Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 12:57

                    L’incroyable saga et les conséquences actuelles de la perte de l’Amérique française

 

 

Par Marc Rousset –Auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou » 538p-Editions Godefroy de Bouillon-2009

 

 

 Aujourd’hui, peu d’Européens en sont conscients, les Etats-Unis pourraient parler français ! L’histoire en a décidé autrement suite à une incroyable saga et injustice. Il s’en est même fallu de très  peu dans les années 60 pour que Montréal devienne anglophone, que le fait français disparaisse complètement du continent nord- américain, que les Canadiens français deviennent  les dernière tribus indiennes francophones d’Amérique. Comment en est on arrivé là ?

 

Le premier hasard  malheureux de l’histoire et du déterminisme géographique a voulu que Jacques Cartier prenne possession en 1534 de Gaspé, au nom du roi de France, beaucoup trop au nord du continent américain, et remonte ensuite  le cours du Saint Laurent jusqu’à Hochegala (actuellement Montréal fondé en 1642). Les Anglais, eux, avec les  pèlerins du  Mayflower (1620) et le démantèlement des possessions hollandaises (New York, Delaware, New Jersey) s’établirent au Sud beaucoup plus attractif pour le peuplement et l’activité économique grâce à des  apports  britanniques, hollandais  suédois et allemands. Par la suite, les colonies anglaises plus fortement peuplées n’eurent de cesse d’éliminer par la force les possesseurs français.

 

Il s’ensuivit la guerre de cent ans des Français d’Amérique, des « coureurs des bois », qui gagnèrent de magnifiques batailles (Fort Duquesne en 1754, Fort Carillon en 1758), occupèrent les terres vides en se mariant parfois avec les Indiens, menacèrent d’encerclement complet  les colonies anglaises, mais perdirent la guerre. En 1713 par le traité d’Utrecht, suite à la guerre de la  Succession d’Espagne, Louis XIV cède l’Acadie (actuel Nouveau-Brunswick et Nouvelle Ecosse de l’Est canadien), l’île de Terre Neuve et la baie d’Hudson.

 

Se heurtant au refus massif des Acadiens de prêter serment d’allégeance à la couronne, avec l’éventualité de devoir prendre les armes contre la France, les Anglais déportèrent, à partir du 28 juillet 1755, les 13 000 Acadiens, descendants des paysans poitevins, en les embarquant sur des bateaux avec leurs maigres biens et en les répartissant dans les colonies anglaises du sud. Beaucoup périrent  en cours de route de faim ou de maladie pendant le « Grand Dérangement ». Certains s’enfuirent au péril de leur vie vers la Louisiane…juste avant que cette colonie française passe sous souveraineté espagnole. Etablis dans les mangroves du delta du Mississipi, ils donneront naissance à la communauté des « Cajuns » (une déformation du mot Acadien). Ils seraient aujourd’hui 800 000, mais très peu parlent encore l’ancien dialecte français.

 

En 1763, le Traité de Paris, met fin à la guerre  de Sept Ans entre la France, la Russie  et l’Autriche d’un côté, l’Angleterre  et la Prusse de l’autre. La mort subite de la tsarine francophile  Elisabeth  en 1762 et son remplacement par le tsar  germanophile  Pierre III eut pour conséquence un renversement imprévisible de l’alliance russe. La Prusse de Frédéric II le Grand était sauvée  et l’Amérique du Nord définitivement perdue par la France, cette dernière ayant envoyé peu de troupes outre-mer et préféré privilégier à tort le théâtre européen des opérations. (Hitler en 1945, en apprenant la mort du Président américain Franklin Roosevelt, crut  un instant qu’il allait connaître un  retournement victorieux inattendu du sort des armes semblable à celui de Frédéric II). Cette défaite calamiteuse  de l’Histoire de France  scella bien avant Waterloo  le destin du français dans un continent américain  plein de promesses, et par la suite  en Europe, comme on le voit aujourd’hui. La France laissait à leur sort les 70 000 Français qui s’étaient valeureusement  battus à environ  un contre dix et cédait alors la Nouvelle France  à l’Angleterre, c'est-à-dire  le Canada, la vallée de l’Ohio, la rive gauche du Mississipi, sauf la Nouvelle Orléans, ainsi que  la plus grande partie des Antilles. Ainsi, le français était chassé d’une terre qui allait devenir un des centres mondiaux des affaires. L’anglais, appuyé sur un rivage de l’Atlantique aux Etats-Unis et sur l’autre à la Grande-Bretagne, devenait la langue des relations entre les continents. Or c’était là la véritable universalité, et cette universalité était perdue pour le français. Rivarol, dans son célèbre Discours sur l’Universalité de la langue française à l’Académie de Berlin en 1784, n’aperçut pas davantage que ses contemporains les signes annonciateurs du déclin.

 

Louis XVI, pour se venger du catastrophique Traité de Paris, pour couper le cordon ombilical entre les Etats-Unis et l’Angleterre, et non pas pour la liberté ou les beaux yeux de l’Amérique, comme le croient les naïfs, conclut le 6 février 1778 une alliance avec les insurgés d’Amérique qui grâce à La Fayette, aux troupes de Rochambeau et à l’excellente flotte de l’amiral de Grasse  obligèrent le général anglais Cornwallis à capituler à Yorktown le 19 octobre 1781. En 1783, le traité de Versailles reconnait  l’indépendance des Etats-Unis. Mais là encore, nouvelle injustice de l’histoire ! La Fayette, malgré l’indiscutable et décisive  victoire française fit preuve de suffisance et ne poussa pas, alors que beaucoup y songeaient,  à l’adoption du français, langue universelle de l’époque, comme langue officielle des Etats-Unis. Le comble et le paradoxe de la malchance, ce fut l’afflux de loyalistes britanniques au Canada, après le traité de Versailles, en provenance des Etats-Unis qui provoquèrent une infiltration britannique dans le Canada juridiquement anglais depuis le traité de Paris de  1763, mais exclusivement peuplé de Français, et qui  barrèrent définitivement dans l’Ontario  la route d’expansion à  l’Ouest des Canadiens français. En effet de 1763 à 1783, l’immigration britannique constituée de commerçants avait été peu marquée au Canada.

 

En 1763, au traité de Paris, l’Espagne avait reçu les territoires de la Louisiane situés à l’ouest du Mississipi ainsi que la Nouvelle Orléans, en compensation de la perte de la Floride qu’elle avait donnée aux Anglais. En 1800, le traité de San Idefonso signé entre l’Espagne et la France restitue le territoire de la Louisiane aux Français, en échange d’une promesse d’une principauté en Italie  pour le duc de Parme. Contrairement à la croyance populaire, Bonaparte n’a pas vendu la Louisiane de gaité de cœur et d’une façon insouciante, mais bien au contraire  pour des raisons tactiques et géopolitiques complexes  vis-à-vis des Etats-Unis et de l’Angleterre et surtout parce qu’il ne pouvait plus défendre la Louisiane, suite à l’échec de l’expédition et à la mort de son beau-frère le  général Leclerc, qui avec 20 000 hommes décimés par la fièvre jaune  ne parvint pas à faire de Saint Domingue ( aujourd’hui Haïti ) la base arrière sûre dont il avait besoin pour défendre la Louisiane, objet d’attaques possibles tant des Etats-Unis que de l’Angleterre. La première étape du rétablissement de l’Empire français en Amérique passait par la reprise de l’île tombée aux mains de Toussaint l’Ouverture. L’intention première de Bonaparte était bel et  bien de constituer un empire colonial français en Amérique, le général Claude Victor ayant même rassemblé  pendant l’été 1802 une flotte importante en Hollande  et 8000 hommes à Dunkerque en préparation d’un départ pour aller renforcer la Nouvelle Orléans. Cette décision de Bonaparte dans le cadre de la fin de la Paix d’Amiens et de la reprise imminente des hostilités avec l’Angleterre est  donc à rapprocher de celle sur  l’Alaska qui  fut vendue plus tard par la Russie aux Etats-Unis, de peur de la voir  également occupée par l’Angleterre.

 

Les Etats-Unis achetèrent donc à la France le 30 avril 1803 pour 15 millions de dollars, somme importante qui représentait une fois et demi le PIB des Etats-Unis de  l’époque. L’acquisition de la  Louisiane doublait le territoire des Etats-Unis en débloquant la frontière symbolique de l’Ouest des Etats-Unis. La Louisiane formait un immense territoire de 2 144 476 km2, soit 22,3% de la superficie actuelle des Etats-Unis. En effet la colonie française de Louisiane comprenait beaucoup plus de territoires que l’Etat actuel de Louisiane, en fait ce qui allait devenir le centre-ouest  des Etats-Unis, s’étendant du nord au sud  de la frontière  toujours actuelle avec le Canada jusqu’au Golfe du Mexique ; elle incluait la ville de Saint Louis. Les neuf états américains actuels sont : l’Arkansas, le Dakota, l’Iowa, le Kansas, le Missouri, le Montana, le Nebraska, l’Oklahoma et la Louisiane. Ainsi étaient perdus à jamais pour la France les œuvres de Louis  Joliet et du père Marquette  qui avaient été les premiers à explorer le Mississipi en 1673, de René Cavelier, sieur de la Salle qui avait descendu tout le Mississipi jusqu’à son embouchure en 1682 prenant officiellement possession de la Louisiane au nom de Louis XIV, du sieur de Bienville qui avait fondé en 1718 la Nouvelle Orléans, en l’honneur du régent Philippe d’Orléans.  

 

De surcroît la vente de la Louisiane aux Etats-Unis parachève le traité de Paris et peut être considérée comme un des plus grands désastres de l’histoire externe du français. En 1812, la première constitution de l’Etat de Louisiane y imposait l’anglais…contre le français majoritaire. En 1868, l’article 109 de la constitution interdisait formellement l’usage de toute autre langue que l’anglais. En 1916, interdiction d’utiliser le français dans les écoles et dans les foyers. En 1921, la constitution louisianaise n’autorise l’usage que de la seule langue anglaise. Les colons du Mississipi, à l’origine venus de France, n’ont bientôt plus d’écoles ni de livres, et c’est ainsi que passe à l’anglais, en quelques générations, une des populations les plus fermement attachées au français et à son illustration en dehors de l’Europe.

 

Enfin, cerise sur le gâteau, la pendaison le 16 novembre 1885 à Régina, au Canada, de Louis Riel, patriote francophone, fondateur du Manitoba, qui présentait un danger canadien français dans l’Ouest canadien avec la révolte des métis, mit fin à une véritable présence francophone dans les deux provinces canadiennes du Manitoba et du Saskatchewan.

 

Ce sont les raisons  pour lesquelles pendant  la seconde moitié du XIXe siècle, la notion d’universalité du français disparaît peu à peu, sans qu’on en prenne clairement conscience, en raison des progrès de l’anglais en tant que langue du commerce sous l’égide de la Grande-Bretagne, puis des Etats-Unis, et suite à la disparition des derniers bastions francophones d’Amérique, l’Est du Canada excepté.

 

 Aujourd’hui la France  n’est plus que le Québec de l’Europe ! La langue française, tout comme les autres langues nationales européennes, combat pour sa survie en Europe face à l’anglo-américain et, si rien ne change (décision des Européens de faire du français ou de l’espéranto la langue de l’Europe), elle connaitra, en France même, d’ici un siècle, le même sort qu’en Louisiane !

 

 

Repost 0
Published by marcrousset
commenter cet article
26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 12:52

 

                           L’Europe doit changer complètement  sa vision de la Russie

 

 

Sommes nous des citoyens transatlantiques ou des citoyens paneuropéens ? Pourquoi les Européens devraient-ils s’insérer dans un quelconque Commonwealth Transatlantique du XXIe siècle piloté par Washington ? Les Etats-Unis ne se sont-ils pas déclarés indépendants de l’Angleterre le 4 Juillet 1776 ?  L’Atlantique n’est pas du tout une mare (« the pond »),  comme se complaisent à le dire les Anglo-saxons, mais un véritable océan que Christophe Colomb a eu le premier l’audace de franchir. L’Europe ne va pas de Washington à Bruxelles, mais de Brest à Vladivostok.

 

La Russie est européenne par ses morts qui ont scellé par deux fois le destin de l’Europe : 23 200 000 morts pendant la deuxième guerre mondiale contre seulement 182 070 pour les Etats-Unis, 1 700 000 pendant la première guerre mondiale de 1914 à 1917 (plus que la France et légèrement moins que l’Allemagne) contre seulement 100 000 en 1918 pour les Etats-Unis. La Russie est aussi européenne par les influences des cultures française et allemande ainsi que par le centre de gravité de sa population à l’ouest de l’Oural ; l’ethnie russe est fondamentalement blanche et chrétienne.

 

Si le catholicisme et l’orthodoxie sont les deux poumons de l’Eglise, ils sont aussi ceux de l’Europe. Il n’est donc pas possible d’opposer, comme le fait Samuel  Huntington dans le «  Choc des Civilisations »,  les catholiques et protestants ouest-européens d’un côté, proches des Etats-Unis, au monde orthodoxe de l’autre.

 

Le contrôle de la Sibérie sera le grand enjeu du XXIe siècle entre la Grande Europe et la Chine. La Russie est à la fois l’ « Hinterland », le « Far East » de l’Europe par ses grands espaces et un avant poste par rapport à la Chine et à l’Islam de l’Asie centrale. Dans ces régions, l’Européen, c’est le Russe.

 

 L’objectif ultime à atteindre serait la constitution d’un arc boréal paneuropéen de nations allant de Brest à Vladivostok qui intégrerait le monde slave et orthodoxe. Il se concrétiserait par le rapprochement entre l’Europe carolingienne, capitale Strasbourg, et la Russie, seule alliance bipolaire capable d’arrimer efficacement sur le Rhin et la Moskova cette nouvelle Grande Europe. L’avenir de l’Europe n’est donc pas dans une Union européenne qui gonfle démesurément, jusqu’à en perdre son identité, mais dans la création de deux alliances ouest et est européennes qui s’équilibrent mutuellement et rivalisent amicalement

 

Il importe par ailleurs de donner à la Grande Europe, à défaut du français, et suite à la trop grande difficulté du latin, une langue véhiculaire et utilitaire neutre qui ne soit pas la langue des Américains, l’espéranto, afin d’assurer la survie et le rayonnement de toutes les grandes langues nationales européennes.

 

Les Européens ne doivent plus avoir peur de la Russie. Suite à sa perte de vitalité démographique, la Russie n’est plus un danger pour l’Europe tout comme l’Allemagne  et il importe au contraire d’aider cette sentinelle historique  européenne face à la Chine et  l’Asie centrale. « J’ai à maintes reprises demandé aux puissances occidentales de ne pas identifier le communisme soviétique à la Russie et à l’histoire russe » disait Alexandre Soljenitsyne. D’ici à 2035, l’Allemagne perdra 7.7 millions d’actifs et la France 1.7 millions. En Russie, c’est un  véritable cataclysme avec une diminution  encore plus drastique de la population. Il est possible qu’il n’y ait en 2050 que 100 millions de Russes, autant que de Turcs à cette date ! L’Allemagne et la Russie, étant donné leurs pertes de vitalité démographique, ne représentent donc plus un danger d’expansionnisme, et bien au contraire, ces deux pays sont  à la recherche d’alliances défensives et d’équilibre géopolitique. Le déclin démographique  russe accéléré, la très rapide diminution allemande et le léger déclin français rééquilibrent paradoxalement l’ensemble de l’Europe, selon un processus inverse de celui qui l’avait déstabilisée au XIXe et XXe siècle. La stagnation démographique française à partir des années 1800 avait fait une France apeurée de 40 millions d’habitants, soit la moitié très exactement de la population allemande, à la veille de la première guerre mondiale. A l’Est, l’expansion encore plus rapide de la population russe avait engendré, de la même façon en Allemagne, une véritable  phobie du danger slave pour le  monde germanique.

 

L’Allemagne d’aujourd’hui, diminuée territorialement et démographiquement après la deuxième guerre mondiale, ne peut plus être la grande puissance au cœur de l’Europe. Certains démographes ont même prétendu  que «  l’Allemagne est morte, mais qu’elle ne le sait toujours pas ». Les Européens, pour les mêmes raisons, n’ont plus à redouter  d’être submergés par une nation-continent russe en  pleine expansion démographique, cette dernière craignant bien au contraire d’être envahie subrepticement par l’immigration des populations du Caucase et d’Asie Centrale en  Russie de l’Ouest et de la  Chine en Sibérie.

 

 L’Europe ne peut rejeter la Russie qui lui  fournit 30 % du gaz et 25% du pétrole. Il convient donc de développer le partenariat  stratégique franco-russo-allemand bâti sur les deux piliers que sont les faramineuses richesses énergétiques des uns et les investissements massifs des autres.  L’Eurasie est peuplée, industrieuse et dispose, de plus, des matières premières.

 

 

Une Alliance continentale avec Moscou, pendant d’une Alliance atlantique  renégociée avec Washington devrait voir le jour à terme. Cette alliance paneuropéenne , cette coopération militaire du XXIe siècle  entre une  Europe  carolingienne avec des forces intégrées d’une part et la Russie  d’autre part ne représenterait  pas seulement un contrepoids à la puissance militaire américaine , mais aussi une alliance supplémentaire tout court pour l’Europe face à divers risques géopolitiques possibles tels que le Moyen Orient, le terrorisme, le danger nucléaire d’ Etats voyous, crise énergétique, puissance chinoise… où il n’est pas du tout  certain que l’Amérique  interviendra toujours systématiquement, au fil des décennies, compte tenu de ses intérêts propres, de l’évolution des rapports des forces ou des risques courus. L’Europe est dans l’œil du cyclone et se croit dans une pouponnière.  L’Europe carolingienne, noyau dur de l’Europe politique,  serait équidistante de Moscou et de Washington

 

La crise irakienne a montré que l’Europe puissance ne  pouvait se réaliser que  sous l’impulsion des trois acteurs stratégiques que sont la France, l’Allemagne et la Russie et non dans la patiente recherche de l’unanimité à 27 ou 38 pays, un grand nombre de pays européens poussés par les Etats-Unis, l’Angleterre et la Pologne  ayant même signé un texte d’allégeance aux Etats-Unis.

 

Une politique européenne commune et indépendante  avec 27 pays  est un mythe. Le risque est au contraire que l’Europe dérive vers l’impuissance et prenne, comme le prédisent déjà certains, le chemin du Saint Empire romain germanique, un assemblage de principautés et de villes à la fin du Moyen Age qui n’avait plus qu’une fiction de puissance commune.

 

Une majorité  des partenaires européens est ralliée à la conception américaine d’un simple espace de libre échange abrité, pour sa sécurité, par le parapluie de l’OTAN. L’impulsion ne peut donc venir que de la France et de l’Allemagne, partageant la même vision de l’Europe, celle d’une communauté de destin ayant la volonté de peser politiquement, économiquement et culturellement. L’adjonction de quelques pays continentaux  de l’Europe de l’Ouest  pourrait constituer une heureuse préfiguration de « l’Europe européenne ».

 

Par ailleurs, dans la conduite des relations internationales, il semble que les Européens aient abandonné Hobbes et Machiavel, comme l’a fortement souligné le géopoliticien américain Robert Kagan. Les Européens doivent se garder de réduire la politique étrangère à la notion abstraite et inopérante des droits de l’homme, veiller d’une façon réaliste à l’évolution du rapport des forces géopolitiques, et défendre plutôt la morale du droit international fondé sur la multilatéralité ainsi que sur  l’égalité de droit entre nations.  Face à l’Empire,  la Chine, l’Islam, le terrorisme ou le Moyen Orient, les Européens devraient s’inspirer davantage de  Richelieu, Bismarck, de Gaulle, Churchill  et un peu moins de  Chamberlain et Daladier.

 

Selon  le mot de Winston Churchill, la Russie c’est une « charade à l’intérieur d’une  énigme entourée de mystère » L’inclusion avec une vision historique de la Russie du  XXIe siècle  dans  le monde européen, ce qui  permettrait  d’en assurer sa survie, telle pourrait être la réponse du destin au mystère que représentait la Russie pour ce perspicace, réaliste et courageux anglo-saxon. En fait, c’est la Russie qui montre la vraie voie à l’Europe donneuse de  leçons avec les excès humanistes de sa propre civilisation, mais impuissante et décadente en réalité. La Russie est un des derniers peuples européens à ne pas se détester lui-même. La Russie peut contribuer dans l’immédiat à sauver l’Europe de son malaise existentiel et du protectorat américain (OTAN, capitalisme financier anglo-saxon, usage exclusif  de l’anglo-américain, libre échange destructeur d’emplois industriels, immigration extra-européenne conduisant à une société multiethnique à l’instar des Etats-Unis et destructrice de l’identité européenne). Quant à l’Europe, elle peut aider à long terme   la Russie face à la Chine et à l’Asie centrale. Les Européens de l’Ouest  doivent faire aujourd’hui vis-à-vis de la Russie  la  même révolution intellectuelle qui a été effectuée  par le Général de Gaulle envers  l’Allemagne d’après 1945 !

 

Il y a quelques années, l’écrivain Vladimir Volkfoff  posa la question suivante à un diplomate américain : « Je ne comprends pas, dit-il, Souhaitez vous que l’Europe se fasse ou qu’elle ne se fasse pas ? ».  Le diplomate lui  répondit : «  Nous souhaitons qu’elle se fasse, mais qu’elle se fasse mal ». La Nouvelle Europe  Paris-Berlin-Moscou est une méthode pour qu’elle se fasse… bien, sans se soucier du nom du Président des Etats-Unis, qu’il s’appelle George Bush ou Barack Obama.  

 

 

*par Marc Rousset auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou » -Editions Godefroy de Bouillon-538p- 2009

Repost 0
Published by marcrousset
commenter cet article
26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 12:45

                                 Le criminel extrémiste norvégien Breivik n’est pas fou !

 

 

Selon Marc Rousset, écrivain, économiste, auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »

 

 

« La conclusion, c’est qu’Anders Behring Breivik qui a tué  froidement 77 personnes en Juillet 2011 en Norvège est fou » a pu déclarer le procureur norvégien Svein Holden le 29 Novembre 2011. Etre fou, selon le dictionnaire Larousse, c’est avoir perdu la raison. Breivik a t-il vraiment perdu la raison ?  Breivik se considère comme un « chevalier «  en « croisade » et dit avoir commis « ses exécutions par amour pour son peuple ». Breivik a de plus  fait savoir à ses avocats qu’il ne voulait en aucun cas être déclaré irresponsable. « Ils vont me déclarer fou. Ne les croyez pas »avait il écrit, avec un  très lucide sentiment prémonitoire  dans son Manifeste.

IL ne faut pas confondre extrémisme et folie

 Les terroristes du djihad sont ils tous des fous ? Dans ce cas que font-ils encore à Guantanamo ? Hitler qui s’est fait élire démocratiquement après avoir harangué des foules, apprécié les opéras de Wagner, l’architecture, la musique et la peinture  et vécu avec Eva Braun était il fou ? Staline, le mangeur d’hommes  et Mao qui ont  été des plus grands criminels  dans l’histoire que Hitler étaient ils fous ?Les droits de l’hommistes, les gouvernements  européens, les médias du politiquement correct  considèrent tous les extrémistes criminels  comme des fous, l’expression étant même entrée dans le langage  quotidien  et devenue un pléonasme en ce qui concerne Adolf  Hitler. Le « croisé » George W Bush  à la recherche de pétrole et d’armes de destruction massive  tout en  voulant introduire la  démocratie au MoyenOrient, n’était il pas fou lui aussi en voulant envahir  l’Irak avec des centaines de milliers de morts à la clé ? Ne fallait il pas être fou pour vitrifier Hiroshima  le 6 aout 1945 , soit  250 000 morts ou pour lancer des raids alliés  bombes au phosphore sur Dresde en février 1945, soit  135 000 morts , ou en juin 1943 sur Hambourg ,soit 50 000 morts, alors que le raid allemand sur Coventry  en septembre 1940 avait fait 380 morts et le raid sur Londres en mai 1941 1500 morts !

 Ne fallait il pas être fou pour laisser  agresser la Libye par l’OTAN  en faisant fi de sa souveraineté au nom des droits de l’homme , avec comme seul résultat les destructions par les bombardements,  la mort de plus de 20 000 Libyens et l’éclosion d’ un Printemps arabe avec l’islamisme dans ses fourgons ?Les Israéliens sont les premiers à réaliser que ce très court Printemps arabe pourrait bien déboucher sur un hiver long et rude !(1) Selon l’anglais Chesterton « le monde est plein d’idées chrétiennes devenues folles »

.Mais n’est ce pas aussi une folie que d’être irréaliste, utopiste, lâche et traitre envers son pays en ne voulant pas reconnaitre l’évidence, à savoir que l’actuelle immigration extra-européenne en France correspond à une véritable invasion nous menant tout droit à la guerre civile d’ici une vingtaine d’années ? Ne peut-on pas aussi être considéré comme fou si l’on peut admettre que tous les deux ans la population extra -européenne de la France  par le jeu cumulé des nouveaux entrants et des naissances augmente de 800 000 personnes par an, soit l’équivalent de l’agglomération lilloise ? Ne doit on pas aussi être  considéré comme fou si l’on continue de pousser des cocoricos démographiques sur la vitalité de la démographie française avec un taux de fécondité de 2 enfants par femme, soit moins que les 2,1 enfants par femmes pour assurer le taux de remplacement d’une population à l’identique, alors que ce taux moyen cache une catastrophe, à savoir la déseuropéanisation de la France avec un taux de fécondité des femmes d’origine européenne de 1,7 enfants par femme, tandis que  celui des populations immigrées d’origine extra-européenne est de 3,4 enfants par femme, soit le double très exactement ! Ne faut il pas être fou, comme nous le diront ou nous l’écriront nos petits enfants pour  laisser l’UMPS ne prendre aucune mesure sérieuse contre les flux migratoires alors qu’en 2030, si rien ne change, le pourcentage des naissances d’origine extra-européenne en France sera de 30% , et en 2050 de 50% , à comparer aux  18% actuels avec tous les problèmes que nous rencontrons déjà  dans nos banlieues , dans les rues pour notre sécurité  et dans  le remplissage de nos prisons. Selon la maxime de Chamfort ,  ne faut il donc pas être fou « que de laisser en repos ceux qui mettent le feu et de persécuter ceux qui sonnent le tocsin » ?

Dans notre civilisation décadente, les héros de nos pères, peu soucieux de leur bien être matériel, prêts à sacrifier leur vie,  sont  considérés  par les nouvelles générations  comme des fous ! En prétextant de la folie de Breivik,  le politiquement correct norvégien va lui faire administrer des drogues sédatives à vie et régler très habilement le problème .Mais ce ne sera qu’une façon supplémentaire de vouloir occulter les réalités qui assaillent notre société européenne moribonde. Breivik est en fait un extrémiste  criminel qui, au nom de l’éthique de la responsabilité  de Max Weber, va jusqu’au bout de son raisonnement.  On peut donc  le condamner à la prison à vie  au nom de l’éthique de la morale et des lois norvégiennes, mais le considérer comme  fou est une absurdité  politicienne qui n’honore pas la justice norvégienne. A ce compte, tous les djihadistes musulmans, tous les salafistes, tous les intégristes  religieux criminels , tous les poseurs de bombes du FLN sans qui l’Algérie serait toujours française , ainsi que la plupart des héros et des grands  découvreurs  de l’histoire  européenne  tels que Christophe Colomb devraient aussi être considérés comme fous !

 

Brevnik est un criminel extrémiste, pas un fou

 

Brevnik est  tout simplement un croisé européen  du Moyen Âge condamné par les valeurs  de nos sociétés. On notera à ce sujet que si le même phénomène d’immigration de masse  européenne s’effectuait dans un pays musulman, ce qui fut d’ailleurs le cas pour les  colons européens en Algérie, toutes les belles âmes européennes droits de l’hommistes du politiquement correct trouveraient normal  que des milliers de  djihadistes musulmans salafistes ou wahhabites soucieux de garder leur identité assassinent  des Européens ou mettent des bombes dans les églises comme c’est déjà le cas pour les chrétiens d’Irak et les coptes d’Egypte .Elles  trouveraient à redire contre cette incrustation illégitime. De même  lorsque des moines tibétains s’immolent par le feu à Lhassa suite à l’immigration  des Hans  et la sinisation par Pékin  afin de défendre  leur identité, leur culture et leur religion, pourquoi les médias ne les considèrent ils pas comme des fous ?

Brevnik est donc un criminel extrémiste, mais il n’est  pas fou ! Aldous Huxley remarquait que «  les  faits ne cessent pas d’exister parce que nous les ignorons ». Dans le Meilleur des Mondes, il  a  même pu écrire : « le véritable danger  pour les idées, la culture et l’esprit risque davantage de venir  d’un ennemi au visage souriant et doucereux  que d’un adversaire inspirant la terreur et la haine »

 

(1°) Isabelle Lasserre-« Israël sonne la mobilisation face aux « tempêtes arabes »-Le Figaro du 30 Novembre

 

 !

Repost 0
Published by marcrousset
commenter cet article
26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 12:42

                   Les véritables responsables et la leçon du carnage d’Oslo

 

Par Marc Rousset, économiste, écrivain, auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »

 

 

« Les Faits ne cessent pas d’exister parce qu’on les ignore » écrivait Aldous Huxley. C’est pourtant ce que pensent ou feignent de penser   tous les jours les  hommes politiques européens  et les droits de l’hommistes . D’ici 20  ans, ce ne sera plus 72 morts, mais bien  7200 morts si apparaissent des mouvements  organisés du type  OAS en Europe   comme successeurs aux loups solitaires du style Breivik, et plusieurs dizaines de milliers de morts  en cas de guerre civile  d’ici les années 2050.

Il semble bien, vu l’égoïsme matérialiste ambiant, que ce sera seulement   la crise économique  toute proche à venir dans la zone Euro et aux Etats-Unis qui va être le déclencheur faisant sortir les Français et les Européens de leur torpeur  suicidaire. Car enfin, comme le constaterait t Monsieur de la Palice, s’il n’y avait pas d’immigration extra-européenne en Europe, si notre continent n’était pas l’objet d’une invasion par le Tiers Monde et l’Islam, Anders Behring Breivik, diplômé de l’école de commerce d’Oslo, serait en train de vaquer actuellement à d’autres occupations. Le député roumain Julian Urban du Parti démocrate libéral au pouvoir a pu dire : « ce n’est pas Breivik qui a commis l’attentat, mais les leaders actuels de l’UE »

N’oublions pas également que les sanguinaires poseurs de bombes  terroristes du FLN  dans les quartiers européens pendant la bataille d’Alger   sont considérés  aujourd’hui  en Algérie comme des héros de la guerre de libération. Et  il est fort probable  que sans les attentats terroristes, le Général de Gaulle , la guerre étant gagnée militairement, n’aurait jamais abandonné l’Algérie. Breivik n’est pas fou ; c’est  tout simplement un terroriste blanc décidé, tout à fait semblable à ceux du FLN, et qui conduit , lui aussi, sa guerre de libération du territoire national norvégien.

L’histoire est imprévisible. Les faits se vengent cruellement des mensonges et des utopies. Si de nouveaux Breivik  passent à l’acte en Europe, le mur du politiquement correct pourrait subitement s’écrouler, comme celui du Mur de Berlin .Ce  carnage est malheureusement là pour nous rappeler que nous n’avons pas le droit d’hypothéquer l’existence de nos petits enfants et des générations à venir. Cicéron et Albert Camus nous ont rappelé que les hommes préfèrent leurs concitoyens aux étrangers et les membres de leurs  familles  à leurs concitoyens. Le  Général de Gaulle, cité par Alain Peyrefitte, (1) prenait , lui, l’exemple  du mélange impossible de l’huile et du vinaigre,  persuadé que « ceux qui prônent l’intégration ont une cervelle de colibri » . Chateaubriand, enfin, a pu dire : « Honneur aux pays qui se lèvent et honte aux pays qui se couchent » .

Max Weber faisait la distinction entre l’éthique de la conviction et l’éthique de la responsabilité(2). Pourquoi le Général de Gaulle n’a t-il pas voulu rapatrier les harkis qui avaient défendu l’Algérie française, les armes à la main ? C’est tout simplement  parce qu’il ne voulait pas que son village s’appelle un jour « Colombey les Deux Mosquées »(3)

 

IL est craindre qu’il y aura un jour en Europe des attentats dans les banlieues et dans les mosquées. Le politiquement correct ne fait que remporter à court terme des victoires à la Pyrrhus, en maintenant une barre d’acier sur le couvercle de la cocotte minute, mais la réalité , c’est que la pression continue inexorablement d’augmenter sous le couvercle. De même que François Mitterrand n’avait pas le monopole du cœur, les Ben Laden et consorts n’ont pas le monopole des bombes et des actions terroristes. Le constat de Oskar Frayringer, député suisse de l’Union Démocratique du Centre (UDC) pourrait bien  être démenti, si l’on en croit la première explosion du Vendredi 22 Juillet 2011 à Oslo : « Alors que nous pensons qu’à nos retraites, à nos vacances, à nos assurances, le monde musulman produit des armées de combattants, hommes et femmes, prêts à sacrifier leurs vies en tant que bombes humaines et dans la guerre ».

N’oublions pas  également le message de Jean Raspail, l’auteur du » Camp des Saints », aux droits de l’hommistes ,aux  lâches politiciens  et aux Tartuffe hypocrites souhaitant cacher ce sein, ces faits migratoires, cette triste réalité qu’ils ne sauraient voir. « Ce que je ne parviens pas à comprendre et qui me plonge dans un abîme de perplexité navrée, c’est pourquoi tant de Français avertis et tant d’hommes politiques français concourent sciemment, je n’ose dire cyniquement, à l’immolation d’une certaine France sur l’autel de l’humanisme exacerbé ». Le problème, le drame, c’est que si l’acte du tueur fou d’Oslo  est répréhensible au niveau de la morale, son analyse est pertinente ;  il pense exactement  la même chose que Jean Raspail !

Si le politiquement correct avait accepté d’envoyer des troupes en Rhénanie en 1936, il n’y aurait jamais eu Hitler et les dizaines de millions de morts. De  même , ce n’est que si l’on passe immédiatement à la politique d’immigration extra-européenne  zéro avec incitation au retour, que l’on évitera les milliers de morts à venir d’une guerre civile fort probable,  le passage à l’acte du Viking  Anders Behring Breivik devant être considéré comme un avertissement. Ou  bien nos démocraties commencent à se ressaisir et à regarder  enfin la Vérité en face, ou bien elles continuent  à jouer  à l’Autruche  s’enfouissant encore davantage la tête dans le sable derrière le paravent des utopies et des propos  lénifiants. A terme la «  RealPolitik » se venge toujours d’une façon  d’autant plus cruelle  de l’ « IrrealPolitik » !

 

 

                                                                                                                              M.Rousset

 

(1)Alain Peyrefitte-C’était de Gaulle- p64-Editions Fayard

(2) Max Weber-Le Savant et le Politique-Bibliothèques 10/18

(3) Alain Peyrefitte - ibid

Repost 0
Published by marcrousset
commenter cet article
26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 12:38

          Les réformes, puis le recours à la BCE, seule voie  possible pour sortir de la crise !

 

 

Par Marc Rousset, écrivain, économiste, auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »

 

 

C’est  encore l’Allemagne qui ,seule contre tous les Etats  démagogues européens  nous ayant amené à la situation catastrophique actuelle  , a entièrement raison ! Avoir recours  immédiatement à la BCE amènerait une inflation substantielle et aurait pour effet de diminuer la pression pour les réformes structurelles  indispensables à effectuer en Grèce, en Italie, en Espagne et en France ! L’Allemagne a heureusement été vaccinée contre l’hyper-inflation  en 1924 !

 

Or que se passerait il si l’on écoutait le Président  Nicolas Sarkozy  , toujours à  la recherche de la facilité  avec des propos lénifiants  pour satisfaire sa seule ambition de se faire réélire : recourir à la planche à billets de la BCE !  Et pourtant quel  serait   aujourd’hui  le réel , urgent  intérêt de la France ? Que les réformes structurelles  soient mises en place immédiatement pour rassurer les marchés, à savoir lutte effective dès maintenant  contre les dépenses : fin des 35h, retraite à 65 ans, diminution des prestations sociales, arrêt de l’immigration dont le coût est de 70 milliards par an, s’attaquer  aux dépenses publiques et  au surnombre des  2 millions de fonctionnaires français (90 fonctionnaires pour 1000 habitants en  France contre 50 seulement  pour l’Allemagne, soit  un surcoût par rapport à L’Allemagne de 120 milliards d’euros par an !) Si notre Président avait la carrure et la grandeur d’un Charles de Gaulle en pensant au seul intérêt de la France,  il prendrait au mot les socialistes et mettrait en place pour le budget  2012 la fameuse règle d’or, ce qu’il se garde bien de faire ! Si les vannes de la BCE devaient s’ouvrir dès  maintenant, les réformes structurelles en Italie, en Espagne, en Grèce et à venir en France après l’élection présidentielle n’auraient aucune chance de se réaliser. Etant donné l’absence totale de vertu  et de sérieux des politiciens sud-européens France incluse, la zone euro et l’Allemagne se trouveraient embarquées  vers l’inflation monétaire   avec des dépenses publiques et sociales toujours aussi folles diminuées seulement  par des effets d’annonces pour satisfaire la galerie(« lip service ») !

 

Il est peu probable que le mécanisme du Fond  européen de stabilité financière de  1000 milliards d’euros se mette en place comme prévu car les investisseurs ,soucieux du risque qu’il représente , comme l’a montré le dernier emprunt de 3 milliards d’euros , ne sont pas enthousiastes . Quant aux  pays émergents comme l’Inde, la Chine et le Brésil , ils comprennent mal à juste titre pourquoi ils devraient prêter et faire l’aumône  à des pays hédonistes insouciants  six fois  plus riches qu’eux, mais  incapables de se serrer la ceinture !

 

S’il est donc  vrai que la BCE détient la seule solution  finale à la crise, qu’elle est la seule à même de soutenir la confiance envers les banques et les investisseurs, il faut qu’elle intervienne seulement dans un deuxième temps , les réformes effectuées, afin d’apporter un règlement effectif et non inflationniste à la crise de l’euro. Si la BCE se mettait au niveau de ses homologues anglaises et américaines (quantitative easing), elle pourrait racheter selon l’économiste Laurence Boone de BofA Merrill Lynch « entre 750 et 1500 milliards d’euros d’obligations d’Etat, sans remettre en cause son mandat de stabilisation des prix » . Ces montants colossaux montrent qu’ils ne sont pas illimités et que pour se sauver, la zone euro doit commencer par se sauver elle-même avec  des  drastiques réformes structurelles et budgétaires.  Aide toi et le Ciel t’aidera ! C’est bien comme cela que l’entendent et le comprennent à juste titre le très francophile Wolfgang  Schaüble et  la chancelière Merkel !

 

De même que l’Allemagne  a su tirer très habilement son épingle du jeu après la création de l’euro en augmentant sa compétitivité  grâce à  son sérieux, à l’intelligence de ses syndicalistes et  aux lois Hartz IV  de Gerhard Schroeder, prenons l’opportunité que nous donne cette très grave  crise de l’euro pour  faire un bien d’un mal en rétablissant la compétitivité de la France, en lui redonnant de sa puissance économique par rapport à l’Allemagne, tout en sauvant  l’euro sans inflation et en avançant dans la création d’une Europe continentale  politique, économique, sociale ,fiscale  et militaire sous directoire franco-allemand se rapprochant enfin officiellement  de la Russie (1)!  La seule alternative, c’est la fin de la monnaie unique et  la  dévaluation des monnaies  nationales avec l’hyperinflation , le chaos  économique et politique, un coup sans doute  fatal porté à l’Europe Puissance. Le choix devrait être vite fait…Il n’y a pas à hésiter ! Que les pays sud-européens  dont la France commencent par  se  réformer  en  arrêtant de rêver  et  en se  regardant  dans une glace! Retour aux réalités économiques  et à la Real-Politik !

 

(1)    Marc Rousset-La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou-Editions Godefroy de Bouillon-589p-2009

Repost 0
Published by marcrousset
commenter cet article
26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 12:35

Immigration extra-européenne et identité : Les erreurs de la Nouvelle droite et de l’Eglise catholique romaine

 

par Marc Rousset, auteur de « La Nouvelle Europe  Paris-Berlin-Moscou »

 

Le dernier numéro de la revue Eléments pose la question en gros titre de couverture  et s’interroge pour savoir si certains intellectuels dits de La Nouvelle droite  dans leur combat remarquable  contre le monde individualiste,  droit de l’hommiste , globalisé ,anglo-saxon , et de la consommation  effrénée n’ appartiendraient pas  en fait à la Nouvelle gauche ?

Après tout ,  le fait que Mohammed soit le nouveau prénom le plus usité  des naissances dans la région bruxelloise ne serait pas aussi grave que certains Européens traditionalistes, xénophobes et dépassés auraient tendance à le croire ! Finalement, une identité n’est pas immuable en soi et ne peut qu’évoluer au fil des siècles. ..L’immigration extra-européenne,  à tout prendre, est un moindre danger pour notre identité européenne que le règne aliénant de la marchandise et de la consommation. Le vrai danger serait le capitalisme financier visant toujours plus à étendre son empire et transformant les êtres vivants en objets inanimés (1)

Nous tenons à nous élever avec force contre cette idée qui est très belle sur le papier et qui se rapproche effectivement de la conception (Weltanschauung) des hommes de gauche pratiquant trop facilement  et allègrement le déni des réalités.

Le véritable et plus grave  danger  pour les Français qui se définissent avant tout comme des Européens de langue française, c’est bien l’inacceptable phénomène migratoire extra-européen car il porte atteinte, au-delà des risques évidents de guerre civile et à une difficile politique du retour, d’une façon irréversible, à l’identité européenne, à la substance ethnique du peuple français. Le système économique, lui, pourrait  être adapté et changé sans trop d’encombres du jour au lendemain ! (fin du libre échange, mise en place de la préférence communautaire, mise en place d’un capitalisme volontariste industriel). L’immigration au contraire, engage la patrie charnelle du peuple français qui a pris son origine bien avant 1789. Le système économique suicidaire actuel ne présente pas les mêmes dangers à long terme ; il est , nonobstant les trop nombreuses  vies  déjà gâchées et les emplois définitivement  perdus  suite aux délocalisations inconscientes, plus facilement  modifiable et réversible.

Lorsqu’on voit les réactions de jeunes vierges effarouchées telles que celles de Jean-Pierre Raffarin ou de Michel Rocard, suite au renvoi volontaire avec un pécule de 300 euros, avion payé, de quelques Roms dans leur pays d’origine, on réalise à quel point est grave pour la société française le cancer mortel droit de l’hommiste. La réaction des élus de l’UMPS est d’autant plus inacceptable que ces mêmes Roms expulsés auront le droit de revenir d’ici quelque temps dans notre douce France ! En fait , pour la majorité d’entre eux, ce sont des congés payés dans leur pays d’origine aux frais du contribuable français ! A noter  également que  La France est un des rares pays au monde où des clandestins peuvent manifester publiquement  et tranquillement pour se faire régulariser   à tour de bras !

Ces réactions de l’UMPS sont d’autant plus stupides et scandaleuses que ces expulsions ne contribuent en rien  et pas le moins du monde à la diminution du véritable  danger  migratoire qui consiste, sous le règne médiatique  des seuls effets d’annonce du Président Sarkozy, à ne rien faire contre l’entrée annuelle  effective de 250 000 nouvelles  personnes par an en France, essentiellement du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne, soit une nouvelle agglomération lilloise  extra-européenne tous les 3 ans dans l’hexagone , nonobstant une natalité délirante de ces nouveaux arrivants  et un nouvel appel d’air pour les mariages mixtes et les regroupements familiaux ! Et avec Madame Ségolène Royal , Madame Aubry et les socialistes, ce serait 450 000 personnes par an !

Quant aux réactions de certains hommes d’Eglise pour ces mêmes Roms,  elles nous rappellent que le christianisme a contribué au déclin et à la chute de l’Empire romain. Thomas Molnar a bien analysé les causes principales de la décadence européenne actuelle qui prennent leurs sources dans l’Eglise catholique romaine, l’Université et la Culture.(2)

Orateur et homme politique important vivant au IVème siècle, époque du chaos qui vit triompher le christianisme, Symmaque  le romain est célèbre pour avoir protesté publiquement quand les chrétiens, soutenus par Théodose, enlevèrent du Sénat de Rome, en 382, la statue et l’autel  de la Victoire. Tout cela se termina par le sac de Rome par  Alaric en 410 ! L’Europe avec une fin possible du christianisme connaitra t- elle un sort équivalent à la fin de l’Empire romain et du paganisme, se demandait à juste titre Thomas Molnar ?

L’Eglise catholique, les droits de l’hommistes, les intellectuels soit disant éclairés contribuent donc à cette « peste de l’esprit » selon Dominique Venner (3) qui s’est étendue à l’ensemble du monde blanc jusqu’à combiner sournoisement son autodestruction par la voie d’un brassage généralisé. Nietzsche avait aussi déjà vu le danger voyant dans le christianisme la religion des faibles avec tout ce que cela comporte de beau pour les envolées humanitaires , mais aussi de risques mortels et bien réels pour notre civilisation. Jean Raspail dans « le Camp des Saints «  a également dénoncé  avec  une très belle ironie  l’irresponsabilité droit de l’hommiste  de l’Eglise et de notre société face à l’invasion migratoire.

Seuls résistent finalement  à ces absurdités et à la catastrophe programmée, comme à la veille de la chute de l’Empire romain, quelques intellectuels épars, quelques hommes et  partis politiques, le  bon sens, l’âme populaire, la Russie et ne l’oublions pas, l’Eglise orthodoxe qui a un point de vue très différent de l’Eglise catholique romaine. Selon la religion orthodoxe, « il existe des valeurs qui ne sont pas inférieures aux droits de l’homme tels la foi, la morale, le sacré et la Patrie »

N’est ce pas un certain Poutine qui a prédit qu’au rythme où vont les choses, « la France finirait par devenir la colonie de ses anciennes colonies » ! Seuls le populisme, le nationalisme et la droite identitaire peuvent sauver la France ! La situation est grave. Il n’est plus possible de rester « Zen », de jouer au philosophe éclairé  à l’esprit  impassible et supérieur. L’heure semble bien au contraire venue de baisser les masques, de sortir  très vite du bois et de  donner la Garde car sinon la bataille dores et déjà engagée pour la survie de l’identité française et européenne pourrait  bien être définitivement perdue !

 

                                                                                          M.Rousset*

 

*Auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »-Editions Godefroy de Bouillon-538p-2009

(1) Alain de Benoist-Nous et les autres-Problématique de l’identité-p 134-Krisis- 2007

(2)Thomas Molnar- Moi, Symmaque- L’Age d’Homme-Lausanne-Paris-2000

(3) Dominique Venner-Histoire et tradition des Européens-Editions du Rocher-p 38- 2009

Repost 0
Published by marcrousset
commenter cet article
26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 12:30

      Le Rôle décisif de la Russie et non pas de l’Amérique pendant les deux dernières  guerres mondiales*

 

*  par Marc Rousset, Auteur de «  La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »–Editions Godefroy de Bouillon-538p-2009

 

 

L’Europe  aime les Russes, mais pas la Russie, en raison de la propagande américaine, des médias et de deux grands mensonges historiques. Ce n’est pas l’Amérique, mais la Russie qui a joué le rôle décisif pendant les deux dernières guerres mondiales contre l’Allemagne impériale et le nazisme ;  Natalia Narotchnitskaïa l’a rappelé opportunément  dans son  ouvrage (1).  La Russie est une partie intégrante, souffrante, sacrificielle, disait même Pouchkine de la civilisation européenne.

« Les Américains, disait Godard, ont toujours attendu que l’Europe s’entre-tue pour intervenir ; ils sont venus quand tout le monde était fatigué, jamais au début, ni en 1914, ni en 1940. Tout ce qu’ils veulent, c’est envahir ; ils veulent envahir parce qu’ils n’ont pas d’histoire ; ils ont besoin d’envahir les gens qui en ont ».

 La seconde guerre mondiale a été gagnée par la Russie dont les sacrifices humains  avant, pendant et après Stalingrad ont permis de vaincre l’Allemagne nazie qui avait lancé le 22 juin1941 à quatre heures du matin l’opération Barbarossa.  C’est à vingt kilomètres de Moscou que des divisions venues de Sibérie soutenues par le « général hiver » avec une température de -30°C  arrêtèrent  pour la première fois  le 5 décembre 1941 l’offensive de la Wehrmacht. A Stalingrad s’affrontèrent dans une bataille acharnée, de juillet 1942 jusqu’à la capitulation du général Friedrich von Paulus, le 2 février 1943, deux armées de plus d’un million d’hommes, avec une violence qui dépassa toutes celles de la première guerre mondiale pour chaque maison, chaque château d’eau, chaque cave, chaque morceau de ruine. Mais c’est l’offensive allemande  manquée  de Koursk , le 4 juillet 1943, « la plus grande bataille de chars de l’histoire »  avec trois corps blindés, soit  2000 chars et deux corps d’armée d’infanterie sur soixante kilomètres du côté allemand et 20 000 pièces d’artillerie, trois cent pièces d’artillerie par kilomètre de front, des champs de mines d’une densité de 2500 appareils au kilomètre carré, du côté soviétique , qui va permettre à l’Armée rouge dès le 12 Juillet 1943 de s’engager  à fond dans l’offensive jusqu’à la défaite de l’Allemagne.  La Russie a versé un tribut de 23 200 000  morts civils et militaires  sur l’autel de la guerre totale  contre Hitler. La seule URSS a perdu la moitié des victimes de l’ensemble du conflit de 1939-1945.

 Le débarquement de Normandie, en juin 1944, n’est intervenu que tardivement, alors que les troupes russes avaient déjà atteint la frontière orientale de l’Allemagne. Le débarquement allié a eu pour seul et principal  effet d’éviter que l’Europe entière devienne soviétique. Il y avait 26 divisions allemandes sur le front occidental contre 170 divisions sur le front de l’Est. Les pertes de l’Amérique en Europe  ont été de 182 070  tués pour l’ensemble des campagnes de 1941 à 1945, alors que pour la seule prise de la ville de Berlin, l’Amérique ayant préféré laisser faire et agir seule l’armée soviétique, les Russes ont perdu  300 000 hommes du 25 avril au 3 mai 1945. La Russie a donc eu, pour la prise de Berlin, plus de tués que les pertes militaires  américaines totales (292 000) des fronts européen et  japonais de décembre 1941 à août 1945 (2). Que ce soit au Japon avec le lancement de la bombe atomique en 1945 à Nagasaki et Hiroshima, à Dresde et à Hambourg avec le lancement de bombes au phosphore sur les réfugiés  pendant la deuxième guerre mondiale, au Vietnam, ou  plus récemment en Irak et en  Europe  avec les Serbes défendant leur territoire national , les Anglo-Saxons  excellent  toujours à engager l’aviation et à bombarder les populations civiles pour  diminuer le nombre de leurs propres pertes militaires en hommes. 

 

Mais ce qui est beaucoup moins connu, c’est la vérité historique sur le triste record des pertes de la Russie de Nicolas II et de la Russie républicaine qui lui a succédé en 1917. Qu’on en juge : sur les 15 378 000 hommes mobilisés pendant la période 1914-1917, 6 400 000 furent tués ou blessés dont 2 700 000 pour la seule année 1916 au cours de laquelle des offensives de grande envergure furent entreprises par l’armée russe pour soulager l’armée française engagée à Verdun, l’armée italienne en déroute dans la région du Trentin en mai 1916, et l’armée roumaine battue en plusieurs endroits en août -septembre 1916. C’est à juste titre que le maréchal Foch pouvait dire : « Si nous avons pu tenir de la Marne à Arras et finalement à l’Yser, c’est que la Russie de son côté retenait une notable partie des forces allemandes ». En ce qui concerne le  chiffre exact du nombre de tués, la Russie avec 1700 000 tués eut même davantage de tués que la France saignée à blanc (1500 000) et légèrement moins que l’Allemagne (1 800 000)  contre à peine 100 000 pour les Etats-Unis ! Les pertes énormes de l’armée russe s’expliquent par le retard de l’industrie de l’armement et sa capacité de production tout à fait insuffisante, tous facteurs conduisant à une pénurie dramatique en armes et en munitions, laissant les troupes désarmées devant l’artillerie allemande. (3)

 

Lorsque les Etats-Unis entrèrent en guerre en 1917, l’armée allemande était dans un état de crise lui laissant peu d’illusions sur l’issue finale de la guerre. C’est là l’une des raisons qui ont poussé l’état major allemand à permettre la traversée de l’Allemagne du « wagon plombé » contenant Lénine et ses bolcheviques qui prirent le pouvoir, à la suite d’un putsch à Petrograd le 6 novembre 1917, et mirent fin à la guerre, en ce qui concerne la Russie.

 

Les Etats-Unis ont fait la guerre pour que l’Europe ne soit ni soviétique ni allemande  et non pas pour défendre la liberté des Européens.

 

Les naïfs croient  et les médias répètent  continuellement que les Etats-Unis sont venus libérer les Européens en 1944, de la même façon que  Lafayette avait défendu l’indépendance des Etats-Unis à la fin du XVIIIe siècle. Tout cela est aussi faux que la propagande  médiatique américaine du plan Marshall qui a été élaboré, selon les dires mêmes  du  professeur Lodge à Harvard, non pas pour aider généreusement les Européens dans leurs efforts de reconstruction, mais tout simplement pour éviter que l’Europe devienne communiste et soviétique. George Marshall raisonnait moins en économiste qu’en diplomate et chef de guerre, soucieux avant tout de contenir l’Union soviétique ! Le mythe de Lafayette, combattant désintéressé pour la liberté, et son discours au Congrès en 1824, c’est également du folklore lyrique pour politiciens démagogues, oublieux des vérités historiques, de la géopolitique et de la « Realpolitik ». 

 

« Nous ne sommes pas venus en Europe sauver les Français. Nous sommes venus parce que nous, les Américains, nous étions menacés par une puissance hostile, agressive et très dangereuse… ». C’est d’un  opuscule que l’armée américaine distribua à ses soldats à la Libération que Philippe de Gaulle tire cette citation, publiée dans son livre « De Gaulle, mon père ». «  Mon père le répétera, ajoute-t-il, les Américains qui sont morts en libérant la France sont morts pour les Etats-Unis d’Amérique et pour personne d’autre. De même que tous les Français qui sont morts sur un champ de bataille, y compris pour l’indépendance des Etats-Unis d’Amérique, sont morts pour la France et le roi qui la personnifiait ». La France de Louis XVI a aidé les Etats-Unis dans leur guerre d’indépendance non pas pour défendre leur liberté, mais par simple désir politique  de revanche du calamiteux  traité de Paris de 1763, afin de  mieux  contrer la puissance britannique.

 

Avec le temps, les Européens deviennent donc de moins en moins dupes et se demandent à juste titre pourquoi ils devraient remercier les Etats-Unis ; tout au plus, peuvent-ils les remercier pour n’être pas devenus communistes, ce qui est par contre parfaitement exact.

 

                                                                                                                                 M.Rousset

 

      1) Natalia Narotchnitskaïa  –  Que reste-t-il de notre guerre ? – Editions des Syrtes,

            Février 2008

      2) Pieter Lagrou- La violence de guerre 1914-1945, p322 – Complexe – Bruxelles - 2002

       3) Général (CR) Andolenko - Histoire de l’armée russe-  Flammarion/Histoire, 1967

 

 

 

Repost 0
Published by marcrousset
commenter cet article
16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 11:42

                            Les prétentions à une justice universelle relèvent de l’utopie !

 

Selon Marc Rousset, économiste, écrivain, « auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »

 

 

N’oublions pas Dresde et le honteux anniversaire  du 13 Février 1945 ! Dans  son ouvrage « L’Incendie, l’Allemagne dans la guerre des bombes 1940-1945 »(1) Jörg Friedrich nous  rappelle  que les 135 millions de tonnes de bombes essentiellement anglo-américaines lâchées sur l’Allemagne (et 0.58 millions de tonnes sur la France avec 20 000 morts français) ont fait plus de 600 000 victimes, la moitié dans les derniers neuf mois de guerre. Les Allemands avaient bombardé Varsovie, Rotterdam et Belgrade, ils avaient détruit Coventry (50 000 tués en Angleterre). Friedrich estime qu’on ne peut effacer des crimes de guerre par d’autres crimes, surtout pas en tuant dans d’atroces souffrances près de 80 000 enfants et adolescents de moins de 14 ans. Ce livre s’inscrit en force dans la chronique littéraire des souffrances allemandes, relancée également par le roman du Prix Nobel Günter Grass sur le torpillage du « Wilhelm Gustloff » par un sous-marin soviétique. Le document de Friedrich se lit comme un roman avec des descriptions vraies de l’horreur de ces attaques sur l’Allemagne profonde.

Le 14 février 1942, le ministère britannique de l’Armée de l’air  donnait l’ordre au « Bomber Command » de « briser par des tapis de bombes le moral de la population civile allemande, en particulier des ouvriers de l’industrie ». Or de nombreux prisonniers et travailleurs étrangers remplaçaient dans les ateliers les Allemands mobilisés et les villes étaient peuplées surtout de femmes, d’enfants et de vieillards, à moins qu’on n’ait voulu précisément tuer les familles des soldats pour les démoraliser.

Au cours de l’été 1942, Staline se plaignit à Churchill à Moscou que l’Angleterre n’aidait pas assez la Russie qui perdait 10 000 hommes par jour au front. Churchill promit de « détruire chaque logement ou presque dans chaque ville allemande ». La sténo a noté : « Mr Stalin smiled and said that would not be bad » (M. Staline a souri et  a rétorqué que cela ne serait pas mal).

Le résultat fut l’éradication des métropoles et d’innombrables bourgades, avec des paroxysmes comme la petite ville d’horlogers de Pforzheim où une attaque en février 1945 tua 20 000 des 60 000 habitants. On avait testé les bombes incendiaires sur Lübeck en mars 1942. L’opération « Gomorrhe » sur Hambourg en août 1943 se solda par 40 000 tués, asphyxiés ou brûlés vifs dans un incendie de 20 km2 (44% des immeubles détruits). Cologne, Brême, Würzbourg, Fribourg et bien d’autres cités furent rasées. En Août 1944, ce fut l’opération « Tonnerre » contre Berlin : 20 000 bombardiers tuèrent ou blessèrent 220 000 habitants. En février 1945, ce fut le tour de la ville de  Dresde qui était bourrée de réfugiés en provenance  de l’Est,  avec des bombes au phosphore pour transformer les êtres humains en torches vivantes et les égouts en feu..!  Dans les nuits du 13 au 15 février 1945, les bombes lâchées par 800 bombardiers alliés sur Dresde font 135 000 morts et détruisent 80% de la ville.

Les Britanniques, en particulier le chef du « Bomber Command » Arthur Harris que les Allemands considèrent comme un criminel de guerre, prétendaient dresser la population contre Hitler par ce « moral bombing », mais la Gestapo et la guillotine travaillaient sans relâche en Allemagne. Les bombardements de terreur sur la population civile allemande furent un échec, mais constituaient des crimes de guerre car ils visaient expressément des populations civiles pour faire capituler des militaires. Au lendemain du jugement de Nuremberg, le général américain Curtis Lemay, commandant des forces alliées en Europe, responsable de l’opération « Pointblank » , l’un des stratèges des bombardements qui rasèrent les villes allemandes a pu dire : « Si Hitler avait gagné, c’est moi qui aurais été jugé pour crimes de guerre ». Arthur Harris avait lui aussi  sa place, bien que très loin derrière Staline, « le mangeur d’hommes », le tyran rouge, l’un des plus grands criminels de l’Histoire avec 7  millions de morts en 1932-1933 suite à  la famine planifiée en Ukraine et 11 millions d’ennemis de classe entre 1937 et 1941, sur les bancs des accusés devant le tribunal de Nuremberg. Staline, tout comme l’Amérique et l’Angleterre, était juge de fait à Nuremberg, lieu de justice des droits de l’homme, mais aussi lieu de justice unilatéral des vainqueurs envers les vaincus.

 

 Dans le même registre que n’aurait-on pas dit et écrit, à juste titre,  pendant deux siècles sur Hitler, ce dont il était indubitablement parfaitement capable, si c’était lui qui avait fait lâcher deux bombes atomiques sur le Japon,  car il s’agissait bien d’un acte monstrueux d’assassinat collectif  et dans les pires souffrances de civils japonais (2). La bombe atomique lancée le 6 août 1945 par le bombardier  B-29 Enola Gay sur Hiroshima (200 000 morts et 150 000 blessés) et celle lancée le 9 août 1945  sur Nagasaki (120 000 morts et 80 000 blessés) n’étaient pas des bombinettes chirurgicales aseptisées, privilèges dont disposent d’une façon surprenante  les seules  bombes anglo-saxonnes dans les médias. La vérité historique, c’est que ce sont ni les nazis, ni les Soviétiques, mais bien seulement l’Amérique qui a vitrifié. Seuls les morts de  civils innocents bombardés par les Occidentaux  ne constituent pas des crimes de guerre  car ils le  sont pour la bonne et juste cause : à savoir diminuer leurs  pertes militaires en hommes, que ce soit en Allemagne, au Japon, au Vietnam, en Serbie , en Irak…et tout dernièrement en Libye..

Et là encore au Japon, la soi-disant justice internationale n’a  fonctionné dans des conditions très critiquables que pour les vaincus. On peut se demander , pourquoi, sauf pour des raisons de « Realpolitik » bien compréhensibles n’ayant plus rien à voir avec la justice, le général puis premier ministre Hideki Tojo fut pendu,  alors que  l’empereur Hiro-Hito ne fut pas  inquiété et  mis hors de cause. Les simples soldats, le peuple japonais et l’empereur avaient  été  soit disant victimes d’une  conspiration attribuée à une petite clique de militaires, qui ont en en fait servi de « lampistes » et de boucs émissaires. Dans un livre fouillé, l’historien Jean-Louis Margolin vient de démontrer que le peuple japonais avait dans son ensemble consenti à la tentation impérialiste avec pour corollaires la fanatisation du soldat nippon, le mépris de la mort vécue comme un honneur quand elle est obtenue au combat, les violences, les crimes de guerre, la barbarie, les 35 millions de victimes en Chine, et des milliers d’Oradour (3).  Dans son livre de référence sur le Japon de l’après-guerre, Embracing Defeat (4), John Dower a montré à quel point le procès de Tokyo (mai 1946-Novembre 1948) n’a pas été le modèle de justice internationale qu’il affichait. Il rapporte notamment que, sur les onze juges, cinq, dont le président du tribunal, formulèrent des opinions critiques sur la conduite du procès et sur ses conclusions.

La morale de Dresde, d’Hiroshima , du Procès de Tokyo et  de la dernière  honteuse intervention  occidentale en Libye dans un conflit tribal interne à ce pays, c’est que les prétentions à une justice universelle relèvent  de l’utopie.

                                                                                                                               

                                                                                                                                                    M.Rousset

 

      1) Jörg Friedrich, Der Brand Deutschland im Bombenkrieg 1940-1945, Propylaën,

             Berlin, 2003

      2) Avoir détruit Hiroshima, correspondance de Claude Eatherly, le pilote d’Hiroshima,

             avec Günther Anders, préfaces de Bertrand Russell et Robert Jungk, Robert Laffont,

             Paris 1962, p.7

      3)  Jean-Louis Margolin - L’Armée de l’empereur, violences et crimes du Japon en

              guerre  1937-1945 - Armand Colin- 479 p

      77) John Dower, Embracing Defeat, Japan in the Aftermath of World War II, Penguin

            Books, New York, 1999

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by marcrousset
commenter cet article
15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 12:13

                      Le Tribunal de l’histoire ne reconnait  que les vainqueurs  finaux  

 

Par Marc Rousset, Auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »-589p-Editions Godefroy de Bouilon-2009

 

 

Julien Freund  dans « l’essence du politique » remarquait que la morale, domaine du privé, ne  peut interférer avec le politique, domaine de l’espace public, de l’histoire et de la survie politique. L’histoire  est le domaine  de la loi du plus fort  et de la « RealPolitik » quel que soit le camouflage dont on l’habille. L’IrrealPolitik du politiquement correct et des droits de l’hommistes se refuse de penser la conflictualité, ce qui est un déni des réalités. Et selon l’ancien chancelier Bismarck, cité par Vladimir Poutine, « l’important n’est pas l’intention, mais le potentiel ». Quant à  Joseph S .Nye, ancien vice-secrétaire de à la Défense, «  la puissance militaire est à la sécurité ce que l’oxygène est à la respiration : on n’y prête guère attention, sauf lorsqu’on vient à  manquer », comme en Libye, où les forces  aérienne françaises et anglaises manquent de munitions et  ne peuvent se passer  des AWACS et  de l’aide américaine pour mettre en place la zone d’exclusion aérienne. A quand  la sortie de l’OTAN,  une véritable défense européenne avec un noyau dur  franco-allemand et un budget de défense double pour ces deux pays , soit 3% minimum  du PIB, permettant de mettre en place les bases d’une véritable défense européenne ? Le Général de Gaulle avait porté l’effort de défense  militaire de la France jusqu’à 5.1%du PIB !

 

Guilllaume Faye dans « La Nouvelle question juive » remarque   combien il est rigoureusement impossible qu’Israël, qu’il se fasse un faucon ou colombe , puisse un jour vivre en paix avec les Arabes dans une zone de co-prospérité comme le souhaite l’ONU. Le Droit sur une terre invoqué par les Juifs comme par les Arabes , ne vaut rien face aux faits car seuls comptent la force, la fécondité et la capacité de se maintenir. Personne n’a jamais raison face au Tribunal de l’histoire qui ne reconnait que  les vainqueurs finaux.

Quant au royaume franc de Jérusalem, né de la Première croisade  et de la prise de Jérusalem, le 15juillet 1099 par Godefroy de Bouillon, il ne dura que deux siècles. Après de nombreuses péripéties et malgré une troisième croisade conduite par Philippe II Auguste et Richard Cœur de Lion, tout comme une croisade de Saint Louis qui gouverna le royaume de 1250 à 1254, le sultan mamelouk Baybars reprit petit à petit les différentes places fortes du royaume. La dernière place forte franque fut Saint Jean d’Acre qui tomba le 28 Mai 1291.

A Montréal , dans les années 1970, il était  complètement illusoire d’espérer pouvoir garder Montréal  bilingue. Soit Montréal devenait anglophone, soit Montréal devenait francophone. Dans le pseudo équilibre bilingue de l’époque, les anglophones grignotaient en fait les francophones car les immigrants, au nom de la liberté du père de famille envoyaient leurs enfants  dans les écoles anglophones. Seule la loi 101, suite à l’action terroriste  du Front de Libération Québécois et politique du Parti Québécois , a fait triompher dans l’immédiat les  francophones qui se sont inspirés de la maxime de Lacordaire  comme quoi « c’est la liberté qui opprime et l’intervention qui libère »

 

DE même pendant la guerre de cent ans des Français d’Amérique , les « coureurs des bois » gagnèrent de magnifiques batailles (Fort Duquesne en 1754, Fort Carillon en 1758) ; ils occupèrent les terres vides en se mariant parfois avec les Indiens, menacèrent d’encerclement complet les colonies anglaises, mais perdirent la guerre car les Anglais s’étaient établis plus au Sud, beaucoup plus attractif pour le peuplement et l’activité économique  grâce  à des apports britanniques, hollandais, suédois et allemands. Par la suite, les colonies anglaises plus fortement peuplées n’eurent de cesse d’éliminer par la force les possesseurs français. En 1763, suite au Traité de Paris, l’Amérique du Nord était définitivement perdue pour la France. 

 Imaginons également  un instant ce que seraient aujourd’hui nos sociétés, notre droit, nos valeurs si l’Allemagne  avait gagné la deuxième guerre mondiale, ce dont il s’en est fallu de peu. Toutes les valeurs qui paraissent aujourd’hui évidentes et indiscutables  dans nos démocraties seraient inversées et la majeure partie des populations y adhérerait, tout comme la quasi-totalité des Allemands jusqu’au 8 Mai 1945. On a pu dire que la France jusqu’à la Libération comptait 40 millions de Pétainistes ! Malheur aux Vaincus…(Vae victis). Nos sociétés seraient aujourd’hui officiellement racistes ,pratiqueraient la préférence communautaire,   ne connaitraient pas  le libre échange mondialiste , l’immigration extra-européenne, vivraient le culte des héros, d’un pouvoir central  fort, du dépassement de soi, de l’abnégation totale pour son pays, d’un holisme sacré proche des valeurs traditionnelles de l’antiquité et de celle nos pères  à Verdun .. en lieu et place…  du droit de l’hommisme, de l’individualisme hédoniste matérialiste, du métissage, du culte de  l’argent, de l’antiracisme , de la démocratie… avec des lois qui seraient  exactement le contraire des lois liberticides Pleven et Gayssot.

Le  tribunal de Nuremberg, s’il fut effectivement  le lieu de justice des droits de l’homme,  fut avant tout le lieu de justice unilatéral des vainqueurs finaux envers les vaincus. Les prétentions à une justice universelle comme on le voit de nos jours avec le « deux poids, deux mesures » pour la Syrie et la Libye ou les Serbes et les Albanais du Kosovo, relèvent de l’utopie. Staline, le « mangeur d’hommes », le tyran rouge ,le responsable du massacre de plus de 4000 officiers polonais « nationalistes et contre-révolutionnaires » en 1940 dans la forêt de Katyn, l’un des plus grands criminels de l’Histoire avec 7 millions de morts suite à la famine planifiée en Ukraine en 1932-1933 et 11 millions d’ennemis de classe emprisonnés, fusillés, , torturés ou envoyés au Goulag , avait aussi sa place devant le tribunal de Nuremberg, alors qu’il en était  juge .

Au lendemain du jugement de  Nuremberg, le général américain Curtis Lemay, commandant des forces alliées en Europe, responsable de l’opération « Pointblank », l’un des stratèges des bombardements qui rasèrent les villes allemandes a pu dire : « Si Hitler avait gagné, c’est moi qui aurais été jugé pour crimes de guerre ». De leur côté les Britanniques, en particulier le chef du « Bomber Command »Arthur Harris que les Allemands considèrent comme un criminel de guerre, prétendaient dresser la population  par ce « moral bombing » contre Hitler, mais la Gestapo et la guillotine travaillaient sans relâche en Allemagne. Les bombardements de terreur sur la population civile allemande furent un échec, mais constituaient de crimes de guerre car ils visaient expressément des populations civiles pour faire capituler des militaires. De nombreux prisonniers et travailleurs étrangers remplaçaient dans les ateliers les Allemands mobilisés et les villes étaient peuplées surtout de femmes , d’enfants et de vieillards ; le but recherché était donc bien de tuer les familles des soldats pour les démoraliser. Les 135 millions de tonnes de bombes anglo-américaines lâchées sur l’Allemagne (à comparer avec  les seulement 0.58 millions de tonnes sur la France et  20 000 morts français) ont fait plus de 600 000 victimes en Allemagne. En février 1945 une attaque sur la petite ville d’horlogers de Pforzheim tua 20 000 des 60 000 habitants. On  avait testé les bombes incendiaires sur Lübeck en mars 1942. L’opération « Gomorrhe » sur Hambourg en août 1943 se solda par 40 000 tués, asphyxiés ou brûlés vifs dans un incendie de 20 km2 (44% des immeubles détruits). Cologne, Brême, Würzbourg, Fribourg et bien d’autres cités furent rasées. En Août 1944, ce fut l’opération « Tonnerre » contre Berlin : 20 000 bombardiers tuèrent ou blessèrent 220 000 habitants. En février 1945, ce fut le tour de la ville de  Dresde qui était bourrée de réfugiés en provenance  de l’Est,  avec des bombes au phosphore pour transformer les êtres humains en torches vivantes et les égouts en feu..!  Dans les nuits du 13 au 15 février 1945, les bombes lâchées par 800 bombardiers alliés sur Dresde font 135 000 morts et détruisent 80% de la ville. Le chef du « Bomber Command » Arthur Harris avait donc aussi sa place devant le Tribunal de Nuremberg. Et que dire du crime de guerre, relancé par le roman du Prix Nobel Günter Grass,  sur le torpillage du « Wilhelm Gustloff » plein à craquer de civils dans la Baltique par un sous-marin soviétique , tout comme la vitrification d’Hiroshima et de Nagasaki  ou des  bombardements au Vietnam ou en Irak qui resteront  à jamais impunis par cette  soi-disant  justice universelle à sens unique.

Et il en sera de même pour le sort que connaitra le colonel  Mouammar Kadhafi  , suite à l’agression d’un pays souverain par l’OTAN au nom d’une pseudo-morale occidentale ainsi que  celui des  différentes parties prenantes, après le retrait programmé de l’Occident et  la nouvelle stratégie  en Afghanistan . In fine, tout dépend du verdict des armes .Rien n’a changé depuis l’ordre de destruction du premier temple par  Nabuchodonosor en 587 av JC, du second  Temple par Titus en 70 et les fables de la Fontaine : « La raison du plus fort est toujours la meilleure ». Georges  Gusdorf, lui, nous rappelait que « Tout n’est que force et rapport de force ».

 

 

                                                                                                     M.Rousset

 

    

 

 

 

Repost 0
Published by marcrousset
commenter cet article
15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 12:09

Le déni  des réalités, la clé du mystère de notre décadence

 

selon M.Rousset, écrivain, économiste,  auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »

 

 

Le déni des réalités par nos sociétés sous l’emprise des médias politiquement corrects et des politiciens pratiquant l’art de plaire et du  mensonge  avec pour  seule fin d’être réélus  est  l’explication principale de notre  décadence .

 

Le libre échange mondialiste comme l’a très bien démontré Maurice Allais n’est rien d’autre que le suicide économique des pays occidentaux, l’Allemagne, au-delà des apparences,  ne devant être  que le dernier pays  à connaitre  à son tour ce sort peu enviable .Alors que le discours dominant du journalisme proclame depuis trois  décennies que le protectionnisme  européen est le mal absolu, les travaux de Paul Bairoch à Genève et de nombreuses universités américaines (industrialisation de l’Asie, Tariff Growth factories..) aboutissent à un résultat inverse. Quant à la théorie de Ricardo, elle ne vaut que dans un monde stable et figé du 18ème siècle  faisant abstraction des mouvements internationaux de capitaux de notre monde actuel,, des taux de change qui peuvent varier de 50% et de la mise en œuvre  des technologies de pointe dans les pays à bas salaire. La désindustrialisation et  le chômage structurel  tant aux Etats-Unis (17% au-delà du taux officiel de 9,1%°) qu’ en Europe témoignent enfin du déni des conséquences catastrophiques pour les peuples   du libre échangisme mondialiste qui ne fait que le bonheur des sociétés multinationales . Enfin le symbole même de la ligne Maginot qui a parfaitement joué son rôle  est un déni historique des réalités ; par là même on  instille dans nos esprits  l’idée fausse qu’il est inutile de réagir et de  songer à se défendre! La seule erreur en 39-40 a  pourtant été de ne pas continuer la ligne Maginot jusqu’à  Dunkerque  et de ne pas avoir de divisions mécanisées blindées. Les Allemands avaient la ligne Siegfried  qui  elle aussi a magnifiquement fonctionné  et couté de nombreuses vies aux Alliés fin 1944- début 1945!

De même nos élites nient les réalités de la disparition programmée  de la langue française qu’ils trahissent, comme Valérie Pécresse  et tant d’autres,  du matin jusqu’au soir, d’une façon éhontée. Selon Claude Hagège » du Collège de France, avant un demi-siècle, les langues autres que l’anglais auront disparu en Europe ou, alors, se seront provincialisées ». Les réalités, c’est le stupide accord de Londres signé sous la Présidence de Nicolas Sarkozy qui fait de l’anglo-américain  la langue des Brevets de l’Europe.  Les réalités, c’est qu’en 1945, 95% des jeunes Italiens étudiaient le français ; ils représentent moins de 30% aujourd’hui et le français n’est même plus enseigné comme première langue en Italie ! La réalité, c’est que la langue française est envahie par les armées du sabir anglo-américain qui la ravagent comme les armées anglaises ravageaient la France pendant la Guerre de Cent Ans et  que, si rien ne change, l’on se dirige à terme vers une nouvelle Louisiane !

Il m’a fallu attendre  un grand nombre de printemps pour apprendre que, contrairement à tout ce que j’ai pu voir depuis que je suis sur cette Terre, selon la théorie du  « gender » , autre énormité qui nous arrive directement d es Etats-Unis, la masculinité et la féminité ne seraient pas déterminées par le sexe de la personne, mais par la culture : bref, on ne naitrait pas homme ou femme, mais on le deviendrait ! Cette folle théorie heurte le sens commun le plus élémentaire et son grand ennemi est la nature, la loi naturelle que l’on veut  bizarrement nier  tant il est facile de jongler  et de dire n’importe quoi dans le monde virtuel  des  Idées...

Que l’on songe également aux cocoricos démographiques français , soi-disant  champions d’Europe de la natalité qui nient  la réalité , à savoir la perte du caractère blanc et européen du peuple de France avec un taux de fécondité des femmes européennes de 1,7 enfants par femme, soit moins que le taux de  de reproduction d’une population à l’identique  qui doit être de 2,1, tandis que l’invasion en cours continue avec un  taux de natalité des populations immigrées  d’origine extra-européenne de  3, 4,. Les médias  en ne publiant que des chiffres globaux, nient les catastrophiques  réalités démographiques .

En matière d’immigration, les bien pensants à l’humanisme exacerbé, comme le remarque Jean Raspail, déclinent à l’infini les valeurs républicaines oublieux que la France est une « patrie charnelle »  qui  existait déjà bien avant 1789, avec des frontières ; ils  n’arpentent pas assez souvent les couloirs parisiens du métro ou du RER pour constater l’invasion en cours ! La réalité, c’est que les naissances d’origine extra-européennes représentent 17% des naissances aujourd’hui et qu’elles atteindront 30% en 2030 et 50% en 2050,si rien ne change ! La réalité, c’est que la France  compte plus de 550 000 immigrés en situation irrégulière dont le coût annuel  est de 4,6 milliards d’euros tandis que le coût global des 7,8 millions immigrés légaux et illégaux est de  35 milliards d’euros par an ! IL y a là des premières économies bien réelles à faire, quitte à donner l’ordre de tirer pour défendre nos frontières ou rétablir l’ordre dans nos banlieues criminelles, comme l’auraient fait tout naturellement et  sans états d’âmes  nos pères depuis la nuit des temps, après sommation !

La crise de l’endettement public et de l’euro  fait penser à ce qu’a connu l’Argentine. Tout allait très bien  dans ce pays jusqu’à ce que l’on reconnaisse subitement que c’est la faillite généralisée. L’ex -ministre des Finances d’Argentine Robert Lavagna , lors d’une rencontre début Juillet 2011 à Aix en Provence , qui était aux manettes  peu après que son pays ait répudié sa dette souveraine en 2001-2002 a pu dire : « Il y a d’abord un refus de la réalité. Puis un retard à reconnaitre la crise au fur et à mesure que les déséquilibres s’accroissent : on continue de dire qu’il s’agit d’un problème de liquidités alors que le pays n’est plus solvable ni compétitif ».La réalité, c’est que l’Europe traverse une crise profonde car elle gère ses finances en s’inspirant des idées socialistes irresponsables de Madame Aubry  (surnombre de fonctionnaires, 35h, âge de la retraite, endettement irresponsable pour relancer la consommation au lieu de consacrer, comme l’Allemagne  ces mêmes ressources pour   muscler ,créer et développer l’offre, c'est-à-dire investir dans  les entreprises !..) La réalité, c’est que la France présente des comptes en déficit depuis trente ans quelle que soit la conjoncture économique, qu’elle croule sous 1600 milliards euros de dettes  et qu’avec des taux d’intérêts aujourd’hui très faibles, elle consacre déjà 50 milliards au paiement de ses seuls intérêts, soit davantage qu’au budget de fonctionnement de l’Education Nationale ! Merci Monsieur Mitterrand, Merci Monsieur Chirac, sans oublier notre Président actuel  légèrement moins irresponsable sur le seul  plan économique ! Quant à la Grèce, on a réussi à faire passer pour solvable  un pays techniquement en faillite. L’UE, Messieurs Sarkozy, Trichet, Strauss-Kahn, toutes les banques françaises et allemandes, et la béni oui-oui  Madame Lagarde avec sa brillante carrière consistant à plaire  dans l’air du temps anglo-saxon , insistaient pour sauver un pays ruiné, avec un déficit budgétaire qui représente 10% du PIB et une dette de 350 milliards qui dépasse de 150% la richesse produite en un an !Telle la Cigale  de la Fontaine, après avoir chanté pendant plus de 30 ans, voilà venu le temps pour les Européens  (tout comme pour les Américains)  de rembourser les dettes abyssales bien réelles .Et lorsque les Agences de Notation font enfin leur travail, en décrivant les tristes réalités, les mêmes bien-pensants hypocrites qui leur avaient reproché de ne pas avoir dévoilé l’escroquerie des « subprime » crient au scandale en souhaitant casser ce thermomètre  inflexible, froid et accusateur  qui leur fait si peur! . L’Allemagne, elle est revenue aux 40heures, va faire passer l’âge de la retraite à 67ans  et a des charges salariales pour ses fonctionnaires qui représentent 7,2% du PIB  contre plus de 13%  du PIB pour la France ! Redresser  la France et les comptes français n’est donc pas compliqué ; il suffit d’avoir l’estomac et la volonté  d’un de Gaulle : combattre effectivement l’immigration extra-européenne  avec une immigration zéro , la politique du retour et une aide nataliste pour les seules familles européennes, passer aux 40 heures, revenir à   l’âge de la retraite à 65 ans  de l’avant catastrophe mitterrandiste, diminuer le nombre des fonctionnaires  d’une façon drastique pour gagner 6% du PIB, augmenter le budget de la défense à 3%du PIB, faire preuve d’autorité et  demander  aux jeunes Lycéens  irresponsables, endoctrinés  qui manifestent pour la retraite à 60 ans de revenir à leurs chères études, ce  dont ils ont bien besoin, vu le niveau  actuel du baccalauréat…. et , sans même parler de l’Allemagne, voyons comment la Suède  et le Canada  ont  réalisé leur  spectaculaire redressement  en s’attaquant en particulier à l’inefficacité de la fonction publique,..exit donc  les énarques  carriéristes, technocrates  prétentieux  , avides de privilèges cachés par les nuages de fumées protectrices du service public,  aux beaux discours lénifiants, mais  irréalistes et  incapables depuis la création de l’ENA en 1945 de  mettre en place des structures administratives légères , compétitives et   efficaces ...

En matière de défense, au-delà  des rodomontades sarkoziennes,  la réalité , c’est que la France, avec un effort insuffisant de 1.5% du PIB (5,1% sous le général de Gaulle) , des régiments  qui fondent comme neige au soleil , et des équipements militaires prototypes ,devient une puissance militaire  de second ordre , un  valet  de l’OTAN ! La réalité, suite à l’intervention en Libye, c’est que l’amiral Pierre Forissier, chef de la marine, a insisté publiquement le 10 juin 2011 sur les contraintes de « régénération »des équipements et des hommes. Elles feront que si l’opération libyenne dure jusqu’à la fin de 2011, il faudra se passer de l’unique porte-avions français en 2012. IL est en effet du devoir d’un chef militaire de dire les choses telles qu’elles sont quand il y va du maintien des capacités opérationnelles dans la durée et de la vie des hommes et des femmes qui sont sous ses ordres. Quant à la défense européenne qui devait être la contrepartie de la réintégration de la France dans   l’OTAN, la réalité c’est que le Président  Nicolas Sarkozy , après son passage  en force devant le Parlement pour  faire avaler la pilule, nous a illusionné  une fois de plus , que le sujet est enterré ,suite à l’éternelle opposition britannique, et  que la cellule de planification  opérationnelle du  QG européen  à  Cotenbergh dans les environs de Bruxelles qui  comprend en tout et pour tout 8 personnes , n’a jamais été utilisée , même pour l’intervention au Tchad !

En ce qui concerne la folie droit de l’hommiste propre à notre époque , en opposition totale avec l’histoire vécue  depuis  qu’il y a des hommes sur terre, nous citerons seulement le très réaliste   Joseph de  Maistre : « J’ai vu dans ma vie des Français, des Italiens, des Russes. Je sais même grâce à Montesquieu qu’on peut être persan ; mais quant à l’homme, je déclare ne l’avoir rencontré de ma vie ; s’il existe, c’est bien à mon insu » (1)

Nous vivons donc la folie de « l’IrrealPolitik » avec les pertes des valeurs de la  famille, de la  patrie, de l’effort, du dépassement de soi, du travail, de l’autorité, du devoir, bref tout ce qui a fait la Grandeur de la France depuis les débuts de son histoire jusqu’à la perte de son Empire ! A ce déni des réalités salvatrices des valeurs traditionnelles et des faits , ont succédé l’individualisme, l’hédonisme matérialiste, l’irresponsabilité, la repentance, le droit de l’hommisme, les envolées lyriques humanistes, style Bernard Henri Levy, , qui nous conduisent à la décadence . Les Européens occultent délibérément  les réalités ethniques, géographiques, identitaires, démographiques, économiques, historiques, considérées comme des résidus du passé. De Gaulle parlait de « la lampe merveilleuse qu’il suffirait de frotter pour voler au dessus du réel ». Cioran, lui, au-delà du déni des réalités, dans deux ouvrages écrits en 1956 et 1964, avec des sentiments prémonitoires,  nous aide à mieux réaliser le malaise existentiel de l’Européen : « Pauvre Occidental ! La civilisation, son œuvre, sa folie, lui apparaît comme un châtiment qu’il s’est infligé et qu’il voudrait à son tour faire subir à ceux qui y ont échappé jusqu’ici(2) (..) Les traces du barbare qu’il fut, on les chercherait en vain : tous ses instincts sont jugulés par sa décence. Au lieu de le fouetter, d’encourager ses folies, ses philosophes l’ont poussé vers l’impasse du bonheur (3) (..) Nous nous illusionnons  à propos de l’idéal du bien vivre qui n’est que la manie des époques déclinantes » (4)

 

 

                                                                                                         M.Rousset

 

1)      Joseph de Maistre-Considérations sur la France-1790

2)      Cioran-La Chute dans le temps-Paris-Gallimard-1964,p36

3)      Cioran-La Tentation d’exister-Paris-Gallimard,1956,p30

4)      Cioran-Ibid  p27

 

 

Repost 0
Published by marcrousset
commenter cet article

Présentation

  • : Le Blog de Marc Rousset
  • Le Blog de Marc Rousset
  • : BLOG POLITIQUE, GEOPOLITIQUE, ET D'ECONOMIE
  • Contact

Recherche

Liens