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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 22:19
LE BREXIT, UNE CHANCE POUR FONDER L'EUROPE PUISSANCE CONTINENTALE, UNE CONFEDERATION CAROLINGIENNE !

http://www.gfaye.com/brexit-petard-mouille-ou-seisme/

Brexit : pétard mouillé ou séïsme ?

11 juillet 2016 par Guillaume Faye

La victoire du Leave contre le Remain le 23 juin 2016, que même les bookmakers n’avaient pas prévue (52% avec une participation record de 75%), a été un camouflet pour l’intelligentsia. Cela dit, le référendum britannique est ambigu. Il peut être un coup d’épée dans l’eau ou un coup de massue pour la Grande Bretagne et l’Union européenne. Déjà une grave crise financière se profile…Voici un début d’analyse sur cet événement compliqué.

Ce peuple de souche qui vote mal

Journalistes, intellectuels ou politiciens ont fustigé ce vote anti-UE en des termes méprisants : victoire du ”populisme”, des ”incultes”, des ”petits Blancs”, voire des ”racistes”. L’argument est ouvertement anti-démocratique au nom bien sûr, de la ”vraie” démocratie, c’est-à-dire de son simulacre, l’ oligocratie, (c’est–à–dire, selon l’étymologie grecque, ”gouvernement d’une minorité”, qui se croit éclairée alors qu’elle est obscurantiste). Le peuple n’a pas voix au chapitre. Considéré comme une insolence du ”populisme”, du peuple de souche des zones rurales et des petites villes contre Londres et les centres urbains bobos et cosmopolites, le Brexit a été jugé avec effroi et mépris.

Ivan Rioufol, qui s’indigne de « cette détestable UE, qui est en train de détruire l’Europe » (Le Figaro, 01/07/2016), cite les réactions de trois icônes de l’idéologie hégémonique, symboles de cette cosmopolite ”hyperclasse”. D’abord Bernard–Henri Lévy : « Ce Brexit, c’est la victoire non du peuple mais du populisme. Non de la démocratie, mais de la démagogie ». Autrement dit, la vraie démocratie n’est pas la volonté de la majorité des citoyens mais celle des dirigeants politiquement corrects. Puis Jacques Attali : « C’est la dictature du populisme et de l’égoïsme des nations ». La Nation, voilà l’ennemi ; L’UE doit être une machine à broyer l’identité ethnique européenne commune.

Enfin Alain Minc, le plus explicite – et le plus sot et méprisant : « Ce référendum n’est pas la victoire des peuples sur les élites, mais celle des gens peu formés sur les gens éduqués ». Sauf que ces ”gens éduqués”, dépourvu de bon sens, intellectuels hors sol, sont, selon ce mot profond d’argot français, des cons. Là où l’homme du peuple est au contraire intelligent, parce que son esprit n’est pas pollué par des abstractions brillantes mais stupides et parce qu’il est au contact de l’expérience quotidienne – comme l’immigration.

Les réactions de ces trois personnages traduisent à la fois un mépris total du peuple européen de souche (la plèbe enracinée) et une haine de classe d’une bourgeoisie cosmopolite déconnectée des réalités. Ajoutons que Luc Ferry, (Le Figaro, 07/07/ 2016) se réclamant de Montesquieu sans l’avoir lu, a ajouté son grain de sel à l’antipopulisme (anti–démocratie) en expliquant que le référendum était toujours une mauvaise chose parce que le peuple, non diplômé, ne comprenait rien à rien. Il est intelligent, Luc Ferry, lui, il pige tout…

Un vote identitaire et affectif et non pas économique

Les classes populaires anglaises ont voté contre le cosmopolitisme de l’Union européenne et, dans leur esprit, pour la restauration de leur souveraineté nationale. Pour François d’Orcival (Valeurs actuelles, 30/06 –06/07 2016) le vote en faveur du Brexit, a eu pour principale cause l’immigration, avec la vague invasive de 2016, encouragée par une Angela Merkel délirante et une Commission européenne décrétant des quotas d’admission, organisant cette invasion ! Sans oublier les ”travailleurs détachés” d’Europe de l’Est.

Le Brexit a emporté le référendum contre les arguments économiques (risque de récession grave) et pour des raisons d’identité ethnique et nationale. L’électorat populaire a donc été plus sensible aux questions identitaires , qu’aux considérations matérialistes, économiques et financières, même au risque d’une crise. C’est un point important à noter pour les politologues… Contrairement à la bourgeoisie cosmopolite, le peuple enraciné ne pense pas ”fric d’abord”. Mais ”identité d’abord”. Cela dit, le vote en faveur du Brexit comporte des ambiguïtés avec des conséquences imprévisibles. Passeport pour l’inconnu, bienvenue dans le train fantôme.

Le Brexit est logique : la Grande Bretagne est euro–incompatible.

Au départ, l’Europe des Six des fondateurs (Allemagne fédérale, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas) était ”carolingienne”– plus ou moins consciemment la reconstitution de l’empire continental de Charlemagne ; et donc incompatible avec la thalassocratie britannique. Dans sa conférence de presse du 14 janvier 1963, le général de Gaulle expliquait son veto à l’entrée de la Grande Bretagne dans la Communauté européenne par l’antagonisme entre une Europe continentale et un Royaume Uni marchand, thalassocratique, géopolitiquement anti-européen et vassal des Etats-Unis, son ancienne colonie.

De Gaulle avait prévu que les Britanniques ne joueraient jamais sincèrement le jeu européen mais celui de l’Amérique. Il est tout à fait normal qu’Obama ait combattu le Brexit, car l’intérêt des USA était que la Grande Bretagne reste dans l’UE comme cheval de Troie américain.

La Grande Bretagne n’a jamais vraiment fait partie de l’UE. Un pied dedans, un pied dehors. Elle n’a pas adopté l’Euro, ni les accords de Schengen de libre circulation intérieure, ni 60% des accords financiers, avec une contribution au rabais. Les Britanniques – principalement les Anglais – schizophrènes, n’ont jamais su s’ils étaient Européens ou pas. Leur drame, c’est qu’ils manifestent un souverainisme sourcilleux vis-à-vis de l’UE ( et ils ont raison) mais qu’ils ont abandonné leur souveraineté stratégique aux mains des dirigeants américains ! Allez comprendre…

L’Union européenne a trahi l’idée européenne

L’idée d’union européenne était au départ bien pensée. Ce sont les gouvernements des pays européens, auteurs des dérives institutionnelles, politiques et idéologiques qui sont responsables des ratages et non pas ” Bruxelles”.

Au départ, avec la politique agricole commune et la philosophie d’un protectionnisme continental, la Communauté européenne s’était engagée dans la bonne direction. Elle est aujourd’hui totalement abandonnée : la Commission a adopté le libre-échangisme débridé au détriment des nations d’Europe. Les négociations (totalement opaques) pour le traité de libre échange transatlantique (Tafta) sont la preuve d’une soumission aux USA de la part d’une Commission européenne où la corruption et le lobbying américain font des ravages. M. Junker, le président de la Commission, n’est pas un modèle de transparence…

Totalement absurdes, les institutions européennes (avec beaucoup trop de ”commissaires” inutiles pour plaire à tous les pays) n’ont aucun Directoire efficace et sont antidémocratiques. Elles ne sont pas construites en fonction des besoins réels des nations et des peuples d’Europe mais pour servir les intérêts d’une caste eurocrate privilégiée (technocratique et parlementaire) qui comporte paradoxalement nombre d’europhobes qui profitent du système.

Dès les années 50, il y avait deux visions de l’Europe. D’abord celle des fondateurs, Maurice Schumann, Alcide De Gasperi et Konrad Adenauer : une Europe carolingienne réduite à six, avec protectionnisme extérieur et maintien des frontières intérieures. Cette Europe a été progressivement éliminée au profit du modèle de Jean Monnet (agent avéré du gouvernement de Washington) qui a malheureusement prévalu sur celle des pères créateurs : une Union européenne purement mercantile, technocratique et déracinée, élargie à près de trente États et dirigée par une Commission non démocratique à la réglementation ubuesque. Donc une grosse méduse paralysée.

Il ne faut donc pas confondre le projet initial de Communauté européenne des nations et l’Union européenne actuelle, une anti–Europe en réalité, fruit des gouvernements européens et de leurs politiciens.

La possibilité d’une neutralisation en douceur du Brexit

Plusieurs référendums européens contre l’UE, notamment en France et aux Pays–Bas, ont été invalidés, de manière totalement antidémocratique. Le traité de Lisbonne, ratifié en 2007 par le Parlement, a violé le référendum français de 2005 qui refusait la Constitution européenne. Il est fort possible que le Brexit subisse le même sort. Il existe donc une hypothèse que la sortie de la Grande Bretagne de l’UE soit formelle (juridique) mais non réelle.

On peut envisager que ce référendum britannique, surtout avec la crise financière qu’il provoque, ne soit pas suivi d’effets. Déjà David Cameron refuse d’utiliser l’article 50 du Traité de Lisbonne qui entame le divorce d’un pays membre avec l’UE. Si son successeur le fait, il y aura deux ans de négociations avant le départ effectif du Royaume Uni.

Le futur gouvernement britannique qui négociera le divorce va cyniquement essayer de maintenir tous les avantages (place financière de la City de Londres autorisée à traiter dans toute l’UE, accès sans douanes au marché unique, etc.) en se débarrassant des inconvénients, notamment la contribution au budget de l’UE. Le Brexit peut donc s’évanouir comme un hologramme virtuel.

Avis de décès pour le Royaume Uni ?

La Grande Bretagne (le Royaume Uni, UK), dit-on, risque d’être démantelé, du fait de la sécession possible de l’Écosse et de l’Irlande du Nord (Ulster) qui rejoindrait l’Eire, la république irlandaise membre de L’UE. Ces deux nations du Royaume Uni veulent majoritairement rester dans l’Union européenne, sans parler du cas de Gibraltar qui, à 98%, souhaite demeurer dans l’UE. Un nouveau référendum écossais de séparation avec le Royaume–Uni est envisagé. Le problème, c’est qu’une Écosse indépendante qui voudrait demander son adhésion à l’UE se heurterait à un véto de l’État espagnol, à cause d’une contagion possible vers une Catalogne indépendantiste. Sans parler du passage de l’Écosse à l’euro, autre casse–tête. On le voit : la situation est insoluble.

Bref, le référendum pour le Brexit peut avoir pour conséquence la fin du Royaume Uni. La reine (ou le futur roi) ne règneraient plus que sur l’Angleterre et le Pays de Galles. Cette amputation de la Grande Bretagne serait pour l’Europe un choc géopolitique et historique majeur. Qu’on songe aux conséquences sur l’Otan…

L’Union européenne n’est plus crédible et peut disparaître

L’Union européenne ressemble à un monstre politique ou plutôt apolitique. Pourquoi l’UE peut-elle disparaître ? Parce que, comme l’URSS, elle est une utopie ; une utopie technocratico–libérale quand l’URSS était une utopie technocratico–socialiste (ou ”communiste”, c’est la même chose). Dire cela, n’est pas du tout se montrer ”anti-Européen” ou paléo–nationaliste. L’Europe unie est un dessein profond (que Kant lui-même avait souhaité) mais la manière dont elle s’est édifiée sur le projet idéologique de Jean Monnet s’avère catastrophique et, au fond, parfaitement anti-européen. Et anti–démocratique.

Augmenter encore le nombre les membres de l’UE, en intégrant quatre nouveaux petits pays des Balkans alors qu’elle est déjà ingouvernable à 28, n’est plus sérieux. Comme d’admettre la Turquie du semi–dictateur islamique Erdogan avec laquelle les négociations continuent.

Une bureaucratie technocratique et hyper réglementariste impose un libéralisme concurrentiel, ce qui constitue une contradiction totale. Et fait éclater de rire nos compétiteurs américains. Non seulement, il n’y a plus aucune protection des frontières (dogme libre-échangiste) mais l’UE encourage et organise l’invasion migratoire – avec la complicité de la chancelière Merkel, il est vrai ! Instance non élue, parfaitement anti–démocratique, la Commission s’est attribuée l’autorité régalienne du Conseil. Le Parlement de Strasbourg, aux compétences floues, indéfinies et aux pouvoirs inconsistants, ne sert à rien sauf à fournir des privilèges exorbitants à ses membres et à leur entourage.

Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne, s’avouait avec cynisme l’architecte d’un « despotisme doux ». La preuve du caractère antidémocratique, voire despotique, de cette Commission européenne a été administrée le 4 mai 2016 par la proposition de répartir autoritairement sans l’avis des peuples autochtones les ”réfugiés” et ”migrants” (envahisseurs pour parler clair) sous peine d’une amende de 250.000 € par étranger refusé ou refoulé ! Hallucinant.

Inventer une autre Europe

L’idée de construction européenne a été ruinée par des forces en réalité anti-européennes. Le refus d’admettre les ”racines chrétiennes” de l’Europe par l’UE est un symbole. L’Europe est voulue sans enracinement, ouverte à toutes les invasions migratoires et sans protection économique. L’Union européenne, ou Europe passoire, fut un moyen objectif et volontaire de détruire l’Europe historique et ethnique des nations. Sous le regard bienveillant de Washington…

Le Front national et tous les souverainistes souhaitent la disparition de l’Union européenne actuelle, cette usine à gaz aberrante, mais ils n’ont pas de solution de rechange claire. L’Europe des Nations, c’est-à-dire une nouvelle Union Européenne, n’a jamais été pensée sérieusement.

Si elle ne se transforme pas profondément, l’Union européenne risque la mort probable. Car sa balance avantages/inconvénients est de plus en plus négative. L’Union européenne aura néanmoins amélioré les économies des pays de l’Est et du Sud et augmenté leur PIB avec des avalanches de subventions. Mais c’est un résultat mineur, passager. À moyen et long terme l’idée d’Union européenne est à revoir intégralement. La probabilité la plus forte est que l’UE va se décomposer. Il va falloir inventer autre chose.

On répète partout que l’UE a évité de nouvelles guerres entre Européens comme 1914–1918 ou 1939 –1945. Mauvais argument. Même sans l’UE, de nouvelles guerres intra-européennes n’auraient pu avoir lieu. La prochaine guerre – très compliquée– opposera Européens et musulmans. D’ailleurs, elle a déjà commencé en sourdine.

Maintenant, après le Brexit, ils veulent ”refonder l’UE” sur de nouvelles bases. Ils ne sont pas crédibles, pas plus que des ivrognes qui jurent qu’ils ne boiront plus. L’histoire inventera d’autres solutions.

http://www.polemia.com/le-brexit-un-symptome-pas-un-remede/?utm_source=La+Lettre+de+Pol%C3%A9mia&utm_campaign=d0a710e1df-lettre_de_polemia&utm_medium=email&utm_term=0_e536e3990e-d0a710e1df-55412265

cles / Le Brexit un symptôme, pas un remède !

Juil 05

Le Brexit un symptôme, pas un remède !

5 juillet 2016 | Exclusivité Polémia

Bruno Mégret, haut fonctionnaire, homme politique.

♦ Le Brexit est sans conteste un événement politique important mais, au-delà des polémiques qu’il suscite, il convient de s’interroger sur sa portée réelle. A l’évidence, il s’agit d’abord d’une nouvelle et puissante manifestation populaire de rejet de la classe dirigeante et de l’idéologie qu’elle véhicule, la revendication identitaire face au danger migratoire ayant sans doute été le facteur le plus déterminant du vote pour la sortie de l’Europe. Malgré une campagne massive organisée par tous les tenants du politiquement correct, les Britanniques ont exprimé clairement leur refus d’une Europe mondialisée qui bafoue les identités, les Etats et les peuples.

A ce titre, leur vote s’inscrit dans le vaste courant qui se développe un peu partout en Europe, comme encore récemment lors de l’élection présidentielle en Autriche.
Une catastrophe (?)

A cet égard, on ne peut qu’être choqué par la propagande du Système présentant cette sortie de l’Union comme une catastrophe pour la Grande-Bretagne. A entendre les thuriféraires de l’Europe bruxelloise, celle-ci va connaître des troubles économiques, monétaires et commerciaux majeurs. Gageons qu’il n’en sera rien. Certes, la période d’incertitude ouverte par ce vote continuera pendant quelque temps à perturber les milieux économiques et financiers mais elle n’aura que peu de conséquences d’envergure. On voit déjà que l’impact sur la livre sterling est des plus modérés. Certes, la devise britannique a perdu près de 10% de sa valeur depuis le jour du référendum, mais il s’agit là d’une évolution qui se stabilise et qui se révèle, somme toute, bien modeste au regard de la baisse, au demeurant bénéfique, de l’euro qui a perdu quant à lui 20% de sa valeur au cours des douze derniers mois.

La vérité est que, si ce Brexit ne conduit pas aux catastrophes annoncées par les tenants du maintien du Royaume-Uni dans l’Union, il risque de ne pas apporter non plus les avantages promis par les partisans de sa sortie et de ne pas changer grand-chose dans la vie quotidienne des Britanniques. Sur le plan commercial, n’oublions pas que le Système bruxellois est dominé par le libre-échange. Il n’y a plus de frontières commerciales entre les pays d’Europe mais il n’y en a pas davantage entre l’Europe et le reste du monde. Sous une forme ou sous une autre, les droits de douane ne seront donc pas rétablis entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne et le commerce entre ces deux ensembles continuera comme avant. Sur la question de l’immigration, le Royaume-Uni ne faisait pas partie de l’Espace Schengen et, la classe dirigeante étant toujours très ouverte à l’immigration du Commonwealth, celle-ci se poursuivra comme auparavant et d’autres grandes villes britanniques finiront elles aussi par se doter, comme Londres, d’un maire musulman.

Et si la France suivait la Grande Bretagne ?

Cette observation doit conduire à s’interroger sur ce qui se produirait si la France sortait à son tour de l’Union européenne. La réponse serait la même : cela ne résoudrait rien. Les entreprises françaises seraient toujours soumises aux mêmes charges qui pénalisent leur compétitivité. En matière d’immigration, les gouvernements du Système acquis au politiquement correct ne feraient rien de plus qu’aujourd’hui pour arrêter la déferlante migratoire. Quant à la bureaucratie, faisons confiance à l’administration française pour concocter des règles aussi complexes et pénalisantes que celles imposées par Bruxelles.

Le Brexit est un symptôme de la maladie bruxelloise

En réalité, ce ne sont pas les structures institutionnelles, qu’elles soient nationales ou supranationales, qui déterminent la politique, mais leurs dirigeants et l’idéologie qui les anime. Placez des responsables acquis aux idées de la droite nationale à la tête et dans les rouages des institutions bruxelloises et l’Europe changera radicalement : de bureaucratique et mondialisée elle deviendrait protectrice de nos identités et de nos intérêts. A l’inverse, maintenez des dirigeants comme Hollande à la tête d’une France même sortie de l’Union et rien ne s’améliorera. Le Brexit est un symptôme de la maladie bruxelloise, pas un remède.

S’il faut donc refuser l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui, il est vain de chercher la solution dans une sortie mécanique de l’Union. Il faut, au contraire, imaginer une autre Union, une Union qui rende aux Etats toutes les prérogatives qu’ils peuvent parfaitement gérer à leur niveau. Une Union qui soit dirigée par les nations et elles seules. Une Union qui se prémunisse de la concurrence sauvage par une régulation des échanges commerciaux à ses frontières. Une Union qui assure son indépendance vis-à-vis des Etats-Unis en rejetant le TAFTA et en créant une Alliance militaire européenne se substituant à l’Otan. Une Union dont la monnaie servirait les économies européennes comme le dollar sert l’économie américaine. Une Union qui mettrait un terme à l’invasion migratoire et qui aiderait les Etats à organiser la réémigration. Bref, une Union qui se préoccuperait de l’identité, de l’indépendance et de la puissance collective de l’Europe.

L’Europe se doit être une cohérence entre les nations composantes, défenseurs en commun de leur civilisation européenne

Dans le monde multipolaire qui est dorénavant le nôtre, marqué par le choc des civilisations et la montée des puissances anti-occidentales comme le monde chinois ou le monde musulman, il est essentiel que l’Europe impose à nouveau la puissance de sa commune civilisation. Et ce ne sont pas des nations isolées, divisées, envahies et culpabilisées qui peuvent nous rendre notre place dans ce monde-là.

La sortie de la Grande-Bretagne, laquelle a toujours voulu une Europe de l’atlantisme et du libre-échange, pourrait faciliter l’émergence d’une Europe de l’identité, de l’indépendance et de la puissance. Le choc politique du Brexit pourrait par ailleurs créer l’occasion de refonder l’Europe sur de tout autres principes que ceux qui ont prévalu jusqu’à présent. Les tenants de la classe politique reconnaissent aujourd’hui que l’Europe bruxelloise est discréditée et qu’il faudrait la rénover. Pourtant, ils ne semblent pas voir les fondements sur lesquels elle devrait être reconstruite et se contentent de proposer des modifications abstraites, voire absconses.

Une nouvelle Europe

Expliquons-leur, alors, que, si l’Europe s’affirmait demain comme le rempart contre l’invasion migratoire, si elle abandonnait son emprise bureaucratique sur les Etats, si elle assurait par sa monnaie et sa politique commerciale la réindustrialisation du continent et si elle rendait aux Européens leur fierté par une indépendance et une puissance retrouvées face aux Etats-Unis, les institutions européennes deviendraient enfin populaires.

Encore faudrait-il qu’au lieu de se réjouir passivement du Brexit, ceux qui s’opposent au Système en place fassent comprendre aux Français que l’Europe peut être tout autre chose que ce que les Européistes en ont fait et qu’elle pourrait constituer un puissant instrument pour combattre le politiquement correct et assurer la renaissance de notre nation.

Bruno Mégret
4/07/2016

Les intertitres sont de la rédaction

Correspondance Polémia – 5/07/2016

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Published by marcrousset
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