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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 20:51

L’intellectuel Alain de Benoist n’y va pas par quatre chemins

Il dénonce une douce complicité. Il écrit:

«La grande majorité des journalistes est sincère. Ils sont persuadés d’être toujours dans le vrai parce qu’ils sont victimes de stratégie de persuasion qu’ils relaient. L’immense majorité adhère à la vulgate, libérale libertaire, ce mélange d’idéologie des droits de l’homme de convenance, d’antiracisme, de progressisme, mais de révérence au marché du politiquement correct. Ils en reprennent tous les mantras, unanimismes à condamner le populisme, le protectionnisme, l’identité, la souveraineté, tous persuadés que les hommes sont partout les mêmes et que leur avenir est de convenir au grand marché mondial. Le métier de journaliste n’est pas facile, il demande de l’humilité et non un surcroît de prétention.»

Un exemple d’enfumage même des plus grands journaux? «Reprenant sans pincettes un rapport du FBI, le très sérieux Washington Post a assuré que le piratage d’une centrale électrique du Vermont avait été organisé par la Russie. Le problème? La fameuse centrale a indiqué… qu’elle n’avait pas été hackée. Sans prendre la précaution de vérifier l’information, venue de supposition des services de renseignements américains, le journal n’hésite pas à relayer le commentaire incendiaire du gouverneur démocrate de l’Etat du Vermont, Peter Shumlin, qui qualifie Vladimir Poutine de «l’un des plus gros voyous du monde», conclut, un brin hâtivement: «Cet épisode devrait souligner le besoin urgent pour notre gouvernement fédéral [américain] de pourchasser vigoureusement et de mettre un terme à ce genre d’ingérence russe.»

La fabrication de la normalité

C’est par ces mots que C.J. Hopkins définit le sacerdoce de la presse main stream qui s’invente des fausses nouvelles contre lesquelles elle doit lutter: Il écrit:

«Vers la mi-novembre, à la suite de la défaite d’Hillary Clinton les autoproclamés Gardiens de la Réalité, mieux connus sous le nom de médias tenus par le monde des affaires, ont lancé une campagne mondiale de marketing contre le maléfique et perfide fléau des «fausses nouvelles». Cette campagne a maintenant atteint le stade de l’hystérie. Les médias de l’ensemble de l’Empire diffusent quotidiennement des avertissements terrifiants sur la menace imminente et existentielle contre nos libertés, la menace des«fausses nouvelles».(…) Qui est derrière cette menace de «fausses nouvelles»? Eh bien, Poutine naturellement, mais pas seulement Poutine. (…) Heureusement pour nous, les médias d’entreprise sont à fond sur la piste de cette bande de scélérats. Comme vous le savez sans doute, le Washington Post a publié récemment un sensationnel article qui diffame sans vergogne des centaines de publications alternatives (comme celle que vous lisez) en les traitant de «camelots de la propagande russe». (…) Une foule de publications dangereusement extrémistes, comme CounterPunch, The Intercept, Rolling Stone, The Nation, The New Yorker, Fortune Magazine, Bloomberg et US News & World Report, ont fustigé le Washington Post pour ses pratiques journalistiques «bâclées», «douteuses» ou de bas niveau. L’obsession actuelle des médias à l’égard des «fausses nouvelles» cache le fait qu’il n’y a pas de «vraie nouvelle» et produit simultanément «de vraies » .

Les citoyens s’informent lucidement d’une façon alternative

Ariane Walter a, à sa façon, décrit le combat des sans-dents pour une vraie information.

«2016 a été l’année la plus surprenante, la plus folle, la plus prometteuse. Les grands prédateurs qui dirigent et saignent notre monde se sont pris claque sur claque. Les réseaux sociaux qui sont la voix des sans-dents, ont été tellement vifs, actifs, drôles, puissants, que la clique agonisante, dans un dernier gargouillis, balbutie qu’elle veut les interdire! Dans les merveilleux souvenirs de 2016, nous avons d’abord, débordant des poubelles de l’Histoire, les têtes des médias dits les merdias, qui ont pris une saucée mémorable. Ils prévoyaient un «non» au Brexit. Ce fut un «Oui». Ils prévoyaient Clinton, ce fut Trump. Ils prévoyaient Juppé, ce fut Fillon. (…) Quelle belle année, avec au pied de la guillotine les têtes de Clinton, Obama, Cameron, Sarkozy, Juppé, Renzi, Hollande!!! (…)Parce que nous le voulons, parce que nous le disons, parce que les myriades de barques de notre humanité humaine sont prêtes à voler tant 2016 a été si surprenante, si drôle, si prometteuse, si quantique dans son explosion irrépressible et libre!! 2017, pupuce, tu as un sacré héritage!».

Et en Algérie?

Avons-nous une presse libre? Avons-nous une presse professionnelle, Mon sentiment après avoir contribué modestement à l’émergence de la presse «libre» est qu’il n’y a pas de presse au sens professionnel du terme. Il n’y a pas de presse libre. A des degrés divers et pour des raisons diverses notre presse ne peut pas dire ce qui est dans un sens ni dans l’autre. Certaines fois l’action du gouvernement – même si elle est constructive, ne trouve pas grâce à ses yeux. D’autre fois c’est le contraire c’est «la pommade» sans retenue.

S’agissant de l’appréciation de la situation internationale, en règle générale, il n’y a pas de mon point de vue d’analyse objective. Il y a un suivisme sans un minima de critiques. L’exemple de la situation en Syrie est symptomatique. Pratiquement tous les journaux dits «libres» et de réputation répercutent la doxa occidentale participant ce faisant au formatage des imaginaires algériens dans le sens des médias mainstream allant jusqu’à répercuter des expressions toutes faites comme le mot «boucher» pour qualifier Assad, selon la lexicologie des BHL, des Fabius et les mantras concernant les élucubrations de l’Osdh qui fait une comptabilité macabre au jour le jour (150 morts par jour pendant 2000 jours) bien embusqué à Londres.

De l’autre côté, les journaux arabophones, ont en règle générale une opinion différente certaines fois justes, mais souvent pour des raisons idéologiques ou religieuses! Enfin il y a les journaux du pouvoir condamnés à être des laudateurs sans état d’âme et ne pas sortir des clous.

Le journaliste Pulitzer, fondateur du prix du même nom, fondé en 1917 recommande d’être sans pitié pour les escrocs:«Il n’est pas un crime, pas un truc, pas un sale coup, pas une escroquerie, pas un vice qui ne perdure sans le secret qui l’entoure. Exposez ces faits au grand jour, décrivez-les, attaquez-les, ridiculisez-les dans la presse et tôt ou tard l’opinion publique les chassera. La publicité n’est peut-être pas la seule chose nécessaire, mais c’est une chose sans laquelle toutes les autres démarches resteront vaines.»

Le sociologue Pierre Bourdieu recommandait pour sa part de donner la parole aux citoyens: «Il serait temps que les journalistes apprennent à reconnaître qu’un propos peut être très important intellectuellement ou politiquement, lors même qu’il émane d’un simple citoyen inconnu ou isolé, ou, au contraire, tout à fait insignifiant, lors même qu’il émane d’un homme politique «important» ou d’un porte-parole autorisé d’un «collectif», ministère, Église ou Parti.»

Pour sa part et dans un hommage à Wilfred Burchett, T.D. Allman écrit: «Le journalisme véritablement objectif non seulement rapporte correctement les faits, mais en tire leur véritable signification. Il résiste à l’épreuve du temps. Il est validé non seulement par des «sources sûres», mais aussi par le déroulement de l’Histoire. C’est un journalisme qui, dix, vingt ou cinquante ans après les faits, tient encore la route et donne un compte-rendu honnête et intelligent des évènements.» Tout est dit.
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Published by marcrousset
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