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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 17:59
LA PERFIDE ALBION , CHEVAL DE TROIE DES USA, N'A FAIT QUE DETRUIRE UNE EUROPE EUROPEENNE !

http://www.bvoltaire.fr/romaindaspremont/malgre-le-brexit-cest-le-camp-anglo-americain-qui-est-en-position-de-force,265290?mc_cid=3e53551528&mc_eid=58ff097ba7

Malgré le Brexit, c’est le camp anglo-américain qui est en position de force !

Ce qui est certain, c’est que nous n’aurions pas pu bâtir notre « autre Europe » aux côtés de la perfide Albion.

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Romain d’Aspremont

Consultant dans l’industrie de Défense

Les souverainistes et partisans de l’Europe des nations exultent, suite au Brexit : les Britanniques seraient l’avant-garde des peuples européens contre la technocratie bruxelloise. L’Europe des nations serait pour bientôt. Triste malentendu.

Le Royaume-Uni n’est pas sorti de l’Europe ; il n’y est jamais vraiment entré. Ni dans Schengen, ni dans l’euro. Depuis Thatcher et son « I want my money back », l’Angleterre obtient une ristourne sur sa contribution au budget communautaire : la solidarité européenne est piétinée. Le pays qui vient de nous quitter était un touriste, de passage. D’une tout autre ampleur serait la sortie de l’Italie, de l’Espagne ou de la France.

Si ce pays était en Europe, ce n’était qu’à moitié et comme « cheval de Troie des États-Unis », ainsi que le formulait de Gaulle, hostile à son entrée. Les gaullistes autoproclamés font mine de l’oublier. Il estimait que l’intégration d’une Angleterre « maritime », « insulaire » et atlantiste enterrerait l’idée d’une Europe-puissance, d’une Europe européenne, troisième voie entre les deux grands. Une Europe qui soit autre chose que la simple zone de libre-échange voulue par Londres, pour qui une union douanière (tarif extérieur commun), c’était déjà trop.

De fait, les Britanniques, pro comme anti-Brexit, partagent une conception strictement commerciale de l’Union européenne. L’Europe des nations ? Une lubie continentale. Avec le Brexit, ce n’est donc pas cette vision de l’Europe qui triomphe. En 1946, Churchill encourage les Européens à construire l’Europe. Il va jusqu’à souhaiter que l’URSS y prenne part, mais il exclut le Royaume-Uni, naturellement tourné vers le grand large, les États-Unis et le Commonwealth. Son pays ne saurait se limiter à être une puissance européenne ; il doit rester une puissance planétaire.

En outre, la sortie du Royaume-Uni de l’espace communautaire pèse moins que l’entrée prochaine de l’Union européenne dans l’espace… anglo-saxon. C’est le camp anglo-américain qui est en position de force, avec l’élaboration du grand marché transatlantique où triomphe la conception britannique du libre-échange. Une soumission de l’Europe déjà anticipée par de Gaulle : « Il apparaîtrait une Communauté atlantique colossale sous dépendance et direction américaine, et qui aurait tôt fait d’absorber la Communauté de l’Europe. »

Bien sûr, le Brexit affaiblit aussi cette Union européenne anti-européenne, dont la vocation est moins d’unifier l’Europe que de la « babéliser ». Mais cette Union européenne, il s’agit moins de la détruire que d’en prendre le contrôle. Les institutions, l’administration et les légions de fonctionnaires sont là : avec zèle, ils ont servi l’anti-Europe, avec zèle ils serviront la vraie Europe.

Mais, inversement, les europhiles peuvent envisager le Brexit comme l’occasion d’approfondir leur Europe fédérale, maintenant que le trublion britannique est hors les murs. Plus inquiétant : le poids de l’Allemagne face à la France sort renforcé. D’ailleurs, si Pompidou s’est décidé à faire entrer Londres, c’est comme alternative à un couple franco-allemand alors moribond. Et si les autres États membres de l’Europe des Six y étaient favorables, c’était pour affaiblir l’hégémon d’alors : la France.

Ce qui est certain, c’est que nous n’aurions pas pu bâtir notre « autre Europe » (« Europe fédérale et européenne » ou « Europe des nations ») aux côtés de la perfide Albion. We wish her good wind and good sea!

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