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5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 18:05
BREXIT: DEFENDRE LE FRANCAIS A BRUXELLES COMME LANGUE DE COMMUNICATION = HONNEUR, INTERET NATIONAL, BON SENS !

1)Chronique d’Albert Salon

BREXIT : EXIT L’ÉTAT MEMBRE, EXIT SA LANGUE OFFICIELLE !

La logique du Brexit conduit à écarter l’anglais langue officielle de l’UE !

Depuis 1973, l’eurocratie bruxelloise a méthodiquement contourné, violé ses traités et son règlement 58 qui lui font obligation de respecter l’identité culturelle et les langues des Etats membres déclarées officielles de l’UE. Elle a en effet réussi, par obsession fédéraliste atlantiste, à imposer l’anglais comme langue officielle dominante, aujourd’hui quasi-exclusive, de l’UE. Les administrations nationales reçoivent de Bruxelles des documents uniquement en anglais et sont tenues d’y répondre en anglais ! Illégalité, illégitimité. Dérive totalitaire du tout-globish vers langue unique, pensée et politique uniques.

Illégitime, cette option deviendrait burlesque par le Brexit, faisant de l’UE la seule institution multinationale ayant pour véhicule une langue vivante n’étant plus déclarée officielle à l’UE par aucun pays membre : Malte a déclaré le maltais, l’Eire le gaélique, Chypre le grec !

Exploit possible de la diplomatie anglaise face à Bruxelles : « beurre et argent du beurre » ?...

L’empire va naturellement tout faire pour maintenir l’anglais comme langue officielle, au moins commune, de l’UE :

La difficulté ne saurait nous échapper : l’habitude de l’anglais a été prise. Les États-Unis (EU) hyperpuissance imposant aussi le TAFTA, vrais maîtres du monstre UE, veillent jalousement sur ce graal et continuent à l’imposer avec l’aide de tous leurs « collabos de la pub et du fric » (Michel Serres) ; les « élites » françaises n’étant pas les moins complaisantes et soumises.

Il faut le savoir : les intérêts géopolitiques, commerciaux, financiers, sont énormes pour les Anglo-Américains : cf. l’article d’Yves Montenay joint, sur la base du rapport de François Grin, professeur à l’Université de Genève. Ils gagnent, par la seule prépondérance et l’imposition de leur langue, des dizaines de milliards d’euros par an en compétitivité, et bien d’autres avantages, aux dépens de nous concurrents aux langues sciemment marginalisées. L’acharnement que l’empire mettra à défendre sa part…du lion, révèlera l’imposture de l’argument-conte-de-fée faisant de l’« Europe » un contrepoids à « l’hyperpuissance » : car l’UE est en fait un vecteur institutionnel de la pénétration états-unienne et anglo-saxonne sur le continent européen, en vassalisation dans la ligne de Jean Monnet.

Belle bataille en vue, du moins si les lésés veulent bien, au moins pour l’honneur, l’engager…

Une action collective ferme des membres de l’UE s’impose donc, lancée par la France, avec ses alliés quasi naturels !

L’affaire est, en droit, simple et claire. Le Brexit doit logiquement entraîner pour l’anglais la perte de son statut juridique dans les institutions de l’Union. Les textes officiels de l’UE ne doivent plus être rédigés en anglais, ni les dépenses de traduction de et vers l’anglais payées par le budget européen. Tout élu européen se doit désormais, comme chaque administration nationale, de refuser qu’un texte officiel lui soit soumis et soit débattu dans cette langue.

Le poids des mauvaises habitudes prises fait qu’il est possible et vraisemblable que l’anglais servira longtemps encore de lingua franca au moins dans les relations inter-personnelles au sein des institutions. Mais le « grand Européen » Umberto Eco n’affirmait-il pas que « la langue de l’Europe, c’est la traduction » ?

Il y faut « seulement » grandeur et courage ! Nous Français avons un haut exemple en tête…

Les États membres doivent être réunis pour poser, en ce domaine, que les traités et règlements fondateurs doivent être respectés. « Les traités, rien que les traités ! », quittes à en négocier de nouveaux, à 27, à l’unanimité ouvrant au veto de tout État fort osant refuser l’anglais partout.

Imaginons un instant un chef d’État français visionnaire et ferme défendant dans un même souffle à la fois le droit, la logique politique, nos intérêts français, et…une Europe européenne ! Quel coup superbe ! Que nos candidats pour 2017 qui auraient un sens de la France, de la grandeur, et…de l’opportunité, y réfléchissent : il y a là de quoi contribuer à leur (ré)élection à la Présidence de la République…Avec des alliés potentiels chez Wallons, Italiens, Allemands …Enfin un objectif commun pour le « couple » franco-allemand qui en cherche à tâtons ! Conforme de surcroît à l’esprit et aux textes fondateurs de l’UE. Reçu enfin comme un signal d’espoir au Québec, en Wallonie, dans toute la Francophonie en proie à la désillusion, tentée par le délitement. Un geste difficile, mais porteur de grande histoire !

Les associations et mouvements patriotiques, tous nos lecteurs, sont invités à œuvrer pour que cette idée se répande comme une traînée de poudre, joue le rôle de mèche allumée dans la sainte-barbe du vaisseau « HMS Europe » captif. Yo ho ho ! Et une bouteille de rhum !

Albert Salon.

2) La face cachée du rôle de l’anglais à Bruxelles

Un enjeu économique méconnu
Travailler en anglais dans ou avec les institutions européennes est regardé avec fatalisme en France. Ou même avec une certaine faveur pour ceux que cela avantage : cela rentabilise leur investissement linguistique, ou plutôt celui de leur famille : séjours le plus tôt possible en pays anglophone, souvent suivi d’études supérieures aux États-Unis. Bref, pour eux, comme pour les autres acteurs anglophones de Bruxelles, surtout que rien ne change !

Or, il s’agit d’un problème économique important : le rapport Grin (téléchargeable sur le site de La Documentation Française) a chiffré à des dizaines de milliards de dollars par an l’avantage pour le Royaume-Uni et ses entreprises. Sa conclusion mérite d’être intégralement citée :

« Le Royaume-Uni gagne, à titre net, au minimum 10 milliards d’euros par année du fait de la dominance actuelle de l’anglais. Si l’on tient compte de l’effet multiplicateur de certaines composantes de cette somme, ainsi que du rendement des fonds que les pays anglophones peuvent, du fait de la position privilégiée de leur langue, investir ailleurs, ce total est de 17 à 18 milliards d’euros par année. Ce chiffre serait certainement plus élevé si l’hégémonie de cette langue venait à être renforcée par une priorité que lui concèderaient d’autres États, notamment dans le cadre de leurs politiques éducatives respectives (NDLR :ce rapport ayant été publié en 2005 sur la base de chiffres antérieurs, et cette priorité s’étant confirmée depuis lors, les sommes en jeu sont aujourd’hui beaucoup plus importantes). Ce chiffre ne tient pas compte de différents effets symboliques (comme l’avantage dont jouissent les locuteurs natifs de la langue hégémonique dans toute situation de négociation ou de conflit se déroulant dans leur langue) ; cependant, ces effets symboliques ont sans doute aussi des répercussions matérielles et financières. »

Le détail du raisonnement et du chiffrage vaut le détour. Aujourd’hui, il mènerait probablement à au moins 40 milliards d’euros. Évidemment, le Britannique « de base » plutôt âgé et rural qui a voté pour la sortie est très loin de ces problèmes, à la différence de ses compatriotes des grandes villes et a fortiori de la City qui sont probablement très conscients de l’importance du gâteau menacé par leur vote.

On voit qu’il ne s’agit pas seulement d’une question de prestige ou de principe visant les discours des hauts fonctionnaires européens, mais de tout un système, notamment d’appels d’offres où tout est plus simple pour les anglophones et où les différents conseillers sont directement ou indirectement proches du Royaume-Uni.

C’est un problème qui touche tous les pays, une enquête ayant montré qu’en dehors des anglophones natifs, en très forte proportion les Européens – pas seulement les Français – ont un niveau d’anglais insuffisant, ce qui d’ailleurs réagit sur l’ensemble de l’efficacité de la machine européenne. Pour tout cela, se référer au Quatrièmes assises du plurilinguisme, Bruxelles 2016, et aux travaux de l’Observatoire Européen du Plurilinguisme et du GEM +.

Pour les entreprises françaises, ce serait un énorme gain de productivité : on cesserait de payer sa dîme à des circuits anglophones, on utiliserait le personnel qualifié dans la langue où il est à l’aise. Une telle chance de gagner en compétitivité ne devrait pas être négligée.

Mais tout cela n’est qu’un rêve, nous dit-on. Voyons de plus près :

Le droit, la routine et la politique

Tout d’abord, que nous dit le droit ? Que la langue de travail doit être la langue officielle d’un des États, alors que seule la Grande-Bretagne avait déclaré comme langue officielle l’anglais. En effet, les autres pays où l’anglais est localement officiel, à savoir l’Irlande, Malte et Chypre ont déclaré respectivement le gaélique, le maltais et le grec comme leur langue officielle pour l’Union européenne.

C’est un résumé un peu brutal, des nuances pouvant être trouvées dans tel ou tel détail des textes fondateurs, auxquels je renvoie des juristes plus qualifiés que moi. Je pense notamment à l’article 8 du règlement 58/1, à sa re-rédaction en anglais, et au règlement rédigé lors de l’arrivée du gaélique. Mais cela vaut bigrement la peine d’être regardé de plus près, les documents fondateurs ne pouvant en effet être modifiés qu’à l’unanimité.

Les commentateurs confondent en général langue officielle, choisie par chaque État membre, utilisée ponctuellement, et langue de travail, le vrai problème : officiellement l’anglais, le français et l’allemand à égalité, en pratique ce que vous savez… Ces commentateurs oublient également l’aspect économique global et l’enjeu pour les entreprises françaises.

Les intérêts en cause sont tels que l’on va sans doute trouver un biais pour réintroduire l’anglais comme langue officielle, ou comme langue de travail de fait. La routine, qui est une force puissante dans tous les domaines, y contribuera et cette routine sera vraisemblablement puissamment appuyée par la politique. Celle de la Grande-Bretagne lors des négociations de sortie, vraisemblablement appuyée officieusement par les États-Unis, et probablement par celle de l’Irlande, voire d’autres pays dont l’enseignement supérieur est largement anglicisé.

Il faudrait donc qu’il y ait en face une volonté politique tout aussi vigoureuse. Hélas, le gouvernement français ne semble pas préoccupé par cette question, beaucoup d’entreprises non plus. Pourtant, ils pourraient trouver des alliés chez les Allemands, dont la langue a reculé à Bruxelles beaucoup plus que le français, et chez d’autres pays tels l’Italie ou l’Espagne.

Un enjeu franco-allemand électoralement motivant

Nous entrons en période électorale en France, tandis que le tandem franco-allemand peine à se trouver des objectifs communs. En voici un, très important pour les entreprises françaises, et qui pourrait également mobiliser beaucoup d’électeurs attachés aux thèmes identitaires, ou tout simplement à un profond désir d’équité. Tout cela est d’ailleurs conforme à l’esprit et aux textes des traités fondateurs de l’Union. Yves Montenay

http://marcrousset.over-blog.com/2016/08/defendre-le-francais-a-l-heure-du-brexit-un-honneur-et-du-bon-sens.html

3) Chronique ci-dessous de Philippe Bilger sur Boulevard Voltaire

DEFENDRE LA LANGUE FRANCAISE A L'HEURE DU "BREXIT"! UN HONNEUR ET DU BON SENS !

http://www.bvoltaire.fr/philippebilger/en-parlant-francais-je-resiste,274481?mc_cid=4618686114&mc_eid=58ff097ba7

Aujourd'hui

image: http://cdn.bvoltaire.fr/media/2016/02/racine-livres-langue-francaise-orthographe-1200x660.jpg

Photo : DC

L’honneur de parler français est un pavillon qu’on doit dresser haut.

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Philippe Bilger


Magistrat honoraire et président de l'Institut de la parole

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Dans ces temps tragiques où l’angoisse de la France est à la hauteur de sa volonté de combattre ce qui croit pouvoir la briser, j’éprouve une mauvaise conscience. Est-il bien sérieux d’écrire un billet sur la francophonie, sur la langue française et sur ce qu’elles représentent ?

(…)

Pourquoi, cependant, ai-je pris le risque de m’inscrire dans cette lignée dont j’espère ne pas être éclaboussé ?

Parce que je crois en l’honneur d’être français, parce que je suis persuadé que maîtriser la langue française, la porter haut, vouloir la maintenir dans sa pureté et sa force, s’efforcer de la diffuser dans le monde, refuser son délitement est à la fois une mission, une exaltation. Et, je le répète, un honneur.

Je suis d’autant plus sensible à cette cause qu’étant médiocre pour tous les arts sociaux, je me suis accroché, comme à une bouée de sauvetage, à la parole, à la langue, pour moi la plus éclatante démonstration de mon aptitude à être. Comment ne pas m’investir dans ce qui relève de ma propre sauvegarde ?

Depuis le 11 février, le secrétariat d’État au Développement et à la Francophonie a été confié à André Vallini et c’est un bonheur, pour une fois, qu’il n’y ait pas de hiatus entre la compétence et le service.

En plus – et ce n’est pas mince pour ce poste -, André Vallini parle un français qui ne tombe dans aucune vulgarité et a l’élégance de son locuteur. Ce n’est pas chez lui qu’on trouvera la moindre complaisance pour l’usage choquant de l’anglais en France et de la part de Français. Il suffit de se rappeler sa dénonciation forte sur ce plan pour le concours de l’Eurovision et l’Euro 2016.

La francophonie est entre de bonnes mains et dans un bon esprit.

Heureusement. Car si mille professeurs du monde entier se sont réunis au cours de ce mois à Liège pour défendre le français, le constat est que d’ici à 2020, il manquera 180.000 enseignants de français, notamment en Afrique (Le Figaro).

[…]

Quand, faute de savoir maîtriser une aptitude, une richesse, une qualité, un vocabulaire qui vous échappent, on préfère accompagner le déclin plutôt qu’y résister, on participe au désastre. Quand la vulgarité des mots semble le comble de l’audace et qu’on s’obstine à rire du grossier parce que le fin, le complexe et le délicat ne sont plus à la portée du français tel qu’on ne l’apprend plus et même qu’on le méprise, on tombe.

L’honneur de parler français est un pavillon qu’on doit dresser haut contre tous ceux qui, sur un mode subtil ou des entreprises terrifiantes, de manière innocente ou perverse, offensent ce que nous sommes, notre identité, notre histoire, la profonde singularité de ce qui fait « France » et qui intègre la beauté de la langue.

[…]

Extrait de : Parler français, c’est résister !


En savoir plus sur http://www.bvoltaire.fr/philippebilger/en-parlant-francais-je-resiste,274481#JDoxzrQ3jpzVt11K.99

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