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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 18:14
LES BANQUES ITALIENNES : 40 MILLIARDS D'ARGENT PUBLIC POUR RECULER UN PEU L'INELUCTABLE PRECIPICE !

http://www.bvoltaire.fr/ericraoulduval/les-banques-italiennes-au-bord-de-la-roche-tarpeienne,272675?mc_cid=e9a403a310&mc_eid=58ff097ba7

Les banques italiennes au bord de la roche Tarpéienne

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Comment en sont-elles arrivées là ? Quel est le risque ?

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Eric Raoul-Duval

Chef d'entreprise

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Ces derniers temps, le monde de la finance européenne s’affole. Il y a de quoi. Les banques italiennes, naguère saines, sont aujourd’hui en très grande difficulté. Comment en sont-elles arrivées là ? Quel est le risque ?

Essentiellement banques de détail, les établissements transalpins prêtaient, du temps de la lire, facilement mais à des taux élevés. Elles prenaient des risques importants et s’y retrouvaient grâce à des marges confortables. Cerise sur le gâteau : au fil du temps, l’inflation réduisait le montant de leurs créances douteuses.

Ce système, exploitant ou plutôt apprivoisant l’inflation, était peut-être critiquable, mais l’industrie prospérait et, par voie de conséquence, l’économie italienne. Cette stratégie audacieuse créait un cercle, somme toute, vertueux et semblait assurer aux Italiens un avenir prometteur.

Hélas, les banques italiennes ne surent s’adapter à l’euro déflationniste. Les créances douteuses qui, naguère, fondaient au soleil de l’inflation s’alourdirent de plus en plus. L’industrie italienne, attaquée par les importations asiatiques, se trouva handicapée par l’euro « fort ». Les dépôts de bilans se multiplièrent. Les créances douteuses augmentèrent de plus belle. Elles s’élèvent, à présent, officiellement à 160 milliards d’euros ; sans doute plus, en réalité. Les banques les ont provisionnées à 60 %. Or, les spécialistes s’accordent à dire qu’on devrait provisionner 30 à 40 milliards supplémentaires.

Hélas, ce n’est pas tout.

Pour bien comprendre la suite, rappelons que le métier d’une banque est d’emprunter à court terme et de prêter à long terme. La marge repose donc largement sur l’écart des taux courts et des taux longs. Or, récemment, cet écart s’est considérablement réduit : un drame pour les banques italiennes. Comment redresser la situation sans marge ? Comment restaurer la confiance ? Elles doivent provisionner au plus tôt les fameux 40 milliards.

Oui, mais il y a l’Union européenne. Déjà pénalisés par l’euro, les banquiers transalpins ne peuvent se sauver sans se heurter aux directives européennes.

Impossible de provisionner les 40 milliards ; on ne respecterait plus les ratios de solvabilité imposés par l’Union européenne.

Matteo Renzi propose, alors, que ce soit l’État italien qui injecte les 40 milliards indispensables au redressement des banques. Las, la nouvelle réglementation européenne impose qu’un État ne puisse intervenir que dans le cadre d’une procédure de « liquidation/résolution ». En clair, on fait subir aux actionnaires et aux porteurs d’obligations une partie des pertes de la banque. Pourquoi pas ? Sauf que les obligations bancaires sont massivement détenues par les ménages italiens. Pire : ces obligations représentent une part importante de leurs économies.

Or, Matteo Renzi a prévu, en octobre, un référendum afin de modifier la Constitution italienne. Appauvrir des millions d’Italiens avant les élections discréditerait l’Union européenne et justifierait les votes pour les eurosceptiques et le Mouvement 5 étoiles.

Le contexte du Brexit est tel que Bruxelles et Berlin ne peuvent plus se permettre un échec électoral. Paradoxalement, c’est ce qui va sauver les banques. Soudain plus conciliante, Bruxelles se déclare prête à trouver rapidement un « accommodement ». Fini les directives, fini les principes, il ne faut plus seulement sauver la finance italienne, il faut sauver Bruxelles. Kein Problem, on trouvera les milliards… jusqu’à la prochaine crise. D’ici là, l’Union européenne a préservé… l’Union européenne. La crise italienne reviendra, mais plus tard. Dormez, brave gens.

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