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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 20:03

http://www.bvoltaire.fr/gabrielrobin/fillon-lanesthesiant,295239?mc_cid=5a72d90709&mc_eid=58ff097ba7

 

 HIER

 

Pour ce qui concerne l’immigration, les mesures envisagées par François Fillon sont ternes et inadaptées aux enjeux.

 

Gabriel Robin

Juriste


SG du Collectif Culture, Libertés et Création du RBM
 

 

 

Les votants à l’élection primaire de la droite ont fait leur choix : leur candidat sera François Fillon, Premier ministre de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012. Énième défaite des instituts de sondage, le score écrasant de François Fillon illustre l’extrême volatilité politique des Français. Songez qu’il y a à peine un peu plus de trois semaines, l’homme de la Sarthe était donné derrière Bruno Le Maire, qu’il a finalement devancé de 42 points ! Cette victoire s’est dessinée dans les derniers instants sur la base de trois éléments : le rejet profond de Nicolas Sarkozy, l’impossibilité pour une grande partie de l’électorat de droite de choisir Alain Juppé, et la personnalité peu controversée du candidat Fillon, récompensé pour son travail.

Comme l’a écrit Claude Askolovitch, la remontée de François Fillon dans la dernière ligne droite procédait d’une logique implacable car il a su le mieux incarner les aspirations de l’électorat de droite le plus motivé. Patiemment, calmement et implacablement, il a tué ses deux rivaux. Nicolas Sarkozy est resté tributaire d’un bilan, d’une image écornée. Quant à Alain Juppé, il a été vu comme l’homme du multiculturalisme, d’une idiote « identité heureuse ». Il faudra donc, désormais, faire avec François Fillon. Mais qui est-il, au juste ? Est-il cet homme de droite dure que se plaît à dépeindre Claude Askolovitch ?

On peut imaginer qu’une partie non négligeable des suffrages qui se sont portés sur François Fillon n’ont pas été motivés principalement par son programme mais par ce que l’homme représentait, c’est-à-dire d’abord et avant tout un antidote à Nicolas Sarkozy et Alain Juppé. Car, sur le fond, qu’est-ce qui pourrait le distinguer fondamentalement de ses adversaires ? Il a soutenu la politique de Nicolas Sarkozy pendant cinq ans, étant donc lui-même tributaire de l’affaiblissement de la France que nous ne pouvons que déplorer : plus d’un million d’immigrés légaux en cinq ans, la suppression de postes dans les forces de l’ordre, l’accroissement de la dette publique et l’explosion du chômage.

Aujourd’hui, François Fillon voudrait que l’on voie en lui un homme neuf. Il a fait de la dette publique une de ses priorités mais compte résorber le problème en supprimant 500.000 fonctionnaires, ce qui ne sera pas sans diminuer les effectifs des services publics nationaux.

Oui, l’État ne doit pas être obèse mais il ne doit pas, non plus, devenir anorexique. En outre, cette réforme est assez peu plausible, comme l’expliquait François Écalle, ancien magistrat de la Cour des comptes, au magazine Challenges : « Au total, la suppression de 500.000 postes est inimaginable, sauf à prévoir des licenciements de fonctionnaires. » Dans le même ordre d’idées, le candidat Fillon a proposé de payer les 39 heures de travail au tarif des 35 heures. Faire des efforts ? Oui. Dévaloriser le travail des Français ? Jamais.

Pour ce qui concerne l’immigration, les mesures envisagées par François Fillon sont ternes et inadaptées aux enjeux. Notons qu’il ne propose pas la suppression du regroupement familial. Il a, d’ailleurs, récemment déclaré qu’il accueillerait des « migrants » dans sa ville s’il en était toujours le maire, alors que ces derniers devraient être expulsés instamment du territoire national. Homme du traité de Lisbonne, François Fillon ne saura pas plus faire valoir les intérêts français face aux élites berlino-bruxelloises qu’il ne saura imposer la France historique dans ces quartiers qui ont fait sécession. Rappelez-vous : il est le seul Premier ministre de l’histoire de la Ve République à avoir inauguré une mosquée. Ce moment symbolique a eu lieu à Argenteuil en 2010. Même Sarkozy s’en était moqué.

Le miracle Fillon a été rendu possible par l’insigne médiocrité de ses concurrents, notamment Alain Juppé, qui aurait pu faire passer François Hollande pour un homme de droite. François Fillon n’est pas la solution pour redresser la France. Il jouera, au mieux, un rôle d’anesthésiant avant le grand chaos.

 

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