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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 07:08

http://www.bvoltaire.fr/philippebilger/pour-eliminer-sarkozy-faut-il-voter-fillon,294007?mc_cid=04be9ef6a5&mc_eid=58ff097ba7


 

Le Tout sauf Sarkozy est déjà une ligne directrice fondamentale qui doit inspirer.

 

Philippe Bilger


Magistrat honoraire et président de l'Institut de la parole
 

 

 

 

Depuis que Nicolas Sarkozy a trahi sa promesse de ne plus revenir en politique après sa défaite de 2012, j’ai un désir : à mon niveau infiniment modeste, empêcher sa restauration en 2017.

Je ne suis sans doute pas le seul, désabusé à la suite de son premier mandat, à ne pas vouloir retomber dans les mêmes errements.

Il a déjà été assez pénible, à cause de lui, de devoir voter pour la première fois de ma vie en faveur d’un Président de gauche qui a dévoyé la social-démocratie, rendu pour certains la gauche archaïque désirable et dégradé la fonction.

La primaire LR se dresse sur notre chemin et, le 20 et le 27 novembre, il faudra bien mesurer nos responsabilités.

Le « Tout sauf Sarkozy » est déjà une ligne directrice fondamentale qui doit inspirer. Il y a, là, un impératif qui dépasse largement ma perception personnelle et concerne la France, son destin, sa sauvegarde et son image. Et la représentation de ce que nous sommes. Je n’ai plus envie de souffrir à cause d’un homme qui parlera en mon nom mais m’indignera souvent par ses comportements.

J’en profite pour répondre à ceux qui dénaturent mon hostilité civique et politique en ressentiment personnel que les propos scandaleux de Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, sur l’homme remarquable qu’était mon frère Pierre n’ont pas été une cause mais une conséquence.

Un impératif, donc, mais aussi une angoisse.

Une angoisse, d’abord parce que Nicolas Sarkozy a beaucoup de talents, celui du verbe entraînant, de la démagogie chaleureuse et d’une aptitude à l’oubli contagieuse pour ses partisans qui l’écoutent comme un politique vierge et de fraîche date.

Une angoisse également, parce qu’Alain Juppé non seulement n’a pas envie de forcer sa nature – on peut l’admettre car il estime que c’est elle qui fait la différence à son bénéfice – mais se campe ostensiblement non dans une posture de gagnant anticipé mais de sage survolant les pensées de ses contradicteurs et fuyant la mêlée avec une apparente sérénité à la longue plus agaçante que certaines excitations assumées.

Contre Nicolas Sarkozy, ce sera lui.

Ou François Fillon.

Ce dernier, qui n’est pourtant pas un extraverti débridé, a réussi lors des deux joutes médiatiques et à « L’Émission politique » de France 2 à faire preuve d’une telle compétence affichée, presque professorale, à l’égard des autres un tantinet ignorants, d’un tel courage intellectuel et politique, d’une telle audace sûre de soi et de son projet, d’une telle maîtrise, qu’on ne rit plus de lui quand il s’affirme certain d’être présent le 27 novembre. En tout cas, il est déjà, après une impressionnante remontée, clairement le troisième après avoir décroché Bruno Le Maire.

Est-il concevable que François Fillon rattrape et dépasse Alain Juppé dans le sprint final ?

En tout cas, il y a là une interrogation créatrice d’une angoisse ultime pour déterminer qui, de François Fillon ou d’Alain Juppé, doit être absolument privilégié au premier tour pour que Nicolas Sarkozy soit battu au second. C’est mon exclusive préoccupation qui ne laisse pas de côté le sérieux des programmes et la force des caractères, mais s’en tient à l’essentiel pour le futur. Qui sera le meilleur pour défaire ce qui serait le pire ?

Si François Fillon se hissait au second tour en continuant, grâce à une équipe bien plus performante qu’on pouvait le supputer, son forcing de haut niveau, il est manifeste que nous serait offerte une empoignade superbe entre un Nicolas Sarkozy, Président ayant eu tous les pouvoirs, et François Fillon, Premier ministre critique, lucide mais loyal durant cinq ans.

L’impératif ne souffre d’aucune incertitude. L’angoisse, par rapport à l’objectif, n’est pas mince qui fait craindre pour un favori trop prudent, qui fait hésiter pour un audacieux encore outsider.

Extrait de : Tout sauf Sarkozy : un impératif, une angoisse…

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Published by marcrousset
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