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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 13:17

             La rigueur budgétaire doit commencer par la rigueur identitaire*!

 

*Par Marc Rousset –Auteur  de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »-Editions Godefroy de Bouillon-

 

Le premier Ministre François Fillon a annoncé un gel en valeur des  dépenses de l’Etat sur trois ans, une baisse de 10% des dépenses de fonctionnement (entre 800 million et 900 millions d’euros) et 5 milliards d’économies sur les niches fiscales. Le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux est en outre confirmé. L’objectif est de ramener le déficit de 8% du PIB en 2010, à 6% en 2011, 4.6% en 2012, et 3% en 2013, soit 95 milliards d’économies en trois ans. Or l’immigration extra-européenne coûte à elle seule 36 milliards d’euros par an à la France !

 

En France, selon Yves-Marie Laulan, il ressort, pour l’immigration et l’intégration, toutes catégories de dépenses confondues : scolarité, logement, lutte contre la délinquance juvénile  et maintien de la sécurité, chômage et santé, aides sociales, etc… un coût  net (différence dépenses – recettes) de 24 milliards d’euros pour ce qui concerne l’immigration et de 12 milliards d’euros pour l’intégration. Loin d’être une chance pour la France, cette immigration est une immigration de chômage et de précarité. 40% des étrangers qui arrivent en France s’inscrivent à l’ANPE.

 

 Selon le ministre Brice Hortefeux : « Sur cinq étrangers qui sont en France, il n’y en a que deux qui travaillent : une femme sur trois, un homme sur deux. C’est pourquoi il faut limiter l’immigration ».  Les clandestins bénéficiaires de l’AME (Aide médicale de l’Etat) coûtent  plus chers, 2500 euros par an, selon une enquête lancée par l’Inspection générale des finances et celle des affaires sociales, qu’un assuré normal de la Sécurité sociale, 1500 euros par an, en raison d’une « surreprésentation » de maladies telles que tuberculose, hépatite virale et sida, soit un gouffre de 800 millions d’euros par an payé par la solidarité nationale pour 190 000 personnes  représentant à elles seules 8 fois le nombre des expulsions annuelles.  Un système social excessivement généreux garantit un niveau de vie minimal à tout un chacun, même sans travail, sans compter l’aide médicale gratuite, l’aide au logement, la scolarité gratuite, les allocations familiales, même en faveur des ménages polygames. Selon le Président Sarkozy, «  7% seulement de l’immigration en France aujourd’hui, est une immigration de travail ». La France régresse parce qu’elle accueille une immigration d’ « allocations » et non pas de travailleurs qualifiés, de cadres éduqués ou d’entrepreneurs. Il y a le risque d’implosion budgétaire et sociale.

 

 Les Français doivent donc payer pour la santé de populations d’origine  extra-européenne clandestines ou non qui représentent à terme un danger pour leur identité et leur sécurité  alors qu’ils  n’arrivent même pas à boucler le budget de la sécurité sociale, en raison du vieillissement de la population et de la prise en charge des longues maladies à 100% que l’on commence à vouloir remettre en question. L’hébergement d’urgence coûte un million d’euros par jour à l’Etat. Les 42 milliards d’euros devant être  déversés par l’Etat français de 2003 à 2013 sur les 751 quartiers sensibles ( Plan Borloo) relèvent d’ un  gaspillage à l’efficacité incertaine et décevante, selon un rapport 2007  de la Cour des comptes ; cela fait dix sept ans que dix ministres de la ville se sont succédés au chevet des quartiers, chacun avec leur plan miracle de la dernière chance ; en 2006 , l’Etat, les collectivités territoriales, la Caisse des dépôts et consignations et l’Union européenne ont consacré 7,2 milliards d’euros pour les quartiers sensibles ( médiations familiales, maintien de la sécurité, aides à l’emploi, prévention de la délinquance et rénovation urbaine) ; le taux de chômage des jeunes reste élevé jusqu’à 40% dans les quartiers et l’argent de la ville n’a pas résolu les problèmes de niveau scolaire, de discrimination, ou de sécurité. Force est de reconnaître que le caractère  extra-européen de ces populations donne à un grand nombre de Français le sentiment de financer à fonds perdus une  partie du Tiers-Monde. Et pourquoi pas toutes les populations de l’Afrique, de l’Asie et des pays émergents, tant qu’on n’y est, au nom des droits humanitaires et des droits de l’homme ?  Le chiffre minimum de 36 milliards d’euros du coût annuel de l’immigration extra-européenne en France pourrait même être, selon d’autres  estimations, beaucoup plus important ! Ce chiffre minimum  représente 80% du déficit public, plusieurs fois le « trou » de la Sécurité sociale, 90% du budget de la défense nationale…

 

Contrairement à la situation d’il y a 30 ans, la France d’aujourd’hui, pour croître et se moderniser, a surtout besoin   d’emplois qualifiés et rémunérateurs : ingénieurs, techniciens et cadres de haut niveau. Mieux vaudrait avoir quelques brillants sportifs et footballeurs de moins et accueillir une population éduquée s’assimilant facilement tout en  donnant à la France des entrepreneurs et quelques Prix Nobel.  La quasi-totalité des migrants légaux ou illégaux  du Tiers Monde qui  n’ont aucune qualification viennent peser sur les politiques sociales et salariales, tirent vers le bas la productivité moyenne française  et entrent directement en concurrence avec les travailleurs moins qualifiés européens victimes des délocalisations. Il est donc permis de penser que les populations issues de l’immigration extra-européenne, loin de contribuer à « financer les retraites »,  risquent fort de les ponctionner.

 

Au coût économique s’ajoute les coûts sociétaux  invisibles  tels que les difficultés de fonctionnement de nombreux établissements de  l’éducation nationale ou hospitaliers, la violence et la criminalité dans certaines  banlieues au climat insurrectionnel larvé, sans même aborder la question du terrorisme. Selon l’observatoire national de la délinquance (OND), la police et la gendarmerie ont enregistré, en 2007, 433 000 atteintes à l’intégrité physique, soit près du double du chiffre -223 030- de 1996. Et ce sont surtout les violences physiques gratuites  non crapuleuses dont le nombre explose (223 000 actes en 2007 dont 44 500 hommes mineurs et 7470 adolescentes filles !) ; 60 professeurs sont agressés en France chaque jour ; la République pusillanime ne supprime pas les allocations  familiales aux parents  dont la violence de leurs enfants délinquants  ne respecte pas le contrat social  d’intégration et elle ne fait pas payer les  parents pour  les dommages commis par les jeunes fauteurs de trouble ou incendiaires  Selon Synergie, deuxième syndicat d’officiers de police, 11 000 policiers ont été blessés et huit tués en France en 2006 ; plus de 45 000 voitures ont brûlé en 2007 ; ces chiffres  interloquent  et donnent envie d’abréger les longs discours des belles âmes irresponsables ! Cela revient à poser le problème du rétablissement de l’état de droit sur l’ensemble du territoire français, sachant que 21% des détenus sont étrangers et 50% de religion musulmane ; à Paris,  les Européens ne représentent que 37% des délinquants. La République française veut elle vivre dès la fin des années 2010, si rien n’est fait pour stopper l’immigration extra-européenne, une insécurité de type brésilien avec attaques dans la rue, « enlèvements express » (le temps pour la victime de retirer de l’argent à un guichet), un braquage d’automobilistes toutes les 12 minutes à Rio de Janeiro, 6000 homicides et 4000 disparus par an dans le seul Etat de Rio ?  La France crée aujourd’hui  des emplois sécuritaires  qui font baisser les statistiques du chômage, mais peu satisfaisants quant à l’avenir économique du pays ; l’économie hexagonale emploie environ  500 000 personnes dont 251 000 policiers et gendarmes de l’Etat français, vigiles, gardiens, etc., dans le domaine de la sécurité et du maintien de l’ordre, soit plus du double qu’il y a quelques années. Il serait préférable d’investir ces ressources gaspillées dans la recherche, l’innovation, les biotechnologies, les nouveaux matériaux, le développement des  industries et des emplois de demain. 

 

Conclusion : La rigueur ne doit pas être seulement budgétaire en continuant  à accueillir actuellement  en France  250 000 personnes immigrées  par an (dont environ 50 000 clandestins ), mais d’abord identitaire ! Avec un gouvernement socialiste  ce serait environ  450 000 immigrés par an ! Les premières mesures de rigueur budgétaire  doivent commencer par le retrait du Conseil de l’Europe  à Strasbourg et de la  ruineuse « machine infernale »  droit de l’hommiste  destructrice de notre identité collective au nom de pseudo-droits individuels, un arrêt total de l’immigration extra-européenne avec une politique de l’immigration zéro et une incitation au retour des populations immigrées  mal assimilées dans leurs pays d’origine.

 

 

 

 

 

 

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 13:10

         La Nouvelle Usine Renault au Maroc, symbole de notre suicide économique !

 

 

Selon Marc Rousset  économiste, écrivain, auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »

 

 

Chômage des travailleurs européens  ou profits des multinationales dans les pays émergents fournissant des produits manufacturés à l’Europe : il va falloir choisir ! Sinon la révolte éclatera d’une façon inéluctable  lorsque le taux de chômage sera tellement insupportable que la folie libre échangiste mondialiste  apparaitra comme un nez au milieu de la figure ! Pour l’instant nous sommes seulement  à mi-chemin de la gigantesque entreprise de désindustrialisation  initiée dans les années 1950  aux Etats-Unis pour favoriser les grandes entreprises américaines, et dont le flambeau a été  depuis repris par toutes les sociétés multinationales de la planète ! Pendant ces 30 dernières années, la France a perdu 3 millions d’emplois industriels, l’une des principales raisons de la crise de notre dette souveraine ! Si un protectionnisme douanier  ne se met pas en place d’une façon urgente, les choses vont encore aller en s’accélérant ! L’ oligarchie mondiale  managériale , actionnariale et financière a des intérêts  en  totale contradiction et en opposition frontale  avec le désir des peuples européens de garder leur « savoir faire » et leur emploi !

 

L’usine géante  Renault de Melloussa au Maroc

 

Alors que la production automobile  de Renault recule dans l’hexagone, l’usine géante de Melloussa au Maroc dans la zone franche du port de Tanger , avec une capacité de 340 000 véhicules par an,  commence à produire des voitures « low-cost » sous la marque Dacia . Le site a pour vocation d’exporter à 85% vers le Vieux Continent. Cette usine marocaine vient s’ajouter au site roumain de Pitesti qui produit  813 000 voitures par an. Renault et les équipementiers de la région de Tanger pourraient créer 40 000 emplois ! Le salaire net mensuel d’un ouvrier marocain est de 250 euros par mois, contre 446 euros par mois en Roumanie. Le coût salarial horaire d’un ouvrier dans les usines Renault est de  30 euros /heure en France, 8 euros par heure en Turquie, 6 euros par heure en Roumanie et ô surprise 4,5 euros par heure au Maroc, à deux jours de bateau des côtes françaises, Algésiras en Espagne étant seulement à 14km ! C’est la raison pour laquelle le monospace « Lodgy 5 ou 7 places » (10 000 euros)  fabriqué à Melloussa sera deux fois moins cher que le  Renault Grand Scenic  (24 300 euros) assemblé à Douai. Il ne fait donc aucun doute qu’à terme , suite au rapport qualité/ prix et en faisant abstraction de quelques gadgets Marketing et des dénégations du Groupe Renault,  les consommateurs  français , s’ils ne sont pas trop bêtes,  achèteront des  Lodgy  fabriquées au Maroc en lieu et place des Grand Scenic fabriquées à Douai ! Bref, une délocalisation élégante supplémentaire avec  les miracles et les mensonges de la Pub et du  Marketing comme paravent !

Alors que faire ? Qui incriminer ? Certainement pas  Carlos Ghosn  et  les dirigeants de Renault qui font parfaitement leur travail  avec les règles du jeu actuel , car ils  rendent compte à leurs actionnaires et  doivent affronter une concurrence terrible, la survie du Groupe  Renault  étant même en jeu s’ils ne délocalisent pas ! Non, les responsables, ce sont nous les citoyens , nous  les électeurs, qui acceptons cette règle économique du jeu ;les  principaux  coupables, ce sont nos hommes politiques incapables , gestionnaires à la petite semaine avec un mandat de 5 ans, subissant les pressions du MEDEF et des médias à la solde  des entreprises multinationales l  Les dirigeants d’entreprise et les clubs de réflexion qui mentent comme ils respirent, le MEDEF, tout comme le lobby des affaires à Washington et à Bruxelles, voilà ceux qui sont à l’origine du mal et nous injectent délibérément  car conforme à leurs intérêts  financiers, le virus, le venin destructeur  malfaisant du libre échangisme mondialiste dans nos veines ! Le mondialisme  doit laisser sa place d’une façon urgente  à un libre échangisme strictement européen ! Les  hommes politiques des démocraties occidentales  ne sont pas des hommes d’Etat, mais des gagneurs d’élection  et ne voient pas plus loin que le bout de leur nez ; ils ne s’intéressent en aucune façon aux intérêts  économiques à long terme de la France et de l’Europe ! Ils attendent tout simplement la catastrophe  du chômage structurel inacceptable  et la révolte  des citoyens pour réagir, comme cela a été le cas en Argentine et comme c’est le cas actuellement avec la crise des dettes souveraines.

 

Les idées de la préférence communautaire et du Prix Nobel   Maurice Allais triompheront

 

Les  idées  de Maurice Allais triompheront car elles sont justes et correspondent aux tristes réalités que nous vivons ! On ne peut pas arrêter une idée lorsqu’elle est juste ! L’idéologie économique libre échangiste mondialiste  s’écroulera  totalement devant les réalités du chômage, comme le Mur de Berlin  en raison de l’inefficacité du système soviétique, comme l’idéologie droit de l’hommiste devant les réalités néfastes   de l’immigration extra-européenne avec  à  terme les perspectives d’une  guerre civile ! IL est clair qu’il faut changer le Système , non pas en attendant la disparition totale de notre industrie, mais dès maintenant en mettant en place tout simplement  des  droits  de douane au niveau européen! Même l’Allemagne ne réussira pas à terme à s’en sortir avec le libre échange mondialiste. Elle résiste encore aujourd’hui car elle  n’a pas fait les mêmes bêtises que les autres pays européens, mais à terme elle sera également  laminée par la montée en puissance de l’éducation  et le trop  bas coût de la main d’œuvre dans les  pays émergents. Aux Européens  de savoir préserver  les débouchés de leur marché  domestique suffisamment grand pour assurer un minimum d’économies d’échelle! La «  théorie des débouchés »  va très vite revenir à l’ordre du jour !

La vieille théorie des « avantages comparatifs »de Ricardo  n’a plus grand-chose à voir avec la réalité. Pour la première fois dans l’histoire du monde, des Etats (la Chine, l’Inde et le Brésil) vont en effet posséder une population immense ainsi qu’une recherche et une technologie excellentes. L’égalisation par le haut des salaires, selon la théorie  de Ricardo, n’ira nullement de soi du fait de « l’armée de réserve » rien qu’en Chine  de  750  millions de  ruraux, soit 58% de l’ensemble de la population, capables de mettre toute l’Europe et les Etats-Unis au chômage.  300 millions d’exclus vivent, selon la Banque asiatique du développement, dans l’Empire du milieu, avec moins d’un euro par jour. La Chine ne se classe qu’au 110e rang mondial du PIB par habitant. Ce ne  sont pas quelques succès épars européens  mis en avant par les médias, suite à des effets de mode ou de luxe, qui doivent nous faire oublier le tsunami du déclin des industries traditionnelles en Europe (quasi disparition des groupes Boussac, DMC et de l’industrie textile dans le Nord de la France, de l’industrie de la chaussure à Romans, de l’industrie navale, des espadrilles basques...). Les pays émergents  produiront inéluctablement de plus en plus, à bas coût,  des biens et des services aussi performants qu’en Europe ou aux Etats-Unis. Les délocalisations deviennent  donc  structurelles et non plus  marginales !

L’épouvantail contre le protectionnisme mis en avant par les lobbys du MEDEF et des multinationales comme quoi  25% des Français  travaillent pour l’exportation est un mensonge d’Etat parfaitement mis en avant par Gilles Ardinat d’une façon  indiscutable  dans le dernier  «  Monde Diplomatique ». Les multinationales,  le MEDEF confondent délibérément valeur ajoutée et chiffre d’affaires des produits exportés, ce qu’il fait qu’ils arrivent  au ratio fallacieux de 25%. La Vérité est qu’un salarié français sur 14 seulement vit pour l’exportation en France ! (1)

 Dans un système de préférence communautaire, l’Europe produirait davantage  de biens industriels et ce que perdraient les consommateurs européens  dans un premier temps  en achetant plus cher  les produits  anciennement  « made in China » , serait plus que compensé par les valeurs ajoutées industrielles supplémentaires créées en Europe . Ces dernières  augmenteraient le PIB et  le pouvoir d’achat, tout en créant des emplois stables et moins précaires, système que la CEE a  connu et qui fonctionnait très bien.  Alors, au lieu de s’en tenir au diktat idéologique de Bruxelles et au terrorisme intellectuel anglo-saxon  du libre échange, remettons en place le système de la préférence communautaire !

 

Les investissements occidentaux  et les délocalisations

 

Il importe  de faire la distinction entre marché domestique européen  intérieur et marché d’exportation. Ce qu’il faut, c’est, grâce à une politique douanière de préférence communautaire fermer l’accès aux pays émergents qui détruisent les emplois européens  pour des produits consommés sur le marché intérieur européen.

 Il n’est pas réaliste  d’accepter le dogme stupide que délocaliser  la production physique d’un bien  ne représente qu’une infime partie de sa valeur, même s’il est inéluctable que le poids relatif de l’Occident continue à décliner au profit de l’Asie. Intégristes du tout marché et théoriciens d’un libéralisme de laboratoire se délectent du déclin de la France et des Etats-Nations ; complices ou naïfs, ces inconscients nous emmènent à la guerre économique comme les officiers tsaristes poussaient à la bataille de Tannenberg des moujiks armés de bâtons. Les Européens ne peuvent se contenter d’une économie composée essentiellement de services. La seule façon de s’en sortir  pour tous les pays européens, et plus particulièrement la France, est de réduire d’une façon drastique le nombre des fonctionnaires et les dépenses publiques,  diminuer la pression fiscale sur les entreprises et les particuliers, mettre en place une politique industrielle inexistante à l’échelle de l’Europe, développer la recherche et l’innovation, encourager  le développement des jeunes pousses, favoriser le développement des entreprises moyennes, et enfin  restaurer la préférence communautaire avec des droits de douane plus élevés ou des quotas afin de compenser les bas salaires des pays émergents !

 

Le problème de fond du déficit commercial  de la France n’est pas lié au taux de change de l’euro, mais au coût du travail. Le coût horaire moyen de la main d’œuvre dans l’industrie manufacturière est de l’ordre de vingt dollars en Occident contre 1 dollar en Chine ! Un ouvrier en Chine travaille quatorze heures par jour, sept jours sur sept. 800 millions de paysans chinois dont deux cents millions de ruraux errants forment une réserve de main d’œuvre inépuisable capable de mettre les Etats-Unis et  toute l’Europe au chômage, nonobstant la main d’œuvre tout aussi nombreuse d’autres pays émergents !

Attirés par les bas salaires, les investissements étrangers en Chine  s’élèvent à plus de 100 milliards de dollars par an, soit davantage qu’aux Etats-Unis. Le fait que les exportations chinoises soient réalisées à 65% par des entreprises détenues totalement ou partiellement par des Occidentaux n’est qu’un argument de plus pour nous endormir et une étape intermédiaire dans le déclin programmé du continent paneuropéen et de l’Occident. Les seuls investissements justifiés géopolitiquement  sont les implantations  pour s’intéresser au marché  domestique chinois, des autres pays d’Asie et de tous les  pays émergents. Ce qu’il faut bien évidemment combattre, ce sont avant tout les investissements européens en Chine ou ailleurs  pour alimenter le marché européen qui  sont suicidaires  mais justifiés pour les chefs d’entreprise,  tant que les Européens et la Commission de Bruxelles  n’auront pas rétabli la préférence communautaire et des droits de douane afin de compenser les bas coûts de main d’œuvre chinois, source première  du chômage et de la précarité en Europe. 

 

Conclusion

 

Il ne faut pas acheter français, ce qui ne veut plus rien dire, mais acheter « fabriqué en France »  en se méfiant des noms francisés et des   petits malins avec des usines tournevis  ou d’assemblage dont toute la valeur ajoutée industrielle viendrait en fait des pays émergents ! Seule une politique de droits de douane défendra l’emploi du travailleur européen et  combattra efficacement  d’une façon implacable le recours démesuré  aux  sous-traitants  étrangers ! Tout cela est si simple, si clair, si évident qu’il nous manque qu’une  seule chose, comme d’habitude, dans notre société décadente : le courage ! Le courage de  changer le Système, le courage de combattre les lobbys des entreprises multinationales avec les clubs de réflexion à leur botte, le courage de mettre en place une protection tarifaire , mais  sans tomber  pour autant dans le Scylla  du refus  de l’effort, de l’innovation, du dépassement de soi,  du refus de s’ouvrir au monde et de tenter d’exporter autant que possible, le Scylla de l’inefficacité  et des rêveries socialistes utopiques   qui refusent  la concurrence et l’efficacité  intra-communautaire. L’introduction de la  TVA sociale est une excellente décision, mais elle est totalement incapable de compenser les bas salaires de l’usine  marocaine Renault  de Mélissa et ne vaut que pour améliorer la compétitivité de la Maison France par rapport aux autres pays européens !

 

 

(1)Gilles Ardinat-Chiffres tronqués pour idée interdite » p12-Le Monde Diplomatique -Janvier 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 14:39

                       La fallacieuse théorie du libre échange et la diabolisation du protectionnisme*

 

*par Marc Rousset, auteur de la Nouvelle Europe Paris Berlin Moscou , Godefroy de Bouillon, 538p, 2009

 

 

Le modèle de la théorie des coûts comparés de Ricardo, décrit en 1817, dans son ouvrage  « On the principles of Political Economy » repose sur une hypothèse essentielle, à savoir que la structure des coûts comparatifs dans les divers pays reste invariable au cours du temps. Or, il n’en est ainsi que dans le cas des ressources naturelles. Ainsi,  par rapport à l’Europe occidentale, les pays producteurs de pétrole disposent d’un avantage comparatif qui restera le même dans un avenir prévisible. De même, les produits tropicaux ont un avantage comparatif qui ne saurait disparaître.

 

Par contre, dans le domaine industriel, aucun avantage comparatif ne saurait être considéré comme permanent. Chaque pays aspire légitimement à rendre ses industries plus efficaces, et il est souhaitable qu’il puisse y réussir. Il résulte de là que l’arrêt  de certaines activités dans un pays développé, en raison des désavantages relatifs d’aujourd’hui, pourra se révéler demain complètement stupide, dès lors que ces désavantages relatifs disparaîtront. Il faudrait alors rétablir ces industries, mais entre-temps on aura perdu le savoir-faire.

 

La théorie de Ricardo ne vaut que dans un monde stable et figé. Elle n’est pas valable dans un monde dynamique, où les fonctions de production et les salaires évoluent au cours du temps, où les capitaux peuvent se déplacer librement et où les industries peuvent être délocalisées.

 

Selon la théorie de Ricardo, le libre échange n’est justifié que si les taux de change correspondent à l’équilibre des balances commerciales. Or, c’est l’importance des flux financiers spéculatifs et des mouvements de capitaux qui expliquent l’extraordinaire instabilité des cours du dollar, du yen ou de l’euro. La prétendue régulation par les taux de change flottants des balances commerciales n’a donc aucune signification aujourd’hui.

 

De tous les dogmes économiques, le libre-échange est celui sur lequel les néo-libéraux sont le plus intraitables. Formulé il y a presque deux siècles dans le contexte théorique de l’immobilité des facteurs de production (capital et travail) et de la division internationale du travail, il est toujours présenté comme le nec plus ultra de la modernité, et comme la recette du développement et de la croissance. Ses hérauts ont réussi le tour de force de le pérenniser dans un contexte exactement contraire à celui de sa conception : aujourd’hui, le capital ne connaît plus aucune entrave à sa circulation internationale, et la main d’œuvre devient, elle aussi, de plus en plus mobile. Quant à la division internationale du travail, elle appartient au passé, avec la multiplication des entreprises mettant en œuvre des technologies de pointe dans les pays à bas salaires. L’économie mondiale est devenue un bateau ivre, sans gouvernail.

 

Voilà qui devrait disqualifier intellectuellement le libre-échangisme. Il n’en est rien. Il constitue, bien au contraire, le soubassement même de l’Union européenne, qui fait de la libre circulation des capitaux, des biens et des services trois de ses « libertés fondamentales », la quatrième étant celle de la circulation des personnes.

 

Il est assez cocasse de remarquer que les Américains eux-mêmes, en la personne de Paul Volcker, ancien Président de « la Federal Reserve Bank », dans un livre commun avec Toyoo Gyothen, ancien Ministre des Finances au Japon, ont reconnu que la théorie des avantages comparatifs perdait toute signification lorsque les taux de change pouvaient varier de 50% ou même davantage (1). Une forte dévaluation du dollar de 20% ou plus qui   équivaut à une barrière douanière protectrice pour les pays qui appartiennent à la zone dollar est un énorme coup de canif aux principes du libre échange..

 

Friedrich List, en 1840, expliqua qu’il fallait protéger les industries naissantes en Allemagne face à la concurrence sans merci des pays industriels les plus avancés. : « Toute nation qui, par des tarifs douaniers protecteurs et des restrictions sur la navigation, a élevé sa puissance manufacturière et navale à un degré de développement tel qu’aucune autre nation n’est en mesure de soutenir une concurrence libre avec elle ne peut rien faire de plus judicieux que de larguer ces échelles qui ont fait sa grandeur, de prêcher aux autres nations les bénéfices du libre échange, et de déclarer sur le ton d’un pénitent qu’elle s’était jusqu’alors fourvoyée dans les chemins de l’erreur et qu’elle a maintenant , pour la première fois réussi à dénouer la vérité ».

 Paul Bairoch, Professeur à l’Université de Genève, a également  montré que la croissance économique dans la période 1870-1940, fut largement liée au protectionnisme. Paul Bairoch a publié, en 1994, une étude sur les Mythes et Paradoxes de l’histoire  économique(2) .  Il écrit : «  On aurait du mal à trouver des exemples de faits en contradiction plus flagrante avec la théorie dominante qui veut que le protectionnisme ait un impact négatif, tout au moins dans l’histoire économique du XIXe siècle. Le protectionnisme a toujours coïncidé dans le temps avec l’industrialisation et le développement économique, s’il n’en est pas à l’origine.  Bairoch montre notamment que le protectionnisme ne fut pas la cause, mais bien la conséquence du krach de Wall Street en octobre 1929.  A partir de séries statistiques s’étalant de 1800 à 1990, il explique que le monde développé du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle, à l’exception de quelques brèves périodes, tira son expansion économique de politiques très majoritairement protectionnistes, mais que, en revanche, il imposa le libéralisme aux pays qui allaient devenir le tiers monde, à l’Inde en particulier. Ni le Royaume-Uni, ni la France, ni la Corée, ni le Japon, ni la Prusse n’ont acquis leur puissance  industrielle en respectant la « loi » des avantages comparatifs de David Ricardo.   

 

 Cette approche  a même  donné naissance au « paradoxe de la croissance dopée par les droits de douane » (tariff-growth paradox). Il est en effet établi, pour le XIXe siècle  comme pour une bonne partie du XXe siècle, que la croissance est en relation inverse avec le degré d’ouverture du commerce international (3).

 

Les « nouveaux pays industrialisés «  d’Asie démontrent également l’importance du protectionnisme. Une étude, publiée par l’université Harvard, souligne qu’il peut, tout autant que le libre-échange, générer une forte croissance économique (4) .  Ainsi, alors que le discours dominant du journalisme économique proclame depuis deux décennies que le protectionnisme est le mal absolu, les travaux scientifiques les plus récents aboutissent à un résultat inverse. Il y a donc discordance entre les discours économiques médiatiques et le discours scientifique.

 

Par ailleurs la libéralisation des échanges est loin de produire les gains espérés (5). Elle engendre des coûts qui ne sont pas pris en compte dans les modèles utilisés par les organisations internationales. Son bilan économique, hors même tout jugement social, est bien plus sombre qu’on ne l’affirme.  Les droits de douane par exemple  contribuent à défendre l’environnement en diminuant les quantités de CO2 engendrées par les périples de la mondialisation. Avant de venir garnir les linéaires des grandes surfaces en Ecosse, les crevettes « pêchées  in Scotland » de la société Young’s Sea Food  effectuent 27000 km Aller Retour avec le Bengla Desh pour être simplement décortiquées dans ce pays à bas coût de main d’œuvre ! (6)

 

 

Si l’on regarde l’histoire économique des Etats-Unis, depuis leur création, il n’y a pas eu de nation plus protectionniste que les Etats-Unis ! On a dit d’Alexander Hamilton, dès la création des Etats-Unis, qu’il était un autre Colbert. La guerre  de sécession opposait le Nord industriel protectionniste au Sud agricole libre-échangiste (7).  Le paroxysme du  protectionnisme fut atteint  en 1930 avec la loi Smoot-Hawley qui imposait des droits de douane record aux importations. De  leur origine jusqu’aux années 1930, les Etats-Unis pratiquèrent donc  un protectionnisme virulent avec des tarifs douaniers de l’ordre de 50% ;  c’est avec cette stratégie qu’ils connurent le taux de croissance le plus élevé du monde et  accédèrent au leadership mondial.

 

 Ce n’est que depuis 1945, sous la pression des Etats-Unis  y trouvant leur intérêt, qu’une véritable pensée unique s’est mise en place : seul  le libre échange absolu serait conforme à la rationalité économique. Toute autre analyse relève d’une pensée  pré-scientifique  et ne peut que susciter la commisération des gens compétents (8). Par ailleurs le pays qui s’est fait le soudain  héraut du libre-échange le bafoue sans vergogne s’il n’y trouve plus  avantage. Il y a fort à parier, avec une balance commerciale déjà  déficitaire en 2006 de 763 milliards de dollars dont 232 milliards de dollars avec la Chine, que  les mesures protectionnistes du Congrès américain vis-à-vis des importations chinoises vont se multiplier et prendre de plus en plus d’ampleur, malgré les digues de l’OMC.

 

Les Européens, en tant que consommateurs, peuvent acheter des produits de Chine ou d’Inde  meilleur marché. Mais pour ces consommateurs, la contrepartie réelle de ces importations à bas prix est finalement la perte et  la précarité de leur emploi ou la baisse de leurs salaires, ainsi que  des prélèvements accrus  pour couvrir le coût social du chômage. Les importations de biens de consommation en Europe augmentent d’une façon structurelle plus vite que les productions nationales menant le plus souvent à leur disparition.

 

 Emmanuel Todd a donc entièrement  raison lorsqu’il a pu dire en décembre 2006 : « Je suis arrivé à la conclusion, il y a quelques années, que le protectionnisme était la seule conception possible et, dans un second temps, que la seule bonne échelle d’application du protectionnisme était l’Europe ». Mais là encore les médias et les moutons de panurge européens attendent que les Etats-Unis virent de bord à nouveau vers le protectionnisme, pour avoir enfin bonne conscience, voir les réalités en face et proclamer  avec force leurs  nouvelles certitudes d’une  préférence communautaire  qu’ils n’osent même pas évoquer à l’heure actuelle ! La forteresse Europe ne semble pouvoir être construite qu à la remorque de  « Fortress USA » .  Ulysses Grant, Président des Etats-Unis de 1868 à 1876,  a pu dire, avec un grand sentiment prémonitoire : « Pendant des siècles, l’Angleterre s’est appuyée sur la protection, l’a pratiquée jusqu’à ses plus extrêmes limites, et en a obtenu des résultats satisfaisants. Après deux siècles, elle a jugé commode d’adopter le libre échange, car elle pense que la protection n’a plus rien à lui offrir. Eh bien, Messieurs, la connaissance que j’ai de notre pays me conduit à penser que dans moins de deux cent ans, lorsque l’Amérique aura tiré de la protection  tout ce qu’elle a à offrir, elle adoptera le libre échange ».

 

 Alors que cela est inexact, un très grand nombre d’Européens, crétinisés par les lieux communs  médiatiques, établissent très souvent  la comparaison avec  la  ligne Maginot, croyant ainsi mettre brillamment et  très rapidement  un terme aux discussions  avec  leur interlocuteur, essayant de lui faire comprendre que la messe est dite ! Or, à la réflexion , la  ligne Maginot en mai  1940 a parfaitement joué  son rôle, car la seule véritable  erreur a été de  faire sur le plan militaire  le même pêché de naïveté qu’aujourd’hui sur le plan économique, à savoir  de respecter la neutralité de la Belgique, tout comme  l’on respecte aujourd’hui les bobards libre-échangistes, et de ne pas en achever la construction jusqu’à Dunkerque, dont l’équivalent économique actuel serait  le rétablissement de la préférence communautaire ! L’Allemagne avait  aussi sa ligne Maginot, la ligne Siegfried, qui a parfaitement joué son rôle fin 1944- début 1945 !

 

       1) Paul Volcker et Toyoo Gyohten - Changing Fortunes- NY, Random House-1992-p293

       2) Paul Bairoch- Mythes et Paradoxes de l’histoire économique- Editions La découverte,

             1994, p.80

      3) Kevin H. O’Rourke-« Tariffs and growth in the late 19th century- Economic Journal,

             vol.110, n°3, Londres, avril 2000

      4) Michael  A. Clemens et Jeffrey G. Williamson-A tariff-growth paradox ? Protection’s

             impact in the world around 1875-1997- Center for International Development -

             Université Harvard- Cambridge-Mass-août 2001

      5) Franck Ackerman- The shrinking gains from trade : a critical assessment of Doha

             round projections- Global Development and Environment Institute- document de

             travail n° 05-01, Université Tufts-Medford (Mass)- octobre 2005

      6) Thierry Fabre - L’incroyable parcours des produits « made in monde »- Capital - Mars

             2007, pp 76-79

      7) André Philip - Histoire des  faits économiques et sociaux- Aubier-1963- pp 142-146

      8) Marc Rousset - Les Euroricains- Chapitre XX - Non au libre échange mondialiste-

            Godefroy de Bouillon -2001- pp186-199

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 14:36

             La destruction des classes moyennes en France, en Europe et aux Etats-Unis

 

 

Selon Marc Rousset, économiste, écrivain, auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »

 

 

 

En Europe, la destruction, mais  dans les pays émergents, la montée des classes moyennes, voilà où nous conduisent le libre échange mondialiste, les sociétés multinationales qui, à l’exemple de Renault, délocalisent, ainsi que les stock options des dirigeants embarqués dans un capitalisme au service  exclusif des actionnaires, n’en déplaise à Madame Laurence Parisot , Présidente du Medef. Seul le retour au capitalisme rhénan  et à la préférence communautaire , avec des droits de douane sonnants et trébuchants , peut  endiguer la catastrophe économique  et sociale en cours !

Un symbole éloquent est fourni par  l’entreprise américaine Apple. Ses produits sont conçus en Californie et assemblés en Chine par Foxconn.  Apple , la deuxième plus grosse capitalisation mondiale après Exxon, que tous les bien pensants  portent aux nues, fait travailler à peine une cinquantaine de milliers de salariés, chercheurs et cadres.  Foxconn  que  personne connaît fait travailler un million de salariés en Chine dans des emplois industriels ! Le Prix Nobel d’économie Michael Spence constate que de 1990 à 2008, 98% des 27 millions d’emplois créés aux Etats-UnIs l’ont été pour des secteurs travaillant exclusivement pour le marché intérieur américain, dont dix millions pour les agences gouvernementales et la santé. En revanche, les industries dont les produits sont exportables  n’ont pas accru leurs emplois sauf dans les métiers très hautement qualifiés. Le grand perdant est donc la classe moyenne employée dans l’industrie .Quant au professeur Alan Blinder,  ancien numéro deux de la Fed, il estime que 25% de tous les emplois aux Etats-Unis sont potentiellement « délocalisables »(1)

 

IL est cocasse de constater pendant  le même temps  et dans le même quotidien, l’émerveillement du brillantissime  footballeur Edson  Arantes do  Nascimento  Pelé. L’Ambassadeur  du Brésil pour la Coupe du monde de 2014 s’émerveille au contraire de l’apparition et de la montée des classes moyennes dans son pays : « Notre économie actuellement la 7ème du monde est diversifiée, innovante et elle allie croissance, stabilité, durabilité et inclusion sociale. Ces dix dernières  années ,plus de 40 millions de personnes ont rejoint la classe moyenne, enfin majoritaire dans le pays. »(2)

 

. Avec l’expansion des échanges et la diffusion rapide des technologies vers les pays en développement, les employés européens sont confrontés à une concurrence croissante par delà les frontières. La Chine, l’Inde et les pays émergents dans une économie mondiale libéralisée et déréglementée provoquent plus qu’un doublement de l’offre de travail globale et un excès structurel de main d’œuvre permettant de faire porter sur les  salariés  l’ajustement aux nouvelles conditions de concurrence.  Le fossé se creuse entre ceux qui sont à l’aise dans la mondialisation et le reste de la population, qui craint la précarité, la vulnérabilité, le déclassement social et se recroqueville sur ses avantages acquis.

 

Les classes moyennes tremblent  en France pour leurs enfants, dont beaucoup obtiennent au mieux, des fonctions inférieures à des  diplômes, il est vrai, de plus en plus dévalorisés et inadaptés, et n’auront d’autre ressource que de brûler le patrimoine reçu en héritage (3). 80% des emplois nouveaux créés en France relèvent de l’intérim, de CDD (sept embauches sur dix), de stage, de travail à temps partiel et il arrive sur certains sites de l’industrie automobile que les effectifs soient à plus de 50% intérimaires.  La moitié des salariés - dont 52% des cadres et 73% des plus de 50 ans- estiment qu’il leur serait « difficile de retrouver un emploi au moins équivalent » en cas de perte de celui qu’ils occupent actuellement  (4). La fameuse «  France d’en bas » est la conséquence directe de l’absence  de véritables  frontières  douanières européennes.

 

Ce qui est vrai pour la France et les Etats-Unis se vérifie aussi en Allemagne  où selon une étude de Joachim Frick et Markus Grabka, chercheurs à l’Institut pour la recherche en économie (DIW) de Berlin, la classe moyenne, le « milieu », voit son importance décroître. En 2000, elle représentait encore plus de 62% de la population allemande ; en 2006, cette catégorie, autrement dit les Allemands qui gagnent entre 70% et 150% du revenu médian, était tombée à 54%. Aujourd’hui en haut de l’échelle en Allemagne, les richesses issues du capital ne cessent d’augmenter. Selon Joachim Frick, « la répartition des revenus est plus inégale et plus polarisée qu’avant » ; la confiance et l’optimisme des classes moyennes s’érodent en raison de la précarisation du travail; il est de plus en plus rare de disposer d’un emploi à temps plein et les salaires ne suffisent plus. Selon un quotidien économique en 2008, « l’Allemagne se découvre, 22% de travailleurs pauvres ».  Albrecht von Kalnein, Directeur de la fondation Herbert Quandt, explique ces changements par l’ouverture de la Chine, la mondialisation et  la  délocalisation des services et des emplois industriels. L’offre mondialisée exerce «  une pression sur les salaires en Allemagne » explique Albrecht von Kalnein.

 

Les emplois délocalisés sont en général des emplois ouvriers stables, porteurs de technologie, d’investissements, favorisant d’autres emplois  et services grâce au pouvoir d’achat initialement créé par les  salaires de l’industrie, ce  qui est la base même d’une économie saine. La qualité des emplois se dégrade et les Européens s’abrutissent de plus en plus à des tâches instables, peu gratifiantes et routinières ; au-delà du problème du chômage stricto sensu se pose le problème de la dégradation continuelle et structurelle de la qualité de l’emploi. Les emplois créés pour pousser les vieillards dans leurs petites chaises roulantes, pour faire les courses des personnes malades, pour faire le ménage  ou pour jardiner  sont un exemple  d’emploi de services bas de gamme d’intérêt limité, sans avenir ni  contenu technologique, des quasi  transferts de revenu qui portent en fait  le nom d’emplois pour des pays décadents en voie de désindustrialisation rapide. Dans les statistiques officielles, ces emplois strictement alimentaires contribuent  à  la croissance d’un  PIB qui est en fait  de plus en plus désindustrialisé ainsi qu’à la poudre aux yeux médiatique de  la lutte victorieuse des gouvernements contre le chômage. Ce qui caractérisait  les pays sous développés et les économies de l’Ancien Régime, c’est  le nombre  incalculable de domestiques que faisaient vivre les nobles dans leurs châteaux et les classes  privilégiées dans leurs belles demeures !

 

  Bien que sa politique ait  conduit les Etats-Unis  et le monde à une situation économique catastrophique, Alan Greenspan prétend que (5) : « L’industrie manufacturière, c’est la technologie du XIXe siècle ! (…) L’industrie manufacturière, ce n’est pas un secteur d’avenir. L’avenir est dans les idées qui servent à concevoir les produits. (…). Il n’y a rien de sacro-saint qui justifie la préservation de l’industrie manufacturière au sens traditionnel du terme. Un pays qui défend son industrie manufacturière d’antan se condamne à voir son niveau de vie stagner ».Nous aimerions savoir comment l’ancien gouverneur de la Réserve fédérale américaine entend trouver du travail à 300 millions d’Américains passant  leur temps à concevoir des produits ! Dans les années 1950, l’industrie manufacturière représentait 27% de l’économie et 30% des emplois aux Etats-Unis ; aujourd’hui elle ne représente plus que 12% du PIB et un emploi sur dix. Le développement foudroyant de la Chine (70% de son PIB  dans l’industrie) est  là pour montrer que ce qu’affirme Alan  Greenspan   est complètement inexact !

 Il est vital pour l’Europe de ne pas rester à l’écart du monde industriel moderne, de concevoir un développement industriel fort, créateur d’emplois pour la prochaine génération, d’assurer un renouvellement de son tissu manufacturier.  Il importe de reconquérir avec des droits de douane et la préférence communautaire les 3 millions d’emplois industriels perdus en France  pendant 30 ans par la classe moyenne, au profit de celle de la Chine et des pays émergents.

 

 

                                                                                                   M.Rousset

 

 

         1)Jean Pierre Robin-Le Figaro -26 septembre 2011-Libres échanges- p29

         2)Coupe du Monde :Une Chance pour le Brésil- Le Figaro du 26 septembre 2011

         3)Louis Chauvel - Les Classes moyennes à la dérive, Seuil, 2006, 112 p

         4)Observatoire du travail BVA - L’Express, 14-29 septembre 2007

         5)Les Conseils d’Alan Greenspan à la France- Le Figaro du 24 septembre 2007

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 14:35

                                   Interview     Marc Rousset*

 

 

*Auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou-Editions Godefroy de bouillon – 538p -2009

 

 

1)Quels sont les plus grands dangers qui menacent l’Europe ?

 

Le plus grand danger qui menace l’Europe, c’est elle même , minée par l’idéologie  utopiste droit  de l’hommiste ! Cette idéologie est très belle sur le papier, mais elle ne résiste pas à la réflexion comme l’ont montré de nombreux auteurs dont Alain de Benoist ; elle est   devenue la  nouvelle religion non transcendante des démocraties occidentales  oublieuses des droits identitaires, holistes des citoyens . Elle nous mène à la catastrophe migratoire extra-européenne , la France et l’Angleterre étant les deux pays les plus menacés, alors que l’Europe devrait prendre au contraire la Suisse come modèle de survie. La contrepartie de l’arrêt de l’immigration extra-européenne  doit être la relance d’une politique nataliste européenne blanche ! Je ne crois pas aux dangers de l’Islam en tant que tel, mais seulement  aux dangers de l’Islam apportés dans leurs valises  par les populations  extra-européennes musulmanes  immigrées .

Le pacifisme et l’utopisme européen nous conduisent à l’ « Irreal Politik »et à un effondrement qui sera analogue à celui de l’Empire romain. L’Europe doit avoir de nouveau une défense indépendante forte .Le péril, c’est donc de croire en l’OTAN  pour nous protéger !

Les hommes européens doivent à nouveau retrouver le sens du courage et de la virilité au lieu de se pomponner quotidiennement  comme les femmes  avec des produits cosmétiques. Les Européens succombent  en fait aux délices hédonistes décadents  de Capoue et du matérialisme consumériste

Les Européens enfin n’ont pas trouvé dans l’Europe un bouclier et un bras armé économique  pour  les défendre , mais bien au contraire un sas de décompression ,selon l’expression imagée de Régis Debray, vers la mondialisation et le libre échangisme destructeur , ce qui  conduit  à la ruine industrielle de l’Europe et des Etats-Unis . On peut dire grosso modo  et très schématiquement que si l’emploi industriel représentait  dans les années 1950  environ  30 % de l’emploi des pays industrialisés, il tend aujourd’hui vers les 10% ! Seule la préférence communautaire et des droits de douanes compensateurs ,  compte tenu des prix de la main d’œuvre chinoise, obligeront les entrepreneurs à relocaliser. Les responsables de la délocalisation, ce ne sont pas les entreprises, mais les citoyens imbéciles par leurs votes  et les politiques lâches qui se refusent à prendre les mesures évidentes de salut. Voilà vingt ans que des personnes de mon style, tout comme le Prix Nobel  Maurice Allais, hurlent contre la folie suicidaire   du libre échange mondialiste. Il faut que l’Europe fabrique à nouveau  des chaussures, des produits textiles, et tous les produits des différents secteurs industriels de façon à avoir des salariés cotisants  plutôt que des chômeurs achetant des produits de Chine à bas prix. N’oublions pas que la ligne Maginot a parfaitement joué son rôle contrairement à ce que racontent les médias  et que le seul tort a été de ne pas la prolonger jusqu’à la mer du Nord avec  le concept  gaullien des divisions blindées pour la défendre ! Les Allemands offensifs avaient eux aussi la ligne Siegfried qui , pour le grand malheur des Alliés, a très bien fonctionné  début 1945 !

Enfin, les Européens sont menacés par l’impérialisme de la langue anglo-américaine qui conduit à la disparition à terme de toutes les langues nationales. L’Europe multilingue  ne devrait t  en fait avoir le choix qu’entre trois langues communes de communication possibles : le français, le latin ou l’espéranto ! L’un des scandales de la France d’aujourd’hui, c’est que l’on peut présenter le provençal, mais pas l’espéranto au Baccalauréat !

 

2) Comment se prémunir contre ces dangers ?

 

Il faut tout d’abord être conscient que ce qui est en jeu, c’est la survie de la civilisation européenne. Cet axe de survie, il est Est-Ouest-Est non pas méditerranéen ou  Sud-Nord. !

Il y a des mesures très simples à prendre qu’un de Gaulle prendrait immédiatement s’il revenait au pouvoir , afin de sortir de cette chienlit  dans laquelle nous nous enfonçons un peu plus chaque jour ! La France est en décadence depuis 1968 en passant par  1981, le droit de l’hommisme , le libre échangisme, l’OTAN , la non défense de sa langue, les  valeurs matérialistes des Etats-Unis et la dénatalité européenne   (taux de fécondité de 1,7 seulement  n’assurant même pas le remplacement des Français européens contrairement aux cocoricos démographiques médiatiques  éhontés ) ; il ne faut pas croire que la France se redressera par miracle d’autant plus que la concurrence des autres nations émergentes s’accélère  la vitesse grand V !La France a besoin aujourd’hui  d’un nouveau de Gaulle !

 

IL faut donc rétablir la préférence communautaire sur le plan économique avec des droits de douane, mettre en place une défense européenne dont le quartier général serait à Strasbourg après avoir quitté l’OTAN, retrouver les valeurs traditionnelles de l’Europe en quittant si nécessaire l’UE, le Conseil de l’Europe ,  gagner la bataille  contre le terrorisme intellectuel des  droits de l’hommistes inconscients et des  soixante-huitards décadents en supprimant les lois Gayssot liberticides, développer le  volontarisme industriel , continuer à favoriser l’innovation, taxer d’une façon intelligente  les stock options dans les grandes entreprises plus particulièrement, limiter les salaires éhontés non justifiés des grands dirigeants  du CAC 40 qui ne prennent aucun risque, passer à une politique d’immigration zéro en favorisant la politique du retour pour les populations mal intégrées,  pratiquer une politique nataliste européenne ,poser le problème de la langue à Bruxelles en disant que c’est non pour l’anglo-américain, mais que nous sommes ouverts pour toutes les autres options linguistiques !

 

3) Comment pourrait s’articuler l’axe Paris-Berlin-Moscou que vous appelez de vos vœux ?

Quels en seraient les principes fondateurs ? Vous parlez aussi d’une « Europe carolingienne », comment la définiriez vous ?

 

La première idée, c’est celle de Lénine , un grand criminel  lui aussi ne l’oublions pas, bien qu’à une moindre grande échelle que Staline, mais qui a dit un jour quelque chose de très  juste : « on peut faire mieux avec moins » ! Eh oui, c’est en élargissant l’Europe et en supprimant la préférence communautaire qu’on l’a détruite, ce qu’ont très bien compris les Américains et les Anglais qui voudraient même pour couronner le tout  faire rentrer la Turquie, alors que l’on ne sait même pas quoi faire avec les Roms et les  immigrés qui nous coutent  rien qu’en France 36 milliards d’euros par an !

 

Donc garder l’UE comme une simple zone de libre échange  et créer une Europe carolingienne qui serait fondamentalement l’Europe des Six ! Pourraient se joindre sans problème  l’Espagne et l’, l’Autriche pour aboutir en fait à une Europe de l’Ouest continentale dont la capitale symbolique serait Strasbourg , symbole de la réconciliation franco-allemande et non plus Bruxelles ! Comme disait Victor Hugo, «  le Rhin doit nous unir au lieu de nous séparer ! »

 

Cette Europe aurait une volonté politique de puissance avec une armée intégrée franco-allemande comme premier noyau. La France ne devrait pas hésiter à apporter sa force nucléaire pour créer un pacte de sang irréversible sans arrière pensée avec l’Allemagne. Lorsque je pense à Paris-Berlin-Moscou, ce n’est pas  Paris, puis  Berlin et enfin  Moscou qui me viennent à l’esprit , mais  un ensemble Paris-Berlin  à l’Ouest sur le Rhin  qui se rapprocherait et coexisterait avec Moscou à l’Est sur la Moskova ! Ce serait aussi simple à réaliser que cela, un  rapprochement entre les  deux pôles décideurs de l’Est et de l’Ouest de la Grande Europe!

 

Le risque, si nous, Français,  ne nous rapprochons pas avec l’Allemagne, c’est de finir comme les cités grecques incapables de s’unir devant Rome ! Or aujourd’hui le danger, il vient non seulement  des Etats-Unis déclinants  et  de leur idéologie décadente (démocratie parlementaire, droits de l’homme, métissage, matérialisme, individualisme., consumérisme…), mais aussi des intégriste et terroristes musulmans, de la montée en puissance de la Chine, de l’Inde, du Brésil, de la pression migratoire de l’Afrique et de la Méditerranée qui ne sera jamais plus le «  Mare Nostrum »des Romains. Gardons aussi à l’esprit que le monde occidental industrialisé a perdu dores et déjà d’une façon irréversible  le  monopole  de la connaissance et de la technique.

 

Cette Europe continentale ouest- européenne , capitale Strasbourg, serait équidistante de Moscou et de Washington sur le plan politique et militaire . IL devrait y avoir une Alliance continentale  militaire avec la Russie qui serait mot pour mot l’Alliance atlantique renégociée sur une base égalitaire entre l’Europe  ouest continentale et les Etats-Unis  et   où l’on remplacerait le mot Etats-Unis par Russie. IL s’agirait donc de rester dans une Alliance atlantique, comme le souhaitait le général de Gaulle, tout en quittant l’OTAN qui disparaitrait et en signant un traité équivalent avec la Russie ! Ainsi pourrait se réaliser une esquisse d’une Grande Europe de Brest à Vladivostok de façon fort simple ! Cette Europe de l’Ouest continuerait à se rapprocher  économiquement  et militairement de la Russie (capitaux et savoir faire faire d’un côté, espace et matières premières dont l’énergie de l’autre)

Bien évidemment cette civilisation européenne serait humaniste , démocratique au sens de la Suisse, mais forte , puissante, virile , fière, et pas désireuse du tout de disparaitre de l’histoire  au nom d’une idéologie utopiste , irréaliste et décadente dans les faits ! IL s’agirait de laisser à la Russie la possibilité de trouver sa voie démocratique autoritaire propre, au lieu de lui casser les pieds et de la saouler  en voulant lui imposer le modèle occidental décadent. Une plus grande part de démocratie directe en Europe de l’Ouest  , comme on a pu le voir avec le refus de la Constitution européenne ou des minarets en Suisse me parait constituer  un excellent contre-feu  réaliste ,seul capable de contrer la propension des élites éclairées à la décadence.

 

4) Le tropisme atlantiste et le dogme du libre-échangisme intégral  de l’Union européenne ne sont ils pas les deux principaux freins à cette Europe dont vous rêvez ? Si oui, la France ne devrait elle pas en tirer les conséquences en sortant de l’UE pour refonder par la suite en compagnie d’autres partenaires une Europe basée sur des principes plus sains ?

 

Vous avez raison, et si nécessaire pour que les choses soient claires, il faudrait qu’un gouvernement de droite populiste autoritaire et identitaire  prenne comme première mesure, sans hésiter, la sortie de la France de l’UE et du Conseil de l’Europe !

Mais  connaissant trop bien l’Allemagne, germanophone et germanophile, je crains que le principal danger vienne en fait de l’Allemagne  orgueilleuse qui ne comprendrait ou se refuserait à comprendre le message gaullien cherchant à s’en sortir toute seule  pour l’instant, forte de son économie  industrielle exportatrice (mais pour combien de temps ?)et ne considérant pas  les Français avec leur économie déclinante, leur « Bömbchen » (petite bombe) comme le disent parfois les Allemands en se moquant à tort et souvent par jalousie  de la force nucléaire française .

A ce caractère allemand vient se greffer le risque géopolitique dont personne ne parle car c’est très mal vu ,politiquement incorrect , et donc surtout à garder pour soi sans ne jamais en parler  même si  cela va dans le sens  inéluctable de l’histoire, c’est  à dire un nouvel accord Russie-Allemagne du style Ribbentrop –Molotov en 1939 où l’Allemagne chercherait à récupérer ses territoires de l’Est et où la Russie reprendrait le contrôle de l’Ukraine , des Pays Baltes et de la Biélorussie, bref un nouveau partage de la Pologne pour appeler les choses par leur nom, et donc en fait  un axe Berlin-Moscou en guise de Paris-Berlin-Moscou. Pour moi, ce rapprochement Berlin-Moscou  dont personne ne parle, mais qui  a déjà commencé sur le plan économique,  rien ne l’arrêtera à  long terme sur le plan géopolitique, même si les esprits actuels seront outrés sont  peu préparés à ces propos  et se refuseront à n’y voir que mon désir de mettre en pratique la fameuse devise d’Auguste comte « Savoir pour prévoir et prévoir pour pouvoir »

C’est la raison pour laquelle je pense très important d’arrimer l’Allemagne à l’Ouest par la création de Françallemagne  dans un premier temps, afin que Paris soit déjà  dans le bateau du  prochain rapprochement politique  inéluctable à long terme entre  Berlin et Moscou. En ce sens seulement la création de l’euro était une très  bonne idée !

Donc  au-delà du  tropisme atlantiste et  libre échangiste, c’est beaucoup plus le tropisme germano-allemand et le succès économique allemand par   opposition à une France latine, socialiste, peu sérieuse, submergée par l’immigration, loin du gaullisme, beaucoup plus attirée par les 35 heures , la retraite à 60 ans et le Club  Méditerranée qui sont le véritable danger. Le seul moment où les Allemands ont véritablement  respecté et considéré la France comme un partenaire sérieux, c’est du temps du Général de Gaulle

Mais bien évidemment, il y aura aussi la levée de bouclier des Etats-Unis, de l’Angleterre, de la Pologne , des droits de l’hommistes, des utopistes,  des bien pensants, des inconscients pour faire obstacle à la seule bouée de sauvetage européenne,  à savoir le  rapprochement franco-germano-russe.. On n’est donc pas encore sorti de l’auberge.. mais pour moi les choses sont claires : l’axe Paris-Berlin-Moscou est la seule, unique voie pour éviter la décadence à l’Europe ; il n’y a pas d’alternative ! Ce qui me laisse espérer, ce sont les prophéties nietzschéennes de l’Europe au bord du gouffre, les exemples historiques  de l’unité allemande et de l’unité italienne.  Si cet axe Paris-Berlin-Moscou ne réalise pas, alors nos petits enfants connaitront les affres  calamiteuses et horribles de l’invasion démographique extra-européenne , de la décadence économique et militaire, de la guerrecivile,  bref une période tout à fait analogue à  la fin de l’Empire romain !

 

5) L’Europe a-t-elle besoin d’une monnaie unique, d’une monnaie commune ? ou ni l’une, ni l’autre ?

 

Il faut tout d’abord savoir de quelle Europe on parle !

On a mis la charrue avant les bœufs ! Alors qu’il y a trop de disparités économiques à l’intérieur de l’Europe , on s’est lancé  tête baissée dans la monnaie unique, n’écoutant pas les prédictions de Milton Friedmann

Le plus important pour moi, c’est l’Europe politique, culturelle et militaire avec le maximum de coopération économique entre les pays pour répondre aux défis des économies d’échelle propres au monde moderne ! On ne peut pas faire Ariane, Airbus, Galileo,…si l’on ne rassemble pas au minimum 150 Millions d’habitants !

D’où la nécessité au minimum d’une monnaie commune pour cette Europe carolingienne avec possibilité de remettre parfois les parités en cause , les Français n’étant pas un peuple très sérieux aujourd’hui et ressemblant davantage aux Brésiliens , pour reprendre le qualificatif du Général de Gaulle,  qu’aux Allemands !

Mais les choses étant ce qu’elles sont, je serais plutôt  favorable au maintien de la monnaie unique  entre la France et l’Allemagne, la bêtise ayant été déjà faite de ne pas s’en tenir dans un premier temps  à une monnaie commune ! Certes la France , si elle ne regagne pas en compétitivité, sera perdante par rapport à l’Allemagne, mais c’est le prix à payer pour ne pas connaitre le destin des cités grecques face à la menace romaine. C’est la raison pour laquelle je serais prêt aussi à mettre la force de frappe nucléaire dans la balance ! Pour se marier, il faut être deux et ne pas avoir des arrières pensées ; l’attitude  hypocrite de Mitterrand  lors de la réunification allemande était justifiée d’un point de vue franco-français ; elle ne l’était pas pour un destin commun carolingien européen.

Mais à terme, il est évident que  dans tous les cas une  monnaie  commune et de compte inter-étatique  aurait du  se transformer  en monnaie unique au sein des Etats pour marquer véritablement l’unité entre les peuples dans leur vie quotidienne et augmenter la crédibilité de cette monnaie en tant que monnaie de réserve pour d’autres pays , avec les avantages et les inconvénients que cela représente pour les pays émetteurs.

En ce qui concerne l’UE, elle doit être avant tout une zone de libre échange protectrice pour les pays européens, associée avec des pays tels que la Turquie , les pays méditerranéens et rien d’autre !Les tentatives  volontaristes économiques, militaires et  monétaires de l’Europe doivent être reprises seulement dans le cadre d’une Europe  plus petite avec des Etats souhaitant aboutir et  dont les économies sont comparables. L’UE est devenue en fait  un laboratoire expérimental de ce que ne doit pas être l’Europe !

 

6) Votre Europe s’inscrit- elle dans un projet d’intégration supranationale ou dans le cadre d’une coopération d’Etats-Nations

 

Je suis  gaulliste,  très  pragmatique, et même dans le cadre de cette Europe carolingienne , je souhaite avant tout une intense coopération  économique, technologique  et culturelle d’Etats-Nations dans un  premier temps.

La seule intégration que je souhaite, c’est pour les forces armées qui seront commandées dans leur langue nationale, mais qui devront pratiquer nécessairement une langue commune au niveau de l’Etat major , et cette langue, si l’on réfléchit bien ,ne peut être que le français ou l’espéranto, mais jamais, au grand jamais l’anglo-américain comme dans l’Eurocorps actuellement  !Cela ne voudra pas dire que dans un premier temps, le mal ayant été fait suite à la lâcheté de nos politiciens et hauts fonctionnaires,, que les militaires ne continueront pas à parler anglo-américain,, mais à terme, même si c’est dans 20 ou 30 ans, cette langue commune devra être le français ou l’espéranto, et cela devra être  écrit dans le marbre ! Je vous rappelle qu’aux Indes, c’est l’hindi, la langue de commandement dans l’armée nationale, pas l’anglais !

 

Et en fait, cette Europe carolingienne devrait être associée économiquement avec des Etats plus faibles tels que la Grèce ou la Bulgarie ! La grande erreur de l’Europe actuelle, c’est d’avoir confondu vitesse et précipitation ! On le voit bien avec le problème des Roms et de la corruption en Bulgarie par exemple ! Les peuples ont eu un pressentiment avec le syndrome du  plombier polonais, moins dangereux cependant, ne l’oublions jamais, que les immigrés extra-européens  porteurs de guerre civile ou  les salariés chinois qui eux tuent nos emplois !

 

7) Les autorités romaines et l’Eglise orthodoxe russe pourraient elles jouer un rôle dans ce rapprochement des « deux poumons européens »

 

C’est évident et c’est la seule véritable et  grande erreur d’Huntington dans son « Choc des Civilisations »  que d’avoir voulu opposer la religion catholique romaine à la religion orthodoxe ! N’oublions pas que ces deux religions étaient la même jusqu’au schisme de Byzance  en 1054 ! Sur le dogme, il n’y a pas de grosses différences entre les deux religions, beaucoup plus dans le rite. Par ailleurs, l’Eglise romaine considère le protestantisme comme une hérésie, pas comme un schisme, ce qui montre bien l’erreur d’Huntington, très objectif  dans son livre, sauf sur ces thèmes où il défend un point de vue qui ne favorise que les intérêts de l’Amérique : divide ut regnes !

La religion catholique romaine et la religion orthodoxe sont donc en fait les deux poumons chrétiens de l’Europe, et une fois que l’on a compris cela, si je peux dire, la messe est dite !

Par ailleurs un rapprochement entre les deux Eglises est souhaitable car la religion orthodoxe contribuerait à faire évoluer le catholicisme romain trop imprégné actuellement  de droit de l’hommisme, suite à l’ambiance décadente occidentale, dans  une meilleure et plus salutaire direction. Je vous rappelle que pour l’Eglise orthodoxe, je cite, « il existe des valeurs qui ne sont pas inférieures aux droits de l’homme, tels la foi, la morale, le sacré, et  la Patrie »

 

8)Comment peut-on rassurer certains pays de l’Orient européen, et plus particulièrement la Pologne, qui sont effrayés voire franchement hostiles à toute alliance germano-russe ?

 

Alors là, Cher Monsieur, vous êtes à l’os, vous touchez un point sensible, come d’ailleurs dans la plupart de vos intelligentes parfois politiquement incorrectes, mais très  pertinentes questions ! Je n’ai pas de recette miracle ! L’éthique de la morale et de la responsabilité, voila deux mots qui me reviennent à l’esprit pour vous répondre ! Dans la vie, il faut faire des choix et les assumer, surtout si l’on est un Homme d’Etat ! Louis XIII est passé par ces affres  pour condamner un de ses meilleurs amis à la décapitation ! Et que je sache, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs, comme s’efforcent de le faire nos  naïfs et inconscients dirigeants actuels attendant par exemple le déluge de la guerre civile pour enfin réagir face à  l’invasion migratoire, à cent mille lieues  également d’un de Gaulle qui pour préserver l’identité française et européenne,  pour éviter que son village s’appelle un jour  Colombey les deux Mosquées, avait fait le choix, que personnellement je n’aurais pas fait, de sacrifier les harkis à la fin de la guerre d’Algérie !

Donc ma réponse est claire. Si j’étais Polonais, je combattrais de toutes mes forces le rapprochement Paris-Berlin-Moscou ,  mais  il se trouve que je suis Français et nous Européens, nous n’allons pas sacrifier notre civilisation en danger, celle des Polonais comprise dans le pot européen   commun d’ailleurs, qu’ils le veuillent ou non, pour faire plaisir aux nationalistes Polonais ou aux Polonais tout courts !

Donc le seul conseil que je donnerais à ces pays, c’est  de faire plutôt le dos rond et d’arrêter d’irriter l’Ours russe  d’aujourd’hui  et l’Aigle allemand de demain (cf le gazoduc  Nord-Stream  de la Baltique par exemple) car des forces civilisationnelles supérieures de survie européenne sont en jeu , et il est difficile  pour un pays de se mettre seul en travers de l’Histoire qui implique un continent allant de Brest à Vladivostok face aux défis du XXIème siècle.

 

Enfin, comme l’a remarqué très justement Tony Judt, ces pays de l’Europe de l’Est  sont en fait une « béquille en caoutchouc »car ils sont faibles et dépendent économiquement de l’Europe de l’Ouest, tout comme de la Russie pour l’énergie. Ils sont à la périphérie dont on peut se passer, mais on ne peut pas se passer du centre !

 

9) Avec quelles autres régions (ou quels autres pays) du monde, l’Europe de Brest à Vladivostok devra-t-elle tisser des liens ou entretenir des rapports étroits ? Et avec quelles autres sphères d’influence géopolitiques devra-t-elle être plus méfiante ?

 

IL faut tout d’abord réaliser qu’une Grande Europe de Brest à Vladivostok  représente une masse d’hommes suffisante, un espace vital  impressionnant ; elle est pratiquement  une forteresse  imprenable et inattaquable  si, comme la Russie d’aujourd’hui, elle a la volonté non seulement de se défendre, mais de ne pas s’en laisser conter. Aujourd’hui, il parait difficile à un Européen de l’Ouest d’imaginer aller mourir pour défendre les frontières de sa civilisation en Sibérie, mais d’ici 20 ou 30 ans le danger chinois grandissant et la Chine devenant  très probablement, après avoir récupéré Taiwan et la Mongolie extérieure, toutes choses égales par ailleurs une puissance  encore plus menaçante que l’Allemagne de Bismarck, de  Guillaume II ou même  du Troisième Reich, le scénario peut être envisagé.

En plus de la Chine, la menace sera  bien évidemment islamiste avec toutes les rêveries possibles de califats nouveaux  du XXIème siècle, la Russie étant dores et déjà aujourd’hui , ne l’oublions pas, le chien de garde de l’Europe de l’Ouest face à la Chine ,  l’Asie centrale  et aux problèmes du Caucase. La Turquie inexorablement retrouvera à terme ses aspirations hégémoniques  dans le monde musulman et de l’Asie centrale ; le processus de cet état « déchiré », selon l’expression imagée d’Huntington , est déjà enclenché au-delà  du rideau de fumée actuel de sa folle candidature à l’UE, ce qui serait d’ailleurs  la cerise sur le gâteau de l’inconscience naîve, de la folie utopiste passagère  européenne droit de l’hommiste qui ne résistera pas , bien évidemment  aux réalités de l’Histoire depuis que et tant qu’il y aura des hommes sur Terre.

Quant à l’Amérique impérialiste d’aujourd’hui, une fois retournée à New-York ou dans son Oklahoma et Alabama profond, il n’y a aucune raison ,bien au contraire, pour que l’on n’envisage pas de coopérer avec cette fille  de moins en moins européenne de notre continent  et qui devrait compter si la folle immigration continue , avec tous les risques d’éclatement , de troubles et de sécession ,  jusqu’à  500 millions d’hommes en 2050 !

Mais cette  Grande Europe forte ne serait pas agressive, ni impérialiste car avec l’espace russe et sibérien, elle aurait suffisamment  de quoi s’occuper pour cultiver son jardin. Elle devrait donc  essayer avant tout de rechercher la paix aussi bien avec  le monde chinois que le monde islamique et l’ensemble du monde sur le plan militaire, étant entendu que sa devise serait : « si vis pacem , para bellum »

Le défi de cette grande Europe serait aussi d’assurer un développement économique, industriel, technologique ,écologique  aussi  harmonieux que possible pour faire face à la concurrence et  aux dangers économiques  grandissants de toutes les  nations émergentes  telles que l’Inde  ou le Brésil. Rien n’empêcherait alors à cette Grande Europe réaliste et sûre d’elle de pouvoir chercher à coopérer économiquement et culturellement avec toutes les Nations ou nouveaux Empires  du monde, Chine inclus.

Dans un premier temps pour des raisons pragmatiques, il suffirait que les Européens de l’Ouest et la Russie coopèrent économiquement tout en se protégeant contre la concurrence des nations émergentes. Peut être en viendra- t- on un jour au concept d’une Eurosibérie unifiée économiquement, mais cela ne parait pas encore concevable ni imaginable  pour notre génération.  A nous seulement de semer, de préparer l’avenir en montrant le chemin et ce sera à nos petits enfants d’envisager les  meilleures structures  politiques, économiques et militaires appropriées  pour défendre cette civilisation européenne,  le moment venu.

 

10) Existe-t-il des raisons d’espérer ou l’avenir vous semble-t-il définitivement sombre pour les Européens ?

 

Très sincèrement je ne veux pas jouer les Cassandre intellectuelles, mais je pense, au nom de mon réalisme pragmatique et paysan d’ancien dirigeant redresseur d’entreprise, que la situation à l’heure actuelle est très, très grave et que la seule comparaison possible  dans l’Histoire  des moments que nous vivons, c’est la période de la fin de l’Empire romain. Mes propos , toutes choses égales par ailleurs, sont ceux de Symmaque le romain  qui avait vu venir la catastrophe, mais qui ,comme tous ses collègues,  continuait à tirer  des plans  personnels  quotidiens et à long terme sur la comète, et  n’imaginait pas l’accélération des évènements tout comme  une fin aussi proche .

Je comparerais donc notre  période  actuelle  aux années 380 après JC  quand les chrétiens (les droits de l’hommistes d’aujourd’hui), soutenus par Théodose, enlevèrent du Sénat de Rome la statue et l’autel de la Victoire. Tout cela se termina par le sac de Rome par Alaric en 410 ! Or si vous regardez les chiffres des naissances extra-européennes en France, nous sommes aujourd’hui  à un taux  de 16% ! En 2030, nous serons à 30% car il faut savoir qu’aujourd’hui , même avec Monsieur Sarkozy, il rentre aujourd’hui en France 250 000 personnes par an dont 50 000 clandestins. Avec les socialistes, Madame Aubry et Madame Ségolène Royal, ce serait 450 000 ! En 2050, si rien ne change, nous serons à 50% de naissances extra-européennes. Je suis sûr que la guerre civile, si l’on continue comme cela , se déclenchera au plus tard à cette époque ,avec  alors la fin probable  du monde européen submergé par  les hordes en provenance d’une Afrique surpeuplée. Telles sont mes prédictions, c‘est à dire  en fait, celles de Jean Raspail « dans le Camp des Saints » ! L a seule façon de ne pas être un sujet , mais un acteur de l’histoire pour éviter ces malheurs à nos petits enfants, c’est de croire aujourd’hui  au populisme salvateur, aux partis nationalistes et identitaires  qui commencent à apparaitre  un peu partout dans toute l’Europe par opposition aux humanistes  droits de l’hommistes  imbéciles  et soit disant  éclairés. Si l’on ne  les arrête pas dès maintenant,  ils auront fini d’ici 20 ou 30 ans de  nous construire  un  magnifique tombeau indigne de la grandeur de l’Europe , de tous les sacrifices des générations passées si nous pensons aux Champs Catalauniques , à Poitiers, à  Lépante, au siège de Vienne par les Turcs et pour nous  Français, c'est-à-dire des Européens de langue française, simplement  et seulement  un instant à tous ces Poilus morts  pendant la bataille de la Marne, à Douaumont ou à Verdun, mais  pour rien !!!!, trahis d’une façon éhontée  par leurs petits enfants !!!!

 

 

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 14:27

Fin de crise : Inflation monétaire de la  BCE ou dévaluation du franc et hyper-inflation !

 

 

Par Marc Rousset, économiste, écrivain, auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »

 

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, lors du dernier marathon européen à Bruxelles ont simplement gagné du temps et mis en place une deuxième digue   qui, comme celle du 21 Juillet 2011, va encore plus  rapidement céder !

La réduction de la dette grecque ne concerne que celle détenue par les banques, soit 50% de leurs créances. Cela   ramènera  la dette grecque en 2012  à 120% du PIB, niveau que l’Italie se voit aujourd’hui reprochée  par tous ses partenaires de l’euro -au lieu de 180 % actuellement , ce qui est significatif , mais tout à fait insuffisant pour assurer  la viabilité et le rebondissement de la Grèce. Le tourisme, le fret industriel des armateurs grecs et les rares produits industriels ne représentent en effet que 7% du PIB grec. La corruption généralisée et la fraude fiscale constituent deux tares  grecques très difficiles à éradiquer .IL est donc peu probable que les revenus de l’Etat grec, avec une croissance négative, puissent dépasser les dépenses publiques afin d’envisager un excédent et un début de remboursement. Le remplacement d’un fonctionnaire sur dix ,  les réductions de retraites, les impositions forfaitaires des professions libérales , l’augmentations de TVA de 13% à 23% dans les restaurants constituent des effets d’annonces plus que des mesures permettant le redressement effectif. L’agence de notation Fitch n’a pas arrangé la quadrature du cercle grec en estimant que la décote de 50% demandée aux banques constituait un « évènement de crédit »,autrement dit un défaut de paiement susceptible d’entraîner l’activation des contr ats d’asssurance  CDS  contre le risque de défaillance des pays( credit default swap).En fait, depuis l’été, la troïka FMI,UE, BCE, considère que , malgré tous les efforts apparents,« la situation de la Grèce a empiré ».Quant au produit maximum escompté des cessions d’entreprises par l’Etat grec, il a été réduit de 66 milliards d’euros à 44 milliards. Espérer dans ces conditions que la Grèce va se redresser  et rembourser ses dettes  relève du tragico-comique !

L’Italie s’est imposée comme le maillon faible de la zone euro pour les semaines à venir. L’économie italienne pèse 2,5 fois plus que  celles de la Grèce, du Portugal et de l’Irlande réunies. Sa dette supérieure à celle de la France  atteint 1900 milliards d’euros, soit 121,4% de son PIB. Rome, après le dernier accord de Bruxelles,  paie un prix de plus en plus élevé pour se refinancer (4,93% pour des titres de dettes à 3ans au lieu de 4,68 % et 6% au lieu de 5,86 % pour des obligations à dix ans. Les engagements de Silvio Berlusconi (réforme  progressive des retraites sur 15 ans, nouvelles  règles du marché du travail, réforme fiscale, avantages exorbitants  de la « caste » politicienne, réforme constitutionnelle pour diminuer le nombre de députés et sénateurs de 945 à 700..) sont  des promesses florentines  que le ministre  de l’économie Glulio Tremonti  a refusé de signer !

L’Espagne, elle , malgré sa courageuse réforme des retraites  et l’acceptation  du principe de la règle d’or ,parait  tout aussi empêtrée que l’Italie  pendant  de longues années avec son taux de chômage  démentiel  de l’ordre de 20% et  les effets à retardement de la  crise immobilière.

Quant au fonds FESF qui disposait de 440 milliards d’euros au départ, après avoir été mis à contribution pour aider le Portugal et l’Irlande, il ne dispose plus aujourd’hui que de 250 milliards d’euros. L’idée  de l’accord de Bruxelles est d’utiliser un double effet de levier pour faire passer ces 250 milliards à 1000 milliards en assurant partiellement les dettes souveraines émises par les pays en difficulté et en créant une nouvelle entité adossée au FESF et au FMI  à laquelle  participeront la Chine et les pays émergents ! L’Europe ruinée par 30 ans de  socialisme laxiste  en est réduite à mendier auprès des pays émergents..Le directeur du FESF, Klaus Regling, s’est empressé de se  rendre dès le jeudi 27 Octobre en Chine ! Or il n’y a pas plus réalistes, rapaces,  et hypocrites que les Chinois ! Ce n’est pas d’argent chinois « sale et  volé »  dont on a besoin, mais d’un protectionnisme efficace pour défendre nos industries, nos emplois , nos ouvriers comme l’a fait remarquer, à juste titre,  Nicolas Dupont d’Aignan.  Que la Chine pour nous aider  commence par  moins copier, à ouvrir ses marchés et à laisser s’apprécier sa monnaie ! Le court termisme du Président Nicolas Sarkozy est ahurissant et désolant (« La Chine a de l’argent et bien moi je le prends »);le Président Sarkozy  court après l’argent des Chinois sans vision économique aucune  comme il court après le vote des électeurs sans aucune vision historique.  Quant à François Hollande, au lieu de jouer le fier à bras offusqué  sur ce problème de l’argent chinois, il devrait plutôt  réaliser que si nous  sommes  dans ce pétrin épouvantable, c’est uniquement  à cause de gens comme lui, François Mitterrand et Martine Aubry ! Les analystes de Goldman Sachs estiment enfin  « qu’il n’est pas garanti que le FESF inspire suffisamment confiance aux investisseurs » .Le  comble, c’est que  le Président  de la Commission Européenne Barroso  avait déclaré  auparavant qu’il fallait non pas 1000 milliards, mais 2200milliards pour les besoins de la Grèce, du Portugal et de l’Espagne ! Cet accord de Bruxelles  n’est donc pas crédible !

 

La recapitalisation des banques a été estimée à 106,4 milliards deuros.IL faut savoir qu’en septembre 2011, le FMI estimait ces besoins à 200 milliards d’euros. La Commission  européenne en décembre 2010  estimait l’effort à 460 milliards d’euros pour que le secteur bancaire européen respecte les nouvelles règles de Bâle 3. Alors que font les banques européennes, banques françaises incluses, comme le remarquait tout récemment un Professeur de finance à HEC ?  Elles réduisent tout simplement leur bilan en procédant à des cessions d’actifs et en réduisant les crédits(le fameux « credit crunch »).L’Europe se dirige tout droit, dans ces conditions,  vers la récession et la dépression en 2012. DE plus, si les opérations  de recapitalisation ne peuvent, ce qui est plus que probable, être entièrement absorbées par les marchés (Grèce : 30 milliards d’euros, Espagne : 26,2 milliards, Italie (14,8 milliards), les banques devront se tourner vers les Etats  déjà surendettés et en denier ressort  vers  le  problématique FESF ! La France pourrait y perdre son triple AAA.

 

Or, en  ce qui concerne la France, quel est le problème de fond ? C’est bien évidemment de chercher à colmater le trou financier, mais c’est aussi et surtout le moment de se dire pourquoi ? Comment se fait il que la balance du commerce extérieur français est en déficit depuis 1999 et atteindra 75 milliards d’euros en2011 ? Comment se fait-il que ce pays paupérisé « décroche » inexorablement  avec  une industrie mutilée, un enseignement déclassé ?  La réponse est simple : la politique laxiste socialiste irresponsable  de l’UMPS pendant 30  ans avec l’hypocrite Mitterrand et le socialiste de fait Chirac qui aurait mieux fait de s’inspirer des mesures courageuses  Hartz IV du  socialiste allemand Gerhard Schroeder ! Céline écrivait avec bon sens qu’on ne « meurt pas de ses dettes, mais de ne plus pouvoir en faire ».C’est exactement ce qu’il est en train d’arriver à la France et aux dirigeants européens. Les banques sont en partie responsables avec  l’escroquerie anglo-saxonne du   « subprime »   et leurs activités spéculatives, mais elles sont aussi , surtout en France, des boucs émissaires. La seule  véritable solution, c’est de réduire la dépense publique d’une façon drastique ! IL n’est pas sérieux que le gouvernement français , nonobstant l’échéance électorale, pour  réduire un endettement de 1700 milliards d’euros, sur les quelque 1050 milliards d’euros de dépenses publiques qui plombent la France, ne trouve qu’un milliard d’économie à réaliser ! Quid du Conseil Economique et Social à supprimer ?  Quid de tous ces fonctionnaires inutiles des services centraux  dans les dix tours  Montparnasse de la dernière pétition en cours  de l’Education Nationale ? La France doit réduire les dépenses de l’Etat et des collectivités comme l’ont fait la Suède et le Canada ! Les salaires des fonctionnaires français représentent plus de 13% du PIB français, contre 7% du PIB en Allemagne, ce qui signifie que nous avons 2 millions de fonctionnaires en trop !  Ces 2 millions de fonctionnaires en surplus  coûtent 120 milliards d’euros par an à la France !Le député UMP  Hervé Mariton a donc entièrement raison d’envisager « ne plus remplacer deux fonctionnaires sur trois » sans attribuer pour autant les économies réalisées, comme c’est le cas aujourd’hui  à concurrence de 70% ,aux fonctionnaires en activité. Des réformes administratives territoriales doivent   être envisagées d’une façon urgente !Quant à  l’immigration extra-européenne  chiffrée par Yves-Marie Laulan , elle coûte  70 milliards d’euros ! IL convient donc de passer d’urgence à l’immigration zéro et à une politique de retour ! La protection sociale affiche  un déficit  de 36 milliards d’euros !Des privatisations et une réduction du périmètre de la protection sociale sont indispensables (bénéficiaires  du RSA, de la couverture médicale universelle CMU, , de l’aide médicale d’ETat  (AME) pour les étrangers clandestins!  La retraite à 65 ans , la fin officielle des 35h,  la mise en place d’un système protectionniste et de préférence communautaire paraissent tout aussi indispensables si l’on songe aux 3 millions d’emplois industriels perdus en France depuis  30 ans !Voilà ce que devraient nous dire, les dirigeants de l’UMPS, le  Président Sarkozy  et François Hollande  qui lui tient  des propos aggravants ,suicidaires et  encore plus  totalement irresponsables ! Ce milliard d’euros d’économies  de bouts de chandelles pour les dépenses  publiques françaises qui, avec un budget défense de 1, 5% du PIB réduit à une peau de chagrin, représentent 56,2% du PIB en France (46,6% du PIB en Allemagne , soit une différence énorme de pratiquement 10% du PIB ) parait tout simplement ridicule ! En France , le dilemme  à moyen terme est donc  le suivant : de nouveau du sérieux  gaullien pour les dépenses publiques et sociales  ou la ruine !

 

Dans l’immédiat, la BCE va continuer à jouer les pompiers de la zone euro en rachetant des obligations publiques. Comme nous venons de le voir ci-dessus, le plan concocté à Bruxelles n’ayant aucune chance de succès, le seul qui fonctionnerait  mais avec une inflation garantie à la clé serait le plan français. IL s’agirait en fait  de transformer le FESF en banque pour emprunter auprès de la BCE  comme les Etats-Unis, l’Angleterre  (quantitative easing ) auprès de leur banque centrale  de façon illimitée .Mais l’Allemagne a été vaccinée contre l’inflation en 1924.IL n’est pas impossible qu’elle accepte un jour cette  possibilité , par peur du chaos pour ses propres intérêts et suite aux pressions de la France et des anglo-saxons lorsque la zone euro sera dans  les semaines qui viennent ,sur le point d’exploser!

 

IL est  cependant très probable que l’Allemagne, suite à une révolte de ses électeurs, de ses hommes politiques et de ses juristes de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe dise non au recours à l’inflation monétaire de la BCE ! IL ne restera plus alors à la France qu’une seule porte de sortie : la monnaie commune en lieu et place de la monnaie unique avec pour corollaire la dévaluation subséquente du franc français  de façon à rétablir la compétitivité par rapport à l’Allemagne, mais aussi  avec  la ruine des retraités et des  détenteurs d’actifs financiers , bref, l’ hyper-inflation !

 

 

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 14:22

Le face à face russo-chinois : le « vide » sibérien face « au trop plein » chinois

 

Par Marc Rousset, économiste, auteur de « La Nouvelle Europe paris-Berlin-Moscou »-Editions  Godefroy de Bouillon-538p-2009

 

 

La Russie coopère avec  la  Chine dans le cadre de l’Organisation de Coopération de Shanghai qui vise à empêcher toute incursion de l’OTAN  (ou des Etats-Unis seuls) en Asie centrale. Mais parallèlement  Moscou est très préoccupée par  la montée en puissance de la Chine avec qui elle partage 4300km de frontières communes .La Russie ne peut oublier que les seules invasions  du territoire russe qui  aient réussi  venaient toujours de l’Est. Moscou est donc de facto très ouvert à toute coopération européenne qui lui permet d’accroître l’encadrement international de la puissance chinoise émergente et également de renforcer sa capacité à défendre les richesses et le potentiel économique de la Sibérie , enjeu du XXIème siècle entre la Grande Europe de Brest à Vladivostok et la Chine.

. La Russie est en fait la sentinelle de l’Europe face à la Chine et à l’Asie centrale. L’Europe doit se considérer  comme l’ « hinterland  » de la Russie  et voir dans la   Sibérie  le  « Far-East » de la Grande Europe .  L’Europe ne va pas de Washington à Bruxelles, mais de Brest à Vladivostok. En Sibérie, en Asie centrale, l’Européen, c’est le Russe !  Ces thèmes ont été abordés dans mon ouvrage « « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou ». Il est donc  important de s’interroger  sur ce que certains ont appelé le  « péril jaune » pour le monde européen, suite au déséquilibre  structurel démographique entre la  Chine et la Russie et au « vide sibérien » face au  « trop plein » chinois.

 

La démographie chinoise

 

La population de la République populaire  de Chine s’élevait fin 2010 à 1,341 milliard d’habitants . Si l’on y rajoute Hong Kong, Macao et Taiwan, la  population de la Chine est la plus grande du monde et  s’élève  à 1370 000 000 d’habitants, soit plus du cinquième de l’humanité.

Le gouvernement chinois a plutôt  tendance à assouplir la politique de l’enfant unique. La Chine est   tiraillée entre deux maux,  surpopulation et déséquilibre entre les sexes, vieillissement de la population provoqué par un faible taux de la natalité. La réalité compliquée de la question démographique chinoise ne préjuge pas de ce que décidera finalement le gouvernement chinois. Un fait structurel et objectif  demeure : il y aura toujours plus d’un milliard de Chinois  au sud de la Sibérie.  Le  déséquilibre  structurel démographique  de l’ordre de 1 à 10 avec la Russie  est d’autant plus  préoccupant que, comme le disait Aristote, « la nature a horreur du vide ».

 

Evolution et perspectives de la démographie russe

Le  début du déclin démographique russe coïncide avec l’arrivée de  Gorbatchev au pouvoir (1985-1991), c'est-à-dire avec la mise en place de la perestroïka suivie de l’effondrement du système soviétique. En 1990, la Russie comprenait 149 millions d’habitants, 145 millions d’habitants en 2001 et 142 millions en 2007 soit 7 millions d’habitants en moins de 20 ans, un rythme de croisière de disparition du peuple russe de 400 000 citoyens de moins chaque année. En fait le rythme de disparition était d’environ  800 000  habitants par an car, depuis la fin de l’URSS,  400 000 Russes  ont quitté chaque année les ex-républiques soviétiques pour la mère patrie.

.

D’ici à  2050  la démographie russe  va  être soumise à deux forces contradictoires : d’une part la politique nataliste gouvernementale(capital maternel de 9000 euros que recoivent les mères pour la naissance du deuxième et troisième enfant), l’opinion publique hostile à l’immigration non russe, la construction en plein essor, les améliorations en matière d’éducation, d’agriculture et de santé(les quatre «  projets nationaux »), le retour aux valeurs traditionnelles, à la religion orthodoxe et d’autre part l’effet d’hystérésis ,suite  à la chute de l’URSS, qui correspond à un rétrécissement structurel de la strate de population en âge de procréer(1), les influences néfastes de l’Occident et de sa « culture de mort » : libéralisation de la contraception, de l’avortement, de l’homosexualité, féminisme et travail des femmes, regroupement des populations dans les métropoles, destruction des petits agriculteurs, allocations familiales attribuées de plus en plus aux populations immigrées et surtout l’hédonisme individualiste  et l’évolution des  mœurs  puisque 3% seulement des couples enb Russie ont plus de 2 enfants et 48% (presque la moitié) n’en ont pas du tout !

Pour   l’année 2050, il  parait bien difficile  pour ne pas dire impossible de se prononcer. Il semble   plus raisonnable , compte tenu de l’inflexion nouvelle, de retenir pour l’année  2050  dans les   prévisions 2006  de l’ONU(2) le point haut de 130 millions d’habitants, la prévision de l’ONU   étant de 107,8 millions d’habitants avec un point bas de 88 millions d’habitants .

 

L’Enjeu de la Sibérie

 

 La Sibérie tient son nom de la petite ville de Sibir. L’étymologie du mot est incertaine mais le terme pourrait provenir du turco-mongol sibir désignant  un peuplement très dispersé. La Sibérie est la partie asiatique de la Fédération de Russie : une immense région d’une surface de 13,1 millions de km2 (environ 24 fois la surface de la France)  très peu peuplée (39 millions d’habitants soit environ 3 habitants au km2). Cette partie nord de l’Asie représente 77% de la surface de la Russie , elle même deux fois plus grande que les Etats-Unis, mais seulement 27% de sa population.

La Sibérie a les plus grandes forêts de la planète. L’intérêt économique majeur réside dans les richesses de son sous sol, de pétrole et de gaz qui pourraient aller jusqu’au pôle Nord où la Russie a planté son drapeau par plus de 4000 mètres de fond en juillet 2007.La Sibérie fournit de l’hydro-électricité et du charbon avec de riches bassins tels que celui du Kouzbass. Grâce à la Sibérie, avec 500 années de réserve, la Russie est le deuxième producteur mondial de charbon derrière les Etats-Unis. La Sibérie  possède  des gisements d’argent,  d’or, d’uranium, de cuivre, de titane, de plomb, de zinc, d’étain, de manganèse, de bauxite, molybdène, de nickel ..Un diamant sur quatre extrait dans le monde provient de Sibérie. Le réchauffement climatique ouvre la perspective d’exploitation d’autres immenses ressources en hydrocarbures. Moscou va être un acteur de premier plan dans la pièce qui va se jouer pour les ressources naturelles, la science et le transit maritime du XXIème siècle dans le Grand Nord.

 

La Sibérie d’aujourd’hui : un avant-poste des Européens face à la Chine

 

La Moscovie s’est construite contre les vagues déferlantes tartares et s’est toujours représentée comme une  forteresse érigée au cœur d’un océan de plaines immenses et sans bornes. Les Russes ont colonisé la Sibérie, le Caucase et l’Asie centrale parce qu’ils étaient obligés de le faire. La Russie a connu pendant deux siècles le joug tartaro-mongol. La colonisation russe correspondait à des impératifs vitaux pour sa survie, à l’obligation géopolitique de trouver des frontières naturelles dont elle  était dépourvue et qui était indispensable  à sa protection. L’expansionnisme russe, contrairement à celui de l’Europe occidentale, était défensif et structurel.

Si les savants ont déclaré solennellement le paisible Oural  au paysage ondulé, dont la pente ne devient raide que dans le nord, loin de la toundra, comme une ligne de démarcation entre l’Asie et l’Europe, les autochtones, eux, le considèrent comme une ligne de partage des eaux couverte de forêt, et rien de plus.

 Les Russes se souviennent de Yermak comme d’un aventurier cosaque aussi remarquable que Magellan, d’un conquistador aussi intrépide que Cortez car ce fut Yermak qui conduisit la première mission réussie dans la mystérieuse Sibérie, et qui inspira aux Russes l’idée de repousser leurs frontières de 6200 km plus à l’est, jusqu’à la côte asiatique du Pacifique. Trois fois dans l’histoire la Sibérie fut traversée par des conquérants : par les hordes de cavaliers d’Attila et de Gengis Khân puis, en sens inverse, par le millier d’hommes de Yermak. C’est en 1558 qu’Ivan IV le Terrible accorde des privilèges d’exploitation des territoires situés à l’est de l’Oural  aux Stroganov, équivalents des Fugger, à la recherche de fourrures. Un  mouvement est lancé qui conduira les cosaques sur les rives du Pacifique en 1639 (et même plus tard en Alaska).Tandis que Français et Allemands se disputaient quelques lambeaux de territoire en Italie et aux Pays -Bas, une poignée de cavaliers navigateurs explorateurs parcourait une étendue vaste comme vingt fois la France ou l’Allemagne, plusieurs centaines de fois l’Alsace, la Flandre ou le Milanais. A la fin du XVIIIème siècle, la Russie a conquis la Sibérie. Ce territoire reste aujourd’hui  vide  même si l’une des principales retombées du Transsibérien fut l’augmentation substantielle de la migration vers l’Est de l’Empire russe. 3,8 millions de personnes émigrèrent vers la Sibérie entre 1861 et 1914 et contribuèrent à la russification des populations indigènes de Sibérie. Sans le transsibérien, ces populations auraient émigré vers l’Amérique. La Sibérie  ne comptait  que 1,5 million d’habitants en 1815, 10 millions en 1914 et 23 millions en 1960.

 

La nécessité de l’espace : une vérité qui n’est plus reconnue

 

Que depuis  toujours la politique soit une lutte pour l’espace, pour acquérir une base, une place, que l’espace constitue  l’alpha et l’oméga  de toute vie, que la politique, la science, le commerce ne sont rien d’autre que l’acquisition de cet espace, voilà une vérité qui n’est plus reconnue.

Un avantage évident revient à qui, outre sa technicité, dispose aussi des matières premières nécessaires. Qui n’a que sa technique à offrir et doit importer les matières premières est désavantagé. C’est l’ indépendance  à long terme que de pouvoir se nourrir des produits de sa terre, que d’exploiter ses propres matières premières indispensables à la vie et à la protection, que de pouvoir se défendre avec des armes conçues et fabriquées chez soi. La certitude de pareils avantages, c’est un espace suffisamment grand qui la confère, si l’on s’en tient à l’exemple américain. A contrario, le Japon redeviendra à terme le vassal de la Chine simplement en raison du manque d’espace et donc de sa plus faible population  par rapport à son futur suzerain.

L’Eurasie, du Pacifique à la Baltique, peut contenir plus d’hommes que le territoire de l’Europe occidentale. Un droit à l’occupation doit donc être reconnu aux peuples européens sur l’espace allant du sud du Portugal au détroit de Behring, en incluant le Nord-Caucase et la totalité de l’espace sibérien. Sur cet espace, 500 millions d’Européens et 150 millions de Russes devraient pouvoir prolonger jusqu’à Vladivostok les frontières humaines et culturelles de l’Europe. Le grand défi de la Sibérie est son trop faible peuplement par 39 millions de Russes avec le risque d’une colonisation rampante par la Chine. La  Sibérie restera-t-elle russe et donc sous le contrôle civilisationnel européen ou deviendra-t-elle chinoise  et asiatique ?

 

Les traités inégaux et l’actuelle frontière  entre la Chine et la Russie

 

En 1689, suite à  cinquante ans de confrontations armées inégales numériquement entre les cosaques et les Mandchous, les empires chinois et russe signent le traité de Nertchinsk : la Russie renonce à l’intégralité du bassin de l’Amour. L’empire Qing n’avait jamais occupé ces terres du nord, mais il ne souhaitait pas voir les Russes s’y installer. A partir du  XVIII e siècle, la Russie cherche cependant à devenir une puissance maritime dans l’océan Pacifique ; elle  encouragea les Russes à venir s’y établir et développe une présence militaire dans la région. La Chine n’avait jamais gouverné réellement la région et les avancées russes passèrent inaperçues. Les habitants de ces territoires n’étaient pour la plupart pas des Hans, mais des Mandchous, des Tibétains ou des Turcs. Au milieu du XIXe siècle, le bassin de l’Amour restait ainsi une terre sauvage où sur un million de km2 ne vivaient pas plus de 30 000 personnes.

 Mais dans  les années 1850, la donne géopolitique a changé, l’Empire chinois est affaibli. En 1842, la Chine, suite à la Guerre de l’Opium, avait cédé Hongkong par le traité de Nankin. Une nouvelle expédition russe a lieu pour explorer la région du fleuve Amour. En 1858, la Chine doit signer le traité d’Aïgoun, considéré comme un des nombreux   traités  inégaux avec les puissances occidentales. La Russie prend le contrôle de la rive gauche de l’Amour, de l’Argoun à la mer. « La Russie a réussi à arracher à la Chine un territoire grand comme la France et l’Allemagne réunis et un fleuve long comme le Danube » commentait Engels dans un article. Deux ans plus tard, en même temps que le sac du Palais d’été  par la coalition franco-anglaise, la Russie confirme et amplifie ses gains par la convention de Pékin. Elle obtient la cession de la région de Vladivostok et  Khabarovsk sur les rives droites de l’Amour et de l’Oussouri. Vladivostok   qui était un village chinois du nom de Haichengwei « baie des concombres de la mer » est fondée officiellement en 1860 et signifie « seigneur de l’Orient » .

La Russie cherche plus tard  à contrôler la Mandchourie pour protéger la Sibérie et élargir son ouverture sur l’Océan Pacifique. Elle obtient la cession de Port-Arthur (Lüshunkou en chinois).La défaite face au japon en 1905 ruine cette politique. La Russie renonce à la Mandchourie et doit céder Port-Arthur. Ce dernier retrouvera temporairement  la souveraineté soviétique entre 1945 et 1955.

Dans les années 1960, les relations entre la Chine et l’URSS se dégradent fortement et Mao Zedong remet en cause les traités signés  au XIXème siècle entre les empires russe et mandchou. A partir de 1963, les incidents frontaliers se multiplient. Dès 1964, le président Mao, dans un discours aux parlementaires japonais, fait allusion aux territoires perdus. Ces tensions aboutissent en 1969 à un affrontement armé  pour le contrôle de l’île Damanski sur la rivière Oussouri  qui fait des centaines de morts, en majorité chinois, mais n’aboutit pas à un nouveau tracé. L’URSS envisage même de détruire préventivement les installations nucléaires chinoises. Dans les années qui suivent, la situation reste très tendue et n’évolue guère jusqu’aux années 1980.

A partir de 1988, à l’instigation de Mikhaïl Gorbatchev, les relations entre l’URSS et la Chine se détendent et les négociations reprennent. Le 16 mai 1991, la Russie et la Chine signent un  traité sur les frontières, qui laisse toutefois en suspens le sort de certains petits territoires  disputés. Ces derniers points sont réglés par différents accords signés dans un contexte diplomatique nettement plus détendu. Le dernier traité est signé en 2004.A l’issue de ces règlements, la Chine a réalisé quelques gains territoriaux très mineurs par rapport aux traités antérieurs.

Le résultat final, c’est qu’aujourd’hui la frontière sino-russe est constituée de  deux morceaux de longueurs  très inégales  situés de part et d’autre de la Mongolie. Elle est définie dans son intégralité depuis 2004. Le tronçon de l’Ouest ne mesure que 50 km . Le tronçon de l’Est mesure  4195km. C’est la sixième plus longue frontière internationale du monde. L’intégration des territoires frontaliers par les deux empires russe et chinois a été tout à fait différente. Les plaines du nord-est de la Chine ont été rapidement peuplées et mises en valeur par des colons chinois dès le début du XIXe siècle. Par contre, le peuplement de l’Extrême-Orient russe par des colons venus de Russie d’Europe a été moins important et beaucoup plus long (3). La différence entre les deux  peuplements a donné naissance à une ligne de discontinuité de part et d’autre du fleuve Amour et de la rivière Oussouri : d’un  côté 7 millions de Russes, de l’autre, plus de 60 millions de Chinois vivant dans les provinces frontalières du Jilin et du Heilongjiang. Les manuels d’histoire chinois apprennent aux écoliers que l’Extrême Orient russe a été pris par la force à la Chine qui  a signé les traités sous la menace.

 

 

Le danger chinois démographique et économique  à court terme en Extrême Orient et en Sibérie russe

 

En Russie, l’opinion publique est hostile à l’immigration. Contrairement aux affabulations de l’Occident, même si le « péril jaune »est très réel à terme , plus particulièrement en Sibérie et en Extrême Orient , il y a à ce jour en Russie , un maximum de 400 000 Chinois , selon Zhanna Zayonchkouskaya, Chef de laboratoire de migration des populations de l’Institut National de prévision économique de l’Académie des Sciences de Russie, et non pas plusieurs millions comme cela a pu être annoncé . Les Russes ont veillé au grain et ont pris des mesures très sévères pour éviter une possible invasion. La seule immigration qui a été favorisée est le rapatriement de Russes établis dans les anciennes républiques soviétiques (Kirghizstan, Kazakhstan, Pays baltes, Turkmenistan. ).  Des villes comme Vladivostok, Irkoutsk, Khabarovsk,  Krasnoiarsk..et même Blagovetchensk, à la frontière chinoise, sont des villes européennes  avec seulement   quelques commerçants ou immigrés chinois en nombre très limité. Une invasion aurait pu avoir lieu en Extrême Orient dans les années 1990, tant la situation s’était dégradée. Il est à remarquer que les migrants  chinois de l’époque ont profité  du laxisme et  de l’anarchie ambiante pour filer à l’ouest de la Russie. Etre clandestin n’est pas aisé aujourd’hui en Extrême Orient et en Sibérie : la frontière est relativement imperméable; le risque est grand ; les hôtels sont sous contrôle étroit ; le chaos qui suivit l’éclatement de l’URSS est déjà loin.

Il n’en reste pas moins vrai qu’un climat d’hostilité, voire de peur, s’est développé envers les Chinois chez les Russes d’Extrême -Orient qui a été largement utilisé dans le débat russe sur les orientations de politique étrangère (3). En 2001, le 15° congrès du Parti communiste chinois avait décidé d’une stratégie de consolidation de la présence chinoise à l’étranger, en encourageant la population à émigrer. Pékin avait fait savoir à Moscou qu’il n’appuierait sa candidature à l’ OMC que contre la promesse de ne pas réglementer l’entrée de la main d’œuvre chinoise sur le marché du travail russe. Le ministre russe de la défense Pavel Grachev avait pu déclarer : « « Les Chinois sont en train de conquérir pacifiquement les confins orientaux de la Russie ». Et selon un haut responsable russe des questions d’immigration : « Nous devons résister à l’expansionnisme chinois ». Le problème est d’autant plus grave, au-delà du taux de la natalité,  que la région se vide et que de nombreux Russes  repartent  en Russie de l’Ouest. Ces dernières années, la région de Magadan a été délaissée par 57% de sa population, la péninsule du Kamtchaka par 20% et l’île Sakhaline par 18%. La densité moyenne en Extrême-Orient est de 1,2 habitant au kilomètre carré contre une moyenne nationale de 8,5. En résumé, selon les prévisions les plus pessimistes, l’EOR peuplée de 6,46 millions de personnes au  Ier janvier 2010 pourrait ne compter que 4,5 millions d’habitants en 2015, contre 7, 58  millions au plus haut.

Sur le plan économique, au début des années 2000, selon l’analyste Andrei PIontkovsky, 10% seulement des échanges  de l’EOR se faisaient  avec les autres régions de Russie. 90% des achats extra-provinciaux  venaient  de Chine, Corée du sud ou Japon à cause du coût prohibitif du fret aérien ou ferroviaire avec l’Ouest de la Russie. A Vladivostok, Khabarovsk, et à Irkoutsk en Sibérie, la plupart des voitures avaient  le volant à droite parce qu’elles venaient  directement du Japon où l’on conduit à gauche. Des  mesures ont été prises tout récemment par les autorités , non sans difficultés, pour favoriser l’achat de voitures  russes et abaisser le cout du fret.

La structure des échanges commerciaux bilatéraux avec la Chine s’est renversée depuis la fin de la guerre  froide. La Russie devient le « junior partner » de la Chine. Le Kremlin n’accepte pas que  la Russie devienne un réservoir de matières premières pour la Chine et insiste constamment sur la nécessité de corriger la structure des exportations russes.

La Russie s’efforce aussi d’orienter les investissements chinois de façon à endiguer la désindustrialisation de l’Extrême Orient russe. Plus globalement, le Kremlin est convaincu que fermer l’Extrême -Orient et la Sibérie à la Chine et à d’autres partenaires étrangers (Corée, Japon, pays d’Asie  du Sud-Est ) reviendrait à les condamner à terme, voire à les perdre en les rendant plus vulnérables aux appétits territoriaux  d’autres pays de la région, la Chine en premier lieu. En revanche, mettre en concurrence plusieurs pays étrangers dans cette région permet d’espérer qu’aucun d’entre eux « ne parviendra à atteindre l’hégémonie » ; de plus, si les relations avec la Chine devaient se détériorer, la Russie aura acquis la possibilité de défendre plus efficacement ses zones frontalières puisqu’elle les aura mieux développées. Moscou, on le voit, n’écarte pas complètement la perspective d’une réouverture des problèmes territoriaux  avec la Chine, malgré le règlement du litige frontalier en 2008 et l’engagement des deux pays, dans leur traité d’amitié et de bon voisinage, à s’abstenir de toute revendication territoriale mutuelle.

 

Les visées chinoises inéluctables à moyen terme sur la Mongolie Extérieure et à très long terme sur la Sibérie

 

Le temps n’est plus où la Russie débordait de forces vives, jusqu’à pouvoir sacrifier 20 millions d’hommes dans la lutte contre le nazisme. On  comprend mieux pourquoi les responsables russes  continuent de refuser pour le moment de vendre certains matériels de portée stratégique tels que les chasseurs bombardiers de type TU22 ou TU 95, ou encore des sous-marins de quatrième génération de la classe « Armour » ou « Koursk ».Selon le chancelier Bismarck, « l’important, ce n’est pas l’intention, mais le potentiel » et comme chacun sait, l’histoire n’est pas irréaliste (IrrealPolitik)et  droit de l’hommiste, mais réaliste (RealPolitik) et imprévisible .

La montée en puissance de la Chine ne se traduira pas seulement par le remplacement progressif de l’anglo-américain par le mandarin en Asie, mais aussi par des visées territoriales.

L’expansionnisme  nationaliste chinois se  traduit d’une façon forte et brutale pour mater dans l’œuf et empêcher toute velléité de résistance, aussi bien au Tibet qu’au Xinjiang. Le chemin de fer à 6,2 milliards de dollars qui relie Pékin à Lhassa renforce l’emprise de la Chine sur le Tibet et sa capacité de déploiement militaire rapide contre l’Inde. Il est probable qu’après avoir  maintenant récupéré Hong-Kong et Macao de façon pacifique et selon les traités, la Chine a déjà et aura comme première préoccupation de rétablir sa souveraineté sur l’île de Taiwan. Avec ses 1400 missiles pointés vers  « l’île rebelle », Pékin a menacé d’écraser sous le feu ses « frères » taïwanais, s’ils devaient proclamer leur indépendance.  Dans les faits, la réunification avec Taiwan est bel et bien en marche. Le mandarin est  la langue officielle à Taiwan. Les vols aériens et les communications ont été progressivement rétablis avec le continent.  La symbiose est  de plus en plus étroite entre les deux économies 

Une fois Taiwan sous sa coupe, la Chine cherchera tout naturellement à récupérer la Mongolie extérieure cédée par la Chine à la Russie en 1912 et devenue ensuite une république populaire, puis un Etat indépendant lors du démantèlement de l’URSS. « La Chine va d’abord s’occuper de Taiwan, puis ce sera notre tour » a pu dire   B. Boldsaikhan, leader politique en Mongolie extérieure du mouvement Dayar Mongol. Etat de 1535 000 km2, sous peuplée avec seulement 2,8 millions d’habitants, dotée de très riches  gisements aurifères et d’uranium, la Mongolie extérieure, pendant de la Mongolie intérieure autonome chinoise, est déjà contrôlée économiquement par les Chinois, quelque 100 000  Russes ayant fait très rapidement  leurs valises en 1990. La Mongolie extérieure sera un jour inéluctablement envahie comme le Tibet et, au-delà de quelques protestations américaines, la Chine rétablira en fait  une souveraineté légitime historique  sur l’ensemble de la Mongolie  qui date de la soumission de la Mongolie aux Mandchous en 1635. Gengis Khan est considéré en Chine comme un héros de la nation chinoise ; un mausolée lui a été construit à Ejin Horo, dans la province chinoise de Mongolie intérieure, pour le 800e anniversaire de sa naissance.

 

Puis ce sera le tour de l’Extrême-orient russe. Selon Andrei Piontkovsky, Directeur du centre d’études stratégiques de Moscou, c’est  la Chine de l’Orient et non pas l’Occident qui  représente la menace stratégique  la plus sérieuse pour la Russie. Ces revendications s’inscrivent dans le droit fil du concept stratégique « d’espace vital » d’une grande puissance qui, selon les théoriciens chinois, s’étend bien au-delà de ses frontières.

La Russie et la Chine  occupent ensemble un espace géographiquement continu entre la Mer Baltique et la Mer de Chine de 26,6 millions de  km2, habités par 1,4 milliards de personnes. Des  similitudes  apparaissent lors de  l’analyse de l’histoire de ces deux grands et complexes blocs géopolitiques. Tous deux  s’étaient constitués au détriment de l’empire nomade des Mongols, dont la Mongolie enclavée  entre la Chine et la Russie, constitue le dernier vestige, avec la Mongolie Intérieure, rattachée à la Chine, et la Bouriatie faisant partie de la Russie. Tous deux possèdent une zone périphérique, peu peuplée et sous-exploitée (la Sibérie et l’Extrême-Orient pour la Russie, le Tibet et le Xinjiang pour la Chine).Cependant   la Chine est plus peuplée que la Russie. Son poids démographique constitue en même temps un atout( le marché  le plus grand de la planète) et un handicap majeur(le pays est surpeuplé et proche de la saturation).Certains spécialistes  estiment que le seuil de l’autosuffisance chinoise se trouve à 1,5 milliards d’habitants. En Sibérie et en Extrême-Orient, il y a tout ce qui manque à la Chine : les hydrocarbures, les matières premières et l’espace pour développer l’agriculture. Un paradoxe se dessine  car  la Russie est un géant géographique et la Chine manque d’espace. Ces deux ensembles géopolitiques sont  donc condamnés soit à collaborer, soit à s’affronter. On se rappellera  que le projet communiste a réuni ces deux géants  géopolitiques pendant 11 ans. La perspective d’un tel rapprochement était devenue le pire des cauchemars pour les leaders occidentaux et américains.

Le retour de la Russie sur le Pacifique était logique et inévitable .Cependant, avec un déclin démographique, la Russie est-elle capable de mettre seule en valeur la Sibérie ? IL n’est pas suffisant d’avoir une volonté politique, il faut également disposer de moyens. C’est pourquoi l’affrontement parait  à long terme inéluctable. Il est clair que l’OCS n’est qu’une parenthèse tactique  pour les deux futurs adversaires afin de mieux pouvoir contrer l’Amérique en Asie centrale. La  puissance  balistique de la Russie avec ses 2200 têtes nucléaires  est dans un horizon prévisible la seule garantie de non invasion de la Sibérie  par la Chine.

 

 

                                                               Conclusion

 

Selon Hélène Carrère d’Encausse, la Sibérie est  « un espace vide aux abords d’une Chine surpeuplée » 4). Si l’Europe se considère à terme comme l’Hinterland de la Russie et ne se laisse pas envahir par l’immigration extra-européenne en préservant sa civilisation, elle peut constituer avec la Russie la Grande Europe qui serait une forteresse inexpugnable face à la Chine,  l’Islam et l’Asie centrale. Dans ce cas, la Sibérie pourrait rester sous  contrôle civilisationnel russe et donc européen.

Le schéma alternatif, c’est que les 140 millions descendants des Scythes  soient envahis par un milliard et demi de Chinois qui brûlent de passer l’Amour tandis que l’Europe, déversoir naturel de l’Afrique, comme l’a d’ailleurs explicité le Libyen Kadhafi , est  tout aussi menacée !

Pour ceux qui  trouveront ces propos bien pessimistes, je souhaiterais leur rappeler cette magnifique exposition du musée Guimet : « Kazakhstan : Hommes, bêtes et dieux de la steppe ». Il fut un temps, dès le deuxième millénaire avant notre ère, où le Kazakhstan et l’Ouzbékistan  étaient le domaine non des Asiates, mais des Aryens : les Scythes. D’origine et de langue indo-européennes, décrits par Aristote citant Hérodote comme ayant des « cheveux blonds et blanchâtres » les Scythes nomadisaient de l’Ukraine à l’Altaï. Leur civilisation était très  riche et d’une rare finesse (art funéraire, maitrise des métaux précieux,  travail des objets utilitaires..) .  Comment une civilisation aussi brillante dont les chefs entreprenants et guerriers  ne craignaient rien tant que mourir dans leur lit, ont-ils disparu ? Sans doute ont-ils été victimes de ce que les Slaves appellent « la peste blanche », la dénatalité. Et son inéluctable corollaire, la submersion par des ethnies à la natalité galopante et l’inévitable métissage. Dans leur match démographique contre la déferlante asiatique, les Scythes ne pesèrent pas lourd. Les hordes tartares les avalèrent et le génie de la race se tarit.

Une leçon à méditer pour les Européens de l’Ouest  face à l’Afrique et pour les Russes  en Sibérie face au trop plein chinois.

 

 

 

                                                                                     M.Rousset

 

1) Hélène Carrère d’Encausse -La Russie entre deux mondes-p65-Fayard-2009

2) Sources : ONU, World Population Prospects :the 2006 revision

3) Sébastien Colin ”Le développement des relations frontalières entre la Chine et la Russie”, études du CERI, n°96,juillet 2003.

4) Hélène Carrère d’Encausse-Ibid - p172- Fayard-2009

 

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 01:18

                                     Démondialisation = Survie des Peuples Européens

 

 

Par Marc Rousset, économiste, écrivain, auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »

 

 

Un mot nouveau, le plus souvent critiqué dans les médias, a fait son apparition : la démondialisation. Selon Pascal Lamy, socialiste carriériste à l’OMC  baignant dans le libre échangiste anglo-saxon , style Dominique Strauss-Kahn et Christine Lagarde,  la démondialisation  est un concept réactionnaire(1). Les droits de douane nourriraient la xénophobie et le nationalisme, bref  la démondialisation ne serait rien d’autre que « l’horreur national-protectionniste ».

Quant à Patrick Artus, suite aux fonctions  rémunérées  qu’il exerce chez dans le Système, il n’est pas à une contradiction près ! Après avoir écrit « Globalisation, le pire est à  prévoir »(2), il pense désormais  qu’il serait fou de « refuser la mondialisation »(3).

Frédéric  Lordon(4 ), lui, se demande , à juste titre, si la Chine dont le salaire mensuel moyen est de 150 euros, ne deviendra pas à son tour victime de délocalisation au Vietnam, au salaire moitié moindre de 75 euros !... à moins que la mondialisation ne connaisse un rebond en direction du continent africain « encore entièrement à enrôler et qui  cassera  tous les prix ». Il s’interroge aussi pour savoir(5) si les rapports entre les nations doivent se concevoir sous l’exclusive perspective de la marchandise et constate que les libéraux lessivent  les entendements au point de faire oublier qu’entraver un peu la circulation des conteneurs et des capitaux n’interdit nullement de « promouvoir la plus grande circulation des œuvres, des étudiants, des artistes, des chercheurs, des touristes, comme si la circulation marchande était devenue la jauge exclusive du degré  d’ouverture des nations »

Avec la même approche que  le Prix Nobel Maurice Allais, je suis intervenu plusieurs fois dans tous mes ouvrages(6) et de multiples  chroniques pour montrer que le libre échange mondialiste était en fait un véritable suicide économique de l’Occident orchestré par les sociétés multinationales. Ce  qui est bon pour les entreprises multinationales  est de plus en plus nuisible aujourd’hui  pour les  Etats-Unis (taux de chômage réel de 17,2%) et  les salariés européens qui perdent leurs  emplois industriels! Un protectionnisme européen salvateur, afin de garder les économies d’échelle compétitives  que ne peut offrir un espace national, s’imposera donc lors des révolutions nationales à venir ! L’Union Européenne n’est aujourd’hui  qu’un agent de la décadence industrielle et de la mondialisation, « un sas de décompression » selon Régis  Debray, au service des entreprises multinationales avec des conséquences gravissimes pour les peuples européens : désindustrialisation, précarisation, perte de « savoir faire » industriel, paupérisation, déqualification des emplois, développement des services à la personne  sans aucun intérêt technologique ,perte d’identité et immigration extra-européenne.

Au-delà du dogme libre échangiste mondialiste, il est possible de concevoir une économie mondiale avec plusieurs espaces autarciques autocentrés et des flux d’échanges maitrisés entre ces espaces. La démondialisation correspond au simple bon sens  de nos pères et à la nécessité de défense urgente, de survie identitaire et économique des peuples européens !

 

                                                                                                M.Rousset

 

(1)    Le Monde éditorial du 1er Juillet 2011

(2)    La Découverte –Paris-2008

(3)    Patrick Artus-« Ce n’est pas le moment de refuser la mondialisation »-Flash Economie-Natixis, n°472-21 juin 2011

(4)    Frédéric Lordon-Le Monde Diplomatique –Aout 2011,p8

(5)    Ibid p 9

                                     

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 13:53

Marc Rousset : C’est en pratiquant un protectionnisme virulent que les Etats-Unis ont accédé au « leadership » mondial.

Docteur ès Sciences économiques, Marc Rousset a publié La Nouvelle Europe Paris Berlin Moscou. Il y défend l’idée d’une Europe fondée sur une alliance entre l’Ouest et l’Est du continent et se prononce en faveur d’une préférence communautaire, répudiant la vulgate libre-échangiste. Monde et Vie l’a rencontré.

Vous critiquez la théorie de Ricardo, sur laquelle est fondé le libre-échangisme. Pourquoi ?

Le modèle de la théorie des coûts comparés de Ricardo, décrit en 1817, dans son ouvrage  « On the principles of Political Economy » repose sur une hypothèse essentielle, à savoir que la structure des coûts comparatifs dans les divers pays reste invariable au cours du temps. La théorie de Ricardo ne vaut que dans un monde stable et figé. Elle n’est pas valable dans un monde dynamique, où les fonctions de production et les salaires évoluent au cours du temps, où les capitaux peuvent se déplacer librement et où les industries peuvent être délocalisées.

Selon la théorie de Ricardo, le libre échange n’est justifié que si les taux de change correspondent à l’équilibre des balances commerciales. Or, c’est l’importance des flux financiers spéculatifs et des mouvements de capitaux qui expliquent l’extraordinaire instabilité des cours du dollar, du yen ou de l’euro. La prétendue régulation par les taux de change flottants des balances commerciales n’a donc aucune signification aujourd’hui

Il est assez cocasse de remarquer que les Américains eux-mêmes, en la personne de Paul Volcker, ancien Président de « la Federal Reserve Bank », dans un livre écrit en commun avec Toyoo Gyothen, ancien Ministre des Finances du Japon, ont reconnu que la théorie des avantages comparatifs perdait toute signification lorsque les taux de change pouvaient varier de 50% ou même davantage . Une forte dévaluation du dollar de 20% ou plus, qui équivaut à une barrière douanière protectrice pour les pays appartenant à la zone dollar, est un énorme coup de canif donné aux principes du libre échange.

 

Que faut-il penser de la vulgate économique actuelle, qui présente le libre échange comme une condition de la croissance et le protectionnisme comme un archaïsme ?

L’économiste allemand Friedrich List, en 1840, expliqua qu’il fallait protéger les industries naissantes en Allemagne face à la concurrence sans merci des pays industriels les plus avancés. Il écrivait : « Toute nation qui, par des tarifs douaniers protecteurs et des restrictions sur la navigation, a élevé sa puissance manufacturière et navale à un degré de développement tel qu’aucune autre nation n’est en mesure de soutenir une concurrence libre avec elle ne peut rien faire de plus judicieux que de larguer ces échelles qui ont fait sa grandeur, de prêcher aux autres nations les bénéfices du libre échange, et de déclarer sur le ton d’un pénitent qu’elle s’était jusqu’alors fourvoyée dans les chemins de l’erreur et qu’elle a maintenant, pour la première fois réussi à dénouer la vérité ».

Paul Bairoch, Professeur à l’Université de Genève, a également montré que la croissance économique dans la période 1870-1940, fut largement liée au protectionnisme. Dans son étude sur les Mythes et Paradoxes de l’histoire économique, publiée en 1994, il écrit : «  On aurait du mal à trouver des exemples de faits en contradiction plus flagrante avec la théorie dominante qui veut que le protectionnisme ait un impact négatif, tout au moins dans l’histoire économique du XIXe siècle. Le protectionnisme a toujours coïncidé dans le temps avec l’industrialisation et le développement économique, s’il n’en est pas à l’origine.»

Les « nouveaux pays industrialisés » d’Asie démontrent également l’importance du protectionnisme. Une étude, publiée par l’université Harvard, souligne qu’il peut, tout autant que le libre-échange, générer une forte croissance économique. Ainsi, alors que le discours dominant du journalisme économique proclame depuis deux décennies que le protectionnisme est le mal absolu, les travaux scientifiques les plus récents aboutissent à un résultat inverse. Il y a donc discordance entre les discours économiques médiatiques et le discours scientifique.

 

Que pensez vous de la vision libre échangiste actuelle des Etats-Unis ?

Si l’on regarde l’histoire économique des Etats-Unis, depuis leur création, il n’y a pas eu de nation plus protectionniste que celle-ci ! On a dit d’Alexander Hamilton, dès la création des Etats-Unis, qu’il était un autre Colbert. La guerre de sécession opposait le Nord industriel protectionniste au Sud agricole libre-échangiste. Le paroxysme du  protectionnisme fut atteint en 1930 avec la loi Smoot-Hawley, qui imposait des droits de douane record aux importations. De leur origine jusqu’aux années 1930, les Etats-Unis pratiquèrent donc un protectionnisme virulent, avec des tarifs douaniers de l’ordre de 50%. C’est avec cette stratégie qu’ils connurent le taux de croissance le plus élevé du monde et  accédèrent au « leadership » mondial.

La forteresse Europe ne semble pouvoir être construite qu à la remorque de  « Fortress USA ». Ulysses Grant, Président des Etats-Unis de 1868 à 1876, a pu dire, avec un grand sentiment prémonitoire : « Pendant des siècles, l’Angleterre s’est appuyée sur la protection, l’a pratiquée jusqu’à ses plus extrêmes limites, et en a obtenu des résultats satisfaisants. Après deux siècles, elle a jugé commode d’adopter le libre échange, car elle pense que la protection n’a plus rien à lui offrir. Eh bien, Messieurs, la connaissance que j’ai de notre pays me conduit à penser que dans moins de deux cent ans, lorsque l’Amérique aura tiré de la protection tout ce qu’elle a à offrir, elle adoptera le libre échange ».

 

Vous ne partagez donc pas l’opinion de ceux qui raillent le protectionnisme en l’assimilant à une nouvelle ligne Maginot…

Un très grand nombre d’Européens, crétinisés par les lieux communs médiatiques, établissent très souvent cette comparaison entre le protectionnisme et la ligne Maginot, croyant ainsi mettre brillamment et très rapidement un terme à toute critique du libre échangisme. Or, à la réflexion , la ligne Maginot, en mai 1940, a parfaitement joué son rôle. La seule véritable erreur a été de commettre sur le plan militaire le même pêché de naïveté qu’aujourd’hui sur le plan économique, à savoir de respecter la neutralité de la Belgique, tout comme l’on respecte aujourd’hui les bobards libre-échangistes, et de ne pas achever la construction de la ligne jusqu’à Dunkerque, dont l’équivalent économique actuel serait le rétablissement de la préférence communautaire !

 

Marc Rousset, La Nouvelle Europe Paris Berlin Moscou , Godefroy de Bouillon, 538 p., 2009

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 13:42

                        l’Allemagne  va réaliser  les projet gaulliens de  l’Europe  puissance!

 

 

 

La France est à l’origine de l’idée européenne, mais depuis le départ du Général de Gaulle, elle  n’est plus sérieuse,  a perdu de sa puissance économique  et se trouve dans l’incapacité de faire avancer l’Europe puissance! C’est donc  L’Allemagne  qui  prendre le relais et met le projet à exécution car elle  a compris , à la lumière de la crise de l’euro, que ses intérêts,  sa  prospérité, son avenir  ne peuvent s’envisager en dehors de l’Europe.! Angela Merkel, le francophile Wolfgang Schaüble  et  Joschka Fischer ont parfaitement compris, tout en ne voulant pas faire à juste titre de l’Allemagne une vache à lait pour renflouer es cigales irresponsables, que face à la crise, il fallait plus d’Europe ! Autrement dit, d’un mal ,en faire un bien pour sauvegarder l’avenir  européen  et garder une place honorable dans le monde multipolaire des nouveaux géants du XXIème sièclee

François Mitterrand disait que pour combattre le chômage, on avait tout essayé ! Or il y a une  seule chose  que l’UMPS n’a pourtant pas  essayé depuis 30 ans :  se débarrasser une fois pour toutes de l’  esprit  laxiste socialiste droit de l’hommiste «  bo-bo »  gauche caviar qui a été inoculé aux Français en mai 68 , mis en place par François Mitterrand et Jacques Chirac avec les résultats catastrophiques  que nous voyons aujourd’hui.

Pendant trente ans, l’UMPS a distribué de l’argent emprunté  afin de satisfaire de nouveaux droits sans fin dont ceux d’une population immigrée  (cout 70 milliards d’euros par an)pour lesquels on n’a jamais demandé  leur avis aux Français ! Alors que nous avons 2 millions de fonctionnaires en trop par rapport à l’Allemagne(coût 120 milliards d’euros par an), personne, pas même Marine Le Pen a le courage d’aborder ce sujet tabou ! La crise actuelle est celle de l’Etat Providence pour laquelle il nous faut un De Gaulle ou un Churchill  alors que nous avons qu’un faux-dur , Nicolas Sarkozy ,avec ses propos lénifiants pour amuser la galerie, mais  qui ne combat en rien les vrais problèmes  de l’immigration  folle et des dépenses publiques irresponsables de l’Etat Providence bureaucratique et  hypertrophié ! Même la retraite à 62 ans est une demi-mesure politicienne; le problème de la retraite et des régimes spéciaux  n’est en rien règlé  et d’ici 5ans au plus tard, tout est à reprendre !

 

 Gerhard Schroeder  a introduit  les courageuses  lois Hartz IV en Allemagne car outre-Rhin la retraite à 60 ans sonne comme une hérésie et les 35  heures sont considérées comme un suicide économique. Dans une interview à la télévision al-Jezira ,Jin Liqun, Président du fonds  souverain  chinois CIC, n’a pas non plus mâché ses mots à l’égard de l’Europe « Les troubles qui se sont produits dans les pays européens résultent uniquement de problèmes accumulés  par une société en fin de course, vivant d’acquis sociaux .Je pense que les lois sociales sont obsolètes .Elles  conduisent à la paresse, à l’indolence, plutôt qu’à travailler dur. Pourquoi est-ce que les habitants de certains pays de l’eurozone devraient travailler jusqu’à 65 ans ou plus alors que dans d’autres pays, ils prennent aisément leur  retraite à 55ans et se prélassent sur la plage ? »

 

De quoi souffre l’Italie ?Des mêmes maux que la France !Mario Monti estime que redonner confiance aux marchés implique l’adoption de réformes douloureuses que l’Italie esquive depuis des années , la réformed’un Code du travail désuet,la remise à plat du dossier des retraites,l’instauration de nouvelles règles en faveur de la mobilité sociale, la libéralisation des corps de métier et surtout, on pense aux 2 millions de fonctionnaires français  en trop, l ’allégement du  poids énorme de l’appreil d’Etat italien qui ponctionne trop lourdement le budget.  Economiste technocrate politiquement correct de Bruxelles, le bon gestionnaire Mario Monti oublie simplement  le coût de l’immigration ..

 

De la même façon ,sans rien dire, très intelligemment, presqu’hypocritement, tout en le mettant à l’éxécution, c’est l’Allemagne qui nous montre le chemin de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou », de l’Europe européenne, de la  Grande Europe continentale de Brest à Vladivostok .Le général de Gaulle en a eu l’intuition et l’idée géniale dès 1949, mais ses successeurs français, victimes des pressions du protectorat américain de l’OTAN ,de la folle idéologie  droit de l’hommiste  du politiquement correct et  des  André Glucksmann , tout aussi irréaliste que suicidaire, n’ont pas du tout , la parenthèse politique  exceptée  de l’invasion de l’Irak , cherché à se rapprocher économiquement  de la Russie. Avec plusieurs années de retard sur l’Allemagne,  l’Etat français, suite à la vente des Mistral, tout comme les grandes entreprises commencent tout juste à  s’intéresser vraiment à la Russie et à mettre les bouchées doubles .Bref, Berlin-Moscou est en place depuis longtemps et là encore Gerhard Schroeder ,avec le  gazoduc  North Stream, tout comme pour Hartz IV, aura fait preuve de vision salutaire à long terme pour l’Allemagne. Le gazoduc sous marin  de la Baltique  devrait assurer à terme la moitié de la consommation allemande de gaz.

Historiquement la Prusse et la Russie ont souvent fait bon ménage et la Grande Catherine était allemande. Les Allemands sont situés entre les peuples de l’Ouest  européen et les Slaves. Le rapprochement avec la France, c’est la petite Europe avec  la solution franque. Le rapprochement avec la Russie, c’est l’accès aux grands espaces russes et la grande Europe continentale ! Nietzsche affirmait déjà  qu’une synthèse européo-slave était la seule possibilité d’échapper à un effacement total de l’Europe.

 

L’Allemagne éternelle est européenne, continentale et non pas atlantiste.. L’Allemagne n’est plus « la fille ainée de l’OTAN » car en février 2003, l’hebdomadaire Der Spiegel pouvait titrer en couverture : « Révolte contre l’Amérique-David Schröder contre Goliath Bush ». Depuis cette date, selon Günther Grass, elle n’est plus un « protectorat américain ».25% seulement des Allemands continuent à « aimer les Etats-Unis ».

Avec le temps, les Allemands deviennent donc de moins en moins dupes et se demandent à juste titre pourquoi ils devraient remercier les Etats-Unis d’avoir concouru à leur défaite ; tout au plus, peuvent-ils les remercier pour n’être pas devenus communistes, ce qui est par contre parfaitement exact et indubitable.Selon Godard « l’Allemagne a été le pays le plus proche des Etats-Unis. C’était leur concurrent dans beaucoup d’industries. Il fallait qu’ils la réduisent à leur merci ».

 

L’évènement capital de la période actuelle, c’est la prise d’autonomie de l’Allemagne, premier exportateur au monde, son retour sur la scène internationale. L’Allemagne n’a plus la volonté de faire survivre l’idéal impérial romain et ne fait plus peur à ses voisins ; elle n’a  donc plus de raisons d’avoir peur d’elle-même. Elle est une grande nation démocratique, pacifique et soucieuse de maintenir sa prospérité au  cœur du continent européen que, dans la première moitié du XXe siècle, elle a mis par deux fois à feu et à sang au nom de l’idée, aujourd’hui heureusement oubliée, d’empire allemand.

Les milieux dirigeants cherchent avec, dans les  faits, plus de détermination que la France, une réponse européenne au formidable déséquilibre qui marque les  relations avec les Etats-Unis. L’Alliance atlantique, même si elle demeure une pierre angulaire, n’est plus «  une vache sacrée »  comme  avait pu le rappeler  Rudolf Scharping, ancien  ministre de la Défense.  La fin du tabou transatlantique est l’évènement majeur de la politique allemande depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Les Etats-Unis découvrent avec stupeur que, désormais réunifiée et le danger soviétique disparu, l’Allemagne n’a plus besoin de leur protection nucléaire et dispose enfin des moyens de mener une politique plus indépendante  à leur égard.

 

L’Europe centrale, l’ « hinterland » de l’Allemagne absorbe aujourd’hui 9,4% des ventes allemandes à l’étranger, soit davantage que les Etats-Unis (8,7%). Le commerce de l’Allemagne se détourne, en part relative, de plus en plus des Etats-Unis. Lors d’une réunion d’un  traditionnel « dialogue de Saint Petersbourg » coprésidé par Lothar de Maizière, dernier chef de gouvernement de l’ex RDA et Mikhaïl Gorbatchev, certains participants ont évoqué une  stratégie de « rapprochement par interpénétration »  entre l’UE et la Russie, mais qui concernait l’Allemagne et la Russie  au premier chef. L’Allemagne est de loin  le premier partenaire commercial  de la Russie (14% des exportations et 7.8% des importations), le premier investisseur étranger (plus de 10 milliards de dollars) et fut le premier créancier, détenant jusqu’à 20 milliards de dollars de la dette extérieure, soit la moitié très exactement, jusqu’à son remboursement intégral dans le cadre du Club de Paris.

 

Dans son essai  « Après l’Empire », Emmanuel Todd montre qu’il existe bien un « conflit de civilisation » entre l’Europe, mais plus particulièrement entre l’Allemagne, et les Etats-Unis. « En Europe, le comportement nouveau de l’Allemagne, puissance économique dominante, est le phénomène important. La révolution libérale américaine menace beaucoup plus la cohésion sociale allemande que le modèle républicain français, plus libéral dans ses habitudes, combinant individualisme et sécurisation par l’Etat. Si l’on pense en termes de « valeurs sociales », le conflit entre la France et les Etats-Unis est un demi-conflit ; l’opposition entre les conceptions américaine et allemande est en revanche absolue…Les Français, empêtrés dans le souvenir du général de Gaulle, se croyaient jusqu’à très récemment seuls capables d’indépendance. Ils ont du mal à imaginer une Allemagne se rebellant, au nom de ses propres valeurs. Mais l’émancipation de l’Europe, si elle se fait, devra autant au mouvement de l’Allemagne qu’à celui de la France » (78). La majorité des Allemands attend de ses hommes politiques qu’ils inventent un « nouveau modèle rhénan » adapté à l’époque ; ce dernier ne reposerait pas sur la « domination de l’argent »

 

« Nous voulons être des Européens d’Allemagne et des Allemands d’Europe » disait Thomas Mann. Lorsque la chancelière Angela Merkel ,en pleine crise de l’euro, déclare  très intelligemment: »Il est temps de réaliser des progrès vers une Europe nouvelle. Une communauté qui dit, quoi qu’il se passe dans le reste du monde,qu’elle ne pourra plus changer ses règles fondamentales ne peut tout bonnement  pas survivre (..) Parce que le monde change considérablement, nous devons être prêts à répondre aux défis.Cela signifiera davantage d’Europe,et non pas le contraire »,la chancelière ne fait que mettre à éxécution les paroles prophétiques et géniales du Général de Gaulle , le 29 Mars 1949 lors de sa conférence de presse au Palais d’Orsay « Moi je dis qu’il faut faire l’Europe avec pour base un accord entre Français et Allemands. Une fois l’Europe faite sur ces bases, alors on pourra essayer, une bonne fois pour toutes, de faire l’Europe toute entière avec la Russie aussi,  dut elle changer de régime. Voilà le programme de vrais Européens. Voilà le mien »

 

                        

 

 

 

                                                                  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                        

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