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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 17:52

http://www.bvoltaire.fr/xavierscot/le-christianisme-est-il-compatible-avec-la-virilite,303320?mc_cid=21f1864982&mc_eid=58ff097ba7

 

HIER

 

En ne privilégiant qu’une partie de ses valeurs, l’Église aura juste réussi à biaiser son message.

 

Xavier Scott

 

 

Le 27 décembre dernier, Le Monde publiait un article intitulé « Des catholiques veulent rendre à l’Église sa virilité ». On y apprend donc que des prêtres et des laïcs s’investissent le temps d’un (ou plusieurs) week-end afin de réconcilier les hommes avec leur masculinité (sic). Cette dernière étant jugée « blessée » par une société et une Église dominées par des valeurs féminines.

Il est vrai que le christianisme contemporain est souvent associé à des vertus traditionnellement féminines telles que la bonté, la compassion, la douceur, le pardon et la bienveillance. C’est en somme le Jésus romantique, celui qui parle de paix, de pardon envers les pécheurs et d’amour envers ses ennemis.

Ainsi, et au lieu de chercher à triompher de ses ennemis, le christianisme demande à ses disciples de tendre l’autre joue. Plutôt que de glorifier la compétition, il est demandé de se méfier de l’orgueil. Le corps est considéré comme moins important que l’âme car le statut terrestre n’a pas de sens dans le royaume de Dieu.

Par ailleurs, le succès social ne rend pas « meilleur » puisque dans la chrétienté, les humbles et les pauvres seront exaltés, tandis que les riches et les puissants seront abaissés. Aussi la voie chrétienne est-elle universelle plutôt qu’exclusive, puisqu’elle demande aux croyants de surmonter leur propension inhérente au tribalisme afin d’embrasser la fraternité de l’Homme. Par conséquent, les étrangers doivent être aimés autant que soi-même.

Sous cet angle, il est évident que le christianisme ne peut être considéré comme compatible avec la virilité, dont les valeurs sont associées au conflit, la ténacité, la compétition et le sang-froid.

Pourtant, Jésus c’est aussi un homme empli de justice, d’audace, d’assurance et de maîtrise de soi. C’est en somme le Jésus pragmatique, celui qui est charpentier, qui campe seul dans le désert, qui n’hésite pas à faire claquer le fouet, qui divise le monde entre « juste » et « injuste » et qui déclare qu’il n’est pas venu apporter la paix, mais une épée.

Muni d’une langue bien acérée, habile dans le débat, et conscient du conflit qu’il provoquait, Jésus était tout sauf un être sûr et prévisible. Loin de vivre seul dans son coin, il était au contraire une figure publique qui décida de confronter rigoureusement l’establishment à ses propres hypocrisies, ce qu’il finira par payer de sa propre vie.

En somme, la chrétienté véhicule des valeurs qui sont traditionnellement aussi bien associées à la féminité qu’à la virilité. Ainsi, et en ne privilégiant qu’une partie de ses valeurs, l’Église aura juste réussi à biaiser son message, ce qui s’est traduit par un éloignement de la foi puisque cette dernière a manqué d’une certaine dose de virilité afin de la défendre. In fine, vouloir « rendre à l’Église sa virilité » ce n’est pas seulement tenter de reconnecter les hommes à leur foi, mais aussi faire (re)découvrir une religion qui a forgé un continent et des générations d’hommes

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