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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 13:24

http://www.bvoltaire.fr/philippe-franceschi/deradicalisation-plus-escrocs-sen-melent,318826?mc_cid=5c26d2aeef&mc_eid=58ff097ba7

 

Déradicalisation : si, en

 

plus, les escrocs s’en

 

mêlent…

Aujourd'hui

 

Sonia Imloul, figure médiatique de la lutte contre la radicalisation, est accusée de détournement de subventions, travail dissimulé et blanchiment.

 

Philippe Franceschi

Consultant en sécurité

Succession de désastres dans le landernau de la déradicalisation. Sonia Imloul, une des figures médiatiques de la lutte contre la radicalisation depuis 2014, comparaissait ce lundi 13 mars 2017 devant le tribunal correctionnel de Paris. Ex-responsable de la Maison de la prévention et de la famille, elle avait pour mission de déradicaliser les jeunes islamistes. Elle est accusée de détournement de subventions, travail dissimulé et blanchiment. Près de 60.000 euros auraient été détournés.

Cette affaire surgit après la fermeture, en février dernier, du récent centre de déradicalisation de Pontourny, en Indre-et-Loire, ouvert six mois plus tôt et qui a vu son dernier pensionnaire « volontaire » quitter les lieux, condamné notamment pour violence. Un vrai fiasco qui a démontré l’échec d’une politique de prise en charge de la déradicalisation fondée uniquement sur le volontariat de personnes ne faisant pas l’objet d’une procédure judiciaire.

Déjà, en octobre 2016, le ministre de la Justice constatait l’échec et annonçait la fin des unités consacrées à la prévention de la radicalisation en prison. C’était le dispositif phare de la lutte contre la radicalisation lancée sous Christiane Taubira, et remplacé par des « unités d’évaluation » de la radicalisation reposant sur la prise en charge des détenus radicalisés jugés moins dangereux et l’isolement des plus dangereux et violents. Encore une usine à gaz pour noyer le poisson.

Rappelons-nous, aussi, le cas de Donia Bouzar, présidente du Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam (CPDSI), qui avait jeté l’éponge et dissout sa structure en 2015 en décidant de ne pas accepter la reconduction tacite de l’appel d’offres 2015/2016 avec le ministère de l’Intérieur, en prétextant son opposition au projet de loi sur la déchéance de nationalité. Cette association avait profité, en 2014, d’un certain désarroi de l’État qui cherchait des solutions, tardives, au phénomène de radicalisation des jeunes. Rares sur le marché à ce moment-là, le CPDSI comme la Maison de la prévention et de la famille de Sonia Imloul avaient donc profité des subsides de l’État pour leurs expérimentations.

 

Cette renonciation est apparue plutôt comme un aveu d’échec et de grande difficulté à mettre en œuvre ces actions de prévention, pour un résultat mitigé, et peut-être aussi un calcul bassement mercantile. Ou les deux à la fois ?

Aveu d’échec car le résultat fut assez modeste tant quantitativement que qualitativement, selon son bilan publié le 11 février 2016. Un millier de familles en ont profité depuis avril 2014, ce qui est peu par rapport aux 8.250 personnes signalées comme radicalisées auprès des pouvoirs publics (enquête du Figaro du 3 février 2016). Par ailleurs, ce même bilan révèle que, sur 325 jeunes signalés en 2014, 43 % seulement sont considérés par leur famille comme sortis de l’emprise de l’islam radical. À moins que la vérité soit aussi plus mercantile en profitant d’une certaine notoriété. En effet, la famille Bouzar (mère et fille) n’a pas pour autant coupé les ponts avec le dossier. Le cabinet Bouzar Expertises, créé en 2008, a repris une activité plus intense et concentrée désormais sur des travaux de « recherche académique », notamment à propos de la « porosité entre le salafisme quiétiste et les discours radicaux ». Conférences, formations, livres sont sans doute plus lucratifs que le CPDSI, et le marché n’est pas près de se tarir.

Un rapport sénatorial de février 2017 a dénoncé un « business de la déradicalisation » et appelé les pouvoirs publics à « changer de concept » sur cette problématique. Cet échec illustre pleinement la hâte avec laquelle les programmes de déradicalisation ont été conçus, dans la panique, le manque d’évaluation des dispositifs mis en place par l’État dans le domaine de la prise en charge de la radicalisation et l’absence d’une stratégie globale de prévention.

J’ajouterai personnellement qu’un individu vraiment radicalisé ne pourra jamais être déradicalisé. C’est un leurre et il n’existe pas d’expérimentation réussie. Un échec de plus au bilan de ce quinquennat

 

 

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