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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 14:57

http://www.bvoltaire.fr/prison-lasile-politique-seuls-choix-me-donnes/?mc_cid=a2607ed801&mc_eid=58ff097ba7

 

La prison ou l’asile

 

politique, les seuls choix qui

 

me sont

 

donnés

Aujourd'hui

 

Être condamné pour s’être exprimé sur les réseaux sociaux est une chose. Être privé de liberté pour ce genre d’infraction en est une autre.

 

Sébastien Jallamion

Policier


Ancien Policier, Président de l’Association Nationale de Défense Egalitaire de la Liberté d’Expression (ANDELE), membre du SIEL

Pour ceux qui ne connaissent pas ma situation : alors que j’étais fonctionnaire de police à Lyon, j’ai été dénoncé en septembre 2014 par une de mes collègues de travail à ma hiérarchie pour avoir publié anonymement sur le réseau social Facebook des textes vilipendant vertement les islamistes au lendemain de l’enlèvement et de l’assassinat de notre compatriote Hervé Gourdel en Algérie.

Ma hiérarchie m’a renvoyé devant un conseil de discipline et a saisi la justice. Renvoyé devant le tribunal correctionnel par le procureur de la République, j’ai été condamné à 5.000 euros d’amende. Ce dernier estimant que la peine était insuffisante à fait appel de la décision et la cour d’appel m’a condamné à 200 jours-amende à 25 euros.

Parallèlement, j’ai été suspendu provisoirement de mes fonctions sans traitement.

J’ai décidé de dénoncer cette situation et de me départir de mon obligation de réserve pour témoigner de ce que nombre de policiers subissent au quotidien.

Cela m’a valu une deuxième procédure disciplinaire aboutissant à ma révocation.

Ayant fait un pourvoi en cassation, je viens de me voir notifier sa non-admission. Par conséquent, la décision de la cour d’appel devient définitive, et à cette heure où je dispose à peine de moyens me permettant de survivre, la sanction est imparable : m’acquitter de 5.000 euros en une fois, somme qu’il m’est impossible de réunir, ou séjourner 200 jours en prison.

Au-delà de la certitude qui est la mienne quant à la manière dont sont traités les anciens policiers dans les établissements pénitentiaires, je n’imagine pas un instant séjourner en prison pour une infraction liée à la critique de l’islam ou des islamistes dans un pays qui se targue à chaque occasion d’être celui des droits de l’homme.

Ainsi, je me vois contraint de solliciter, sans garantie aucune de l’obtenir, l’asile politique à l’étranger, en l’occurrence la Suisse dans un premier temps, afin de ne pas me retrouver derrière les barreaux.

En effet, renseignements pris à ce sujet, il est impossible de solliciter un délai ou un étalement du paiement des jours-amende prononcés par une juridiction pénale.

Cet aboutissement du processus de mise à mort sociale dont j’ai été l’objet (j’ai volontairement été le plus synthétique possible dans la narration de ce que je vis depuis 2014) m’oblige donc à laisser derrière moi le peu qu’il me reste, dans l’espoir de le retrouver un jour.

Certains mal informés ont suggéré de lancer une souscription publique afin de me permettre de m’acquitter de l’amende qui m’a été infligée : je rappelle donc que cela constituerait un délit passible de six mois d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende.

Je ne considère pas ma démarche comme celle d’un délinquant qui choisit la cavale (loin de moi cette idée), il s’agit pour moi de solliciter l’aide d’une démocratie étrangère face à ce qu’il convient de considérer comme une pratique liberticide indigne de notre pays.

Être condamné pour s’être exprimé sur les réseaux sociaux est une chose. Être privé de liberté pour ce genre d’infraction en est une autre. Jamais je ne pourrai m’y résigner.

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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 07:21

http://www.bvoltaire.fr/leconomie-leurope-ont-eclipse-linvasion-migratoire-droite-denoncer/?mc_cid=d17b16595b&mc_eid=58ff097ba7

 

L’économie et l’Europe ont éclipsé l’invasion migratoire que la droite doit dénoncer

Aujourd'hui

 

L’ennemi, c’est Macron et l’immigration !

 

Marc Rousset

Économiste

 

 

Quel est le scandale que nous vivons en cette fin de campagne, dans la dernière ligne droite avant les législatives ? Avec Macron, l’immigration, l’islamisation, la perte de nos identités, la décadence des valeurs sociétales vont s’amplifier et les hommes politiques, les médias ne parlent plus que d’économie, d’Europe, de problèmes secondaires du magma de notre décadence ! IL faut que le FN et LR réagissent immédiatement !

À qui la faute, si la droite, et plus particulièrement la droite nationale, ne se bat plus sur son terrain, mais sur le terrain de l’adversaire Macron ? À Philippot, qui a commis une erreur stratégique fondamentale indigne d’enfant de chœur dans la campagne du FN, nous saoulant avec la souveraineté et l’euro, alors que 72 % des Français sont favorables à l’euro ; à Marine Le Pen, qui devrait quitter le FN suite à ses insuffisances intellectuelles et à son incompétence dramatique pendant le débat télé ; et aux Républicains qui n’ont aucune conviction, qui ne pensent qu’à gagner les élections et sont d’autant plus à l’aise que l’on ne parle pas des sujets qui fâchent, pourtant gros comme une maison, à savoir islam, invasion migratoire, identité, terrorisme. Comme a pu l’écrire François Bousquet : « La droite a perdu parce qu’elle a préféré l’économisme à l’âme française. »

L’argument principal des Républicains est leur politique fiscale, effectivement infiniment plus intelligente que celle de l’idéologue Macron, avec son ISF sur l’immobilier et l’exemption des taxes d’habitation pour un trop grand nombre de Français.

Quant à Marion Marechal-Le Pen, son renoncement est peut-être une habileté tactique pour son avenir et une bonne nouvelle pour sa petite fille, mais c’est une catastrophe pour la France ! Jean-Marie Le Pen a parlé, à juste titre, de désertion ! C’était le moment, bien au contraire, dans l’intérêt du pays et pour sauver, contrairement aux apparences, cette élection, de l’ouvrir toute grande face à l’incapacité de Marine Le Pen et de Philippot, afin de donner à nouveau espoir et de faire réagir les électeurs consternés du FN et de la droite nationale.

Les seuls hommes politiques de droite qui auront été à la hauteur dans cette étrange défaite de la droite nationale parfaitement compréhensible et orchestrée par Hollande et Macron auront été Nicolas Dupont-Aignan, qui a fait acte de courage en passant un accord avec le FN, et Jean-Marie Le Pen qui sauve l’honneur avec l’Union des patriotes en mettant en avant le thème de l’immigration ! C’est pourquoi il me semble important de voter pour l’un de ces deux partis au premier tour, et FN ou LR au second tour, afin de barrer la route à la catastrophe civilisationnelle Macron ! L’ennemi, c’est Macron et l’immigration !

 

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16 mai 2017 2 16 /05 /mai /2017 12:31

http://www.24hgold.com/francais/actualite-or-argent-le-regulateur-boursier-italien-menace-l-ue-d-un-retour-a-la-lire.aspx?article=10897905366H11690&redirect=false&contributor=Charles+Sannat

 

 

Le régulateur boursier italien

 

menace l’UE

 

d’un retour à la

 

lire

 

Charles Sannat

Insolentiae

Publié le 16 mai 2017

1193 mots - Temps de lecture : 2 - 4 minutes

 

( 2 votes, 5/5 )

 

 

 

Rubrique : Actualité de la crise

   
 

 

Attention, chaud devant !

La nervosité grimpe dans les cercles de pouvoir de la troisième économie de la zone euro, l’Italie.

Elle est en proie à un véritable effondrement de son secteur bancaire, susceptible de provoquer l’effondrement d’un projet européen déjà bien vacillant.

L’Italie, ou la France ? Lequel de ces deux pays fera chuter une monnaie unique, l’euro, déjà très mal en point et sous respiration artificielle depuis de bien trop nombreuses années.

En cette année d’élection en France, puis l’année prochaine en Allemagne, il est assez prévisible de dire qu’il ne se passera pas grand-chose sur le front du grand « saut fédéral », et vous devez savoir que soit nous allons vers plus d’Europe, soit l’euro explosera. Soit la survie par beaucoup plus d’intégration, soit la désintégration. Or les Allemands ne voudront jamais payer pour les méchants grecs ou les Italiens dispendieux.

Bref, ne croyez pas que tout soit réglé et que tout va bien. En réalité, nous sommes tous assis sur un volcan. Il menace d’exploser à tout moment.

Le monde change considérablement.

 

Voici donc en exclusivité pour vous, la traduction de ce nouvel article.

Volcan italien !

Dans son discours annuel aux marchés financiers, Giuseppe Vegas, le président du régulateur boursier CONSOB, un parfait initié, a fait un pronostic lugubre. Le QE de la BCE a « réduit la pression sur les pays, comme le nôtre, qui plus que quiconque ont besoin de regagner en compétitivité, en stabilité et en convergence ».

Mais cela n’a pas marché, a-t-il déclaré. Malgré des milliards d’euros d’assouplissement quantitatif, la productivité italienne a continué de baisser par rapport à l’Allemagne, reculant de 30 % durant les deux dernières décennies. Aujourd’hui, l’Italie doit commencer à se préparer au pire de ses cauchemars, à savoir au serrage de vis graduel des politiques monétaires de la BCE.

« L’inflation remonte petit à petit vers la zone de l’objectif des 2 %, tandis qu’aux États-Unis on est en train de serrer la vis monétaire », a déclaré Vegas. Le gouvernement allemand met de plus en plus la pression sur la BCE afin qu’elle commence à réduire son QE avant les élections de septembre.

Tout comme les Pays-Bas, dont les parlementaires ont aujourd’hui mis comme jamais Mario Draghi sur le grill. À la fin de la cession, ils ont remis à Mario Draghi en tant que cadeau de départ une tulipe solaire, un rappel en forme de clin d’œil de la tristement célèbre crise financière hollandaise du milieu du XVIIe siècle créée par la bulle sur les tulipes.

Jusqu’à présent, Draghi et ses collègues de la BCE refusent de plier. Mais avec un bilan qui vient d’atteindre les 38,7 % du PIB de la zone euro, soit 15 points de pourcentage de plus que la FED, la BCE pourrait ne plus vraiment avoir le choix. Comme Vegas le met en exergue, pour l’Italie (et les autres pays dans une situation similaire), cela signifiera devoir faire face à une toute nouvelle situation « dans laquelle il ne sera plus possible de compter sur le support externe des effets de levier monétaires ».

Ce qui risque d’être un problème majeur pour un pays devenu dépendant du soutien extérieur. D’après la BRI, en 2016, les banques internationales, et particulièrement celles allemandes, ont réduit leur exposition à l’Italie de 15 %, soit pour plus de 100 milliards de dollars, et la moitié de cette réduction a eu lieu durant le dernier trimestre de l’année. De son côté, la BCE a déjà réduit ses achats de dette européenne, passant de 80 à 60 milliards d’euros par mois.

Alors que l’appétit pour la dette italienne tombe, les taux obligataires italiens vont grimper. Les seuls autres acteurs du marché semblant encore vouloir et pouvoir les acheter (pour le moment) sont les banques italiennes.

Durant une période de deux mois, les banques italiennes ont augmenté leur portefeuille d’obligations de la zone euro de 20 milliards d’euros. De cette somme, 12,3 milliards ont été alloués à des obligations italiennes, d’après une étude conjointe de la BCE et de Jefferies International. Il s’agit de la plus forte augmentation depuis 2015, ce qui signifie que la détention d’obligations italiennes par les banques locales s’élève désormais à 235 milliards d’euros. Lorsque les taux de ces actifs commenceront à monter, ces mêmes banques, qui dans leur grande majorité sont déjà au bord de l’insolvabilité, devront encaisser de nouvelles pertes.

Il s’agit d’une bombe à retardement financière. Comme le Financial Times l’a récemment rapporté, toutes les solutions qui ont été adoptées pour tenter d’enrayer la crise financière italienne n’ont servi à rien. Cela semble inclure le dernier plan B, qui consiste en bref à titriser des milliards d’euros d’actifs toxiques afin de les disséminer aussi loin que possible, et parmi un spectre d’entités le plus large possible, avec l’assistance des banques de Wall Street. D’après le Financial Times, ce plan piétine déjà.

En attendant, Bruxelles continue de cogiter quant à la façon de gérer le sauvetage de la banque la plus insolvable d’Italie, Monte dei Paschi di Siena, qui vient juste d’annoncer de nouvelles pertes trimestrielles de 169 millions d’euros. D’autres banques majeures, comme Banco Popolare di Vicenza (BPVI) et Veneto Banca, sont dans des situations tout aussi bancales. Une fois de plus, les régulateurs italiens avertissent des dangers découlant de l’application à la lettre des règles de renflouement interne de l’UE.

Dans son discours, Vegas a proposé l’introduction d’un filet de protection de 100 000 € pour les porteurs obligataires, la plupart d’entre eux étant des citoyens italiens ordinaires. Ensemble, ils possèdent pour environ 200 milliards d’euros d’obligations alors que les banques leur avaient dit qu’il s’agissait d’un investissement sûr. Ce qui n’est plus le cas.

« La gestion des crises peut parfois requérir une intervention incompatible avec les mécanismes de Francfort et de Bruxelles », a ajouté Vegas.

Pour faire passer le message, il a proféré une menace à peine voilée en direction de Francfort et de Bruxelles, à savoir celle de la sortie de l’Italie de la zone euro. Une perspective qui ne doit pas être ignorée vu la progression récente du sentiment anti-européen et l’augmentation de la stabilité politique dans la Botte. Il a donc menacé : « Rien que l’annonce d’un retour à la monnaie nationale provoquerait une fuite immédiate des capitaux qui remettrait sérieusement en question la capacité de l’Italie à refinancer sa dette, la troisième du monde. »

Il s’agit de la menace ultime : la souveraineté monétaire, avoir sa propre devise, dans un contexte très difficile. »

Article de Don Quijones, publié le 10 mai 2017 sur WolfStreet.com

 
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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 15:53

https://www.polemia.com/madame-le-pen-quittez-la-vie-politique-place-a-un-nouveau-mouvement-en-france/?utm_source=La+Lettre+de+Pol%C3%A9mia&utm_campaign=e21fcff20a-lettre_de_polemia&utm_medium=email&utm_term=0_e536e3990e-e21fcff20a-55412265

 

Madame Le Pen, quittez la vie politique ! Place à un

 

nouveau mouvement : «

 

En France ! »

13 mai 2017 | Étienne Lahyre

 

 

Étienne Lahyre revient sur les pas de danse de Marine Le Pen au soir de sa large défaite du 3 mai. Il souligne l’extrême faiblesse des scores de la candidate nationale dans les grandes villes et les villes bourgeoises. Et s’interroge sur les possibilités pour Marine Le Pen de continuer. Une analyse sévère. Dans Polemia il y a polémique. Polemia


Après chaque épreuve, chaque défaite, chaque trahison, Jean-Marie Le Pen chantait. Invariablement. Pour faire bonne figure ; pour se donner du courage, ou pour remotiver les troupes hagardes, c’était selon.

Le soir du 7 mai 2017, Marine Le Pen dansait. Sa défaite était consommée. Et la présidente du FN en était presque soulagée. Le combat politique pourrait reprendre, comme avant cette maudite parenthèse de deux semaines, dans un unique objectif de contestation. Qu’ils étaient loin, en ce 7 mai, les ouvriers de Whirlpool à Amiens que Marine Le Pen était allée rencontrer au début de la campagne pour le second tour de l’élection présidentielle. Ils lui avaient pourtant réservé un triomphe, eux qui se sentent à juste titre trahis par l’ensemble de la classe politique ; certains pensaient que la Présidente Le Pen, elle, sauverait leur usine. Or, la seule entreprise pour laquelle la candidate ait jamais montré d’intérêt sincère, c’est la PME familiale.

Jean-Marie Le Pen affichait un visage renfrogné le soir du 21 avril 2002, quand les militants euphoriques voyaient en sa qualification pour le second tour de l’élection présidentielle la concrétisation de leurs efforts et de leur dévouement ; et ce 7 mai, alors qu’elle obtenait 10 millions de voix de moins que son adversaire et que l’espoir de la voir un jour accéder à la présidence avait quitté les plus candides, c’est la mine goguenarde de Marine Le Pen que les militants frontistes abattus durent supporter. Le calice jusqu’à la lie.

Inutile de revenir sur la débâcle du second tour, tant nous partageons ce qui a déjà été écrit : amateurisme, impréparation, incompétence, tels sont les termes justes pour qualifier la campagne de Mme Le Pen. Le débat face à Emmanuel Macron opposa non deux présidentiables, mais deux écoliers. Lui, premier de la classe insupportable, qui excelle dans toutes les matières (sauf en histoire de France) ; celui qui sait tout, mais ne comprend rien ; flagorneur et arrogant. Elle, cancre, fâchée notamment avec le Français et avec les chiffres ; cossarde, qui ne doute de rien, et surtout pas d’elle-même ; incapable de réciter une quelconque leçon correctement, et qui amuse ses petits camarades en balançant boule puante sur boule puante sur son adversaire du premier rang.

C’est un immense sentiment de gêne, voire de honte nationale qu’ont éprouvé les patriotes à l’issue de la performance indigente de leur candidate. Et un sentiment d’abattement à l’annonce des résultats du second tour, tant ceux-ci donnent peu de motifs de satisfaction et d’espoir.

Le FN au plus bas dans les métropoles et dans les villes bourgeoises

Métropoles

Villes bourgeoises

Sans surprise, Marine Le Pen réalise ses scores les plus médiocres dans les grandes villes et dans les villes bourgeoises. À Lyon et à Strasbourg, elle obtient même un résultat inférieur à celui de son père au premier tour en 1995 !

Les reports de voix fillonistes ont été particulièrement mauvais, en raison de la stratégie de Marine Le Pen, mais aussi et surtout du fait de facteurs plus structurels que nous évoquerons ensuite.

Dans toutes ces villes, l’abstention progresse plus que la moyenne nationale et la proportion de bulletins blancs et nuls y est inférieure. C’est dans ces villes que le différentiel entre le score de Marine Le Pen et celui obtenu par Nicolas Sarkozy en 2012 est le plus important.

Dans la France périphérique, Marine Le Pen fait souvent mieux que Nicolas Sarkozy en 2012

France périphérique

Les villes que nous avons étudiées ont un comportement électoral en tous points opposés à celui des grandes métropoles et des villes bourgeoises :

  • la participation est nettement plus faible qu’au niveau national au premier tour, mais diminue moins au second ;
  • Marine Le Pen progresse bien plus fortement ;
  • elle dépasse (sauf à Saint-Dizier) les résultats de Sarkozy en 2012 ;

Dans le Pas-de-Calais, Marine Le Pen obtient plus de 52% des voix : jamais un candidat de gauche n’avait été minoritaire dans ce département sous la cinquième République. Dans les villes populaires, souvent socialistes ou communistes, elle obtient des scores inédits grâce à des reports, minoritaires mais significatifs de voix mélenchonistes. À Liévin, elle obtient ainsi un nombre de voix plus élevé que le total Le Pen/ Fillon / Dupont-Aignan du premier tour. Le gaucho-lepénisme est une réalité électorale.

Dans les villes étudiantes et à forte population arabo-africaine, le vote anti-FN est massif

Villes étudiantes

Comme prévu, le vote « étudiant » en faveur de Mélenchon, qui en réalité ne fait qu’agréger les votes en faveur de la gauche de la gauche éclatés entre différents candidats lors des précédents scrutins présidentiels, s’est massivement reporté sur Macron. Cette gauche sociétale et libertaire, rebutée par ce que représente Marine Le Pen, vote systématiquement contre le candidat perçu comme autoritaire, comme en témoignaient déjà les faibles scores de Sarkozy en 2012.

Villes communistes rurales

Dans trois des petites villes ayant voté Mélenchon au premier tour, Marine Le Pen progresse nettement, plus qu’au niveau national, alors que le réservoir filloniste du premier tour était plus faible. Au deuxième tour, elle se situe dans l’étiage sarkozyste de 2012. Inversement, à Périgueux, qui n’avait accordé que 14% à la candidate frontiste au premier tour derrière Fillon à 20%, les reports tant du PC que de la droite sont moins bons.

Villes musulmanes

Enfin, dans les villes à forte population arabo-africaine, l’homogénéité du vote est certaine. Elle s’exprimait contre Sarkozy en 2007 et 2012, contre Le Pen aujourd’hui, contre tout candidat perçu comme hostile à l’immigration et à l’islam demain. Le tableau ci-dessous révèle deux éléments particulièrement inquiétants :

  • Sarkozy a perdu 4.5 points entre 2007 et 2012 ; dans les quatre villes considérées, ce différentiel est bien plus important (entre 7.2 et 11.8 points), en raison du grand remplacement électoral. On peut présumer que les électorats Sarkozy de 2007 et 2012, Le Pen 2017 correspondent peu ou prou aux derniers Français de souche vivant encore dans ces villes ;
  • la participation dans ces villes est classiquement bien plus faible que la moyenne : le système y dispose d’un réservoir d’un réservoir de voix conséquent, qu’il saura mobiliser en cas d’élection incertaine ;

FN et LR : qu’ils s’en aillent tous !

« L’ennemi, c’est celui qui vous hait et veut vous détruire, l’adversaire, c’est celui qui vous aime et veut vous transformer. Les démocraties cultivent leurs ennemis ; elles liquident leurs adversaires. »

Cette sentence est tirée de Globalia de Jean-Christophe Rufin. Le Front National est, depuis son émergence dans les années 1980, l’ennemi idéal. Celui dont tout individu doué de raison sait pertinemment qu’il ne gagnera jamais. Nous avions décrit tout ceci dans notre analyse de l’élection législative partielle destinée à remplacer Moscovici, devenu commissaire européen, organisée en février 2015, moins d’un mois après les attentats islamistes visant Charlie Hebdo.

Au moment de la crise entre Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret, Serge July avait déjà tout dit dans la conclusion ce papier :

« La corrosion lepéniste n’est pas inactive pour autant et sa menace rôde toujours. On préférait ne pas avoir à utiliser ce moyen, mais la réalité étant ce qu’elle est, il faut garder Le Pen précieusement. Même si c’est à son corps défendant, il rend vraiment beaucoup de services à la démocratie. ».

Ces mots ont vingt ans, et ils n’ont jamais paru aussi justes.

En tout état de cause, et face à n’importe quel adversaire, il se trouvera toujours une majorité de Français qui refusera de voter pour un candidat portant le patronyme « Le Pen », ou se présentant sous les couleurs d’un parti nommé « Front National ».

Et quand bien même les premiers jours de campagne du deuxième tour pouvaient laisser espérer un résultat convenable (autour de 40%), la décrue avait déjà commencé avant même le calamiteux débat, quand s’engageait la séquence « deuxième guerre mondiale », ultima ratio, pourtant usée jusqu’à la corde, mais remarquablement efficace.

Marine Le Pen et le Front National doivent en tirer les conséquences, et sacrifier leurs intérêts à celui de la nation. En sont-ils capables d’eux-mêmes ? Nous sommes bien entendu convaincus du contraire.

En 1988, François Mitterrand dissout l’assemblée nationale après sa réélection. Jean-Marie Le Pen et ses lieutenants se parachutent illico dans les Bouches-du-Rhône, département qui a donné son meilleur résultat au président du FN. En 2017, les séides de Marine Le Pen prennent la direction du Pas-de-Calais (où MLP a obtenu plus de 34% au premier tour), département qu’ils vont découvrir pendant un mois avant d’en abandonner lâchement les habitants en cas de défaite en juin prochain. La compétition électorale et les mandats sont les seuls choses qui semblent intéresser les candidats FN, dont beaucoup ont quitté le monde du travail pour ne vivre que de la politique. Les électeurs patriotes doivent prendre conscience de l’arnaque que constitue le vote en faveur du FN : loin de combattre le système, ce parti en constitue l’assurance-vie.

Et il s’agit aussi d’assurer la défaite des candidats LR, dont on sait qu’ils partagent, pour leur immense majorité, les orientations européistes et libérales du nouveau président de la République.

Pour un nouveau mouvement : « En France ! »

Sachons tirer l’enseignement de la victoire de Macron. Celle-ci valide l’adage du Cardinal de Retz : « On ne sort de l’ambigüité qu’à son détriment ». En cultivant l’ambiguïté jusqu’à la fin de la campagne, Macron a réussi à faire voter les cégétistes en faveur d’une loi El Khomri puissance dix et les fillonistes conservateurs pour la PMA et la GPA.

Le nouveau Président de la République, c’est surtout le Tancrède du Guépard de Visconti, expliquant à son oncle (Hollande) : « Si nous voulons que tout reste pareil, il faut que tout change. ». Nouveauté, changement, bienveillance, transparence, pragmatisme : autant de fadaises macronistes auxquelles a adhéré cette nouvelle bourgeoisie de centre-ville, niaise et inculte. Niaise d’ignorer que l’histoire est tragique et que le conflit « Polemos » est le « père de toutes choses ». Inculte, car derrière le bellâtre fringant, se cache un idéologue pour qui seuls comptent l’individu, homo oeconomicus, et le marché mondial. Cette élection montre que tout est plus affaire de contenant que de contenu pour des électeurs déboussolés, dont la culture politique s’est sérieusement érodée depuis quelques décennies.

Macron a intitulé son mouvement « en marche ! » : le symbole du culte du progrès, de la société liquide, des flux de toutes sortes. Jamais nous n’aurons eu un adversaire dont la vision du monde est en tous points opposée à la nôtre. Jamais les Français n’auront autant voté en faveur d’un candidat dont ils combattent en réalité presque toutes les idées.

À nous donc de créer le symétrique du mouvement de Macron, celui qui parlera à la majorité politique et sociale de notre pays et défendra ses valeurs et ses intérêts : « En France ! ».

Comme lui, refusons la distinction droite-gauche ; comme lui, exposons une vision du monde, plus qu’un projet de gouvernement ; comme lui, parlons à l’émotion, à l’âme, plus qu’à la raison. Ces ingrédients ont fait le succès de notre adversaire, mais aussi celui de Donald Trump aux Etats-Unis, contre l’establishment du parti républicain, et surtout, contre la tyrannie médiatique. À l’instar du bonapartisme, du PSF et du gaullisme, il devra réunir en son sein classes populaires et classes moyennes, condition nécessaire à l’obtention d’une majorité électorale.

Macron obtiendra sans doute une majorité absolue aux législatives (et si tel ne devait pas être le cas, quelques supplétifs centristes ou républicains, voleraient au secours de la victoire). Les Républicains seront exsangues et le FN n’aura pas plus d’une quinzaine de députés.

« En France ! » devra alors naître des décombres de la droite parlementaire, incarnation du système, et du FN, devenu son meilleur ennemi.

Étienne Lahyre – 12 mai 2017

 

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 14:26

http://www.bvoltaire.fr/halte-a-lassassinat-programme-de-langue-francaise/?mc_cid=b434e16369&mc_eid=58ff097ba7

 

Halte à l’assassinat

 

programmé de la langue

 

française !

 

 

L’Union européenne marginalise d’une façon constante, en petites étapes, les langues officielles autres que l’anglais.

 

Marc Rousset

Économiste

 

 

Trente-deux associations qui défendent la langue française se sont réunies, le 9 mai 2017, au François Coppée à Paris sur le thème « Halte à l’assassinat programmé du français ! » Ce coup de gueule « populaire » à la Zola adressé à nos pseudo-élites politiques et à nos traîtres, lâches et vendus de hauts fonctionnaires – énarques pour la plupart – est tout à fait justifié.

On assiste à la démolition du français et de la francophonie.

C’est ainsi que l’Union européenne marginalise d’une façon constante, en petites étapes, les langues officielles autres que l’anglais, devenu aujourd’hui quasi monopolistique dans la production de textes ; étranglement croissant de la traduction en d’autres langues ; obligation faite aux administrations des Etats membres de répondre en anglais ; obligation faite aux pays francophones du Sud souhaitant obtenir des aides du FED (Fonds européen de développement) de présenter leurs dossiers uniquement en anglais. Or, dans la stricte logique du Brexit, l’anglais ne sera plus la langue officiellement déposée auprès de Bruxelles d’aucun État membre de l’Union européenne.

Il importe donc de :

1) Pour le français en France :
– remettre à sa due place la langue française dans nos écoles ;
– imposer une part importante en français dans toutes les formations diplômantes des universités et grandes écoles françaises ;
– proposer une loi Toubon renforcée de protection du français et de la faire appliquer ;
– promouvoir la communication scientifique internationale en français ;
– veiller à la diversité des langues enseignées ;
– enjoindre aux administrations publiques de ne pas traiter les documents de travail reçus uniquement en langue étrangère et de ne répondre qu’en français ;
– contrôler les médias et la publicité afin qu’ils respectent les lois et règlements ;
– imposer une connaissance suffisante du français à tous les candidats à l’immigration et au regroupement familial.

2) Pour l’action culturelle française hors de France :
– rétablir le niveau de financement de l’activité culturelle (Alliances françaises, écoles…) ;
– augmenter l’aide française au développement vers les pays francophones et d’Afrique.

3) Pour la francophonie institutionnelle mondiale :
– faire respecter le français comme langue officielle et de travail dans les institutions internationales et à l’Office européen des brevets ;
– contester officiellement au Conseil européen le statut de l’anglais langue officielle des institutions ;
– favoriser les échanges économiques avec nos partenaires de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) ainsi qu’avec les départements d’outre-mer de notre vaste espace maritime, le deuxième du monde.

 

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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 11:36

MLP ET SON GOUROU PHILIPPOT DOIVENT QUITTER LA TETE DU FN ! 

VIDEO VERITE D'HERVE RYSSEN ! 

https://www.youtube.com/watch?v=EWGFcGEOlZ4&feature=youtu.be

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 13:14

https://www.polemia.com/marine-le-pen-pas-au-niveau/?utm_source=La+Lettre+de+Pol%C3%A9mia&utm_campaign=8e0f1ae328-lettre_de_polemia&utm_medium=email&utm_term=0_e536e3990e-8e0f1ae328-55412265

 

MARINE LE PEN, PAS AU NIVEAU ? 

 


 

 

 

 

Jean-Yves Le Gallou, homme politique, créateur et président de la Fondation Polémia…

♦ « Suffisance et insuffisance, arrogance et incompétence », c’est ainsi qu’Eric Zemmour a résumé le débat du 3 mai entre le futur président Macron et son désastreux challenger.

Marine Le Pen a montré lors de ce débat qu’elle n’était pas à la hauteur des fonctions qu’elle prétendait exercer.

Ce n’est pas seulement une question de quotient intellectuel, c’est aussi une question de finesse stratégique. En dehors de quelques discours lus dans les meetings, Marine Le Pen a délaissé les questions régaliennes et identitaires, là où elle pouvait marquer des points.

Car quand on veut réussir un concours, il faut d’abord bosser sa matière forte surtout quand elle a un fort coefficient. En politique cela s’appelle revenir à ses fondamentaux. Surtout quand ils sont portés par le vent de l’histoire !


Une funeste focalisation sur les questions économiques et monétaires

A rebours de tout bon sens Marine Le Pen s’est focalisée sur les questions économiques et monétaires : la critique de la loi El Khomri à la remorque de Mélenchon, la sortie de l’euro sans la cohérence d’Asselineau, des propositions sociales non financées.

Des questions qui ne sont pas au cœur des préoccupations de ses électeurs ; des propositions qui les inquiètent ; pire des propositions qu’elle ne semble pas bien comprendre elle-même ou qu’en tout cas elle est incapable de bien expliquer. Toujours selon Zemmour « Marine Le Pen se prend pour Evita Peron et finira comme Marie-Georges Buffet »

Alors que les trois quarts des voix qu’elle pouvait conquérir au deuxième tour devaient, selon les sondages, provenir de la droite (33% des électeurs de Fillon, 60% des électeurs de Dupont-Aignan s’apprêtaient à se reporter sur elle), elle a préféré s’adresser aux électeurs de Mélenchon dont seulement une toute petite minorité – 14% envisageaient de voter pour elle – comme s’il n’était « bon bec qu’à gauche ». Sans grand succès : 10% seulement des électeurs mélenchonnistes se reportant pendant que le taux de report à droite baissait à proportion de l’impression de mépris ressenti par ses électeurs.

Pire : alors qu’avec sagesse elle s’était engagée auprès de Dupont-Aignan à différer la sortie de l’euro, elle a passé la dernière semaine de campagne sur la ligne Philippot (« les Français achèteront leur baguette en francs d’ici 8 mois » whaou !) et multiplié les élucubrations monétaires. Avec quelques excuses, il est vrai : sur l’euro vous mettez deux experts ensemble et vous entendez… trois opinions différentes. Difficile d’expliquer cela aux électeurs.

Une campagne sans enthousiasme

Allons plus loin : Marine Le Pen n’a pas su, au cours de la campagne, susciter beaucoup d’enthousiasme. Ni tenir un discours à la hauteur des enjeux historiques et civilisationnels. Prendre en compte les réalités et offrir de l’espérance à ceux qui veulent éviter le Grand Remplacement démographique et civilisationnel. Répondre aux aspirations d’une nouvelle génération – celle de sa nièce Marion Maréchal Le Pen – attachée aux permanences identitaires et anthropologiques. Elle a cru que l’économie était le destin et tenu le discours de la fin du siècle (sinon du millénaire) précédent : mélange de souverainisme jacobin et de promesses sociales non financées. Une ligne – la ligne Philippot – qu’elle a imposée sans dialogue ni empathie à ses cadres ou militants. Pour eux, cette élection a été une longue souffrance sous le contrôle et la direction de l’équipe restreinte de « l’Escale » : des jeunes gens n’ayant souvent jamais rencontré un électeur ni tenu un bureau de vote. Une « escale » qui s’est révélée une impasse.

Le désastre en chiffres : comment transformer l’or d’une situation en plomb électoral ?

Les tenants de la langue de bois frontiste expliquent que Marine Le Pen a battu le record du FN à une élection présidentielle avec 34% des suffrages exprimés et 10,6 millions d’électeurs. C’est vrai mais ces chiffres doivent être mis en perspective.

1-Marine Le Pen affirmait concourir pour gagner et une partie des observateurs croyaient, ou feignaient de croire, que c’était possible. Nous en sommes très, très loin

2-La situation était éminemment favorable : inquiétudes liées aux attentats, à l’islamisation, à la vague migratoire ; président sortant atteignant un record d’impopularité et challenger républicain détruit par les affaires ; accès médiatique sans commune mesure avec celui des élections précédentes ; puissants relais conservateurs et identitaires sur les réseaux sociaux.

3-Marine Le Pen partait d’un niveau électoral très haut : 25% aux dernières élections européennes, 26% aux dernières élections départementales, 28% aux dernières régionales. Or, sauf « décrochage » comme en 2007 (lorsque Marine Le Pen fut la « directrice stratégique » de la campagne de Jean-Marie Le Pen), le FN vaut 4 points de plus aux élections présidentielles qu’aux élections locales car l’électorat populaire se mobilise davantage. Marine Le Pen a donc commencé la campagne de premier tour aux alentours de 30%. Les premiers sondages la plaçaient d’ailleurs aux alentours de 28%/29%. Mais – et malgré les malheurs de Fillon – elle n’a cessé de décliner, se qualifiant difficilement pour le deuxième tour avec seulement 21% des voix. Un résultat sans doute sauvé par l’attentat islamiste des Champs-Elysées survenu quelques jours avant le premier tour.

4-Pour le deuxième tour Marine Le Pen a démarré avec un potentiel de 38% à 40% des voix, montant même à 42% après une bonne première semaine. Pour retomber à 34% après une fin de campagne catastrophique.

5-Florian Philippot et Marine Le Pen pensent – ou feignent de penser – que le FN tire Marine Le Pen vers le bas. Et si c’était l’inverse ? Et si le coefficient personnel et la ligne stratégique de Marine Le Pen avait plombé le FN ? de moins 7% au premier tour par rapport au potentiel de départ ? de moins 6% au second tour toujours par rapport au potentiel de départ ?

Et pour 2022 ? MLP, FP, MMLP, NDA ?

Une élection suit l’autre. Raté en 2017 ? Préparons 2022 ! Mais avec qui ?

Disons les choses clairement :

  • Sur une ligne souveraino-chevénemento-mélanchonniste, une candidature Philippot serait sans doute plus convaincante dans l’argumentation tout en quittant la tunique de Nessus du nom Le Pen. Nul doute que certains y songent.
  • Sur une ligne plus identitaire et plus conservatrice sur les valeurs, il est non moins clair que Marion Maréchal Le Pen serait plus crédible et de surcroît capable de susciter l’enthousiasme.
  • En dehors du FN proprement dit, Nicolas Dupont-Aignan, qui a fait preuve de persévérance, de cohérence et de courage, mérite aussi d’être pris en considération.
  • Difficile de nier qu’aujourd’hui le produit électoral Marine Le Pen est un produit électoral bâtard : les inconvénients du nom sans les avantages des fondamentaux.

Les responsables nationaux devraient ouvrir les yeux.

Et les identitaires devraient réfléchir à d’autres voies de redressement. Après tout, les batailles locales et les batailles culturelles sont sans doute plus porteuses que le simulacre présidentiel.

Jean-Yves Le Gallou
8/05/2017

Voir aussi :
Les douze anachronismes de Florian Philippot
La volonté de sanctuaires

Correspondance Polémia – 8/05/2017

Image : Marine Le Pen

 

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 11:28

https://www.polemia.com/fn-les-douze-anachronismes-de-florian-philippot/?utm_source=La+Lettre+de+Pol%C3%A9mia&utm_campaign=8e0f1ae328-lettre_de_polemia&utm_medium=email&utm_term=0_e536e3990e-8e0f1ae328-55412265

 

 

Articles

 
1 Philippot.hautain Et Pretentieux

FN : Les douze anachronismes de Florian Philippot [rediffusion]

 
 
 

Première publication le 30/11/2016, rediffusion le 12/05/2017 – Par Jean-Yves Le Gallou, homme politique, écrivain, essayiste… ♦ Pour réussir une campagne politique, il faut entrer en résonance avec l’esprit du temps et les préoccupations des électeurs. Trois tendances majeures surplombent aujourd’hui l’opinion : la critique de la mondialisation financière, l’inquiétude suscitée par l’invasion migratoire et l’islamisation, le retour en force du conservatisme et des valeurs traditionnelles. Marine Le Pen serait la mieux à même d’y répondre. Mais elle est handicapée par les anachronismes de la ligne Philippot. Jean-Yves Le Gallou décrypte.
Polémia


La société française va dans un sens, la ligne Philippot dans… l’autre

1La société française évolue à droite : sur l’identité, la sécurité, les valeurs. C’est le moment choisi par Philippot pour gauchir le discours du FN.

2 Les forces de rupture avec le politiquement correct sont nombreuses : mouvements d’inspiration catholique, mouvements d’inspiration identitaire, mouvements entrepreneuriaux, mouvements militants pour le changement scolaire. Les « collectifs » philippotistes chargés de préparer le programme présidentiel de 2017 en sont totalement déconnectés. Ce qui fait courir un double risque : sur le fond, être à côté de la plaque ; électoralement, se priver de tout relais efficace.

 3 – Le plus grand mouvement social depuis 1968, c’est la Manif pour tous (LMPT) : plus d’un million de personnes dans la rue, 3 ans de manifestations, la constitution d’une nouvelle génération militante, la génération 2013. Ce puissant mouvement social, Philippot ne l’a pas vu

Affiche de prévention du Sida

venir. Il s’en est tenu à l’écart et a convaincu Marine Le Pen de faire de même. Pire : interrogé sur l’abrogation de la loi Taubira il a répondu que cela n’avait pas plus « d’importance que la culture des bonsaïs ». Mépriser les électeurs potentiels, une curieuse manière de faire de la politique… Philippot est même allé jusqu’à défendre la campagne d’affichage sur le VIH de Marisol Touraine (*), c’est-à-dire la promotion d’une philosophie de back room à la porte des établissements scolaires et sur les Abribus.

 4 L’Education nationale est l’objet d’une méfiance croissante de la part des parents d’élèves : détournement de la carte scolaire, fuite vers les écoles privées, multiplication des écoles hors contrat, développement des formations alternatives, demande d’autonomie réelle des établissements, exigence de prise en considération des parents d’élèves. Voilà l’attente sociale de millions de parents d’élèves. Face à cela le projet philippotiste du collectif Racines vise à revenir à l’école de Jules Ferry de 1885 – où les parents n’auraient pas leur mot à dire ; et où un ordre du ministre serait immédiatement exécuté dans toutes les classes. Ce qui est ignorer la capacité de sabotage des organes de l’Education nationale. Une parfaite uchronie !

5 – Dans les années 1990 le FN incarnait la défense de l’identité ; Villiers, Seguin, Fillon, Chevènement, la souveraineté. L’identité est devenue aujourd’hui la première préoccupation des Français mais la ligne Philippot la relègue en second plan. Comme si le contenant formel (la souveraineté) avait plus d’importance que le contenu charnel (l’identité). La dénonciation de l’Union européenne et la sortie de l’euro tiennent lieu de mantras. La critique de l’immigration devient accessoire.

6 – De plus en plus d’intellectuels – Eric Zemmour, Renaud Camus, Robert Ménard – osent nommer les problèmes et décrire le Grand Remplacement démographique et civilisationnel, le danger de l’islam et de la chariatisation de la société française. Au lieu de les inviter, de les écouter, Philippot leur tire dans le dos en reprenant contre eux la rhétorique de la diabolisation sur « l’extrême droite », le « racialisme » et le « complotisme ». Grande inélégance, mais aussi grossière erreur, que de croire qu’on se dédiabolise en diabolisant ses voisins.

7 – Le Coran est perçu par une grande majorité de Français comme un danger et comme incompatible avec notre civilisation ; le vote musulman est d’ailleurs radicalement anti-FN comme il a été pro-Hollande (en 2012) et pro Juppé (à la primaire de 2016). Juger l’islam compatible avec la République n’est pas conforme à la réalité. Lancer des appels aux « musulmans patriotes », ce qui revient à ignorer la notion d’oummah, est peu audible. Présenter la construction de mosquées comme « conforme au programme du FN » (comme le fit le philippotiste Bruno Bilde pour Hénin-Beaumont) est incompréhensible. Lancer la web télé Banlieue patriote en faisant appel à Camel Béchikh, membre de l’UOIF, est pour le moins curieux. Tout comme s’adresser à ce frère musulman pour animer des sessions de formation du… FNJ.

8 – La vie politique dans le monde occidental est structurée par l’opposition majorité versus coalition de minorités (ethniques, sexuelles, culturelles). Le Oui au Brexit, l’élection de Trump, la victoire à la primaire de Fillon sont des succès obtenus par des campagnes visant d’abord à convaincre les électeurs issus de la majorité. Le FN philippotiste multiplie, lui, les clins d’œil aux minorités sexuelles et ethniques : lancement du « collectif patriote »  à destination des cités de l’islam ; multiplication des appels du pied au lobby LGBT.

9 – Dans les mairies qu’ils dirigent, les conseils régionaux, départementaux ou municipaux dans lesquels ils siègent, les élus FN ont cherché à acquérir une réputation de rigueur financière et de souci des deniers publics. Les promesses de laisser filer le déficit public vont à rebours de 30 ans de leurs efforts. Est-il crédible de proposer l’aggravation d’un déficit budgétaire qui atteint déjà 25% du budget de l’Etat ? Une telle attitude est aussi contradictoire avec la recherche de l’indépendance nationale qui suppose un minimum d’équilibre budgétaire et de la balance des comptes extérieurs. Ce qui explique qu’en 1958 De Gaulle avait appelé Pinay au ministère des Finances et validé le plan Rueff-Armand. A quoi rime de se référer en permanence au général De Gaulle si c’est pour oublier une de ses leçons essentielles ?

10 – La langue de coton et le déni de réalité sont de moins en moins supportés par les électeurs du monde occidental. C’est ce qui explique l’échec d’Hillary Clinton et d’Alain Juppé. C’est le moment choisi par Philippot pour « pasteuriser » le discours du FN, au risque de le rendre insuffisamment audible pour mobiliser l’électorat populaire, porté à l’abstention, et pour récupérer les orphelins du sarkozysme.

11 – La société fonctionne de plus en plus en réseaux. Les idées et les comportements s’échangent et se propagent de manière virale, et s’imposent par eux-mêmes plus qu’ils ne sont imposés de l’extérieur. Or Philippot a une vision jacobine, voire robespierriste, très datée, du fonctionnement de l’Etat, de l’Education nationale et d’un parti politique.

12Les médias sont de moins en moins crédibles. Les médias alternatifs et les réseaux sociaux jouent un rôle de plus en plus grand : ils ont assuré la victoire de Trump et la défaite d’ « Ali » Juppé. Or la stratégie philippotiste est paléo-médiatique. Elle repose sur l’espérance d’amadouer les médias mainstream : une espérance doublement vaine car c’est contraire à leur ADN et que l’attitude anti-Système est le moteur électoral du vote FN. A contrario la stratégie philippotiste méprise les médias alternatifs et son discours pasteurisé ne bénéficie que d’une reprise poussive sur les réseaux sociaux.

*
*     *

Philippot tout faux : une stratégie limpide mais non opérative

La stratégie de Philippot est limpide : reconstituer la majorité du Non à la Constitution européenne de 2005 (dans la foulée de la quasi-majorité en défaveur de Maastricht), en faveur de MLP. Et pour cela, venant de la « rive droite », viser prioritairement l’autre rive (gauche) des « Républicains ».

  • C’est ringard, car ces débats sont derrière nous (moins dans leurs fondamentaux que parce que d’autres urgences sont apparues depuis 10 à 20 ans – au 1er rang desquelles le Grand Remplacement que Villiers dénonce également – et que c’est ce qui angoisse au 1er chef les « vrais gens ») ;
  • C’est non opératif, car des majorités en contre (agrégats de votes négatifs) ne débouchent pas fatalement, et d’ailleurs rarement, en majorités positives (faisceau de votes d’adhésion), sans un nouveau sens donné à l’action ;
  • C’est contraire aux enseignements électoraux qui montrent que le FN gagne moins difficilement au deuxième tour contre la gauche que contre la droite ; et qui montrent aussi au deuxième tour la mobilisation de la gauche contre le FN : si ce n’était pas le cas Marine Le Pen présiderait la région Hauts de France…

La stratégie de Philippot repose aussi sur l’idée qu’il faudrait « moderniser » le Front national. Une double erreur. « Moderniser » est un mot daté qui fleure bien le siècle passé. « Moderniser » suppose aussi de se couper de ses racines : or sans racines, pas de futur !

Quelles conséquences pour la présidentielle ?

Malgré cela, Marine Le Pen reste encore aujourd’hui créditée d’un pourcentage important d’intentions de vote : pour une raison simple elle vit de la rente de 30 ans de critique radicale de l’immigration. Et le FN reste de loin la meilleure offre électorale sur ce sujet qui prend une importance grandissante. Marine Le Pen reste aussi désignée comme le grand méchant loup par le Système : triste au regard de la dédiabolisation recherchée mais rassurant en terme électoral ! Etre dénoncé par les médias est un certificat de qualité !

Dans ces conditions, il est normal que la qualification de Marine Le Pen pour le second tour paraisse acquise. Tant que la gauche sera éclatée. Mais si un candidat (Montebourg ?) parvenait à rassembler la gauche sociétale (Macron) et la gauche sociale (Mélenchon), un premier tour en forme de triangulaire (Montebourg/Fillon/Le Pen pourrait rebattre les cartes.

Retour aux fondamentaux ?

De ce point de vue, ce serait sans doute une erreur de canonner d’abord Fillon sur son programme économique car une campagne du type « au secours la droite revient » ne peut que servir Fillon d’un côté, les candidats de gauche de l’autre. Dans leurs motivations de vote les électeurs ne choisissent pas le FN pour ses positions économiques (qui souvent les divisent) mais pour ses positions sur l’identité et la sécurité (qui les unissent). Quand on veut réussir un concours, il faut d’abord bosser sa matière forte surtout quand elle a un fort coefficient. En politique cela s’appelle revenir à ses fondamentaux. Surtout quand ils sont portés par le vent de l’histoire !

Enfin, la clé d’une élection présidentielle c’est la mobilisation de l’électorat populaire. Ce qui peut le bouger, c’est le parler vrai et le parler cru, pas les minauderies !

Jean-Yves Le Gallou
30/11/2016

Note de la rédaction (*) : Affiche de prévention du Sida : Marisol Touraine saisit la justice après la «censure» de maires

Image : Un Philippot hautain et prétentieux

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 07:36

http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2017/05/11/presidentielle-2017-l-echec-d-une-strategie-5942656.html

 

jeudi, 11 mai 2017

Présidentielle 2017 : l’échec d’une stratégie

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Bruno Mégret
Ancien polytechnicien, haut fonctionnaire, essayiste…
 
Quelle que soit l’importance en nombre de voix des résultats obtenus par la candidate du Front national, il est impossible de les qualifier de succès. Au premier tour, le score de 21,3% est à peine supérieur au score cumulé des deux candidats de la droite nationale en 2002.
 
Quant au pourcentage de 33,9% obtenu au deuxième tour, il est en net retrait par rapport à ce que des reports de voix raisonnables pouvaient laisser espérer.
 
Or, la configuration politique dans laquelle le FN abordait cette élection était exceptionnellement favorable. Après l’échec du quinquennat de Hollande, le Parti socialiste à bout de souffle s’était choisi un candidat inexistant. Le parti des Républicains, très divisé par la primaire, s’était doté quant à lui d’un candidat gravement affaibli par les affaires. Et surtout, l’écrasante majorité des Français rejetait la classe politique dans sa globalité, exaspérée qu’elle était par la situation catastrophique de notre pays.
 
Dans ce contexte, il est clair que le FN n’a rien vu de la fenêtre historique qui s’ouvrait devant lui. Les résultats médiocres obtenus par sa candidate sont en effet la conséquence directe de la stratégie qu’elle a adoptée. Au lieu de mettre en avant la lutte contre l’immigration et l’insécurité, elle a centré son discours sur la sortie de l’euro et de l’Europe, avec comme conséquence d’inquiéter et donc de faire fuir une partie de son électorat potentiel. Au lieu de préconiser un programme économique fondé sur la baisse de la fiscalité, des charges et des réglementations, elle a mis en avant un programme social digne de la gauche des années 1970, se coupant ainsi de l’électorat des PME, des artisans et des professions libérales pourtant proche d’elle. Au lieu de chercher à élargir son assise électorale par la droite où se trouvait sa principale réserve de voix, elle a couru après les voix de Mélenchon dans une démarche vaine qui ne pouvait qu’éloigner d’elle l’électorat des Républicains. Au lieu de lancer des thématiques nouvelles et d’incarner une vision d’avenir, elle a donné le sentiment d’une absence de réflexion, de compétence et de perspective. Au lieu de s’élever à la dimension d’un homme d’Etat, elle a privilégié dans les débats le constat et l’attaque, affichant de l’arrogance et de la grossièreté quand il aurait fallu montrer de la hauteur de vue, de la fermeté et de la retenue.
 
Mais, comme la critique est souvent jugée facile, je voudrais, pour mieux étayer mon propos, expliciter quelques idées pour montrer ce qu’il aurait fallu faire en lieu et place de ce qui a été fait.
 
En premier lieu, la politique exigeant des formules claires, il fallait conserver un positionnement de droite, quitte à expliquer que l’antagonisme droite/gauche avait changé de nature et qu’il portait maintenant principalement sur la question identitaire. Philosophiquement, la droite a d’ailleurs toujours été du côté des valeurs, des racines et donc de , quand la gauche est foncièrement universaliste et cosmopolite. Ce positionnement à droite aurait facilité l’arrivée de nouveaux électeurs en provenance des Républicains où se trouvait le principal réservoir de voix.
 
Il était par ailleurs essentiel que la candidate soit porteuse d’une vision. Une vision qui tienne compte des réalités du monde d’aujourd’hui et qui ouvre des perspectives d’avenir. Or le monde devient multipolaire, marqué par le choc des civilisations. Aussi fallait-il, face à la Chine, à l’Inde, au monde musulman ou aux Etats-Unis prôner l’émergence d’un pôle de puissance européen capable de préserver notre identité, nos intérêts et notre indépendance collective. Il fallait aussi avancer la nécessité d’un changement dans l’organisation du monde visant à substituer au système actuel, fondé sur la libre circulation quasi intégrale des biens et des personnes, un nouveau système reposant sur la régulation des échanges aussi bien économiques que migratoires. L’affirmation d’une telle vision aurait inscrit la candidature du FN dans une perspective historique et géopolitique qui aurait contribué à la crédibiliser tout en ringardisant ses adversaires.
 
La candidate aurait dû, par ailleurs, s’affirmer plus clairement comme opposée au Système et pour cela s’en prendre systématiquement à la pensée unique et à ceux qui la véhiculent et qui l’imposent. Il fallait dans cet esprit mettre en cause les médias comme vecteur militant de la pensée unique et dénoncer le pouvoir envahissant des juges en contestant explicitement le rôle du Conseil constitutionnel et de la Cour européenne des droits de l’homme. Quitte à proposer certaines solutions concrètes comme l’instauration d’un droit de recours des décisions du Conseil constitutionnel devant le Parlement ou devant le peuple. Ce faisant, la candidate aurait évité une certaine normalisation qui l’a fait apparaître comme faisant, elle aussi, partie de la classe politique.
 
Il aurait par ailleurs été souhaitable de présenter un programme structuré autour d’un nombre d’axes limité, hiérarchisés et électoralement porteurs. La priorité devait être donnée à la question de l’immigration, de l’islamisation et de l’insécurité avec des objectifs ambitieux et des mesures choc soutenus par un panel de réformes crédibles. Ensuite devaient venir la politique familiale et celle de l’enseignement avec la défense des valeurs. En économie, c’est la baisse des impôts et des charges ainsi que le recul de la bureaucratie qui devaient être mis en avant. Sur le plan social, c’est la préférence nationale et le protectionnisme aux frontières de l’Europe avec l’impératif de la réindustrialisation de la France et du continent qui devaient prévaloir. Une telle hiérarchisation des thèmes aurait permis à la candidate de toucher les Français sur les questions qui les affectent le plus et dont ses adversaires parlaient le moins.
 
S’agissant de la question piège de l’Europe, il aurait fallu proposer non pas la sortie de l’Union mais sa refondation par l’intérieur et expliquer que la France, alliée à d’autres Etats membres, pourrait œuvrer efficacement à l’avènement d’une Europe débarrassée de la Commission et dirigée par les Etats : une Europe à la carte, capable de s’ériger en pôle de puissance, d’instaurer un protectionnisme économique à ses frontières, de stopper les flux migratoires et de créer une alliance militaire en substitution à l’Otan. Quant à l’euro, c’est son mode de gestion dont il fallait demander la transformation afin qu’il soit mis au service des économies européennes comme le dollar sert l’économie américaine. Un tel discours, montrant qu’il est possible de concevoir une Europe qui ne soit ni mondialiste ni atlantiste, aurait placé la candidate en position de force sur le sujet, tout en désarmant et en gênant ses adversaires.
 
Enfin, sur un plan tactique, il fallait, dès le premier tour, désigner Macron comme l’adversaire principal en le qualifiant de parfait représentant de la gauche et cela pour limiter son potentiel de séduction vers la droite.
 
Un tel dispositif de campagne n’aurait peut-être pas suffi à assurer la victoire, mais il aurait permis un rassemblement très large, tout en ouvrant des perspectives prometteuses de recomposition et de progression. Car, si les Républicains sont défaits, c’est en récupérant leurs électeurs et éventuellement certains de leurs cadres et de leurs élus de base qu’aurait pu se constituer autour du FN une nouvelle et grande force politique capable de devenir majoritaire dans le pays.
 
En raison de la stratégie choisie par les dirigeants du FN, les électeurs de la droite nationale n’ont pas seulement été frustrés d’un grand succès électoral, ils ont été dépossédés d’une partie de leurs idées et privés des perspectives de voir demain leur convictions triompher.
 
Source Polémia cliquez ici
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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 19:17

http://www.bvoltaire.fr/lillusion-protectionniste-europeenne-de-macron/

 

L’illusion

 

 

protectionniste

 

européenne de Macron

Aujourd'hui

 

Défendre les intérêts français face à une Allemagne libre-échangiste et particulièrement dure pour les négociations économiques, ne sera pas facile.

 

Marc Rousset

Économiste

 

 

Sur les tas de fumier naissent parfois de belles fleurs ! L’illusion protectionniste européenne de Macron en est une !

Macron jure ses grands dieux qu’il ne soutient pas le libre-échange mondialiste. Dans son programme pour se faire élire, il demande en effet que l’accès aux marchés publics européens soit réservé aux entreprises qui localisent au moins la moitié de leur production en Europe. Mais étant élu, soutenu et financé par les multinationales et le capitalisme financier, son combat apparent est l’arbre qui cache la forêt de la soumission effective à la « mondialisation naïve », cause de la montée du chômage et de la disparition des classes moyennes dans les pays industrialisés.

Le « Buy European Act », équivalent européen de ce qu’appliquent les États-Unis avec le « Buy American Act » depuis 1933, se heurte déjà, alors qu’il n’est même pas à l’Élysée, à une levée de boucliers en Allemagne, en Europe du Nord et à la Commission de Bruxelles, l’Angleterre n’étant plus là pour ajouter sa voix au concert des jeunes vierges libre-échangistes effarouchées.

La Commission Juncker vient, en effet, de publier ses « Réflexions sur une reprise en main de la mondialisation ». Elle s’oppose au protectionnisme européen et à ce que les frontières soient fermées car, dit-elle d’une façon hypocrite et inacceptable pour la France, « les autres pays feront de même et tout le monde se retrouvera perdant ». Mais c’est justement là que le bât blesse puisque les autres pays le font déjà, l’Amérique le fait déjà, la Chine le fait déjà d’une façon officielle et légale.

Or, un Macron ou même les Républicains n’arriveront pas à faire plier Bruxelles et l’Allemagne ; seul un parti comme le FN pourrait le faire ! Le malheur est que le FN a mis à sa tête un chef incapable de discuter ces problèmes d’une façon intelligente et qu’il préconise un protectionnisme seulement au niveau hexagonal, ce qui n’est pas viable économiquement. Au XXIe siècle, pour survivre, il faut disposer de marchés d’au moins 150-200 millions d’habitants.

Car il ne faut pas se faire d’illusions : défendre les intérêts français face à une Allemagne libre-échangiste et particulièrement dure pour les négociations économiques ne sera pas facile. L’Allemagne veut le beurre et l’argent du beurre. Les mots ne suffiront pas. Seuls la détermination, le rapport de force avec la France et le risque d’explosion de l’Europe pourront faire plier l’Allemagne et Bruxelles !

C’est tout le drame français d’une France décadente, faible, mal dirigée, hédoniste qui perd sur tous les tableaux, à l’antipode de la France qui gagnait avec de Gaulle et l’Europe des Six, car elle avait la force politique et la volonté de faire respecter ses intérêts en imposant la préférence communautaire et agricole ! De Gaulle n’hésita pas à pratiquer la politique de la chaise vide. La France doit demander, comme l’a préconisé Maurice Allais, le retour au protectionnisme européen du traité de Rome. La France est d’autant plus fondée à faire cette demande que le monde, avec le libre-échangisme mondialiste, est beaucoup plus dangereux un demi-siècle plus tard. La France a besoin, effectivement, de la détermination d’une Marine Le Pen, mais européenne, plus instruite et capable.

 

 

 

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