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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 17:00

http://www.bvoltaire.fr/bruno-roux-contre-lemploi-conjoints-celui-enfants/?mc_cid=fec01a3e60&mc_eid=58ff097ba7

 

Bruno Le Roux : contre

 

l’emploi des conjoints

 

mais pour celui des

 

enfants !

AUJOURD'HUI

 

Bruno Le Roux n’avait pourtant pas hésité à se montrer intransigeant lorsqu’a éclaté le Penelopegate…

 

Marie Delarue

Ecrivain, musicienne, plasticienne

 

Quinze ans, c’est vrai, est l’âge des premiers stages de « découverte du milieu professionnel ». Quand fleurissent le printemps et les boutons d’acné sur les visages enchifrenés, on voit ainsi se traîner du côté de la machine à café des silhouettes d’adolescents fatigués : un passage d’une semaine en entreprise est obligatoire l’année du brevet des collèges.

On peut donc imaginer que monsieur Bruno Le Roux, notre rondouillard ministre de l’Intérieur, est un père particulièrement attentif à la réussite de ses filles. Il est peu commun, en effet, de décrocher un stage à l’Assemblée nationale. Plus atypique, encore, d’y être rémunéré pour des jobs de vacances, y compris durant les vacances de printemps, et y compris – comble de l’extraordinaire – lorsqu’on est déjà en stage ailleurs.

Rappelons donc les faits, nullement niés par l’intéressé : entre 2009 et 2016, l’actuel ministre de l’Intérieur a employé ses filles comme « collaboratrices parlementaires » à l’Assemblée nationale, à partir de leurs 15/16 ans, soit 24 CDD en tout pour un montant avoisinant les 55.000 euros. L’aînée aurait, ainsi, touché jusqu’à 3.000 euros par mois pour des jobs de vacances, cela – à une occasion au moins – alors qu’elle était déjà en stage à l’étranger dans l’entreprise Yves Rocher. Quant à la plus jeune, ses emplois du temps se chevauchant, il faut croire qu’elle était collaboratrice à l’Assemblée le soir et lycéenne dans la journée.

Qui peut croire cela ?

Pas vous. Pas moi. Mais Jean-Christophe Cambadélis, oui.

Invité, ce mardi matin, sur RTL, le patron du Parti socialiste a défendu avec vigueur ce bon monsieur Le Roux : « Toute peine mérite salaire. Le problème, pour moi, c’est le travail. S’il y a du travail, le député le rémunère. S’il n’y a pas de travail, c’est un emploi fictif. Pour l’instant, rien ne permet de le dire. »

« C’est banal, d’embaucher des jeunes filles adolescentes pour des contrats courts à l’Assemblée nationale ? », lui demande alors Élizabeth Martichoux. Cambadélis élude : « S’il y a un travail, c’est légal, et il n’y a pas de quoi critiquer. » Quant à demander à Bruno Le Roux de démissionner, pas question : « Bruno Le Roux n’est pas candidat à l’élection présidentielle, il fait très bien son travail, je ne vois pas aujourd’hui en quoi il devrait se mettre en retrait. »

Circulez, y a rien à voir…

Élizabeth Martichoux rappelle que Bruno Le Roux n’avait pourtant pas hésité à se montrer intransigeant lorsqu’a éclaté le Penelopegate, déclarant à cette même radio : « Je pense qu’il devrait y avoir une règle simple qui est que cela ne devrait pas être autorisé […] Je pense que c’est plus clair, c’est plus clair qu’il n’y ait pas de conjoint qui travaille avec les députés. » Sublime réponse de Cambadélis : « Ce n’était pas ses conjoints (sic) puisque c’était ses filles. »

Forcément, vu comme ça…

Pour sa défense, le brave père Le Roux ne peut avancer que son bon cœur : « J’ai essayé de leur faire découvrir un travail », dit-il. Et c’est sûr, collaborateur de papa à l’Assemblée nationale, c’est plus sympa que de remplir les rayons chez Lidl. Et puis, il ne les a employées que « sur des étés » ou « des périodes de vacances scolaires, mais jamais en permanence ». C’est heureux !

Finalement, droite ou gauche, c’est la même défense.

« Et alors ? » comme dirait Fillon…

 

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