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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 16:20

http://www.bvoltaire.fr/georgesmichel/macron-au-second-tour-cest-possible-et-alors,304750?mc_cid=b3adb62837&mc_eid=58ff097ba7

 

Macron au second tour :

 

c’est possible. Et alors…

 

AUJOURD'HUI

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Emmanuel Macron, l’homme qui monte, qui monte, nous dit-on.

 

Georges Michel

Colonel à la retraite

 

 

À l’heure où j’écris ces lignes, Emmanuel Macron doit réviser la vie et l’œuvre de François Mitterrand et de Pierre Bérégovoy, avant d’entrer en scène à Nevers lors de son premier meeting de l’année. L’occasion, sans doute, d’en appeler aux mânes socialistes dans un département où François Mitterrand fut sénateur et député pendant plus de 21 ans et dans une ville où son Premier ministre fut maire durant dix ans.

Emmanuel Macron, l’homme qui monte, qui monte, nous dit-on. On avait imaginé Alain Juppé en 2016 et les plus fous rêvaient même d’un second tour entre le maire de Bordeaux et l’ancien ministre de Hollande. Alors, maintenant, certains imaginent un second tour en mode dégradé de cet entre-soi tant souhaité et désiré : un match Fillon-Macron ou Mallon-Ficron. « Oui, Macron au second tour, c’est possible », titrait Antonin André, chef du service politique d’Europe 1 dans un papier du 5 janvier, publié sur le site de la chaîne radio. Macron serait même « passé de la baudruche au granit ».

Et le journaliste d’Europe 1 d’expliquer que c’est possible en s’essayant à une comparaison entre la situation d’aujourd’hui et celle de l’élection présidentielle de 1969. « Les ressemblances entre les deux présidentielles sont troublantes », nous dit ce journaliste. En 1969, Georges Pompidou, candidat de la droite, était archi-favori. Comme François Fillon aujourd’hui.

Jusque-là, on suit. Juste un détail, tout de même : Georges Pompidou obtint au premier tour près de 45 % des voix. Tout est possible, certes, mais l’on voit mal – compte tenu des forces en présence – François Fillon obtenir un tel score aujourd’hui.

Deuxième ressemblance « troublante » : le candidat « populiste » de l’époque – en l’occurrence le communiste Jacques Duclos – était attendu au second tour mais c’est le centriste Alain Poher qui fut qualifié avec 23,31 % des suffrages, contre 21,27 % pour le communiste. Quant au représentant de la SFIO (le Parti socialiste de l’époque), Gaston Defferre, il ne rassembla que 5 % des suffrages sur son nom. On pourrait, effectivement, imaginer en 2017 un siphonnage des voix socialistes au profit d’Emmanuel Macron, selon le principe que l’électeur – sondages aidant – aime aller au secours de la victoire. Mais le journaliste d’Europe 1 oublie encore un « petit détail » : c’est qu’il existe encore un vote « populiste » à gauche avec un Jean-Luc Mélenchon qui reste à 14 %. Un électorat qui n’ira jamais voter Macron au premier tour : plutôt crever ! Au second tour, c’est une autre histoire…

Pour résumer, la situation de 2017 n’est en rien comparable à celle de 1969 car, pour l’essentiel, les forces en présence sont beaucoup plus éclatées qu’elles ne l’étaient à l’époque.

Mais là où l’analyse du journaliste d’Europe 1 tourne à l’art de vouloir faire entrer un carré dans un rond, c’est lorsqu’il qualifie Alain Poher d’« incarnation du renouveau » en 1969, comme Emmanuel Macron en 2017 – on l’aura compris. Alain Poher, président du Sénat, avait alors 60 ans et siégeait à la chambre haute depuis 1946, sans discontinuer. Il avait, en outre, participé à la valse des gouvernements de la IVe République en occupant, à plusieurs reprises, les fonctions de secrétaire d’État. Bref, l’incarnation du renouveau !

Alors, revenons au titre de cette tribune d’Europe 1 : « Oui, Macron au second tour, c’est possible. » Oui, c’est possible, mais il y a une configuration que les journalistes n’osent peut-être pas imaginer : c’est possible, face à Marine Le Pen. Dernier sondage Elabe : 26 % pour Fillon, 23 % pour Le Pen. Si l’un perd 1,5 % et l’autre en gagne autant, les courbes se croisent et après… tout est possible ! Et laissons Alain Poher en paix.

 

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