Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 12:38

          Les réformes, puis le recours à la BCE, seule voie  possible pour sortir de la crise !

 

 

Par Marc Rousset, écrivain, économiste, auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »

 

 

C’est  encore l’Allemagne qui ,seule contre tous les Etats  démagogues européens  nous ayant amené à la situation catastrophique actuelle  , a entièrement raison ! Avoir recours  immédiatement à la BCE amènerait une inflation substantielle et aurait pour effet de diminuer la pression pour les réformes structurelles  indispensables à effectuer en Grèce, en Italie, en Espagne et en France ! L’Allemagne a heureusement été vaccinée contre l’hyper-inflation  en 1924 !

 

Or que se passerait il si l’on écoutait le Président  Nicolas Sarkozy  , toujours à  la recherche de la facilité  avec des propos lénifiants  pour satisfaire sa seule ambition de se faire réélire : recourir à la planche à billets de la BCE !  Et pourtant quel  serait   aujourd’hui  le réel , urgent  intérêt de la France ? Que les réformes structurelles  soient mises en place immédiatement pour rassurer les marchés, à savoir lutte effective dès maintenant  contre les dépenses : fin des 35h, retraite à 65 ans, diminution des prestations sociales, arrêt de l’immigration dont le coût est de 70 milliards par an, s’attaquer  aux dépenses publiques et  au surnombre des  2 millions de fonctionnaires français (90 fonctionnaires pour 1000 habitants en  France contre 50 seulement  pour l’Allemagne, soit  un surcoût par rapport à L’Allemagne de 120 milliards d’euros par an !) Si notre Président avait la carrure et la grandeur d’un Charles de Gaulle en pensant au seul intérêt de la France,  il prendrait au mot les socialistes et mettrait en place pour le budget  2012 la fameuse règle d’or, ce qu’il se garde bien de faire ! Si les vannes de la BCE devaient s’ouvrir dès  maintenant, les réformes structurelles en Italie, en Espagne, en Grèce et à venir en France après l’élection présidentielle n’auraient aucune chance de se réaliser. Etant donné l’absence totale de vertu  et de sérieux des politiciens sud-européens France incluse, la zone euro et l’Allemagne se trouveraient embarquées  vers l’inflation monétaire   avec des dépenses publiques et sociales toujours aussi folles diminuées seulement  par des effets d’annonces pour satisfaire la galerie(« lip service ») !

 

Il est peu probable que le mécanisme du Fond  européen de stabilité financière de  1000 milliards d’euros se mette en place comme prévu car les investisseurs ,soucieux du risque qu’il représente , comme l’a montré le dernier emprunt de 3 milliards d’euros , ne sont pas enthousiastes . Quant aux  pays émergents comme l’Inde, la Chine et le Brésil , ils comprennent mal à juste titre pourquoi ils devraient prêter et faire l’aumône  à des pays hédonistes insouciants  six fois  plus riches qu’eux, mais  incapables de se serrer la ceinture !

 

S’il est donc  vrai que la BCE détient la seule solution  finale à la crise, qu’elle est la seule à même de soutenir la confiance envers les banques et les investisseurs, il faut qu’elle intervienne seulement dans un deuxième temps , les réformes effectuées, afin d’apporter un règlement effectif et non inflationniste à la crise de l’euro. Si la BCE se mettait au niveau de ses homologues anglaises et américaines (quantitative easing), elle pourrait racheter selon l’économiste Laurence Boone de BofA Merrill Lynch « entre 750 et 1500 milliards d’euros d’obligations d’Etat, sans remettre en cause son mandat de stabilisation des prix » . Ces montants colossaux montrent qu’ils ne sont pas illimités et que pour se sauver, la zone euro doit commencer par se sauver elle-même avec  des  drastiques réformes structurelles et budgétaires.  Aide toi et le Ciel t’aidera ! C’est bien comme cela que l’entendent et le comprennent à juste titre le très francophile Wolfgang  Schaüble et  la chancelière Merkel !

 

De même que l’Allemagne  a su tirer très habilement son épingle du jeu après la création de l’euro en augmentant sa compétitivité  grâce à  son sérieux, à l’intelligence de ses syndicalistes et  aux lois Hartz IV  de Gerhard Schroeder, prenons l’opportunité que nous donne cette très grave  crise de l’euro pour  faire un bien d’un mal en rétablissant la compétitivité de la France, en lui redonnant de sa puissance économique par rapport à l’Allemagne, tout en sauvant  l’euro sans inflation et en avançant dans la création d’une Europe continentale  politique, économique, sociale ,fiscale  et militaire sous directoire franco-allemand se rapprochant enfin officiellement  de la Russie (1)!  La seule alternative, c’est la fin de la monnaie unique et  la  dévaluation des monnaies  nationales avec l’hyperinflation , le chaos  économique et politique, un coup sans doute  fatal porté à l’Europe Puissance. Le choix devrait être vite fait…Il n’y a pas à hésiter ! Que les pays sud-européens  dont la France commencent par  se  réformer  en  arrêtant de rêver  et  en se  regardant  dans une glace! Retour aux réalités économiques  et à la Real-Politik !

 

(1)    Marc Rousset-La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou-Editions Godefroy de Bouillon-589p-2009

Repost 0
Published by marcrousset
commenter cet article
26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 12:35

Immigration extra-européenne et identité : Les erreurs de la Nouvelle droite et de l’Eglise catholique romaine

 

par Marc Rousset, auteur de « La Nouvelle Europe  Paris-Berlin-Moscou »

 

Le dernier numéro de la revue Eléments pose la question en gros titre de couverture  et s’interroge pour savoir si certains intellectuels dits de La Nouvelle droite  dans leur combat remarquable  contre le monde individualiste,  droit de l’hommiste , globalisé ,anglo-saxon , et de la consommation  effrénée n’ appartiendraient pas  en fait à la Nouvelle gauche ?

Après tout ,  le fait que Mohammed soit le nouveau prénom le plus usité  des naissances dans la région bruxelloise ne serait pas aussi grave que certains Européens traditionalistes, xénophobes et dépassés auraient tendance à le croire ! Finalement, une identité n’est pas immuable en soi et ne peut qu’évoluer au fil des siècles. ..L’immigration extra-européenne,  à tout prendre, est un moindre danger pour notre identité européenne que le règne aliénant de la marchandise et de la consommation. Le vrai danger serait le capitalisme financier visant toujours plus à étendre son empire et transformant les êtres vivants en objets inanimés (1)

Nous tenons à nous élever avec force contre cette idée qui est très belle sur le papier et qui se rapproche effectivement de la conception (Weltanschauung) des hommes de gauche pratiquant trop facilement  et allègrement le déni des réalités.

Le véritable et plus grave  danger  pour les Français qui se définissent avant tout comme des Européens de langue française, c’est bien l’inacceptable phénomène migratoire extra-européen car il porte atteinte, au-delà des risques évidents de guerre civile et à une difficile politique du retour, d’une façon irréversible, à l’identité européenne, à la substance ethnique du peuple français. Le système économique, lui, pourrait  être adapté et changé sans trop d’encombres du jour au lendemain ! (fin du libre échange, mise en place de la préférence communautaire, mise en place d’un capitalisme volontariste industriel). L’immigration au contraire, engage la patrie charnelle du peuple français qui a pris son origine bien avant 1789. Le système économique suicidaire actuel ne présente pas les mêmes dangers à long terme ; il est , nonobstant les trop nombreuses  vies  déjà gâchées et les emplois définitivement  perdus  suite aux délocalisations inconscientes, plus facilement  modifiable et réversible.

Lorsqu’on voit les réactions de jeunes vierges effarouchées telles que celles de Jean-Pierre Raffarin ou de Michel Rocard, suite au renvoi volontaire avec un pécule de 300 euros, avion payé, de quelques Roms dans leur pays d’origine, on réalise à quel point est grave pour la société française le cancer mortel droit de l’hommiste. La réaction des élus de l’UMPS est d’autant plus inacceptable que ces mêmes Roms expulsés auront le droit de revenir d’ici quelque temps dans notre douce France ! En fait , pour la majorité d’entre eux, ce sont des congés payés dans leur pays d’origine aux frais du contribuable français ! A noter  également que  La France est un des rares pays au monde où des clandestins peuvent manifester publiquement  et tranquillement pour se faire régulariser   à tour de bras !

Ces réactions de l’UMPS sont d’autant plus stupides et scandaleuses que ces expulsions ne contribuent en rien  et pas le moins du monde à la diminution du véritable  danger  migratoire qui consiste, sous le règne médiatique  des seuls effets d’annonce du Président Sarkozy, à ne rien faire contre l’entrée annuelle  effective de 250 000 nouvelles  personnes par an en France, essentiellement du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne, soit une nouvelle agglomération lilloise  extra-européenne tous les 3 ans dans l’hexagone , nonobstant une natalité délirante de ces nouveaux arrivants  et un nouvel appel d’air pour les mariages mixtes et les regroupements familiaux ! Et avec Madame Ségolène Royal , Madame Aubry et les socialistes, ce serait 450 000 personnes par an !

Quant aux réactions de certains hommes d’Eglise pour ces mêmes Roms,  elles nous rappellent que le christianisme a contribué au déclin et à la chute de l’Empire romain. Thomas Molnar a bien analysé les causes principales de la décadence européenne actuelle qui prennent leurs sources dans l’Eglise catholique romaine, l’Université et la Culture.(2)

Orateur et homme politique important vivant au IVème siècle, époque du chaos qui vit triompher le christianisme, Symmaque  le romain est célèbre pour avoir protesté publiquement quand les chrétiens, soutenus par Théodose, enlevèrent du Sénat de Rome, en 382, la statue et l’autel  de la Victoire. Tout cela se termina par le sac de Rome par  Alaric en 410 ! L’Europe avec une fin possible du christianisme connaitra t- elle un sort équivalent à la fin de l’Empire romain et du paganisme, se demandait à juste titre Thomas Molnar ?

L’Eglise catholique, les droits de l’hommistes, les intellectuels soit disant éclairés contribuent donc à cette « peste de l’esprit » selon Dominique Venner (3) qui s’est étendue à l’ensemble du monde blanc jusqu’à combiner sournoisement son autodestruction par la voie d’un brassage généralisé. Nietzsche avait aussi déjà vu le danger voyant dans le christianisme la religion des faibles avec tout ce que cela comporte de beau pour les envolées humanitaires , mais aussi de risques mortels et bien réels pour notre civilisation. Jean Raspail dans « le Camp des Saints «  a également dénoncé  avec  une très belle ironie  l’irresponsabilité droit de l’hommiste  de l’Eglise et de notre société face à l’invasion migratoire.

Seuls résistent finalement  à ces absurdités et à la catastrophe programmée, comme à la veille de la chute de l’Empire romain, quelques intellectuels épars, quelques hommes et  partis politiques, le  bon sens, l’âme populaire, la Russie et ne l’oublions pas, l’Eglise orthodoxe qui a un point de vue très différent de l’Eglise catholique romaine. Selon la religion orthodoxe, « il existe des valeurs qui ne sont pas inférieures aux droits de l’homme tels la foi, la morale, le sacré et la Patrie »

N’est ce pas un certain Poutine qui a prédit qu’au rythme où vont les choses, « la France finirait par devenir la colonie de ses anciennes colonies » ! Seuls le populisme, le nationalisme et la droite identitaire peuvent sauver la France ! La situation est grave. Il n’est plus possible de rester « Zen », de jouer au philosophe éclairé  à l’esprit  impassible et supérieur. L’heure semble bien au contraire venue de baisser les masques, de sortir  très vite du bois et de  donner la Garde car sinon la bataille dores et déjà engagée pour la survie de l’identité française et européenne pourrait  bien être définitivement perdue !

 

                                                                                          M.Rousset*

 

*Auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »-Editions Godefroy de Bouillon-538p-2009

(1) Alain de Benoist-Nous et les autres-Problématique de l’identité-p 134-Krisis- 2007

(2)Thomas Molnar- Moi, Symmaque- L’Age d’Homme-Lausanne-Paris-2000

(3) Dominique Venner-Histoire et tradition des Européens-Editions du Rocher-p 38- 2009

Repost 0
Published by marcrousset
commenter cet article
26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 12:30

      Le Rôle décisif de la Russie et non pas de l’Amérique pendant les deux dernières  guerres mondiales*

 

*  par Marc Rousset, Auteur de «  La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »–Editions Godefroy de Bouillon-538p-2009

 

 

L’Europe  aime les Russes, mais pas la Russie, en raison de la propagande américaine, des médias et de deux grands mensonges historiques. Ce n’est pas l’Amérique, mais la Russie qui a joué le rôle décisif pendant les deux dernières guerres mondiales contre l’Allemagne impériale et le nazisme ;  Natalia Narotchnitskaïa l’a rappelé opportunément  dans son  ouvrage (1).  La Russie est une partie intégrante, souffrante, sacrificielle, disait même Pouchkine de la civilisation européenne.

« Les Américains, disait Godard, ont toujours attendu que l’Europe s’entre-tue pour intervenir ; ils sont venus quand tout le monde était fatigué, jamais au début, ni en 1914, ni en 1940. Tout ce qu’ils veulent, c’est envahir ; ils veulent envahir parce qu’ils n’ont pas d’histoire ; ils ont besoin d’envahir les gens qui en ont ».

 La seconde guerre mondiale a été gagnée par la Russie dont les sacrifices humains  avant, pendant et après Stalingrad ont permis de vaincre l’Allemagne nazie qui avait lancé le 22 juin1941 à quatre heures du matin l’opération Barbarossa.  C’est à vingt kilomètres de Moscou que des divisions venues de Sibérie soutenues par le « général hiver » avec une température de -30°C  arrêtèrent  pour la première fois  le 5 décembre 1941 l’offensive de la Wehrmacht. A Stalingrad s’affrontèrent dans une bataille acharnée, de juillet 1942 jusqu’à la capitulation du général Friedrich von Paulus, le 2 février 1943, deux armées de plus d’un million d’hommes, avec une violence qui dépassa toutes celles de la première guerre mondiale pour chaque maison, chaque château d’eau, chaque cave, chaque morceau de ruine. Mais c’est l’offensive allemande  manquée  de Koursk , le 4 juillet 1943, « la plus grande bataille de chars de l’histoire »  avec trois corps blindés, soit  2000 chars et deux corps d’armée d’infanterie sur soixante kilomètres du côté allemand et 20 000 pièces d’artillerie, trois cent pièces d’artillerie par kilomètre de front, des champs de mines d’une densité de 2500 appareils au kilomètre carré, du côté soviétique , qui va permettre à l’Armée rouge dès le 12 Juillet 1943 de s’engager  à fond dans l’offensive jusqu’à la défaite de l’Allemagne.  La Russie a versé un tribut de 23 200 000  morts civils et militaires  sur l’autel de la guerre totale  contre Hitler. La seule URSS a perdu la moitié des victimes de l’ensemble du conflit de 1939-1945.

 Le débarquement de Normandie, en juin 1944, n’est intervenu que tardivement, alors que les troupes russes avaient déjà atteint la frontière orientale de l’Allemagne. Le débarquement allié a eu pour seul et principal  effet d’éviter que l’Europe entière devienne soviétique. Il y avait 26 divisions allemandes sur le front occidental contre 170 divisions sur le front de l’Est. Les pertes de l’Amérique en Europe  ont été de 182 070  tués pour l’ensemble des campagnes de 1941 à 1945, alors que pour la seule prise de la ville de Berlin, l’Amérique ayant préféré laisser faire et agir seule l’armée soviétique, les Russes ont perdu  300 000 hommes du 25 avril au 3 mai 1945. La Russie a donc eu, pour la prise de Berlin, plus de tués que les pertes militaires  américaines totales (292 000) des fronts européen et  japonais de décembre 1941 à août 1945 (2). Que ce soit au Japon avec le lancement de la bombe atomique en 1945 à Nagasaki et Hiroshima, à Dresde et à Hambourg avec le lancement de bombes au phosphore sur les réfugiés  pendant la deuxième guerre mondiale, au Vietnam, ou  plus récemment en Irak et en  Europe  avec les Serbes défendant leur territoire national , les Anglo-Saxons  excellent  toujours à engager l’aviation et à bombarder les populations civiles pour  diminuer le nombre de leurs propres pertes militaires en hommes. 

 

Mais ce qui est beaucoup moins connu, c’est la vérité historique sur le triste record des pertes de la Russie de Nicolas II et de la Russie républicaine qui lui a succédé en 1917. Qu’on en juge : sur les 15 378 000 hommes mobilisés pendant la période 1914-1917, 6 400 000 furent tués ou blessés dont 2 700 000 pour la seule année 1916 au cours de laquelle des offensives de grande envergure furent entreprises par l’armée russe pour soulager l’armée française engagée à Verdun, l’armée italienne en déroute dans la région du Trentin en mai 1916, et l’armée roumaine battue en plusieurs endroits en août -septembre 1916. C’est à juste titre que le maréchal Foch pouvait dire : « Si nous avons pu tenir de la Marne à Arras et finalement à l’Yser, c’est que la Russie de son côté retenait une notable partie des forces allemandes ». En ce qui concerne le  chiffre exact du nombre de tués, la Russie avec 1700 000 tués eut même davantage de tués que la France saignée à blanc (1500 000) et légèrement moins que l’Allemagne (1 800 000)  contre à peine 100 000 pour les Etats-Unis ! Les pertes énormes de l’armée russe s’expliquent par le retard de l’industrie de l’armement et sa capacité de production tout à fait insuffisante, tous facteurs conduisant à une pénurie dramatique en armes et en munitions, laissant les troupes désarmées devant l’artillerie allemande. (3)

 

Lorsque les Etats-Unis entrèrent en guerre en 1917, l’armée allemande était dans un état de crise lui laissant peu d’illusions sur l’issue finale de la guerre. C’est là l’une des raisons qui ont poussé l’état major allemand à permettre la traversée de l’Allemagne du « wagon plombé » contenant Lénine et ses bolcheviques qui prirent le pouvoir, à la suite d’un putsch à Petrograd le 6 novembre 1917, et mirent fin à la guerre, en ce qui concerne la Russie.

 

Les Etats-Unis ont fait la guerre pour que l’Europe ne soit ni soviétique ni allemande  et non pas pour défendre la liberté des Européens.

 

Les naïfs croient  et les médias répètent  continuellement que les Etats-Unis sont venus libérer les Européens en 1944, de la même façon que  Lafayette avait défendu l’indépendance des Etats-Unis à la fin du XVIIIe siècle. Tout cela est aussi faux que la propagande  médiatique américaine du plan Marshall qui a été élaboré, selon les dires mêmes  du  professeur Lodge à Harvard, non pas pour aider généreusement les Européens dans leurs efforts de reconstruction, mais tout simplement pour éviter que l’Europe devienne communiste et soviétique. George Marshall raisonnait moins en économiste qu’en diplomate et chef de guerre, soucieux avant tout de contenir l’Union soviétique ! Le mythe de Lafayette, combattant désintéressé pour la liberté, et son discours au Congrès en 1824, c’est également du folklore lyrique pour politiciens démagogues, oublieux des vérités historiques, de la géopolitique et de la « Realpolitik ». 

 

« Nous ne sommes pas venus en Europe sauver les Français. Nous sommes venus parce que nous, les Américains, nous étions menacés par une puissance hostile, agressive et très dangereuse… ». C’est d’un  opuscule que l’armée américaine distribua à ses soldats à la Libération que Philippe de Gaulle tire cette citation, publiée dans son livre « De Gaulle, mon père ». «  Mon père le répétera, ajoute-t-il, les Américains qui sont morts en libérant la France sont morts pour les Etats-Unis d’Amérique et pour personne d’autre. De même que tous les Français qui sont morts sur un champ de bataille, y compris pour l’indépendance des Etats-Unis d’Amérique, sont morts pour la France et le roi qui la personnifiait ». La France de Louis XVI a aidé les Etats-Unis dans leur guerre d’indépendance non pas pour défendre leur liberté, mais par simple désir politique  de revanche du calamiteux  traité de Paris de 1763, afin de  mieux  contrer la puissance britannique.

 

Avec le temps, les Européens deviennent donc de moins en moins dupes et se demandent à juste titre pourquoi ils devraient remercier les Etats-Unis ; tout au plus, peuvent-ils les remercier pour n’être pas devenus communistes, ce qui est par contre parfaitement exact.

 

                                                                                                                                 M.Rousset

 

      1) Natalia Narotchnitskaïa  –  Que reste-t-il de notre guerre ? – Editions des Syrtes,

            Février 2008

      2) Pieter Lagrou- La violence de guerre 1914-1945, p322 – Complexe – Bruxelles - 2002

       3) Général (CR) Andolenko - Histoire de l’armée russe-  Flammarion/Histoire, 1967

 

 

 

Repost 0
Published by marcrousset
commenter cet article
16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 11:42

                            Les prétentions à une justice universelle relèvent de l’utopie !

 

Selon Marc Rousset, économiste, écrivain, « auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »

 

 

N’oublions pas Dresde et le honteux anniversaire  du 13 Février 1945 ! Dans  son ouvrage « L’Incendie, l’Allemagne dans la guerre des bombes 1940-1945 »(1) Jörg Friedrich nous  rappelle  que les 135 millions de tonnes de bombes essentiellement anglo-américaines lâchées sur l’Allemagne (et 0.58 millions de tonnes sur la France avec 20 000 morts français) ont fait plus de 600 000 victimes, la moitié dans les derniers neuf mois de guerre. Les Allemands avaient bombardé Varsovie, Rotterdam et Belgrade, ils avaient détruit Coventry (50 000 tués en Angleterre). Friedrich estime qu’on ne peut effacer des crimes de guerre par d’autres crimes, surtout pas en tuant dans d’atroces souffrances près de 80 000 enfants et adolescents de moins de 14 ans. Ce livre s’inscrit en force dans la chronique littéraire des souffrances allemandes, relancée également par le roman du Prix Nobel Günter Grass sur le torpillage du « Wilhelm Gustloff » par un sous-marin soviétique. Le document de Friedrich se lit comme un roman avec des descriptions vraies de l’horreur de ces attaques sur l’Allemagne profonde.

Le 14 février 1942, le ministère britannique de l’Armée de l’air  donnait l’ordre au « Bomber Command » de « briser par des tapis de bombes le moral de la population civile allemande, en particulier des ouvriers de l’industrie ». Or de nombreux prisonniers et travailleurs étrangers remplaçaient dans les ateliers les Allemands mobilisés et les villes étaient peuplées surtout de femmes, d’enfants et de vieillards, à moins qu’on n’ait voulu précisément tuer les familles des soldats pour les démoraliser.

Au cours de l’été 1942, Staline se plaignit à Churchill à Moscou que l’Angleterre n’aidait pas assez la Russie qui perdait 10 000 hommes par jour au front. Churchill promit de « détruire chaque logement ou presque dans chaque ville allemande ». La sténo a noté : « Mr Stalin smiled and said that would not be bad » (M. Staline a souri et  a rétorqué que cela ne serait pas mal).

Le résultat fut l’éradication des métropoles et d’innombrables bourgades, avec des paroxysmes comme la petite ville d’horlogers de Pforzheim où une attaque en février 1945 tua 20 000 des 60 000 habitants. On avait testé les bombes incendiaires sur Lübeck en mars 1942. L’opération « Gomorrhe » sur Hambourg en août 1943 se solda par 40 000 tués, asphyxiés ou brûlés vifs dans un incendie de 20 km2 (44% des immeubles détruits). Cologne, Brême, Würzbourg, Fribourg et bien d’autres cités furent rasées. En Août 1944, ce fut l’opération « Tonnerre » contre Berlin : 20 000 bombardiers tuèrent ou blessèrent 220 000 habitants. En février 1945, ce fut le tour de la ville de  Dresde qui était bourrée de réfugiés en provenance  de l’Est,  avec des bombes au phosphore pour transformer les êtres humains en torches vivantes et les égouts en feu..!  Dans les nuits du 13 au 15 février 1945, les bombes lâchées par 800 bombardiers alliés sur Dresde font 135 000 morts et détruisent 80% de la ville.

Les Britanniques, en particulier le chef du « Bomber Command » Arthur Harris que les Allemands considèrent comme un criminel de guerre, prétendaient dresser la population contre Hitler par ce « moral bombing », mais la Gestapo et la guillotine travaillaient sans relâche en Allemagne. Les bombardements de terreur sur la population civile allemande furent un échec, mais constituaient des crimes de guerre car ils visaient expressément des populations civiles pour faire capituler des militaires. Au lendemain du jugement de Nuremberg, le général américain Curtis Lemay, commandant des forces alliées en Europe, responsable de l’opération « Pointblank » , l’un des stratèges des bombardements qui rasèrent les villes allemandes a pu dire : « Si Hitler avait gagné, c’est moi qui aurais été jugé pour crimes de guerre ». Arthur Harris avait lui aussi  sa place, bien que très loin derrière Staline, « le mangeur d’hommes », le tyran rouge, l’un des plus grands criminels de l’Histoire avec 7  millions de morts en 1932-1933 suite à  la famine planifiée en Ukraine et 11 millions d’ennemis de classe entre 1937 et 1941, sur les bancs des accusés devant le tribunal de Nuremberg. Staline, tout comme l’Amérique et l’Angleterre, était juge de fait à Nuremberg, lieu de justice des droits de l’homme, mais aussi lieu de justice unilatéral des vainqueurs envers les vaincus.

 

 Dans le même registre que n’aurait-on pas dit et écrit, à juste titre,  pendant deux siècles sur Hitler, ce dont il était indubitablement parfaitement capable, si c’était lui qui avait fait lâcher deux bombes atomiques sur le Japon,  car il s’agissait bien d’un acte monstrueux d’assassinat collectif  et dans les pires souffrances de civils japonais (2). La bombe atomique lancée le 6 août 1945 par le bombardier  B-29 Enola Gay sur Hiroshima (200 000 morts et 150 000 blessés) et celle lancée le 9 août 1945  sur Nagasaki (120 000 morts et 80 000 blessés) n’étaient pas des bombinettes chirurgicales aseptisées, privilèges dont disposent d’une façon surprenante  les seules  bombes anglo-saxonnes dans les médias. La vérité historique, c’est que ce sont ni les nazis, ni les Soviétiques, mais bien seulement l’Amérique qui a vitrifié. Seuls les morts de  civils innocents bombardés par les Occidentaux  ne constituent pas des crimes de guerre  car ils le  sont pour la bonne et juste cause : à savoir diminuer leurs  pertes militaires en hommes, que ce soit en Allemagne, au Japon, au Vietnam, en Serbie , en Irak…et tout dernièrement en Libye..

Et là encore au Japon, la soi-disant justice internationale n’a  fonctionné dans des conditions très critiquables que pour les vaincus. On peut se demander , pourquoi, sauf pour des raisons de « Realpolitik » bien compréhensibles n’ayant plus rien à voir avec la justice, le général puis premier ministre Hideki Tojo fut pendu,  alors que  l’empereur Hiro-Hito ne fut pas  inquiété et  mis hors de cause. Les simples soldats, le peuple japonais et l’empereur avaient  été  soit disant victimes d’une  conspiration attribuée à une petite clique de militaires, qui ont en en fait servi de « lampistes » et de boucs émissaires. Dans un livre fouillé, l’historien Jean-Louis Margolin vient de démontrer que le peuple japonais avait dans son ensemble consenti à la tentation impérialiste avec pour corollaires la fanatisation du soldat nippon, le mépris de la mort vécue comme un honneur quand elle est obtenue au combat, les violences, les crimes de guerre, la barbarie, les 35 millions de victimes en Chine, et des milliers d’Oradour (3).  Dans son livre de référence sur le Japon de l’après-guerre, Embracing Defeat (4), John Dower a montré à quel point le procès de Tokyo (mai 1946-Novembre 1948) n’a pas été le modèle de justice internationale qu’il affichait. Il rapporte notamment que, sur les onze juges, cinq, dont le président du tribunal, formulèrent des opinions critiques sur la conduite du procès et sur ses conclusions.

La morale de Dresde, d’Hiroshima , du Procès de Tokyo et  de la dernière  honteuse intervention  occidentale en Libye dans un conflit tribal interne à ce pays, c’est que les prétentions à une justice universelle relèvent  de l’utopie.

                                                                                                                               

                                                                                                                                                    M.Rousset

 

      1) Jörg Friedrich, Der Brand Deutschland im Bombenkrieg 1940-1945, Propylaën,

             Berlin, 2003

      2) Avoir détruit Hiroshima, correspondance de Claude Eatherly, le pilote d’Hiroshima,

             avec Günther Anders, préfaces de Bertrand Russell et Robert Jungk, Robert Laffont,

             Paris 1962, p.7

      3)  Jean-Louis Margolin - L’Armée de l’empereur, violences et crimes du Japon en

              guerre  1937-1945 - Armand Colin- 479 p

      77) John Dower, Embracing Defeat, Japan in the Aftermath of World War II, Penguin

            Books, New York, 1999

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by marcrousset
commenter cet article
15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 12:13

                      Le Tribunal de l’histoire ne reconnait  que les vainqueurs  finaux  

 

Par Marc Rousset, Auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »-589p-Editions Godefroy de Bouilon-2009

 

 

Julien Freund  dans « l’essence du politique » remarquait que la morale, domaine du privé, ne  peut interférer avec le politique, domaine de l’espace public, de l’histoire et de la survie politique. L’histoire  est le domaine  de la loi du plus fort  et de la « RealPolitik » quel que soit le camouflage dont on l’habille. L’IrrealPolitik du politiquement correct et des droits de l’hommistes se refuse de penser la conflictualité, ce qui est un déni des réalités. Et selon l’ancien chancelier Bismarck, cité par Vladimir Poutine, « l’important n’est pas l’intention, mais le potentiel ». Quant à  Joseph S .Nye, ancien vice-secrétaire de à la Défense, «  la puissance militaire est à la sécurité ce que l’oxygène est à la respiration : on n’y prête guère attention, sauf lorsqu’on vient à  manquer », comme en Libye, où les forces  aérienne françaises et anglaises manquent de munitions et  ne peuvent se passer  des AWACS et  de l’aide américaine pour mettre en place la zone d’exclusion aérienne. A quand  la sortie de l’OTAN,  une véritable défense européenne avec un noyau dur  franco-allemand et un budget de défense double pour ces deux pays , soit 3% minimum  du PIB, permettant de mettre en place les bases d’une véritable défense européenne ? Le Général de Gaulle avait porté l’effort de défense  militaire de la France jusqu’à 5.1%du PIB !

 

Guilllaume Faye dans « La Nouvelle question juive » remarque   combien il est rigoureusement impossible qu’Israël, qu’il se fasse un faucon ou colombe , puisse un jour vivre en paix avec les Arabes dans une zone de co-prospérité comme le souhaite l’ONU. Le Droit sur une terre invoqué par les Juifs comme par les Arabes , ne vaut rien face aux faits car seuls comptent la force, la fécondité et la capacité de se maintenir. Personne n’a jamais raison face au Tribunal de l’histoire qui ne reconnait que  les vainqueurs finaux.

Quant au royaume franc de Jérusalem, né de la Première croisade  et de la prise de Jérusalem, le 15juillet 1099 par Godefroy de Bouillon, il ne dura que deux siècles. Après de nombreuses péripéties et malgré une troisième croisade conduite par Philippe II Auguste et Richard Cœur de Lion, tout comme une croisade de Saint Louis qui gouverna le royaume de 1250 à 1254, le sultan mamelouk Baybars reprit petit à petit les différentes places fortes du royaume. La dernière place forte franque fut Saint Jean d’Acre qui tomba le 28 Mai 1291.

A Montréal , dans les années 1970, il était  complètement illusoire d’espérer pouvoir garder Montréal  bilingue. Soit Montréal devenait anglophone, soit Montréal devenait francophone. Dans le pseudo équilibre bilingue de l’époque, les anglophones grignotaient en fait les francophones car les immigrants, au nom de la liberté du père de famille envoyaient leurs enfants  dans les écoles anglophones. Seule la loi 101, suite à l’action terroriste  du Front de Libération Québécois et politique du Parti Québécois , a fait triompher dans l’immédiat les  francophones qui se sont inspirés de la maxime de Lacordaire  comme quoi « c’est la liberté qui opprime et l’intervention qui libère »

 

DE même pendant la guerre de cent ans des Français d’Amérique , les « coureurs des bois » gagnèrent de magnifiques batailles (Fort Duquesne en 1754, Fort Carillon en 1758) ; ils occupèrent les terres vides en se mariant parfois avec les Indiens, menacèrent d’encerclement complet les colonies anglaises, mais perdirent la guerre car les Anglais s’étaient établis plus au Sud, beaucoup plus attractif pour le peuplement et l’activité économique  grâce  à des apports britanniques, hollandais, suédois et allemands. Par la suite, les colonies anglaises plus fortement peuplées n’eurent de cesse d’éliminer par la force les possesseurs français. En 1763, suite au Traité de Paris, l’Amérique du Nord était définitivement perdue pour la France. 

 Imaginons également  un instant ce que seraient aujourd’hui nos sociétés, notre droit, nos valeurs si l’Allemagne  avait gagné la deuxième guerre mondiale, ce dont il s’en est fallu de peu. Toutes les valeurs qui paraissent aujourd’hui évidentes et indiscutables  dans nos démocraties seraient inversées et la majeure partie des populations y adhérerait, tout comme la quasi-totalité des Allemands jusqu’au 8 Mai 1945. On a pu dire que la France jusqu’à la Libération comptait 40 millions de Pétainistes ! Malheur aux Vaincus…(Vae victis). Nos sociétés seraient aujourd’hui officiellement racistes ,pratiqueraient la préférence communautaire,   ne connaitraient pas  le libre échange mondialiste , l’immigration extra-européenne, vivraient le culte des héros, d’un pouvoir central  fort, du dépassement de soi, de l’abnégation totale pour son pays, d’un holisme sacré proche des valeurs traditionnelles de l’antiquité et de celle nos pères  à Verdun .. en lieu et place…  du droit de l’hommisme, de l’individualisme hédoniste matérialiste, du métissage, du culte de  l’argent, de l’antiracisme , de la démocratie… avec des lois qui seraient  exactement le contraire des lois liberticides Pleven et Gayssot.

Le  tribunal de Nuremberg, s’il fut effectivement  le lieu de justice des droits de l’homme,  fut avant tout le lieu de justice unilatéral des vainqueurs finaux envers les vaincus. Les prétentions à une justice universelle comme on le voit de nos jours avec le « deux poids, deux mesures » pour la Syrie et la Libye ou les Serbes et les Albanais du Kosovo, relèvent de l’utopie. Staline, le « mangeur d’hommes », le tyran rouge ,le responsable du massacre de plus de 4000 officiers polonais « nationalistes et contre-révolutionnaires » en 1940 dans la forêt de Katyn, l’un des plus grands criminels de l’Histoire avec 7 millions de morts suite à la famine planifiée en Ukraine en 1932-1933 et 11 millions d’ennemis de classe emprisonnés, fusillés, , torturés ou envoyés au Goulag , avait aussi sa place devant le tribunal de Nuremberg, alors qu’il en était  juge .

Au lendemain du jugement de  Nuremberg, le général américain Curtis Lemay, commandant des forces alliées en Europe, responsable de l’opération « Pointblank », l’un des stratèges des bombardements qui rasèrent les villes allemandes a pu dire : « Si Hitler avait gagné, c’est moi qui aurais été jugé pour crimes de guerre ». De leur côté les Britanniques, en particulier le chef du « Bomber Command »Arthur Harris que les Allemands considèrent comme un criminel de guerre, prétendaient dresser la population  par ce « moral bombing » contre Hitler, mais la Gestapo et la guillotine travaillaient sans relâche en Allemagne. Les bombardements de terreur sur la population civile allemande furent un échec, mais constituaient de crimes de guerre car ils visaient expressément des populations civiles pour faire capituler des militaires. De nombreux prisonniers et travailleurs étrangers remplaçaient dans les ateliers les Allemands mobilisés et les villes étaient peuplées surtout de femmes , d’enfants et de vieillards ; le but recherché était donc bien de tuer les familles des soldats pour les démoraliser. Les 135 millions de tonnes de bombes anglo-américaines lâchées sur l’Allemagne (à comparer avec  les seulement 0.58 millions de tonnes sur la France et  20 000 morts français) ont fait plus de 600 000 victimes en Allemagne. En février 1945 une attaque sur la petite ville d’horlogers de Pforzheim tua 20 000 des 60 000 habitants. On  avait testé les bombes incendiaires sur Lübeck en mars 1942. L’opération « Gomorrhe » sur Hambourg en août 1943 se solda par 40 000 tués, asphyxiés ou brûlés vifs dans un incendie de 20 km2 (44% des immeubles détruits). Cologne, Brême, Würzbourg, Fribourg et bien d’autres cités furent rasées. En Août 1944, ce fut l’opération « Tonnerre » contre Berlin : 20 000 bombardiers tuèrent ou blessèrent 220 000 habitants. En février 1945, ce fut le tour de la ville de  Dresde qui était bourrée de réfugiés en provenance  de l’Est,  avec des bombes au phosphore pour transformer les êtres humains en torches vivantes et les égouts en feu..!  Dans les nuits du 13 au 15 février 1945, les bombes lâchées par 800 bombardiers alliés sur Dresde font 135 000 morts et détruisent 80% de la ville. Le chef du « Bomber Command » Arthur Harris avait donc aussi sa place devant le Tribunal de Nuremberg. Et que dire du crime de guerre, relancé par le roman du Prix Nobel Günter Grass,  sur le torpillage du « Wilhelm Gustloff » plein à craquer de civils dans la Baltique par un sous-marin soviétique , tout comme la vitrification d’Hiroshima et de Nagasaki  ou des  bombardements au Vietnam ou en Irak qui resteront  à jamais impunis par cette  soi-disant  justice universelle à sens unique.

Et il en sera de même pour le sort que connaitra le colonel  Mouammar Kadhafi  , suite à l’agression d’un pays souverain par l’OTAN au nom d’une pseudo-morale occidentale ainsi que  celui des  différentes parties prenantes, après le retrait programmé de l’Occident et  la nouvelle stratégie  en Afghanistan . In fine, tout dépend du verdict des armes .Rien n’a changé depuis l’ordre de destruction du premier temple par  Nabuchodonosor en 587 av JC, du second  Temple par Titus en 70 et les fables de la Fontaine : « La raison du plus fort est toujours la meilleure ». Georges  Gusdorf, lui, nous rappelait que « Tout n’est que force et rapport de force ».

 

 

                                                                                                     M.Rousset

 

    

 

 

 

Repost 0
Published by marcrousset
commenter cet article
15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 12:09

Le déni  des réalités, la clé du mystère de notre décadence

 

selon M.Rousset, écrivain, économiste,  auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »

 

 

Le déni des réalités par nos sociétés sous l’emprise des médias politiquement corrects et des politiciens pratiquant l’art de plaire et du  mensonge  avec pour  seule fin d’être réélus  est  l’explication principale de notre  décadence .

 

Le libre échange mondialiste comme l’a très bien démontré Maurice Allais n’est rien d’autre que le suicide économique des pays occidentaux, l’Allemagne, au-delà des apparences,  ne devant être  que le dernier pays  à connaitre  à son tour ce sort peu enviable .Alors que le discours dominant du journalisme proclame depuis trois  décennies que le protectionnisme  européen est le mal absolu, les travaux de Paul Bairoch à Genève et de nombreuses universités américaines (industrialisation de l’Asie, Tariff Growth factories..) aboutissent à un résultat inverse. Quant à la théorie de Ricardo, elle ne vaut que dans un monde stable et figé du 18ème siècle  faisant abstraction des mouvements internationaux de capitaux de notre monde actuel,, des taux de change qui peuvent varier de 50% et de la mise en œuvre  des technologies de pointe dans les pays à bas salaire. La désindustrialisation et  le chômage structurel  tant aux Etats-Unis (17% au-delà du taux officiel de 9,1%°) qu’ en Europe témoignent enfin du déni des conséquences catastrophiques pour les peuples   du libre échangisme mondialiste qui ne fait que le bonheur des sociétés multinationales . Enfin le symbole même de la ligne Maginot qui a parfaitement joué son rôle  est un déni historique des réalités ; par là même on  instille dans nos esprits  l’idée fausse qu’il est inutile de réagir et de  songer à se défendre! La seule erreur en 39-40 a  pourtant été de ne pas continuer la ligne Maginot jusqu’à  Dunkerque  et de ne pas avoir de divisions mécanisées blindées. Les Allemands avaient la ligne Siegfried  qui  elle aussi a magnifiquement fonctionné  et couté de nombreuses vies aux Alliés fin 1944- début 1945!

De même nos élites nient les réalités de la disparition programmée  de la langue française qu’ils trahissent, comme Valérie Pécresse  et tant d’autres,  du matin jusqu’au soir, d’une façon éhontée. Selon Claude Hagège » du Collège de France, avant un demi-siècle, les langues autres que l’anglais auront disparu en Europe ou, alors, se seront provincialisées ». Les réalités, c’est le stupide accord de Londres signé sous la Présidence de Nicolas Sarkozy qui fait de l’anglo-américain  la langue des Brevets de l’Europe.  Les réalités, c’est qu’en 1945, 95% des jeunes Italiens étudiaient le français ; ils représentent moins de 30% aujourd’hui et le français n’est même plus enseigné comme première langue en Italie ! La réalité, c’est que la langue française est envahie par les armées du sabir anglo-américain qui la ravagent comme les armées anglaises ravageaient la France pendant la Guerre de Cent Ans et  que, si rien ne change, l’on se dirige à terme vers une nouvelle Louisiane !

Il m’a fallu attendre  un grand nombre de printemps pour apprendre que, contrairement à tout ce que j’ai pu voir depuis que je suis sur cette Terre, selon la théorie du  « gender » , autre énormité qui nous arrive directement d es Etats-Unis, la masculinité et la féminité ne seraient pas déterminées par le sexe de la personne, mais par la culture : bref, on ne naitrait pas homme ou femme, mais on le deviendrait ! Cette folle théorie heurte le sens commun le plus élémentaire et son grand ennemi est la nature, la loi naturelle que l’on veut  bizarrement nier  tant il est facile de jongler  et de dire n’importe quoi dans le monde virtuel  des  Idées...

Que l’on songe également aux cocoricos démographiques français , soi-disant  champions d’Europe de la natalité qui nient  la réalité , à savoir la perte du caractère blanc et européen du peuple de France avec un taux de fécondité des femmes européennes de 1,7 enfants par femme, soit moins que le taux de  de reproduction d’une population à l’identique  qui doit être de 2,1, tandis que l’invasion en cours continue avec un  taux de natalité des populations immigrées  d’origine extra-européenne de  3, 4,. Les médias  en ne publiant que des chiffres globaux, nient les catastrophiques  réalités démographiques .

En matière d’immigration, les bien pensants à l’humanisme exacerbé, comme le remarque Jean Raspail, déclinent à l’infini les valeurs républicaines oublieux que la France est une « patrie charnelle »  qui  existait déjà bien avant 1789, avec des frontières ; ils  n’arpentent pas assez souvent les couloirs parisiens du métro ou du RER pour constater l’invasion en cours ! La réalité, c’est que les naissances d’origine extra-européennes représentent 17% des naissances aujourd’hui et qu’elles atteindront 30% en 2030 et 50% en 2050,si rien ne change ! La réalité, c’est que la France  compte plus de 550 000 immigrés en situation irrégulière dont le coût annuel  est de 4,6 milliards d’euros tandis que le coût global des 7,8 millions immigrés légaux et illégaux est de  35 milliards d’euros par an ! IL y a là des premières économies bien réelles à faire, quitte à donner l’ordre de tirer pour défendre nos frontières ou rétablir l’ordre dans nos banlieues criminelles, comme l’auraient fait tout naturellement et  sans états d’âmes  nos pères depuis la nuit des temps, après sommation !

La crise de l’endettement public et de l’euro  fait penser à ce qu’a connu l’Argentine. Tout allait très bien  dans ce pays jusqu’à ce que l’on reconnaisse subitement que c’est la faillite généralisée. L’ex -ministre des Finances d’Argentine Robert Lavagna , lors d’une rencontre début Juillet 2011 à Aix en Provence , qui était aux manettes  peu après que son pays ait répudié sa dette souveraine en 2001-2002 a pu dire : « Il y a d’abord un refus de la réalité. Puis un retard à reconnaitre la crise au fur et à mesure que les déséquilibres s’accroissent : on continue de dire qu’il s’agit d’un problème de liquidités alors que le pays n’est plus solvable ni compétitif ».La réalité, c’est que l’Europe traverse une crise profonde car elle gère ses finances en s’inspirant des idées socialistes irresponsables de Madame Aubry  (surnombre de fonctionnaires, 35h, âge de la retraite, endettement irresponsable pour relancer la consommation au lieu de consacrer, comme l’Allemagne  ces mêmes ressources pour   muscler ,créer et développer l’offre, c'est-à-dire investir dans  les entreprises !..) La réalité, c’est que la France présente des comptes en déficit depuis trente ans quelle que soit la conjoncture économique, qu’elle croule sous 1600 milliards euros de dettes  et qu’avec des taux d’intérêts aujourd’hui très faibles, elle consacre déjà 50 milliards au paiement de ses seuls intérêts, soit davantage qu’au budget de fonctionnement de l’Education Nationale ! Merci Monsieur Mitterrand, Merci Monsieur Chirac, sans oublier notre Président actuel  légèrement moins irresponsable sur le seul  plan économique ! Quant à la Grèce, on a réussi à faire passer pour solvable  un pays techniquement en faillite. L’UE, Messieurs Sarkozy, Trichet, Strauss-Kahn, toutes les banques françaises et allemandes, et la béni oui-oui  Madame Lagarde avec sa brillante carrière consistant à plaire  dans l’air du temps anglo-saxon , insistaient pour sauver un pays ruiné, avec un déficit budgétaire qui représente 10% du PIB et une dette de 350 milliards qui dépasse de 150% la richesse produite en un an !Telle la Cigale  de la Fontaine, après avoir chanté pendant plus de 30 ans, voilà venu le temps pour les Européens  (tout comme pour les Américains)  de rembourser les dettes abyssales bien réelles .Et lorsque les Agences de Notation font enfin leur travail, en décrivant les tristes réalités, les mêmes bien-pensants hypocrites qui leur avaient reproché de ne pas avoir dévoilé l’escroquerie des « subprime » crient au scandale en souhaitant casser ce thermomètre  inflexible, froid et accusateur  qui leur fait si peur! . L’Allemagne, elle est revenue aux 40heures, va faire passer l’âge de la retraite à 67ans  et a des charges salariales pour ses fonctionnaires qui représentent 7,2% du PIB  contre plus de 13%  du PIB pour la France ! Redresser  la France et les comptes français n’est donc pas compliqué ; il suffit d’avoir l’estomac et la volonté  d’un de Gaulle : combattre effectivement l’immigration extra-européenne  avec une immigration zéro , la politique du retour et une aide nataliste pour les seules familles européennes, passer aux 40 heures, revenir à   l’âge de la retraite à 65 ans  de l’avant catastrophe mitterrandiste, diminuer le nombre des fonctionnaires  d’une façon drastique pour gagner 6% du PIB, augmenter le budget de la défense à 3%du PIB, faire preuve d’autorité et  demander  aux jeunes Lycéens  irresponsables, endoctrinés  qui manifestent pour la retraite à 60 ans de revenir à leurs chères études, ce  dont ils ont bien besoin, vu le niveau  actuel du baccalauréat…. et , sans même parler de l’Allemagne, voyons comment la Suède  et le Canada  ont  réalisé leur  spectaculaire redressement  en s’attaquant en particulier à l’inefficacité de la fonction publique,..exit donc  les énarques  carriéristes, technocrates  prétentieux  , avides de privilèges cachés par les nuages de fumées protectrices du service public,  aux beaux discours lénifiants, mais  irréalistes et  incapables depuis la création de l’ENA en 1945 de  mettre en place des structures administratives légères , compétitives et   efficaces ...

En matière de défense, au-delà  des rodomontades sarkoziennes,  la réalité , c’est que la France, avec un effort insuffisant de 1.5% du PIB (5,1% sous le général de Gaulle) , des régiments  qui fondent comme neige au soleil , et des équipements militaires prototypes ,devient une puissance militaire  de second ordre , un  valet  de l’OTAN ! La réalité, suite à l’intervention en Libye, c’est que l’amiral Pierre Forissier, chef de la marine, a insisté publiquement le 10 juin 2011 sur les contraintes de « régénération »des équipements et des hommes. Elles feront que si l’opération libyenne dure jusqu’à la fin de 2011, il faudra se passer de l’unique porte-avions français en 2012. IL est en effet du devoir d’un chef militaire de dire les choses telles qu’elles sont quand il y va du maintien des capacités opérationnelles dans la durée et de la vie des hommes et des femmes qui sont sous ses ordres. Quant à la défense européenne qui devait être la contrepartie de la réintégration de la France dans   l’OTAN, la réalité c’est que le Président  Nicolas Sarkozy , après son passage  en force devant le Parlement pour  faire avaler la pilule, nous a illusionné  une fois de plus , que le sujet est enterré ,suite à l’éternelle opposition britannique, et  que la cellule de planification  opérationnelle du  QG européen  à  Cotenbergh dans les environs de Bruxelles qui  comprend en tout et pour tout 8 personnes , n’a jamais été utilisée , même pour l’intervention au Tchad !

En ce qui concerne la folie droit de l’hommiste propre à notre époque , en opposition totale avec l’histoire vécue  depuis  qu’il y a des hommes sur terre, nous citerons seulement le très réaliste   Joseph de  Maistre : « J’ai vu dans ma vie des Français, des Italiens, des Russes. Je sais même grâce à Montesquieu qu’on peut être persan ; mais quant à l’homme, je déclare ne l’avoir rencontré de ma vie ; s’il existe, c’est bien à mon insu » (1)

Nous vivons donc la folie de « l’IrrealPolitik » avec les pertes des valeurs de la  famille, de la  patrie, de l’effort, du dépassement de soi, du travail, de l’autorité, du devoir, bref tout ce qui a fait la Grandeur de la France depuis les débuts de son histoire jusqu’à la perte de son Empire ! A ce déni des réalités salvatrices des valeurs traditionnelles et des faits , ont succédé l’individualisme, l’hédonisme matérialiste, l’irresponsabilité, la repentance, le droit de l’hommisme, les envolées lyriques humanistes, style Bernard Henri Levy, , qui nous conduisent à la décadence . Les Européens occultent délibérément  les réalités ethniques, géographiques, identitaires, démographiques, économiques, historiques, considérées comme des résidus du passé. De Gaulle parlait de « la lampe merveilleuse qu’il suffirait de frotter pour voler au dessus du réel ». Cioran, lui, au-delà du déni des réalités, dans deux ouvrages écrits en 1956 et 1964, avec des sentiments prémonitoires,  nous aide à mieux réaliser le malaise existentiel de l’Européen : « Pauvre Occidental ! La civilisation, son œuvre, sa folie, lui apparaît comme un châtiment qu’il s’est infligé et qu’il voudrait à son tour faire subir à ceux qui y ont échappé jusqu’ici(2) (..) Les traces du barbare qu’il fut, on les chercherait en vain : tous ses instincts sont jugulés par sa décence. Au lieu de le fouetter, d’encourager ses folies, ses philosophes l’ont poussé vers l’impasse du bonheur (3) (..) Nous nous illusionnons  à propos de l’idéal du bien vivre qui n’est que la manie des époques déclinantes » (4)

 

 

                                                                                                         M.Rousset

 

1)      Joseph de Maistre-Considérations sur la France-1790

2)      Cioran-La Chute dans le temps-Paris-Gallimard-1964,p36

3)      Cioran-La Tentation d’exister-Paris-Gallimard,1956,p30

4)      Cioran-Ibid  p27

 

 

Repost 0
Published by marcrousset
commenter cet article
15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 12:07

                   Le  handicap structurel  France /Allemagne face à l’euro et l’Europe Puissance

 

Selon  Marc  Rousset, écrivain, économiste, auteur de « La Nouvelle Europe Paris-berlin-Moscou »

 

Si la France veut sauver l’euro et les chances de l’Europe Puissance , encore faut-il  qu’elle effectue un sursaut d’une façon urgente pour surmonter ses handicaps  économiques structurels et  un différentiel de compétitivité par rapport à l’Allemagne d’environ 13%. La divergence actuelle franco-allemande n’est pas tenable ! Si l’on ajoute à ce facteur  intra-communautaire, les effets catastrophiques de la concurrence des pays émergents et du libre échangisme mondialiste, il ne faudra  pas s’étonner si le  chômage continue d’augmenter  en France d’une façon considérable  en 2012 !

 

Etat des lieux de l’ handicap structurel  de la France par rapport à l’Allemagne

 

Outre-Rhin, on vient de célébrer un nouveau record des exportations qui ont passé le cap des 1000 milliards d’euros en 2011. Les ventes françaises à l’export sont de 400 milliards d’euros, soit 40% du volume de l’Allemagne, alors qu’en 1999, lors de l’introduction de l’euro, ce même ratio des exportations françaises était de 58% !

En 2007, l’industrie française consacrait 6,6%de sa valeur ajoutée à la R&D contre 9,9% en Allemagne(1) .Contrairement à la France où la recherche publique est presque égale à celle du secteur privé, les deux tiers de la recherche allemande sont réalisés par les entreprises privées. Alors que la France privilégie la recherche fondamentale, c’est la recherche appliquée qui l’emporte outre-Rhin. L’Allemagne dépose 396 brevets pour 10 millions d’habitants contre 144 seulement pour la France.

Le taux de chômage est  de 6,8% en Allemagne alors qu’il dépasse 9,5%  en France. Celui  des jeunes  Allemands  n’est que de 9,7%  alors qu’il dépasse 22,5% en France. Le taux d’emploi des seniors est de 77,5% en Allemagne contre 65% en France.

Le déficit allemand  est de 1,5% du PIB contre 5,7% pour l’Allemagne ! L’excédent  de la balance commerciale allemande  est de 150 milliards d’euros en 2011 contre un déficit  de 75 milliards d’euros pour la France!

Alors que la part de marché de la France dans le monde est tombée à 3,8%, celle de l’Allemagne dépasse 9%, faisant de ce pays le premier exportateur mondial. La part de l’industrie représente plus de 35%du PIB allemand ; elle  ne compte plus que 14,9% dans celui de la France, soit un pourcentage  encore  inférieur ,  contrairement aux croyances ,  à celui de la Grande Bretagne  malgré  son  ratio d’activité bancaire et financière  très élevé de 14% du PIB.

Les Allemands ont 10 000 entreprises de taille intermédiaire (de 250 à 5000 salariés) alors que la France n’en a que 5000 (2) avec une plus faible ouverture à l’exportation.. Si la France dispose de 39 entreprises mondiales et l’Allemagne de seulement 37 entreprises (3), le «  Mittelstand «  allemand  et même les grandes entreprises allemandes irriguent  le territoire allemand d’activités et d’emplois alors que les grandes entreprises françaises (automobile)  font de manière croissante leur chiffre d’affaires hors du territoire national, y paient peu d’impôts et y créent proportionnellement moins d’emplois.

 

Le sursaut salutaire de l’Allemagne  tout supportant le coût de la réunification égal à la dette française  actuelle !

 

Le fait d’armes de Gerhard Schroeder, c’est l’agenda 2010,un ensemble de mesures impopulaires lancées entre 2003 et 2005 : Réforme du marché du travail, réforme du système de santé, réforme des retraites qui d’ici quelques années passera à 67ans !Tandis que La France reste engluée dans les envolées lyriques ,  les propos socialistes  lénifiants ,  la rhétorique syndicale  archaïque, les paralysies de la SNCF et de la RATP, le blocage de l’administration par les fonctionnaires, l’Allemagne pratique le « Mut der Veränderung » (courage du changement), le consensus moderne , l’efficacité , la compétitivité à l’exportation, les réformes de structure et l’économie sociale de marché  de Ludwig Erhard !

Alors que la part des dépenses publiques dans le PIB allemand , suite à la réunification, avait atteint 54% en 1996,elle n’était plus , suite à une diminution spectaculaire,  que de 48% en 1998, 44%en 2001, 43,7% en 2007 tandis  qu’en France pendant toute cette période le taux français se maintenait à 54%.Alors que les comptes de l’assurance maladie sont dans le vert outre-rhin, ils sont dans le rouge en France et toutes choses égales par ailleurs, la France qui compte 5 200 000 fonctionnaires devrait en avoir 3000 000 , soit un surnombre  astronomique et dont personne ne parle, de 2millions, une partie de ce  chiffre  correspondant  à des effectifs de fonctionnaires  devant être privatisés et réduits !

Par ailleurs, la plupart des critiques du « modèle allemand » oublient que l’économie allemande a subi pendant 20 ans, les coûts de la réunification, soit une ponction annuelle de l’ordre de 65 milliards d’euros à 100 Milliards d’euros par an (4). Cela a  représenté  donc en 20 ans pour l’Allemagne, la petite bagatelle du  montant de la dette  française actuelle !

 

Le déclin suicidaire de  la France , suite à au laxisme de l’UMPS  depuis 30 ans !

 

Comme le remarque Denis Kessler, ancien VP du MEDEF, l’illusionniste  Nicolas Sarkozy appelle plan de rigueur quelque chose de l’ordre de 10 milliards d’euros, dont 9 milliards d’impôts supplémentaires et 1 millliard de dépenses non identifiées ! Si l’on imagine le ridicule de  ce type de discours dans l’entreprise, c’est tout comme si un  Président , face aux difficultés et à une faillite inéluctable s’écriait : « Messieurs les Administrateurs, les pertes sont importantes, on a donc décidé d’augmenter les prix de  nos articles de manière massive sans réduire les dépenses, tout en ayant l’intention d’en faire quelques-unes .. mais on ne sait pas encore lesquelles. !!!.»Or, la France ne s’en sortira pas si elle n’abaisse pas ses dépenses publiques de 56% à 46%du PIB  par rapport à l’Allemagne , soit  10% du PIB, soit 200 milliards d’euros ! Monsieur Sarkozy , pour se faire élire, ne fait donc rien.. et François Hollande lui, se chargerait  de nous enfoncer encore davantage !

En septembre 1981, suite aux premières et folles mesures de François Mitterrand (35h, hausse du SMIC, nationalisations, contrôle des changes, instauration de la couverture médicale universelle (CMU), retraite  à 60 ans..) le « Frankfurter  Allgemeine Zeitung » titrait déjà : « La France va-t-elle devenir un pays du tiers-monde ? »

DE 2000 à 2009, la France a perdu trois points de parts de marché dans la zone euro, là où justement les questions de change ne se posent pas, cela au moment même où l’Allemagne gagnait de son côté trois points. Les Français ont préféré s’endetter pour augmenter leur consommation plutôt que de conserver leur part de marché dans le monde en améliorant leur compétitivité .Les prélèvements publics cumulés rapportés à la valeur ajoutée des entreprises sont  les plus élevés de la zone euro , soit 14,5% en France en 2008 , contre 7,8% en Allemagne ! Le salaire net que reçoit le salarié français est faible  alors que le salaire brut, compte tenu des charges sociales de son employeur, est très élevé. Le salarié français qui coûte cher à son employeur a l’impression d’être mal payé. Et tout cela parce que le budget de l’Etat, le déficit du budget social et les folles dépenses  de personnel des  collectivités décentralisées sont mal gérés  et donc payés par les salariés français!

 

Les deux  seule erreur s de l’Allemagne : la  facture à venir de la sortie du nucléaire  et un budget de la défense ridicule !

 

Le groupe industriel Siemens estime le coût total de la sortie du nucléaire entre 1400et 1700 milliards d’euros, soit la dette française actuelle et le coût de la réunification !  Mais ce chiffre est le haut de la fourchette car Siemens a pris en compte le remplacement des centrales nucléaires par d’autres moyens de production. La fourchette la plus basse est l’estimation de l’électricien allemand RWE à « seulement » 300 milliards d’euros !  L’Allemagne , premier producteur de lignite du monde, subventionne ses mines de charbon pour diminuer sa dépendance du gaz russe (35%en 2012) et de pétrole russe (35% en 2012) qui va croitre encore davantage avec la montée en puissance deu gazoduc  Nordstream. L’Allemagne  est aussi un des plus grands pollueurs d’Europe, ce qui est un peu cocasse lorsqu’on connait la virulence des  verts (die Grünen) dans ce pays. On mesure la folie énergétique et démagogique allemande si l’on prend conscience  des subventions massives  des énergies renouvelables et du fait que le MWH du nucléaire « amorti » est de 45 euros, celui de l’éolien terrestre de 80 euros et celui de l’éolien offshore de 120 à 150 euros (5)

En matière de budget défense, il faut aussi  savoir que si la France est déjà  à 1,5% du PIB , alors qu’il devrait être à 3% minimum  pour assurer l’avenir de nos forces armées ainsi que celui d’équipements militaires  suffisants, compétitifs exportables. Il n’est que de 1% en Allemagne , mais avec un PIB supérieur d’environ  50%  à celui de la France.  La défense, après la monnaie, doit être le test de la volonté des Européens de survivre en unissant réellement leurs destins. La scandaleuse, stupide et immorale intervention en Libye n’aurait pas eu lieu sans le soutien américain en AWCS et munitions tandis que  l’armée française se rapproche de plus en plus dangereusement d’une simple « armée d’Afrique » avec des effectifs insuffisants  tout juste capables de faire face à une explosion des banlieues .IL importe  aussi que les industriels français et allemands  du secteur  militaire naval  ou terrestre coopèrent sous peine de disparaître face à la concurrence des Etats-Unis . Les réalisations telles que l’A400M, l’hélicoptère NH90  et  la surveillance satellitaire où la France a la responsabilité des images optiques et l’Allemagne celle des images radar doivent être multipliées !

 

La chance de la France : L’Allemagne a besoin de l’euro !

 

Les Allemands viennent de réaliser que le commerce extérieur de leur pays est réalisé à plus de 63% dans la zone euro .En 2009, les exportations allemandes vers l’Autriche étaient encore supérieures à celles de la Chine ; de plus, l’Allemagne n’exportera pas «  ad vitam eternam »des BMW fabriquées en Allemagne vers la Chine ! Les deux tiers de l’excédent commercial  allemand , soit 150 milliards d’euros, sont  obtenus avec la zone euro et non pas  avec  la  Chine, l’Inde et le Brésil. Les entreprises allemandes pourraient supporter au maximum  un euro à 1,55 dolla ,  mais ensuite, elles perdraient leurs parts de marché, ce qui serait le cas si un nouveau DM s’appréciait de façon brutale ou si la France dévaluait de façon massive, suite à son incompétence et à son laxisme, avec l’hyperinflation ,la  ruine des retraités et des détenteurs d’obligations à la clé. Bref, comme l’a très bien résumé Angela Merkel : « L’échec de l’euro serait l’échec de l’Europe ! ». Monsieur François Hollande, au lieu de nous faire rêver avec ses promesses inconsidérées ferait mieux de s’inspirer auprès de Monsieur Peer Steinbrûck, ministre des finances SPD et défenseur rigoureux  du respect des disciplines pour sauver l’euro ! Il faudra cependant  que l’Europe passe aussi un jour au protectionnisme et quitte, Allemagne comprise, ce monde fou libre échangiste, dont la dernière usine terrain en friche  et zéro ouvrier de Lejaby est , après la délocalisation en Tunisie,  un symbole accusateur, tout comme la délocalisation de Renault au Maroc, des exemples indiscutables  incontournables qui font honte et peine à voir…avec en prime  la bêtise  et la lâcheté de nos politiciens muets  ainsi que  les mensonges  hypocrites du MEDEF !

 

En conclusion, si la France ne redresse pas son économie, si l’Allemagne se replie sur elle-même, l’échec, le repli et la décadence européenne continueront d’être au rendez -vous !  L’avenir, c’est  le renforcement  aujourd’hui de «  l’axe Paris-Berlin «  avec une Allemagne qui s’autonomise de plus en plus par rapport aux Etats-Unis et demain  matin « l’axe Paris-Berlin-Moscou »(6). Les Allemands ont compris l’intérêt de défendre l’euro et que l’avenir de l’Allemagne est en Europe ! L’abandon d’un symbole aussi fort que l’euro serait le pire des échecs, la mort d’une grande idée qui était  française  à l’origine ! A nous Français  de nous montrer dignes, de mettre fin à cet inacceptable handicap structurel, de ne plus jouer à l’autruche  et d’effectuer un  sursaut  économique  semblable à celui effectué par le général de Gaulle en 1958 pour relever la  France en faillite de la IVème république  qui était cependant  moins malade dans sa tête que la France  inconsciente, laxiste, décadente,  droit de l’hommiste  et politiquement correcte   d’aujourd’hui !

 

 

 

 

(1)    Etats Généraux de l’Industrie-Paris-2010

(2)    Cour des Comptes 2011

(3)    Classement de « Fortune 500 »

(4)    Interview de  Peer Steinbruck-Der Spiegel,n°37,12 septembre 2011

(5)    France-Allemagne-Editions Tallandier-P 126-2011

(6)  Marc Rousset-La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou-Editions Godefroy de Bouillon-2009

Repost 0
Published by marcrousset
commenter cet article
15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 12:03

 

                                      L’axe Paris-Berlin-Moscou

                            

                               La seule voie d’avenir pour l’Europe

 

Par Marc Rousset, auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou-538p-Editions Godefroy de Bouillon-2009

 

 

« Si à une certaine époque, la réconciliation historique de la France et de l’Allemagne fut l’une des conditions de base de l’intégration ouest-européenne, aujourd’hui, c’est le partenariat entre la Russie, l’Allemagne et la France qui constitue le facteur positif majeur de la vie internationale et du dialogue européen.

 

  Je suis profondément convaincu que la Grande Europe unie de l’Atlantique à l’Oural, et de fait jusqu’à l’ Océan Pacifique, dont l’existence repose sur les principes démocratiques universels, représente une chance exceptionnelle pour tous les peuples du continent, pour le peuple russe notamment…..Le peuple russe a toujours eu le sentiment de faire partie de la grande famille européenne, à laquelle le rattachent les mêmes valeurs culturelles, morales, spirituelles. »

 

                                                                              Vladimir Poutine, Président de la Fédération de Russie

 

 

 

 

                                   La lecture de la presse américaine montre que l’axe Paris-Berlin-Moscou est pris très au sérieux et  perçu comme un réel danger par les Etats-Unis. « Tous facteurs combinés , écrit ainsi le néo-conservateur  John C. Hulsman dans le journal de la Heritage Foundation, la France, l’Allemagne et la Russie ont potentiellement tous les attributs d’une grande puissance capable au niveau global de faire contrepoids aux Etats-Unis, la France fournissant les orientations politiques et idéologiques, l’Allemagne la puissance économique et la Russie les capacités militaires. », la conclusion de l’auteur étant que, pour faire face à cette menace, les Etats-Unis doivent jouer au coup par coup en cherchant par tous les moyens à fractionner ce noyau anti-américain.

 

              Le 3 novembre 2003, à Berlin, Richard Perle, l’un des plus flamboyants « faucons » du Pentagone, prenait violemment à partie le ministre allemand de la défense en dénonçant « l’approfondissement des liens franco-allemands » et  « la forte tendance de la France et de l’Allemagne à exprimer leur solidarité à la moindre occasion ».  Quelques mois plus tôt, Thomas L. Friedmann avait écrit dans le New York Times : « Il est temps pour les Américains de s’en rendre compte : la France n’est pas seulement notre alliée agaçante, la France devient notre ennemie ». Michael Ledeen, un autre néo-conservateur proche de l’Administration Bush l’a affirmé lui aussi sans ambages : la France et l’Allemagne sont devenues les « ennemis stratégiques »  des Etats-Unis.

 

Pourquoi cette incroyable agressivité ? Parce que les Américains qui exigent de leurs alliés qu’ils se comportent en vassaux et ne supportent pas l’idée d’un monde multipolaire, redoutent plus que tout l’apparition d’une véritable puissance européenne. Après avoir longtemps tergiversé, ils dénoncent désormais la perspective d’une Europe unie et s’efforcent surtout de se prémunir contre ce qu’ils redoutent le plus : l’émergence d’un axe Paris-Berlin-Moscou.

 

Les trois grands peuples continentaux que sont les Français, les Allemands et les Russes occupent une place particulière en Europe. Chacun de ces trois pays exerce un rôle de pivot géographique sur une partie de l’Europe, la France sur l’Ouest et le Sud de l’Europe, l’Allemagne sur l’Europe centrale et orientale, la Russie sur l’extrême Est de l’Europe, le Caucase, l’Asie centrale et le reste de l’Asie.

 

 Quant à l’Europe, elle peut se considérer comme le prolongement occidental de la Russie ou la Russie comme le prolongement oriental de l’Europe. L’Europe peut changer la Russie, tout comme la Russie peut changer l’Europe. La première possibilité a échoué trois fois : en 1709 lors de la défaite des Suédois de Charles XII à la  bataille de  Poltava, face à Pierre le Grand ; en 1812, à Moscou lors de la retraite de Russie ; et en 1943 lors de la bataille de Stalingrad. Le changement de l’Europe par la Russie se termina par la Chute du Mur de Berlin et la fin de la guerre froide. L’axe Paris-Berlin-Moscou serait donc un moyen pacifique  de réaliser ce qui n’a pu être obtenu par la force des armes, de concrétiser  le rêve visionnaire  gaullien  d’une Europe de l’Atlantique à l’Oural.

 

A noter que sur cet axe, de la rive Atlantique à la rive Pacifique, sur quatorze fuseaux horaires, le soleil ne se coucherait jamais. Ce serait un moyen de créer enfin cette « Troisième Rome » dont ont toujours rêvé séparément la France, l’Allemagne et la Russie. Cette Eurosibérie serait véritablement indépendante, ne menacerait personne, mais personne également, que ce soit la Chine, les Etats-Unis ou l’Islam ne pourrait non plus véritablement  la menacer. C’est pourquoi la France et l’Allemagne  devraient remodeler l’architecture européenne en concertation avec la Russie.

 

Un axe Paris-Berlin-Moscou pour des raisons économiques

L’Europe ne peut rejeter la Russie qui lui  fournit 30 % du gaz et 25% du pétrole. Il y a seulement trois pays capables de fournir du gaz sur le long terme à l’Europe : la Russie, le Quatar et l’Iran. Le choix est donc facile à faire.

 

Il convient donc de développer le partenariat  stratégique franco-russo-allemand bâti sur les deux piliers que sont les faramineuses richesses énergétiques des uns et les investissements massifs des autres. Selon le ministre russe  Sergueï Ivanov, «  le ratio des investissements mutuels cumulés est de un pour dix en faveur de l’UE ».  L’Eurasie est peuplée, industrieuse et dispose, de plus, des matières premières.

 

 

Un axe Paris-Berlin-Moscou pour des raisons militaires

 

Une Alliance continentale avec Moscou, pendant d’une Alliance atlantique  renégociée avec Washington devrait voir le jour à terme. Cette alliance paneuropéenne , cette coopération militaire du XXIe siècle  entre l’ Europe européenne  avec des forces intégrées d’une part et la Russie  d’autre part ne représenterait  pas seulement un contrepoids à la puissance militaire américaine et à l’Alliance atlantique, mais aussi une alliance supplémentaire tout court pour l’Europe face à divers risques géopolitiques possibles tels que le Moyen Orient, le terrorisme, le danger nucléaire d’ Etats voyous, crise énergétique, puissance chinoise… où il n’est pas du tout  certain que l’Amérique  interviendra toujours systématiquement, au fil des décennies, compte tenu de ses intérêts propres, de l’évolution des rapports des forces ou des risques courus.

 

 Quant à l’Europe carolingienne, noyau dur de l’Europe politique, elle serait équidistante de Moscou et de Washington, alliée des deux capitales et coopérerait  dans des projets industriels communs  de défense ou dans le montage d’opérations militaires communes, au gré de ses intérêts propres, parfois avec Moscou, parfois avec Washington ; d’où la nécessité d’un quartier général européen indépendant basé à Strasbourg, à mi-chemin entre Berlin et Paris, lieu mythique de la réconciliation franco-allemande et siège de l’Eurocorps.

 

Le rédacteur en chef du journal allemand « Die Zeit » constate que les Européens sont actuellement condamnés à l’impuissance parce qu’ils ont renoncé à l’emploi de la force, leur absence d’« ambition impériale » leur interdisant tout espoir de contrebalancer l’hyperpuissance américaine . En cas de conflit Etats-Unis/Russie, l’Europe pourrait rester neutre ou pencher pour une partie ou une autre, selon la nature du conflit, en fonction de ses intérêts exclusifs, sans être à la traîne systématique du grand allié américain comme dans le système actuel de la seule Alliance atlantique et du protectorat unilatéral  de l’OTAN. Ce serait un moyen intelligent pour l’Europe de devenir un acteur actif, capable de se défendre, maître de son destin, au centre d’un monde allant de Vancouver à Vladivostok et de contribuer par là même à diminuer les tensions toujours possibles entre la puissance continentale  russe et la puissance maritime américaine.

 

L’Europe prend lentement conscience que la Russie, non seulement n’est plus une menace stratégique, mais devient une contribution à sa sécurité militaire. Comme l’écrit Emmanuel Todd : « Si le rapport de l’Amérique au monde se renverse, passant de la protection à l’agression virtuelle, le rapport de la Russie au monde se renverse également, basculant de l’agression à la protection virtuelle. Dans un tel modèle, le seul  élément stable est finalement le caractère antagoniste du rapport russo-américain. » (1)

 

On sait que les Etats-Unis affectent annuellement 3.4% de leur PNB à la défense, soit environ 500  milliards de dollars, contre seulement 1,8%  pour la France, soit 55 milliards de dollars, 1.34% pour l’Allemagne, soit 40 milliards de dollars et 2.9% pour la Russie, soit 45  milliards de dollars. Compte tenu de la disproportion des PNB et des efforts fournis, même si ces chiffres ne reflètent pas du tout la réalité de la puissance militaire potentielle russe et européenne, l’avance de l’Amérique reste  donc  colossale. Ce n’est que si la France, l’Allemagne, voire d’autres pays européens  mettent en commun certains investissements de défense  avec la Russie que l’Europe pourrait espérer  combler une partie de son retard ! En avril 2007, pour la première fois, un exercice d’état-major franco-russe s’est tenu à Mourmelon….

 

 

L’Europe puissance ne peut se réaliser que par l’ Alliance Paris-Berlin-Moscou et non  dans le cadre de l’Union Européenne.

 

La crise irakienne a montré que l’Europe puissance ne  pouvait se réaliser que  sous l’impulsion des trois acteurs stratégiques que sont la France, l’Allemagne et la Russie et non dans la patiente recherche de l’unanimité à 27 ou 38 pays, un grand nombre de pays européens poussés par les Etats-Unis, l’Angleterre et la Pologne  ayant même signé un texte d’allégeance aux Etats-Unis.

 

Une politique européenne commune et indépendante  est un mythe. Le risque est au contraire que l’Europe dérive vers l’impuissance et prenne, comme le prédisent déjà certains, le chemin du Saint Empire romain germanique, un assemblage de principautés et de villes à la fin du Moyen Age qui n’avait plus qu’une fiction de puissance commune.

 

Une majorité  des partenaires européens est ralliée à la conception américaine d’un simple espace de libre échange abrité, pour sa sécurité, par le parapluie de l’OTAN. L’impulsion ne peut donc venir que de la France et de l’Allemagne, partageant la même vision de l’Europe, celle d’une communauté de destin ayant la volonté de peser politiquement, économiquement et culturellement. L’adjonction de l’Espagne, de l’Autriche et de l’Italie pourrait constituer une heureuse préfiguration de « l’Europe européenne ».

 

Par ailleurs, dans la conduite des relations internationales, il semble que les Européens aient abandonné Hobbes et Machiavel, comme l’a fortement souligné le géopoliticien américain Robert Kagan. Les Européens doivent se garder de réduire la politique étrangère à la notion abstraite et inopérante des droits de l’homme, veiller d’une façon réaliste à l’évolution du rapport des forces géopolitiques, et défendre plutôt la morale du droit international fondé sur la multilatéralité ainsi que sur  l’égalité de droit entre nations. Face à l’Empire,  la Chine, l’Islam, le terrorisme ou le Moyen Orient, les Européens devraient s’inspirer davantage de  Richelieu, Bismarck et de Gaulle et un peu moins de Chamberlain et Daladier.

 

 

En conclusion l’absence de vision, d’ambition vitale, de débats, de courage  médiatique, fait en effet craindre le pire pour l’Europe, condamnée à se perdre en débats futiles sur l’organisation du supermarché humanitaire géant qu’elle semble se résoudre à être, loin des décisions qui pèsent sur le monde. Paradoxalement, ce vide sidéral vient rappeler que la seule « nouvelle frontière » intellectuelle et stratégique de ces trente dernières années, loin d’être on ne sait quel traité ou constitution européenne, est bien la proposition d’Europe puissance et indépendante autour d’un axe Paris-Berlin-Moscou.

 

Formé à partir du couple franco-allemand, un axe Paris-Berlin-Moscou permettrait de constituer, dans un monde redevenu multipolaire, un formidable pôle de sécurité et de prospérité, en même temps qu’il permettrait à l’Europe de retrouver son autonomie et sa capacité d’action.

 

Les  géostratégies américaine  et britannique s’efforcent  bien évidemment de « désintégrer préventivement » ce grand espace eurasiatique (élargissement de l’OTAN et de l’UE à marche forcée, implantation de bases militaires américaines à l’Est, soutien à la candidature turque à l’UE, bombardements civils  de la Serbie résistante). L’Angleterre et les Etats-Unis ont réussi à déliter l’Union Européenne  en la coupant pratiquement  en deux, suite à l’entrée de la Grande Bretagne et des pays de l’Est, à lui enlever sa dignité politique et militaire, à en faire un « Zollverein » amélioré.

 

Il serait aussi  possible  grâce à l’axe Paris-Berlin-Moscou de répondre à la fameuse question d’Henry Kissinger : «  l’Europe, quel numéro de téléphone ? » : Trois numéros, cher Monsieur, Paris, Berlin, ou Moscou, selon vos problèmes de ligne ou de communication… Quant à Mr Donald Rumsfeld qui voit dans la véritable Europe européenne se résumant à la France et à l’Allemagne, une  soit disante  «  vieille Europe », on pourrait lui répondre que la Nouvelle Europe, c’est l’axe Paris-Berlin-Moscou, mais certainement  pas les chevaux de Troie britannique et polonais ainsi que l’Europe périphérique faisant allégeance aux Etats-Unis !

 

Il y a quelques années, l’écrivain Vladimir Volkfoff  posa la question suivante à un diplomate américain : « Je ne comprends pas, dit-il, Souhaitez vous que l’Europe se fasse ou qu’elle ne se fasse pas ? ».  Le diplomate lui  répondit : «  Nous souhaitons qu’elle se fasse, mais qu’elle se fasse mal ». L’axe Paris-Berlin-Moscou est une méthode pour qu’elle se fasse… bien.  

Par ailleurs dans sa conférence de presse du 23 Juillet 1964, le général de Gaulle déclarait : « Selon nous, Français, il s’agit que l’Europe se fasse pour être européenne. Une Europe européenne signifie qu’elle existe par elle- même et pour elle-même, autrement dit qu’au milieu du monde, elle ait sa propre politique ».

 

1) Emmanuel Todd - Après l’Empire – Gallimard -2002, p 73-74

 

 

 

       

 

 

 

 

 

 

    

 

 

 

 

Repost 0
Published by marcrousset
commenter cet article
15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 11:55

                        l’Allemagne sur le point de  réaliser  les projet gaulliens de  l’Europe  puissance!

 

Par Marc Rousset écrivain, économiste, auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »

 

 

La France est à l’origine de l’idée européenne, mais depuis le départ du Général de Gaulle, elle  n’est plus sérieuse,  a perdu de sa puissance économique  et se trouve dans l’incapacité de faire avancer l’Europe puissance! C’est donc  l’Allemagne  qui  prend  le relais et met le projet à exécution car elle  a réalisé , à la lumière de la crise de l’euro, que ses intérêts,  sa  prospérité, son avenir  ne peuvent s’envisager en dehors de l’Europe! Angela Merkel, le francophile Wolfgang Schaüble  et Joschka Fischer ont parfaitement compris, tout en ne voulant pas faire à juste titre de l’Allemagne une vache à lait pour renflouer les cigales européennes irresponsables, que face à la crise, il fallait plus d’Europe ! Autrement dit, d’un mal  en faire un bien pour sauvegarder l’Avenir  européen  et garder une place honorable dans le monde multipolaire des nouveaux géants du XXIème siècle .

 

Une France socialiste laxiste irresponsable depuis 30 ans  incapable de faire avancer le projet européen

François Mitterrand disait que pour combattre le chômage, on avait tout essayé ! Or il y a une  seule chose  que l’UMPS n’a pourtant pas  essayé depuis 30 ans :  se débarrasser une fois pour toutes de l’  esprit  laxiste socialiste droit de l’hommiste «  bo-bo »  gauche caviar qui a été inoculé aux Français en mai 68 , mis en place par François Mitterrand et Jacques Chirac avec les résultats catastrophiques  que nous voyons aujourd’hui !.

Pendant trente ans, l’UMPS a distribué de l’argent emprunté  afin de satisfaire de nouveaux droits sans fin dont ceux d’une population immigrée  (coût 70 milliards d’euros par an)pour lesquels on n’a jamais demandé  leur avis aux Français ! Alors que nous avons 2 millions de fonctionnaires en trop par rapport à l’Allemagne (coût 120 milliards d’euros par an), personne, pas même Marine Le Pen, a le courage d’aborder ce sujet tabou ! La crise française  actuelle est celle de l’Etat Providence pour laquelle il nous faut un De Gaulle ou un Churchill  alors que nous avons qu’un faux-dur , Nicolas Sarkozy ,avec ses propos lénifiants pour distraire  la galerie, mais  qui ne combat en rien les vrais problèmes  de l’immigration  folle et des dépenses publiques irresponsables d’un  l’Etat  français Providence  hypertrophié ! Même la retraite à 62 ans est une demi-mesure politicienne; le problème de la retraite et des régimes spéciaux  n’est en rien réglé  et d’ici 5ans au plus tard, tout est à reprendre !

 Gerhard Schroeder  a introduit  les courageuses  lois Hartz IV en Allemagne car outre-Rhin la retraite à 60 ans sonne comme une hérésie et les 35  heures sont considérées comme un suicide économique. Dans une interview à la télévision al-Jezira ,Jin Liqun, Président du fonds  souverain  chinois CIC, n’a pas non plus mâché ses mots à l’égard de l’Europe « Les troubles qui se sont produits dans les pays européens résultent uniquement de problèmes accumulés  par une société en fin de course, vivant d’acquis sociaux .Je pense que les lois sociales sont obsolètes .Elles  conduisent à la paresse, à l’indolence, plutôt qu’à travailler dur. Pourquoi est-ce que les habitants de certains pays de l’eurozone devraient travailler jusqu’à 65 ans ou plus alors que dans d’autres pays, ils prennent aisément leur  retraite à 55ans et se prélassent sur la plage ? »

De quoi souffre l’Italie ? Des mêmes maux que la France ! Mario Monti  estime que redonner confiance aux marchés implique l’adoption de réformes douloureuses que l’Italie esquive depuis des années : la réforme d’un Code du travail désuet, la remise à plat du dossier des retraites, l’instauration de nouvelles règles en faveur de la mobilité sociale, la libéralisation des corps de métier et surtout, si l’ on pense aux 2 millions de fonctionnaires français  en trop, l ’allégement du  poids énorme de l’appareil d’Etat italien qui ponctionne trop lourdement le budget.  Economiste technocrate politiquement correct de Bruxelles, Mario Monti oublie simplement  le coût de l’immigration ..

 

L’Allemagne met en place « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »

 

De la même façon ,sans rien dire, très intelligemment, presqu’hypocritement, tout en le mettant à exécution, c’est l’Allemagne qui nous montre le chemin de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »(1), de l’Europe européenne, de la  Grande Europe continentale de Brest à Vladivostok .Le général de Gaulle en a eu l’intuition dès 1949, mais ses successeurs français, victimes des pressions du protectorat américain de l’OTAN ,de la folle idéologie  droit de l’hommiste  des  André Glucksmann , BHL et consorts, tout aussi irréaliste que suicidaire, n’ont pas du tout , la parenthèse exceptée  de l’invasion de l’Irak , cherché à se rapprocher  politiquement et économiquement  de la Russie. Avec plusieurs années de retard sur l’Allemagne,  l’Etat français, suite à la vente des Mistral, tout comme les grandes entreprises commencent tout juste à  s’intéresser vraiment à la Russie et à mettre les bouchées doubles .Bref, Berlin-Moscou est en place depuis longtemps et là encore Gerhard Schroeder ,avec le  gazoduc  North Stream, tout comme pour Hartz IV, aura fait preuve de vision salutaire à long terme pour l’Allemagne. Le gazoduc sous marin  de la Baltique  devrait assurer à terme la moitié de la consommation allemande de gaz.

Par ailleurs Gerhard Schroeder n’a jamais adhéré aux critiques des droits de l’homme : « Il faut être juste à l’égard de la Russie. Prenez ses cent cinquante dernières années d’histoire. Après le despotisme des tsars et soixante quinze ans de dictature communiste, il y a eu la déliquescence de l’Etat dans les années 1990. Vladimir Poutine a eu le mérite historique de reconstruire l’Etat  dans sa fonction la plus essentielle, qui est d’assurer la sécurité » (2) 

Historiquement la Prusse et la Russie ont souvent fait bon ménage et la Grande Catherine était allemande. Les Allemands sont situés entre les peuples de l’Ouest  européen et les Slaves. Le rapprochement avec la France, c’est la petite Europe avec  la solution franque. Le rapprochement avec la Russie, c’est l’accès aux grands espaces russes et la grande Europe continentale ! Nietzsche affirmait déjà  qu’une synthèse européo-slave était la seule possibilité d’échapper à un effacement total de l’Europe.

L’Europe centrale, l’ « hinterland » de l’Allemagne absorbe aujourd’hui 9,4% des ventes allemandes à l’étranger, soit davantage que les Etats-Unis (8,7%). Le commerce de l’Allemagne se détourne, en part relative, de plus en plus des Etats-Unis. Lors d’une réunion d’un  traditionnel « dialogue de Saint Petersbourg » coprésidé par Lothar de Maizière, dernier chef de gouvernement de l’ex RDA et Mikhaïl Gorbatchev, certains participants ont évoqué une  stratégie de « rapprochement par interpénétration »  entre l’UE et la Russie, mais qui concernait l’Allemagne et la Russie  au premier chef. L’Allemagne est de loin  le premier partenaire commercial  de la Russie (14% des exportations et 7.8% des importations), le premier investisseur étranger (plus de 10 milliards de dollars) et fut le premier créancier, détenant jusqu’à 20 milliards de dollars de la dette extérieure, soit la moitié très exactement, jusqu’à son remboursement intégral dans le cadre du Club de Paris.

 

L’Allemagne éternelle est européenne et continentale

 

L’Allemagne éternelle est européenne, continentale et non pas atlantiste.. L’Allemagne n’est plus « la fille ainée de l’OTAN » car dès  février 2003, l’hebdomadaire Der Spiegel pouvait titrer en couverture : « Révolte contre l’Amérique-David Schröder contre Goliath Bush ». Depuis cette date, selon Günther Grass, elle n’est plus un « protectorat américain ».25% seulement des Allemands continuent à « aimer les Etats-Unis ».

Avec le temps, les Allemands deviennent donc de moins en moins dupes et se demandent à juste titre pourquoi ils devraient remercier les Etats-Unis d’avoir concouru à leur défaite ; tout au plus, peuvent-ils les remercier pour n’être pas devenus communistes, ce qui est par contre parfaitement exact et indubitable. Selon Godard « l’Allemagne a été le pays le plus proche des Etats-Unis. C’était leur concurrent dans beaucoup d’industries. Il fallait qu’ils la réduisent à leur merci ».

L’évènement capital de la période actuelle, c’est la prise d’autonomie de l’Allemagne, premier exportateur au monde, son retour sur la scène internationale. L’Allemagne n’a plus la volonté de faire survivre l’idéal impérial romain et ne fait plus peur à ses voisins ; elle n’a  donc plus de raisons d’avoir peur d’elle-même. Elle est une grande nation démocratique, pacifique et soucieuse de maintenir sa prospérité au  cœur du continent européen que, dans la première moitié du XXe siècle, elle a mis par deux fois à feu et à sang au nom de l’idée, aujourd’hui heureusement oubliée, d’Empire allemand.

Les milieux dirigeants allemands  cherchent avec, dans les  faits, plus de détermination que la France, une réponse européenne au formidable déséquilibre qui marque les  relations avec les Etats-Unis. L’Alliance atlantique, même si elle demeure une pierre angulaire, n’est plus «  une vache sacrée »  comme  avait pu le rappeler  Rudolf Scharping, ancien  ministre de la Défense.  La fin du tabou transatlantique est l’évènement majeur de la politique allemande depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Les Etats-Unis découvrent avec stupeur que, désormais réunifiée et le danger soviétique disparu, l’Allemagne n’a plus besoin de leur protection nucléaire et dispose enfin des moyens de mener une politique plus indépendante  à leur égard.

Dans son essai  « Après l’Empire », Emmanuel Todd montre qu’il existe bien un « conflit de civilisation » entre l’Europe, mais plus particulièrement entre l’Allemagne, et les Etats-Unis. « En Europe, le comportement nouveau de l’Allemagne, puissance économique dominante, est le phénomène important. La révolution libérale américaine menace beaucoup plus la cohésion sociale allemande que le modèle républicain français, plus libéral dans ses habitudes, combinant individualisme et sécurisation par l’Etat. Si l’on pense en termes de « valeurs sociales », le conflit entre la France et les Etats-Unis est un demi-conflit ; l’opposition entre les conceptions américaine et allemande est en revanche absolue…Les Français, empêtrés dans le souvenir du général de Gaulle, se croyaient jusqu’à très récemment seuls capables d’indépendance. Ils ont du mal à imaginer une Allemagne se rebellant, au nom de ses propres valeurs. Mais l’émancipation de l’Europe, si elle se fait, devra autant au mouvement de l’Allemagne qu’à celui de la France » (3). La majorité des Allemands attend de ses hommes politiques qu’ils inventent un « nouveau modèle rhénan » adapté à l’époque ; ce dernier ne reposerait pas sur la « domination de l’argent »

 

Comment faire de la crise de l’euro  un bien, suite au sérieux de l’Allemagne !

 

« Nous voulons être des Européens d’Allemagne et des Allemands d’Europe » disait Thomas Mann. Lorsque la chancelière Angela Merkel , en pleine crise de l’euro, déclare  très intelligemment: « Il est temps de réaliser des progrès vers une Europe nouvelle. Une communauté qui dit, quoi qu’il se passe dans le reste du monde, qu’elle ne pourra plus changer ses règles fondamentales ne peut tout bonnement  pas survivre (..) Parce que le monde change considérablement, nous devons être prêts à répondre aux défis. Cela signifiera davantage d’Europe, et non pas le contraire », la Chancelière s’efforce de faire un  bien à partir d’un mal.IL n’est pas étonnant que la perfide Albion n’apprécie pas en  voyant ses rêves de domination anglo-saxonne  s’écrouler et qu’elle menace de se retirer  de l’UE. La Chancelière  ne fait que mettre à exécution les paroles prophétiques et géniales du Général de Gaulle , le 29 Mars 1949 lors de sa conférence de presse au Palais d’Orsay : « Moi je dis qu’il faut faire l’Europe avec pour base un accord entre Français et Allemands. Une fois l’Europe faite sur ces bases, alors on pourra essayer, une bonne fois pour toutes, de faire l’Europe toute entière avec la Russie aussi, dût - elle changer de régime. Voilà le programme de vrais Européens. Voilà le mien »

 

1)Marc Rousset-La nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »-Godefroy de Bouillon-2009-538p

2) Le Figaro, lundi 13 Novembre 2006

3) Emmanuel Todd - Après l’Empire- Gallimard - 2002, p 208

 

 

 

 

                        

 

 

 

                                                                  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                        

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by marcrousset
commenter cet article
14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 13:23

                                              La survie  de la civilisation européenne  passe par

                                                         la Grande Europe de Brest à Vladivostok

 

selon Marc Rousset, économiste,  écrivain, auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »

 

La survie de notre identité européenne dépend de l’arrêt de la déferlante migratoire en provenance   de l’Afrique  au Sud , mais aussi à l’Est  du non envahissement de la Sibérie par la Chine jusqu’à l’Oural  et du non déferlement d’une vague islamique  en provenance d’Asie Centrale qui ramènerait la Russie à Stravopol, base de départ de la colonisation russe au 19 ème siècle , ce qui constituerait pour l’Europe une catastrophe aussi grave que la chute de Byzance et la  prise de Constantinople par  les Turcs en 1453.

La Russie est en fait la sentinelle de l’Europe face à la Chine  et à l’Asie Centrale. L’Europe de l’Ouest doit se considérer comme « «  l’ hinterland » de la Russie et voir dans la Sibérie le « Far East » de la Grande Europe. L’Europe ne va  pas de Washington à Bruxelles, mais de Brest à Vladivostok. En Sibérie, en Asie centrale, l’Européen, c’est le Russe !

La Russie  défend face à la Chine la présence de la civilisation européenne  dans l’immense  Sibérie jusqu’à Vladivostok

La Sibérie, c’est 77 % de la Russie, soit un espace  à lui seul, bien plus grand que les Etats-Unis ! La Moscovie s’est construite contre les vagues déferlantes tartares et s’est toujours représentée comme une  forteresse érigée au cœur d’un océan de plaines immenses et sans bornes. Les Russes ont colonisé la Sibérie, le Caucase et l’Asie centrale parce qu’ils étaient obligés de le faire. La Russie a connu pendant deux siècles le joug tartaro-mongol. La colonisation russe correspondait à des impératifs vitaux pour sa survie, à l’obligation géopolitique de trouver des frontières naturelles dont elle  était dépourvue et qui était indispensable  à sa protection. L’expansionnisme russe, contrairement à celui de l’Europe occidentale, était défensif et structurel. Le résultat final, c’est qu’aujourd’hui la frontière sino-russe est constituée de  deux morceaux de longueurs  très inégales  situés de part et d’autre de la Mongolie. Le tronçon de l’Ouest ne mesure que 50 km ; le tronçon de l’Est mesure  4195km. C’est la sixième plus longue frontière internationale du monde. En Sibérie et en Extrême-Orient, il y a tout ce qui manque à la Chine : les hydrocarbures, les matières premières et l’espace pour développer l’agriculture.

En Russie, l’opinion publique est hostile à l’immigration. Contrairement aux affabulations de l’Occident, même si le « péril jaune »est très réel à terme , plus particulièrement en Sibérie et en Extrême Orient , il y a à ce jour en Russie , un maximum de 400 000 Chinois , selon Zhanna Zayonchkouskaya, Chef de laboratoire de migration des populations de l’Institut National de prévision économique de l’Académie des Sciences de Russie, et non pas plusieurs millions comme cela a pu être annoncé . Les Russes ont veillé au grain et ont pris des mesures très sévères pour éviter une possible invasion. La seule immigration qui a été favorisée est le rapatriement de Russes établis dans les anciennes républiques soviétiques (Kirghizstan, Kazakhstan, Pays baltes, Turkmenistan. ).  Des villes comme Vladivostok, Irkoutsk, Khabarovsk,  Krasnoiarsk..et même Blagovetchensk, à la frontière chinoise, sont des villes européennes  avec seulement   quelques commerçants ou immigrés chinois en nombre très limité.

La Russie nous  préserve du danger d’une vague de déferlement  islamique  en provenance du Caucase et de l’Asie centrale

Les républiques d’Asie centrale bordent la Russie par le sud, le long de ce que l’on peut appeler son « ventre mou ».La vulnérabilité de Moscou sur son flanc sud la rend soucieuse d’éviter toute pénétration stratégique d’une autre puissance dans cette région. La Russie perçoit la propagation de l’islamisme radical dans la région comme une menace essentielle sur sa sécurité prise dans son sens traditionnel, c'est-à-dire d’un point de vue militaire.  Dans toutes les républiques d’Asie centrale,  la Russie assure une présence militaire soit par des bases soit par les gardes frontières russes.

Les Russes justifient la guerre en Tchétchénie par la nécessité d’arrêter l’extrémisme musulman qui, à partir de l’abcès tchétchène, risquerait de faire basculer le Caucase, l’Ouzbékistan et  les Républiques musulmanes d’Asie .

La leçon à méditer  de la disparition des Scythes aryens en Asie Centrale  au deuxième millénaire avant notre ère

Selon Hélène Carrère d’Encausse, la Sibérie est  « un espace vide aux abords d’une Chine surpeuplée » .  Le risque , c’est que  130 millions de  Russes   soient envahis  un jour par un milliard et demi de Chinois qui brûlent de passer l’Amour tandis que l’Europe, déversoir naturel de l’Afrique, comme l’a d’ailleurs explicité le Libyen Kadhafi , est  tout aussi menacée !

Pour ceux qui  trouveront ces propos bien pessimistes, je souhaiterais leur rappeler cette magnifique exposition du musée Guimet : « Kazakhstan : Hommes, bêtes et dieux de la steppe ». Il fut un temps, dès le deuxième millénaire avant notre ère, où le Kazakhstan et l’Ouzbékistan  étaient le domaine non des Asiates, mais des Aryens : les Scythes. D’origine et de langue indo-européennes, décrits par Aristote citant Hérodote comme ayant des « cheveux blonds et blanchâtres » les Scythes nomadisaient de l’Ukraine à l’Altaï. Leur civilisation était très  riche et d’une rare finesse (art funéraire, maitrise des métaux précieux,  travail des objets utilitaires..) .  Comment une civilisation aussi brillante dont les chefs entreprenants et guerriers  ne craignaient rien tant que mourir dans leur lit, ont-ils disparu ? Sans doute ont-ils été victimes de ce que les Slaves appellent « la peste blanche », la dénatalité. Et son inéluctable corollaire, la submersion par des ethnies à la natalité galopante et l’inévitable métissage. Dans leur match démographique contre la déferlante asiatique, les Scythes ne pesèrent pas lourd. Les hordes tartares les avalèrent et le génie de la race se tarit.

Une leçon à méditer pour les Européens de l’Ouest .La Grande Europe serait une forteresse inexpugnable face à la Chine, l’Asie Centrale, l’Afrique et l’Islam

 

Repost 0
Published by marcrousset
commenter cet article

Présentation

  • : Le Blog de Marc Rousset
  • Le Blog de Marc Rousset
  • : BLOG POLITIQUE, GEOPOLITIQUE, ET D'ECONOMIE
  • Contact

Recherche

Liens