professeur d’histoire-géographie 9 SHARESFacebookTwitter Le satellite Trace Gaz Orbiter et l’atterrisseur Schiaparelli ont quitté notre atmosphère ce lundi à 10 h 31 depuis le territoire de Baïkonour au Kazakhstan. Une démonstration de force et un symbole politique pour la mission ExoMars 2016, manifestant l’importance de la coopération entre l’Agence spatiale européenne (ASE) dont le siège est à Paris et la Russie, héritière de la vision et des réussites soviétiques. Pour quel objectif ?

Ce projet continental mobilisant la fusée russe Proton et l’ASE, financée à hauteur de 23,3 % par l’Allemagne et de 22,6 % par la France, est révélateur des moyens et ambitions à l’œuvre en Europe, susceptibles de rejoindre sinon de concurrencer efficacement les États-Unis. En ce domaine, tout est à l’évidence possible par l’articulation de nos volontés nationales. La mission doit ainsi atteindre Mars, s’y poser dans sept mois, récolter des données sur l’atmosphère de la planète dans le but avoué d’y poursuivre notre enquête sur la vie. Le second volet de la mission, en 2018, devrait permettre de percer la surface de la planète rouge jusqu’à 2 mètres. Comme l’explique Franck Montmessin (CNRS), « l’idée est de chercher de la matière complexe, peut-être même organique, qui aurait échappé à l’environnement hostile de la surface ». L’idée et l’espérance sont anciennes, traversant comme nulle autre la civilisation européenne. Lucien de Samosate, rhéteur du IIe siècle, n’évoque-t-il pas dans son Histoire véritable un voyage interplanétaire, certes sur le ton de la farce ? Les échos postérieurs, plus sérieux, ne manquent pas. Jusqu’aux esquisses de Werner von Braun, concepteur de maquettes de super vaisseaux susceptibles de transporter un équipage.

Plus récemment, l’expert en systèmes de propulsion Robert Zubrin s’est fait le principal promoteur d’un Cap sur mars (2004), n’hésitant pas à définir les conditions d’une colonisation de la planète par l’homme. Une idée qui germe aujourd’hui en Europe, les faits relativisant tout discours monolithique sur son déclin, alors que les Européens n’ont vraisemblablement toujours pas rompu avec le dieu de la guerre – soit ni avec la quête de sens, ni avec la puissance. Comment oublier que Christophe Colomb lui-même interprétait ses découvertes au prisme de la Genèse, spéculant sur les hommes d’un paradis terrestre ? L’étonnant courant intellectuel et mystique des cosmistes russes des XIXe et XXIe siècles, à demi-sectaire, devait quant à lui influencer durablement la volonté de conquête spatiale de la puissance soviétique. L’utopie progressiste la plus échevelée, paradoxalement impensable sans les thèmes et la mentalité propres au christianisme russe, devait ainsi précéder les exploits de Youri Gagarine (Ю́рий Гага́рин). Ne négligeons pas cette dimension.

Si la technique, la puissance et le mythe ne s’éloignent jamais l’un de l’autre, c’est dire ce qui se joue pour l’Europe dans cette nouvelle croisade contre Mars, qui peut participer à conjurer son déclin.

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